Le Village du Peuple Etrange Voyageur

pour nos pensées, nos petites histoires et nos joutes littéraires autour des voyages


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Mon carnet de voyage en Corse.

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fabizan

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Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 7 Juil - 0:19

N’étant pas fan de polémiques, je préfère m’atteler au récit de mes dernières vacances. J’espère simplement qu’il distillera un peu de fraicheur (façon de parler) et de diversion dans cette tourmente que traverse notre village.

Soyez indulgents, je ne suis pas coutumière de l’exercice.

Je n’aime pas non plus prendre des photos, je n’excelle pas dans cet art et pour moi prendre une photo, c’est détourner mon regard de tout ce que mes yeux veulent emmagasiner dans ma tête. Donc c’est inévitable, sur nombre des quelques photos que j’ai prises, la mer penche et le cadrage n’est pas terrible. Je dois en récupérer d’autres auprès d’une de mes copines pour laquelle c’est une vraie passion.

Il faut que je commence par l’arrivée à l’aéroport. Mes précédents et anciens voyages au départ de Paris m’avaient laissé le souvenir d’une procédure simple et bien orchestrée, on entrait dans le terminal, on se pointait au comptoir de la compagnie, on enregistrait les bagages et hop, direction la salle d’embarquement et l’avion.

Et bien à Nantes c’est un joyeux foutoir ! j’entre dans le terminal, juste en face une hôtesse se tient devant une porte au dessus de laquelle un tableau lumineux annonce mon vol porte 65. Je lui demande quand même si c’est bien ici que je dois passer, aimable comme une porte de prison, elle me répond que oui, vérifie ma carte d’embarquement et me fait passer. Je me retrouve dans une espèce de ruche où tout le monde pose ses bagages sur un tapis roulant dans des plateaux  qui ressemblent à ceux de la cantine. J’installe donc mon matériel, passe sous un portique où une autre nana aussi peu aimable que sa copine demande à voir ma ceinture (pourquoi pas ma culotte tant que tu y est ? ou les baleines de mon soutif). Pendant ce temps ma valise et mon sac cabine sont arrivés en fin de tapis et un type prends ma valise et la met à part. Il m’interpelle sèchement (y’a eu une alerte à la bombe ou quoi ?) et me demande de l’ouvrir. Ensuite il commence à la fouiller, tombe sur ma trousse de toilette, l’ouvre et me dit qu’il va falloir jeter les flacons les plus grands.
Mais ça va pas la tête, ma valise elle voyage en soute, je croyais qu’on pouvait dans la soute. Le type me répond que je suis à l’embarquement et pas à l’enregistrement. Merci à la gourde à l’entrée et à lui aussi qui n’ont même pas remarqué la taille de la valoche. Bon, je récupère ma valise un peu en désordre et je fais demi-tour.

L’enregistrement c’est à l’opposé de la porte d’entrée du terminal, bonjour le côté pratique ! une fois délestée de la valise je repars à l’embarquement. Rebelote les plateaux de cafétéria et là c’est mon sac à main qui est repéré. J’avais oublié un tout petit petit couteau suisse à l’intérieur qui me rends de nombreux services à l’occasion et qui ne me quitte pas depuis plus de 20 ans. Et bien c’est fait, il m’a quitté pour la poubelle de l’aéroport.

Le petit avion (120 places, j’ai pas arrêté de me cogner dans le compartiment à bagages à chaque fois que je me levais) est arrivé avec 1 heure de retard. Moi qui appréhendais déjà, j’avais l’angoisse qui montait. J’avais fait connaissance en salle d’embarquement avec une dame Corse fort sympa et nous avons eu la surprise d’avoir les sièges voisins. Après un moment de panique à la vue de fumée qui sortait des aérations, genre quand tu ouvre un congélateur (il parait  que c’est normal mais j’avais jamais vu ça) la menace d’en coller une à mon voisin de gauche qui s’est fichu de moi, le décollage que je déteste et une petite bouteille de Chardonnay bue littéralement cul sec, tout s’est bien passé. Nous avons papoté tout du long avec ma voisine (merci à elle de m’avoir distraite) et la Corse est apparue par le hublot dans la lumière déclinante du soir et à la vue de toutes ces montagnes, j’ai su que j’allais adorer cette semaine.

Après le plaisir de retrouver les copines qui m’attendaient avec impatience et la satisfaction de constater qu’il faisait beau et chaud (26° à 20h00) le trajet jusqu’à notre gite, environ 35 km m’a comblée de plaisir. Des montagnes, des routes pleines de virages, des petits villages accrochés au dessus de la route, une végétation de garrigue, j’ai tout de suite été conquise. Du gîte nous apercevons les aiguilles de Popolasca dont les sommets étaient encore un peu enneigés à mon arrivée (La Corse a aussi eu droit à un printemps tardif). La photo ci-dessous est prise plus tard et la neige avait fondu.



Mardi matin, debout de bonne heure (en fait plus tôt que lorsque je vais travailler), petit déjeuner sous la tonnelle, quelques affaires dans un sac (nous ne rentrerons que demain) et nous voilà parties pour 3 heures de route à travers les montagnes et les gorges en direction de Porto à l’Ouest de l’île.



Nous avions réservé pour 15h00 une ballade en bateau pour visiter la réserve de Scandola et les calanques de Piana. En route nous apercevons nos premiers et derniers cochons. En fait ils ne sont pas sauvages comme on peut le croire mais simplement lâchés en liberté la journée où ils mangent ce que bon leur semble dans la nature. Pour les vaches c’est pareil, elles se baladent avec leurs veaux le long des routes, heureusement que l’on ne roule pas trop vite car c’est quand même surprenant. Il y avait d’ailleurs un petit troupeau près de notre gite et elles venaient quémander chaque soir derrière le grillage et nous leur donnions les épluchures de légumes, du pain et nos restes de repas.



Revenons à notre trajet sur des petites routes de montagne, des traversées de forêts qui apportaient un peu de fraicheur. Vers 11h30 nous avons atteint Porto et la première chose que nous avons vu c’est un panneau au dessus de la pharmacie affichant 38°. On ne s’était pas rendu compte sur la route qu’il faisait si chaud.



Après avoir retiré nos billets de bateau et pris possession de notre chambre d’hôtel, nous nous sommes mollement baladées dans la charmante petite ville de Porto avec  ses jolies maisons toutes de pierre blonde et croulant sous les bougainvilliers multicolores. Après un repas pris à l’ombre dans un charmant petit restaurant, il ne restait qu’une solution pour attendre agréablement l’heure du bateau : aller se jeter à l’eau, un vrai bonheur. Quand je pense que les Corses nous ont dit la trouver trop fraiche, ils devraient venir faire un tour tester l’océan à Pornic.




Puis nous voilà embarqués pour 4h30 d’une mini croisière, après avoir traversé le golfe de Porto nous commençons au nord par la réserve de Scandola inscrite au patrimoine mondial de l’unesco. Cette réserve terrestre et marine, interdite d’accès autrement que par bateau abrite de nombreuses espèces d’oiseaux dont le balbuzard et le gypaète barbu et des plantes endémiques de la Corse. On y trouve également tout un écosystème sous-marin avec notamment des Posidonias. Il fait beau, la mer est bleu marine, les falaises volcaniques rouge sombre et le bateau paresse le long de ces côtes fabuleuses où il est interdit d’accoster.





Nous reprenons la mer vers le sud et nous dirigeons vers le petit village de Girolata et son golfe. Ce village est dominé par un fort et une tour Génoise. On trouvait autrefois des tours Génoises tout le long des côtes Corses pour prévenir une attaque éventuelle d’envahisseurs. L’information passait alors d’une tour Génoise à l’autre et ne mettait qu’une demi-heure à faire le tour de l’île. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques unes.



Ce petit village de Girolata n’est accessible que par la mer et il a été rendu célèbre par son facteur qui des années durant a apporté le courrier à pied chaque jour. Il devait faire 7 km aller et autant retour sur un sentier de montagne. Il a pris sa retraite en 2006 et aurait accompli la distance de plusieurs tours du monde.



Nous repassons par Porto déposer des passagers et en reprendre d’autres et filons plein sud vers les calanques de Piana et le capo Rosso. De belles formations rocheuses qui tombent abruptement dans l’eau. Des couleurs particulières, j’ai appris que les teintes orangées de certains rochers étaient du porphyre, j’en avais vu en sculpture mais jamais à l’état naturel. Le bateau longe les rochers silencieusement, il a troqué son moteur diesel contre un moteur électrique. L’eau est turquoise et nous apercevons une multitude de poissons argentés.  Je m’offre une plaisante pensée qu’à cet instant  certains sont serrés dans le métro alors qu’ici je suis au paradis.





Après le retour à Porto et une douche bien méritée, nous avons juste le temps d’admirer le soleil qui se couche, et notre journée se termine par un excellent repas à la fraiche (26°) et un retour à l’hôtel pour une nuit bien méritée.



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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 7 Juil - 10:15

Girolata, son nom ne m'était pas étranger mais ce que tu en dis est une découverte pour moi.
Les habitants sont-ils tous des Corses ou bien certaines maisons se sont-elles transformées en résidences secondaires ?

Est-ce un village où l'on vit jour après jour de ce qu'on pêche et produit... ou bien est-ce un village à cartes postales ?
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Skyrgamur le Dim 7 Juil - 10:32

Chouette, nous allons visiter la Corse. top ! 


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 7 Juil - 10:40

.
pataugas a écrit:Girolata, son nom ne m'était pas étranger mais ce que tu en dis est une découverte pour moi.
Les habitants sont-ils tous des Corses ou bien certaines maisons se sont-elles transformées en résidences secondaires ?

Est-ce un village où l'on vit jour après jour de ce qu'on pêche et produit... ou bien est-ce un village à cartes postales ?

Je ne sais pas trop. En fait c'est très petit et nous n'y avons accosté qu'à peine une demi heure.
Beaucoup de bateaux de plaisance s'y ancrent pour la nuit puisque le reste de la réserve est interdit au mouillage et vu le nombre de petits bars et restaurant, c'est devenu, à mon avis, un piège à touristes.
Peut-être quelques pêcheurs y vivent encore mais je l'ignore.


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Lilie le Dim 7 Juil - 15:47

Le petit avion (120 places, j’ai pas arrêté de me cogner dans le compartiment à bagages à chaque fois que je me levais)

Fabizan! Je suis seulement rendu à ce point de la lecture, et je suis déja morte de rire! rire ...

Je continuerai plus tard, le devoir m'appelle... clin d'oeil 

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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 7 Juil - 16:52

Lilie a écrit:Le petit avion (120 places, j’ai pas arrêté de me cogner dans le compartiment à bagages à chaque fois que je me levais)

Fabizan! Je suis seulement rendu à ce point de la lecture, et je suis déja morte de rire! rire ...

Bien pire pour moi ! clin d'oeil   
Pas même arrivé à ce point de lecture, que je suis déjà... Mort de rire ! mort de rire ! 

Bon sang, Fabizan ! surpris 
A quand remontait ton dernier voyage en avion ?! questionrire
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 7 Juil - 19:09

Albatros a écrit:Bon sang, Fabizan ! surpris 
A quand remontait ton dernier voyage en avion ?! questionrire 
25 ans ! timide 


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 7 Juil - 19:22

rire A l'époque où Air Inter existait encore et où l'on distribuait des bouchons d'oreilles (et des parachutes) à tous les passagers.
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 7 Juil - 19:48

fabizan a écrit:
Albatros a écrit:Bon sang, Fabizan ! surpris 
A quand remontait ton dernier voyage en avion ?! questionrire 
25 ans ! timide 
Non, sans déc ! Han!!
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 7 Juil - 19:48


pataugas a écrit:rire A l'époque où Air Inter existait encore et où l'on distribuait des bouchons d'oreilles (et des parachutes) à tous les passagers.

mort de rire !  mort de rire !  mort de rire ! 
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Lilie le Dim 7 Juil - 21:47

J'aime beaucoup ton carnet de vacances! top ! 

Dis, tous les cochons corses, comme celui de ta photo, ressemblent à Alf?


Lilie

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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par lahaut le Dim 7 Juil - 22:02

carnet bien
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 7 Juil - 22:34

Albatros a écrit:
Non, sans déc ! Han!! 
Je déconne pas, c'est la vérité. Et je n'étais montée que dans des boeing 747 ou des airbus A300 ou A310.
D'où ma surprise dans cet avion riquiqui surpris


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 7 Juil - 22:37

Lilie a écrit:J'aime beaucoup ton carnet de vacances! top ! 

Dis, tous les cochons corses, comme celui de ta photo, ressemblent à Alf?

Lilie
Merci Lilie, je continuerai petit à petit. sourire 

Oui c'est vrai qu'il ressemble à Alf ! rire 
Ils ont tous un museau allongé comme lui mais beaucoup sont noirs.


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Lun 8 Juil - 8:41

Ahhhh fabizan, ta Corse ressemble à celle que j'ai connu euh... il y a trente ans.
Beaucoup de plaisir à lire ce carnet, ça fait comme une évasion estivale.
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 21 Juil - 15:28

Je viens  enfin de récupérer les photos chez ma copine alors voici la suite du séjour :

Le lendemain mercredi nous avons décidé de rentrer par la route qui longe la côte. Toujours ces virages qui permettent de découvrir le découpage de la côte, de jolis villages et cette mer bleu profond qui semble figée, car pas un souffle de vent.





A l’approche de Calvi nous bifurquons sur une petite route qui grimpe et qui permet de rejoindre la chapelle Notre dame de la Serra. Non que nous ayons à nous faire pardonner quoi que ce soit mais du promontoire nous avons une vue fabuleuse sur la ville et sa citadelle. C’est tout ce que je verrais de Calvi, les copines étant arrivées une semaine avant moi ont déjà fait la visite de la ville et je comprends bien qu’on ne va pas recommencer.



Nous reprenons notre route et nous arrêtons déjeuner à l’Ile Rousse sur la presqu’ile dans un chouette resto climatisé, tant la chaleur est intense. Tout à coup le vent se lève, nous sommes en Balagne, une région où il y a souvent du vent, et enfin la mer s’anime et moutonne. Depuis la veille elle semblait figée comme sur une carte postale.



Nous prenons ensuite la route de Moltifao et de notre gîte pour une fin d’après-midi farniente et quelques courses pour se ravitailler en rosé et brocciu, ce délicieux  fromage que nous dégustons sur des tomates arrosées d’huile d’olive.

Jeudi nous gagnions la petite gare de Ponte Leccia à mois de 10 km de chez nous et attrapons le petit train qui traverse la Corse de Bastia à Ajaccio. Le trajet jusqu’à Ajaccio dure 2 heures et demi. Le train n’a que 2 wagons mais il est moderne, confortable et surtout climatisé. Nous traversons la Corse en son centre et il n’y a pas moins de 17 stations. Dans certaines le train s’arrête systématiquement, pour les autres l’arrêt est facultatif et sur demande. Chaque station est annoncée au micro par Simonetta (en référence à Simone de la SNCF) d’une petite voix suave et trainante.

Le paysage est magnifique, nous longeons des rivières dans de jolies vallées, puis des gorges étroites et partout des montagnes plus ou moins hautes. Certains sommets sont encore bien enneigés. La voie ferrée est sinueuse comme les routes et les gares minuscules.



Nous passons par Corte, l’ancienne capitale Corse avec sa célèbre citadelle (les filles ont visité la ville la semaine précédente, tant pis pour moi !), et à Vizzavona (Vizzavooooonaa prononce  Simonetta) nous lâchons de nombreux marcheurs et en reprenons d’autres, le fameux GR 20 passe par là.
Puis c’est l’arrivée sur Ajaccio et nous sommes de prime abord un peu désillusionnées. Partout des barres d’immeubles affreuses et mal vieillies, mais la baie semble magnifique. Une chouette salade composée accompagnée d’un petit rosé, le tout dégusté à l’ombre nous redonne espoir.



Ajaccio est une grande ville à l’échelle Corse et de ce fait est bien bruyante. Mais nous apprécierons le Cours Napoléon et ses chouettes boutiques (on est des filles que diable !) et la promenade à la citadelle et au port. Puis nous regagnons la gare en longeant la mer. Un énorme ferry jaune de la compagnie « Corsica ferry » y est ancré, et j’apprendrais plus tard qu’il se préparait à accueillir les équipes de retransmission du tour de France.







Notre petit train nous ramène à notre point de départ dans une fraicheur bienvenue et nous profitons à nouveau de la vue de ces superbes paysages.


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 21 Juil - 15:39

Vendredi nous prenons la direction de Saint Florent, près du Cap Corse. Pour l’atteindre nous traversons le désert des Agriates. En fait il s’agit d’une zone montagneuse recouverte de maquis. On aperçoit la mer à l’horizon et c’est superbe, comme partout sur cette île d’ailleurs. J’ai parfois l’impression de me répéter mais dire le contraire serait mentir.



Nous atteignons une jolie plage de sable blanc où l’eau est turquoise et c’est parti pour une heure de baignade. Toujours aussi peu de monde dans l’eau alors que nous la trouvons délicieuse.



L’heure du repas approche et nous gagnons St Florent pour trouver un resto sympa. Il faut vous dire que l’on a décidé avant de partir en vacances de se faire plaisir. Nous sommes de bonnes vivantes et le sandwich sur la plage ce n’est pas pour nous ! donc tous les midis restaurant. Nous atterrissons devant un petit resto qui ne paye pas de mine et une pancarte nous annonce que c’est Francine qui œuvre aux fourneaux. Nous nous installons dans une arrière cour ombragée où la déco nous laisse sans voix. Plein de trucs sont accrochés au mur ou disposés dans des niches : des vieilles gamelles, des pots, des jouets, des peluches, des plaques d’immatriculation d’un peu partout. Un vrai capharnaüm, il y a même un âne culotte de l’île de Ré en peluche. La cuisine est savoureuse, je salive encore au souvenir des beignets de courgette à la menthe.



L’après midi est consacrée à une balade dans la ville et à l’achat de quelques babioles puis à une nouvelle trempette avant de rentrer dans nos montagnes.







Comme chaque soir la bonne humeur et le petit rosé frais sont au rendez-vous  sous notre petite tonnelle. Pas de moustiques donc on peut en profiter tardivement.


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 21 Juil - 16:09

Samedi nous commençons par un tour à Ponte Leccia, la ville la plus proche afin d’acheter quelques spécialités et cadeaux à rapporter : charcuterie, fromages, biscuits et confitures. Avec modération : pas pour la ligne mais pour le poids de la valise pour le retour en avion.

La boucherie est toute petite et sur toute la longueur du mur il y a des chaises pour l’attente comme chez le docteur. Des mémés y papotent. Nous apprendrons plus tard qu’au mois d’août 2012, le frère du maire de Moltifao y a été abattu de 2 décharges de chevrotines à travers la vitrine du magasin,  ça rigole pas ici.

Puis nous filons ensuite vers la Balagne direction la plage de Lozari en dessous de l’Ile Rousse. Nous passerons près de la plage de l’Ostriconi belle et réputée mais les filles ont déjà tenté et l’accès est très difficile. Il faut marcher plusieurs kilomètres depuis la route qui surplombe puis ensuite traverser un petit bras de rivière et quelques zones humides, donc niet !



Avant d’arriver à notre destination, nous bifurquons dans la montagne et nous arrêtons dans le village de Lama. Un délicieux village avec de jolies maisons en pierre et des fleurs en veux-tu en voilà.  De certaines maisons on aperçoit entre les montagnes la mer qui se trouve à environ 15 km de distance. C’est ravissant. Une mamie qui joue avec ses petits enfants dans sa cour à l’ombre nous interpelle et nous tape gentiment la causette. Il faut dire que nous avons le sésame idéal pour nouer des contacts : une adorable petite chienne couleur caramel qui est la compagne fidèle d’une de mes deux amies et qui a fait le voyage avec elle. Elle est ici très à son aise et furète dans tous les coins.









A un moment nous passons près du petit bureau de poste et j’avise quelqu’un  avec une couronne de cheveux blancs accoudé à la fenêtre du premier étage. Encouragée par la gentillesse des gens je lui lance un tonitruant « bonjour madame » et là je vois les copines se sauver en éclatant de rire. En fait c’était un monsieur. Quand je vous dis que j’ai la vue basse !

Après Lama nous rejoignons  la plage de Lozari mais un vent à décorner les bœufs s’est levé (nous sommes en Balagne). Donc nous renonçons à la baignade mais sûrement pas au repas dans un petit restaurant de bord de mer.
Nous reprenons ensuite la route vers Ponte Leccia et bifurquons sur une petite route de montagne pour traverser le petit village de Castifao. Plus loin nous passons devant le couvent San Francescu. Ce couvent qui tombait en ruine a été entièrement restauré en extérieur mais l’intérieur a été laissé à l’abandon : des tombes y sont bien visibles et les Corses ont refusé qu’on les déplace pour faire des travaux. C’est un peu lugubre à notre goût et nous nous rabattons sur le cimetière qui se trouve devant. En Corse on n’ensevelis pas les morts. On construit des tombeaux ou sont aménagées des niches dans lesquelles on scelle les cercueils. Des photos sont souvent disposées à côté des noms des défunts. Les hommes ont des têtes de mafieux, quant aux femmes elles ont l’air plutôt tristes et revêches sous leurs fichus noirs.



Ensuite nous passerons à Moltifao. Notre gîte dépend de ce village de montagne mais il se trouve à 3 km dans la vallée.



Les Corses sont très fiers de Pascal Paoli, le père de la nation comme ils disent. Il s’est battu pour l’indépendance de la Corse en 1755. Il est né dans le petit village de Morosaglia (prononcer Morosaille) qui se trouve en Castagniccia, région qui tient son nom de la châtaigne. Comme ce n’est pas très loin de Ponte Leccia nous décidons de nous y rendre et de nous cultiver un peu. La route de montagne toute en virages pour changer est ombragée car nous traversons de nombreuses forêts. Nous apercevons au loin de hauts sommets encore enneigés. Nous serons très déçues en arrivant à Morosaglia après avoir garé la voiture, le village qui s’étire le long de la route est moche, le musée consacré à Pascal Paoli est introuvable. Nous tentons de demander notre chemin à un homme qui trifouille le moteur de sa voiture et qui ne prend même pas la peine de lever la tête. C’est la première fois que nous croisons un personnage aussi antipathique. Seuls 3 chiens nous accueillent, non sans avoir aboyé pour commencer. Nous remontons dans la voiture et après 1 kilomètre nous trouvons enfin le musée à la sortie du village. Au moment où nous arrivons devant la porte, il ferme. Décidément Morosaglia ce n’est pas pour nous, à oublier très vite.




Dimanche, notre dernier jour en Corse. Pour commencer un petit tour à pied sur les rives de l’Asco, la rivière qui passe non loin de la maison.



C’est aussi là que chaque jour un jeune berger roumain emmène son troupeau de chèvres passer la journée à la fraîche sous le couvert des arbres qui bordent la rivière. Nous entendons chanter les cloches des bêtes qui passent à chaque petit déjeuner.



Ensuite nous décidons de profiter un peu de la plage et de ne rien faire de spécial. Nous allons vers l’Est vers la plaine orientale sur la plage d’Anghione. Il fait chaud et la baignade est la bienvenue. Nous déjeunons dans un restaurant de plage et pour la première fois nous voyons une terrasse de restaurant pleine de monde. Il semble qu’il y ait plus de Corses que de touristes. Tout le monde semble se connaître et profite de ce dimanche. Un dernier bain et nous rentrons au gîte. Demain midi nous reprenons, toutes les trois cette fois, l’avion vers Nantes et nous devons faire nos valises et le ménage du gîte. Nous prendrons un dernier repas joyeux et arrosé sous notre tonnelle que nous allons bien regretter.

Après un vol sans encombres dans un avion rempli aux deux tiers seulement (ça ne m’empêchera pas de me reprendre 2 ou 3 bosses dans le compartiment à bagages) nous arrivons à Nantes à 14h00 où le soleil brille. L’aurions nous rapporté comme passager clandestin ?



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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Wapiti le Dim 21 Juil - 20:09

Les Agriates, la Balagne... rêveur
Merci Fabizan pour ce carnet corse. sourire

P.S. : morte de rire devant la chevrette épuisée ! rire


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par fabizan le Dim 21 Juil - 20:30

.
Wapiti a écrit:
P.S. : morte de rire devant la chevrette épuisée ! rire

Elle n'est pas épuisée, elle se frottait la barbichette sur le sable, sans doute pour se débarrasser de quelque parasite rire 


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Wapiti le Dim 21 Juil - 20:31

j'me doutais bien clin d'oeil


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 21 Juil - 20:49

Quelle belle île ! top ! 
Mais, que de montagnes ! flop ! Avec la chaleur, vous vous voyez crapahuter là-dedans ? ouf ! Pas moi. café ! 
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par Invité le Dim 21 Juil - 22:51

bravo Fabizan et merci pour ce superbe carnet de voyage Corse ! top ! 

Tant de belles choses concentrées au même endroit !
Il n'y a pas à dire... La Corse fait certainement partie des plus belles îles qui existent au monde ! sourire
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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

Message par bardak le Sam 14 Sep - 20:15

Ouaouh, c'est vraiment magnifique. Merci pour ce très joli carnet. Il accompagne formidablement bien ce samedi parisien sous la pluie.
Ca donne envie de ballades, j'ai les guiboles qui s'agitent!


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Re: Mon carnet de voyage en Corse.

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