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    Mortel Tabou, un polar parisien de Gilles Schlesser

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    geob

    Mortel Tabou, un polar parisien de Gilles Schlesser

    Message par geob le Mer 23 Juil - 10:54

    Mortel Tabou de Gilles Schlesser

    Voici un roman policier délectable, il se déroule en 1947 à Paris, plus précisément dans le quartier de Saint Germain. Délectable, parce que des personnalités du monde de l'art - dans le sens le plus large du terme - traversent cette histoire, tels  Simone de Beauvoir, Boris Vian, Raymond Queneau, Mouloudji, Juliette Gréco,  mais surtout Jean Paul Sartre ! Ceux qui s'intéressent à la littérature, à son histoire, constateront que toutes les annotations,  anecdotes sur la vie de ces gens célèbres sont véridiques, établies, comme par exemple l' amant américain de Simone de Beauvoir.

    Au début de l'histoire, on apprend que Jean Paul Sartre a échappé de justesse à une tentative d'assassinat.  Qui en veut à celui qui a lancé "l'existentialisme", villipendé par les médias qui l'accusent de pervertir la jeunesse?  La jeunesse s'en fiche royalement et s'éclate dans les caves de Saint-Germain des Prés, dont celle du fameux "Le Tabou", où, non loin de là, deux clients se feront trucidés au sortir d'une nuit enfumée et alcoolisée, par un coup de marteau, le même objet utilisé par l'agresseur du philosophe.  Va t-on fermer "Le Tabou"? L'oxymorique jeune journaliste Paul Baulay, petit-fis d'un commissaire à la retraite,  fréquentant ce milieu artistique, et de surcroît ami de Boris Vian,  va apprendre ce qui est arrivé à Jean Paul Sartre. Dans ses articles, il ira jusqu'à employé le terme de "tueur existentialiste", au grand dam de Sartre ! D'ailleurs ce dernier lui enverra son secrétaire, Jean Cau - qui devint un grand journaliste, à Paris Match, entre autres - pour le convoquer chez lui, rue Bonaparte.

    Paul Baulay dénouera les fils de cette histoire, mais le plaisir de ce roman se situe aussi dans la description d'une société qui semblait être de taille humaine, mais oh certes pas paradisiaque, surtout deux ans après la guerre, une société plus... sociale dont les individus n'étaient pas repliés sur eux mêmes, et où tout le monde se parlait et vivait sans se la péter, comme c'est le cas aujourd'hui.

    Ce sympathique et intéressant polar se lit facilement, c'est agréable, et fait passer un excellent moment. Qui plus est, il ne coûte que 7€90, aux éditions Parigramme, une maison que je ne connaissais pas jusqu'à ce jour.

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