Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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Carnets de Macédoine (2017)

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mamina

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par mamina le Jeu 3 Aoû - 10:37

On voit qu'elle grandit la poucinette, elle en a de plus en plus à raconter !
Quel plaisir !
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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Jeu 3 Aoû - 12:42

mamina a écrit:elle en a de plus en plus à raconter !

Exactement ce que je me suis dit quand je faisais son gratte-papier! dégout soupir rire Pas sûr que ses carnets existent ou soient si généreux quand elle saura écrire... alors profitez-en! clin d'oeil

J'en profite pour préciser que je retranscris son carnet avec son accord, bien évidemment.

Lilie
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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Jeu 3 Aoû - 15:22

14 juillet 2017
Mavrovo, Mavrovo NP

Ce matin, au petit déjeuner, dans la cuisine commune au bout du joli jardin ombragé de Magda, nous fûmes accueillies par Mile et Meri, et une assiette de pancakes que Meri avait préparée spécialement pour nous.

Magda est venue m’offrir un café, café à la turque, avec autant à manger qu’à boire à l’intérieur tellement la couche de mar qiu flotte à l’intérieur est épaisse, et ce même si j’attend de longues minutes avant de le boire ! Pour compléter tout ça, de la confirture d’abricot maison, délicieusement confectionnée par Magda.

Le sujet de notre départ semble les occuper, et même les préoccuper. Mavrovo est semble-t-il un endroit où l’on peut venir, mais d’où il est difficile de partir ! Deux rares touristes féminines, ce matin, chargées de leurs gros 60 litres, sur la route-parking devant chez Magda, demandaient un taxi... et toute la populace locale, les vieux, les mômes, le vacher, les chiens errants, semblaient réfléchir à comment les faire partir... Il n’y a pas de taxi à Mavrovo... ni bus, ni pharmacie, ni boutiques, ni épicerie... juste des hôtels vides et trois restaurants en fond de vallée tout aussi désertés. Une échoppe en face chez Magda, où l’on trouve de l’épicerie-cochonerie genre biscuits ou gâteaux salés sur quelques planches en bois derrière le comptoir, des sodas et un peu de lait, fromages, ou jambons industriels. Ni fruits, ni légumes. C’est bizarre comme dans les coins les plus reculés, il est souvent plus facile d’acheter des produits artificiels fabriqués à l’autre bout de la planète, que des produits locaux, dans les Andes boliviennes comme en Macédoine... On pourrait se dire que les fruits et légumes, ils les cultivent eux-mêmes et n’ont pas besoin d’en acheter... Chez Magda, il y a des fleurs mais pas de potager. Alors d’où viennent ses tomates ? ses paprikas ? J’imagine qu’elle prend sa voiture pour aller les acheter au marché le plus proche, certainement au moins à une vingtaine de kilomètres de chez elle. Par contre, en traversant la route, elle a des canettes de Coca-Cola et de Fanta.

Mile me l’a dit hier : les gens d’ici sont très pauvres, il n’y a pas de travail. Ils travaillent un ou deux mois dans l’année, l’hiver, si la neige tombe. Remontées mécaniques, location de ski, et quelques hôtels témoignent de cette activité hivernale aux prestations d’un autre temps. Nombres semblent d’ailleurs abandonnés. A l’époque de la Yougoslavie, la station de ski de Mavrovo battait son plein, c’était public, et les Macédoniens et autres Yougoslaves trouvaient ici une aire de récréation pour les sports d’hiver. Aujourd’hui, on vit ici sur une très courte période... quand la neige daigne tomber. Pas de neige, pas de touristes. C’est surprenant, car ce parc national dispose d’un site internet très complet, avec les circuits de randonnée détaillés. Mais l’impression que j’ai depuis que je suis ici, c’est celle d’un territoire isolé, oublié, déserté, par les touristes, mais aussi par le gouvernement. Le gouvernement met son budget dans la communication, avec un beau site internet vitrine qui donne envie. Mais derrière, ça ne suit pas. Un énorme panneau aguicheur, près du vieux complexe sportif, annonce en Anglais tout un tas d’activités de montagnes, du VTT de descente au canoë, aux visites de canyon ou de grottes, le tout complété par une formule prometteuse : « soon, soon... ». Il semble que le développement de ce PN créé en 1949, et qui abrite le plus haut sommet du pays (2700m), en soit resté à cet appât... Le site internet mentionne également une grotte souterraine de 20 mètres aux stalactites impressionnants, et découverte il y a de ça trois décennies. L’accès, par une sente recouverte de hautes herbes près de chez Magda, et qui continue par des escaliers bétonnés sur le flanc de la montagne, mène à l’entrée du site... résolument fermé au public. Il semblerait qu’elle ouvrirait occasionnellement pour des groupes. Mais à qui s’adresser, ici, même en groupe ? Je me le demande...

Les vieux panneaux défraîchis, sponsorisés par Oxfam Italie, indiquent sur la carte du PN un « information point » à Mavroni, là où nous sommes descendues du bus, hier, avec Kinderette. Mais à Mavroni, personne ne sembLait informé de cet « information point ». Idem pour les sentiers de randonnée balisés. Personne ici ne semble au courant de leur existence. J’ai cru en apercevoir un, hier, deux kilomètres plus haut : une vieille pancarte fléchée, en bois, avec deux bandes de peinture rouge et blanche, pointant vers un sentier grimpant sur la montagne. Peut-être essaierons-nous de le suivre, demain, avec Kinderette... si j’arrive à trouver l’interlude où la boutique-épicerie est ouverte pour y acheter de quoi grignoter pour une journée de marche à travers la montagne.

Paradoxalement, Mile constate que chaque année, Mavrovo se déserte de sa population, mais que chaque année, de nouvelles villas se construisent ici. Citadins de Skopje ou de Gostivar, ville la plus proche, venant chercher une paisible fraîcheur dans ce soin reculé du Nord-Ouest du pays.

Le ciel se couvre, des orages pourraient menacer, aujourd’hui, demain. Mile n’y croit pas, le temps change vite en montagne.


(...)

Lilie
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Skyrgamur

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Skyrgamur le Jeu 3 Aoû - 15:33

Pas réjouissant l'avenir de Mavrovo. triste


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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Ven 4 Aoû - 13:00

Ce matin, même si nous avions déjà perdu quelques degrés par rapport à hier et qu’une brise fraîche soufflait sur Mavrovo, nous étions pourtant en manches courtes, sous le soleil, à nous balader tous les quatre, Mile, Meri, Kinderette et moi. Ils nous ont emmenées en voiture, sur une route qui monte, laissant sur notre gauche le lac turquoise, et Mavrovo, allongé sur deux kilomètres le long de la route, sur l’autre rive. La route a été construite en 1959 et fait le tour du lac en 33 kilomètres. C’est un lac artificiel, où se baigner nous a été déconseillé par Mile, car dangereux semble-t-il. Les plages de sable roux sont pourtant tentantes mais hier, en nous balandant sur les bords du lac, j’ai perçu un fort courant, les vagues venant se jeter fortement sur la berge. On ne voit pas de baigneurs ici. Ni pêcheurs, ni quelconque activité aquatique sur cette étendue turquoise plantée à environs 1300 mètres d’altitude, et entourée de montagnes recouvertes d’une diversité arboricole impressionnante !

Après deux kilomètres de montée, Mile s’est enfoncé dans la forêt, sur une des bribes de goudron défoncé, pendant quelques centaines de mètres. Nous étions arrivés là où ils voulaient nous emmener : des sources d’eau, aménagées, certainement miraculeuses pour les pieux locaux, comme en témoignent pièces de monnaie, autels de fortune, et croix religieuse. Le site est paisible et apaisant, à flanc de montagne et au coeur de la forêt. Quelques tables et bancs, un abri de pique-nique en bois, et un foyer à barbecue sont installés. Mile et Meri ont rempli quelques bouteilles, Kinderette aussi. C’est toujours drôle, l’eau, pour les enfants.
J’ai pris le temps de remercier la Mère Nature pour cette eau claire qu’elle m’offrait à moi aussi, dans les paumes de ma main. Une bonne eau fraîche, tout droit sortie du ventre de la montagne. Mile me dit que l’on vient même de Gostivar, la ville à une heure d’ici, pour s’approvisionner en eau, celle de ladite ville n’étant pas bonne.

Nous remontons en voiture.

- Si nous sommes chanceux, nous trouverons des fraises, me lance Mile en Anglais, langue plus facile à utiliser pour lui aux lointains souvenirs de Français.


(...)

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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Sam 5 Aoû - 12:51

Nous reprenons la route principale, qui grimpe maintenant à travers la forêt. Mile se gare dès qu’il le peut, sur le bord de la route. Il nous remet deux gobelets en plastique, et ho ! Nous avons juste à nous pencher pour ramasser nos premières fraises sauvages !

Elles sont tout aussi riches, sucrées, et délicieuses, qu’elles sont minuscules. De la taille d’une coccinelle, la fraise sauvage de Mavrovo National Park est juteuse et inonde les papilles de sa saveur festive ! Je me suis même dit qu’elle me faisait penser à des bonbons, voire aux Fraises Tagada, tant elle est sucrée ! C’était la première fois que je voyais, que je cueillais, et que je goûtais à des fraises sauvages... Et ce fût un délice aux saveurs d’enfance ! Je ne sais pas si nous avons des fraises sauvages en France, je n’en ai jamais entendu parler... Quelle chance ont les animaux d’ici d’avoir cette gourmandise à profusion ! Quand je l’ai dit à Kinderette, elle a décidé d’arrêter de toutes les cueillir, pour en laisser aux animaux. Je me suis évertuée à lui répéter que la forêt était vaste, et que même si nous ramassions toutes les fraises que nous voyions, il en resterait encore beaucoup plus, ailleurs, pour les animaux de la forêt. En vain. Rien n’y fit, et Kinderette ne démordit pas de son altruisme animal.

J’ai là aussi remercié la Nature pour sa générosité. Je pensais aux temps anciens, il y a des milliers d’années, quand l’Homme vivait de chasse et de cueillette. Qu’il était facile de se nourrir de la forêt, la Nature généreuse ayant pensé à tout pour que l’Homme s’y épanouisse. Des fois, je me dis qu’elle aurait dû être moins généreuse. Parce que l’enfant qu’elle a gâté est aujourd’hui celui qui la détruit. Sur le bord de la route où nous ramassions nos petites perles rouges, du plastique, du verre. Kinderette ne comprend pas pourquoi ici en Macédoine, les gens jettent tout le plastique dans la nature, dans les rivières, sur les chemins. C’est parce qu’ils ne savent pas que c’est pas bien, lui répond-je. Qu’en France, avant, on ne savait pas non plus. Je ne lui dis pas que l’écologie est nouvelle chez nous autres riches. Riches qui préférons polluer ailleurs que chez nous, où nous vivons.

Nous nous sommes ravis pendant une heure, tous les quatre, à cueillir ces petits trésors que la montagne nous offrait. Notre butin au bout d’une heure de cueillette ? Les trois-quarts d’un gobelet de 25 centilitres ! Il en faudrait des heures de cueillette pour faire ne serait-ce qu’un pot de confiture de fraises sauvages !

Sur le retour, nous nous sommes arrêtés à un des hôtels de Mavrovo, 500 mètres avant chez Magda. Installés sur la terrasse surplombant le lac, café pour les grands, glace pour les autres...

Kinderette fait la sieste. Il faut dire qu’en ramassant les fraises, elle a fait le double de distance que nous avec ses nombreux allers-retours entre nous... Le tout en courant, bien évidemment !

Voilà, les premières gouttes tombent. Je ferme mon carnet et rentre à l’abri.

(...)

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Skyrgamur

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Skyrgamur le Sam 5 Aoû - 14:08

Il y a des fraises des bois sauvages en France aussi


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geob

Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par geob le Dim 6 Aoû - 10:25

J’ai là aussi remercié la Nature pour sa générosité. Je pensais aux temps anciens, il y a des milliers d’années, quand l’Homme vivait de chasse et de cueillette. Qu’il était facile de se nourrir de la forêt, la Nature généreuse ayant pensé à tout pour que l’Homme s’y épanouisse

Mais oui, le chasseur-cueilleur vivait sans doute plus heureux que nous, il ne connaissait pas la famine, travaillait peu. Bien entendu, ne tombons pas dans l'anachronisme, l'homme d'aujourd'hui aurait du mal à vivre comme en ces temps anciens - celui qui ne pouvait plus suivre son groupe était abandonné ou tué.

Des fois, je me dis qu’elle aurait dû être moins généreuse. Parce que l’enfant qu’elle a gâté est aujourd’hui celui qui la détruit.

Ce qui a gâté l'humanité, c'est "la révolution agricole" : elle a permis à l'humanité de se multiplier et de devenir esclave de ses cultures, des intempéries, de connaitre la famine, les maladies... j'arrête là,
[ce n'est pas le lieu de parler d'un livre prodigieux : "Sapiens, brève histoire de l'humanité", qu'il faut absolument lire ! Et en lisant ce livre, je me suis souvenu d'une lecture qui remonte à belle lurette :"Age de pierre, âge d'abondance" de Marshall Sahlins.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sapiens_:_Une_br%C3%A8ve_histoire_de_l%27humanit%C3%A9

http://www.telerama.fr/idees/sapiens-l-homme-qui-se-racontait-des-histoires,131186.php
(j'en parlerai, un de ces quatre, dans "coup de cœur")
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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Dim 6 Aoû - 17:54

14 juillet 2017
Mavrovo, Mavrovo NP

Au petit déjeuner, c’était très bien parce que j’ai mangé un lait en brique au chocolat. J’ai mangé des crêpes que Meri elle avait fait. J’ai mangé aussi des petits biscuits. Après on a ramassé des fraises ! Dans la forêt ! Des fraises sauvages ! Et aussi j’ai bu de l’eau froide qui venait de la nature et elle était hyper hyper froide ! Et puis on avait ramassé beaucoup de fraises. Ensuite, Maman, Meri et Mile ils ont bu un café, et moi j’ai mangé une glace. Et je voulais jouer au parc mais je voulais pas parce que j’avais peur, y avait des choses c’était dur à faire. Et puis après j’avais appelé Maman pour dire de venir jouer au parc. Elle avait dit « attend » et donc j’ai pleuré et j’ai saigné du nez. Et puis après, bah ça m’embêtait. Et après, c’était bon, on est allé dans la voiture avec les fraises qu’on avait ramassées. Et ensuite on était rentré dans la maison de Magda. Ensuite on a rangé les fraises dans le frigo.Après on est allé manger au restaurant et j’aimais bien parce que y avait des poissons dehors. Ils étaient vivants et ils étaient faits pour manger mais on les mangeait pas vivants, c’était la dame du restaurant qui les pêchait. Aussi sur le mur de où y avait les poissons, y avait des grosses coccinelles, mais en statues bien sûr ! Après, j’ai été cherché mon carnet et j’ai mangé du steack hâché avec des frites et des concombres et des tomates. Et l’après-midi, j’ai fait une sieste et après le goûter on a été se promener sur deux routes. On est allée se promener dans les montagnes où y avait un truc pour que les gens ils montent à la montagne, mais que ceux qui voulaient faire du ski. Maman, elle a pris beaucoup de photos. Et puis après on est redescendue et oh ! Tout d’un coup, y avait des bébés chiots avec une maman chien et la maman elle était gentille parce qu’elle voulait bien qu’on les prenne en photo. Et puis ils étaient mignons aussi, les bébés chiots, et moi je préférais les deux marrons. Ensuite on est redescendue et on est allée par l’autre route. Et y avait des gens qui coupaient du bois. Et j’ai touché les épines du bois et j’en ai pris dans ma main mais après je les ai remis où elles étaient parce que ça pouvait faire des petites épines dans la main. Ensuite on est allée se promener au bout de la route. On s’est arrêtée voir des petites bêtes et la grosse rivière. Ensuite on est revenue à la maison de Magda. Ensuite j’ai regardé la télé avec tout le mode presque mais pas la dame et le monsieur qu’avaient le vélo. Ensuite Magda elle avait fait des petits biscuits et c’était très bon. Ensuite j’ai mangé des concombres et en dessert c’était des fraises qu’on avait ramassées dans la forêt. Ensuite j’ai pris ma douche et je me suis brossée les dents dans la douche. Et après j’ai écrit sur mon carnet, c’est ce qu’on vient de lire, là. Et c’est ainsi que ça se finit !

(...)

Kinderette


Dernière édition par Lilie le Dim 6 Aoû - 18:21, édité 1 fois
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Skyrgamur

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Skyrgamur le Dim 6 Aoû - 18:10

J'adore. Reste comme tu es Kinderette. câlin


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Fabricia

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Fabricia le Dim 6 Aoû - 18:55

bisou bisou à Kinderette et Lilie, qui racontent si bien leur tour de Macédoine !


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Wapata

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Wapata le Lun 7 Aoû - 13:58

wap'papounet vous remercie pour la carte top ! top !


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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Lun 7 Aoû - 20:27

clin d'oeil

Lilie
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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Lun 7 Aoû - 20:29

15 juillet 2017
Mavrovo, Mavrovo NP


Ce matin, nous avons encore été gâtée pour le petit déjeuner : café et biscuit de la part de Mile et Meri, et bon fruits macédoniens de la part de Rosetta et Rafel, le couple ultra sportif arrivé hier depuis la capitale. Ils y sont profs de sport, et également tri-athlètes. Ici, à Mavrovo, ils viennent faire du vélo de route. Ils sont habillés en Asics et Adidas des pieds à la tête et du matin au soir.
Comme tous les jours depuis notre arrivée, la suite de notre séjour à Kinderette et à moi les occupe tous beaucoup. Magda ne parlant pas Anglais, c’est Rosetta ce matin qui faisait office d’interprète. Finalement, le mieux serait que Magda nous emmène à Gostivar en partant avant 6h demain matin, d’où nous pourront prendre le bus pour Ohrid. Magda a des amis à Ohrid, et après quelques coups de fil, elle nous a proposé une chambre en plein centre ville, chez des amis à elle qui louent également des chambres. Elle va me donner leur adresse, et en arrivant à Ohrid, si ça nous dit, nous pourrons aller chez eux. Ca me dit. Je préfère trouver à me loger par relation, c’est aussi un bon moyen pour rencontrer des gens !

Après le petit déj’, départ pour destination inconnue mais pain, deux boîtes de conserve au contenu incertain, des chips, du fromage à tartiner, deux biscuits offerts par Mile, et deux litres d’eau dans le sac à dos.

Mile nous déconseille a forêt, les sentiers, à cause des chiens divagants. Il veut absolument que nous suivions la route. J’ai bien envie de prendre de la hauteur, serai frustrée de partir d’ici sans avoir essayé de m’offrir du plein air, de la hauteur, un panorama.
Kinderette décide du chemin, elle veut retourner voir les petits chiots de la veille, au pied des pistes et des remontées mécaniques. Je me dis que nous essaieront donc d’emprunter cette sente supposée de VTT de descente, qui monte à pic jusqu’au sommet des remontées mécaniques. On monte doucement. Kinderette ne se plaint pas, elle monte en me donnant la main mais on s’arrête tous les cent mètres. Et puis finalement, elle prend le rythme, les papillons et les sauterelles l’appâtent pour monter, je les remercie ! De magnifiques papillons, assez grands, des dizaines de variétés différentes ! Je trouve en cours de montée, par chance, sur un rocher, un marquage rouge et blanc que nous suivons, même si le marquage est aléatoire. Après un faux-plat herbeux, il voulait nous mener tout droit vers la forêt, le marquage au pied d’un vide de 5 mètres et nous indiquant pourtant d’aller tout droit. Je n’apercevais ni sentier, ni marquage dans la forêt et je décidai donc de suivre l’inclinaison de la montagne, pour continuer à grimper. J’ai eu raison, quelques centaines de mètres plus loin, je récupérai un marquage qui partait vers la gauche, mais toujours en direction du sommet. Aucun panneau de direction ne m’indique pour autant la voie que je suis, ni ma direction, même aux quelques intersections de sentiers que nous avons croisées.
Il fait chaud mais un bon vent frais rafraîchît nos têtes et nos nuques. On prend notre temps, mais Kinderette grimpe bien, à son rythme. Puis le sentier bifurque vers la droite et le lac quelques centaines de mètres plus bas se détache de son bleu turquoise autour de cette marée végétale. Cette vue panoramique ne nous lâchera plus et ne fera que se magnifier jusqu’à notre arrivée en haut. Le lac, ses plages, Mavrovo, et nous distinguons aussi plus loin sur notre droite, des crêtes, aux environs de 2000 mètres, dont le badau ne peut soupçonner l’existence depuis les 1200 mètres d’altitude du campement qu’est le village. Environs 500 mètres de dénivelé positif pour cette première rando macédonienne que nous summumons d’un joli pique-nique, là, toutes les deux, avec ce splendide panorama face à nous. J’aime. Et Kinderette aussi, qui ira d’elle même à plusieurs reprises se planter sur une plateforme rocheuse surplombant le paysage qu’elle semblait dévorer comme son sandwich au pâté.

Il fait beau, mais les nuages se sont formés alors qu’il n’y en avait pas quand nous sommes parties. Je n’ai pas l’heure sur mon, mais ça fait plus de deux heures que nous sommes parties, et même si l’envie et la curiosité de continuer à suivre le sentier à travers la montagne sont là, et que Kinderette est encore très en forme ne montrant aucun signe de fatigue, je préfère jouer la carte de la sécurité et redescendre par là où nous sommes montées : je ne voudrais pas être prise sous des pluies orageuses ici, avec Kinderette, sur la redescente tout de même bien raide. Après tout, je suis déjà super contente d’être arrivée ici, et super fière de Kinderette !

La descente s’est faite rapidement, en une demi-heure environs il me semble, et il était 13h30 quand nous avons poussé le petit portillon de chez Magda : parfait timing pour la sieste de Kinderette !

(...)
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Solcha

Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Solcha le Lun 7 Aoû - 21:28

Bravo Kinderette!!!


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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Skyrgamur le Lun 7 Aoû - 22:16

C'est bien la fille de sa mère !!!


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mamina

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par mamina le Mar 8 Aoû - 11:23

Jolies promenades !
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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Mar 8 Aoû - 12:32

Je reprend ma plume après deux heures en compagnie de Meri et Mile qui, une fois encore, sont venus me chercher pour partager leur déjeuner avec eux. J’ai essayé, je n’ai pas réussi à échapper à la délicieuse salade de paprikas et au plat de spaghetti accompagné d’une superbe sauce tomate maison et d’un fromage de chèvre macédonien, l’équivalent local du parmesan italien.
J’avais pique-niqué en haut de la montagne, j’ai donc encore surmangé, double ration ce midi ! Sans compter qu’à chaque fois, Mile et Meri arrosent leur repas de rakija, un alcool cousin de l’eau de vie, 40 degrés distillés !

(...)

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Mar 8 Aoû - 12:36

Chez Magda, nous vivions dehors, le jardin étant le lieu de vie, le coeur social de cette maisonnée. Une fontaine à robinet, quatre petites tables, des chaises recouvertes de coussins que Magda ou son mari s’affairaient à abriter s’il pleuvait, beaucoup de fleurs en pots et en terre, des roses aux géraniums, de l’ombre mais aussi quelques endroits ensoleillés, la cuisine au fond et son auvent qui abritait lui aussi deux fauteuils recouverts de peau de mouton marron, que trait-d’unionait une petite table ronde, elle aussi habillée d’un napperon. La rivière comme l’appelait Kinderette, était davantage un ruisseau, au pied du jardin, sécurisé par un petit portillon, et où Magda laissait parfois ses melons au frais, dans des sacs plastiques. Ca c’était pour la partie jardin de derrière, mais si l’on retournait à la maison, une autre table, ombragée d’un parasol celle-ci, avec pour résident principal le mari de Magda, tout occupé qu’il était a fumé ses nombreuses cigarettes, et où à tour de rôle se relayaient Mile, Meri, Magda, voisins, artisans. Le jardin de devant, tout aussi fleuri, était exposé au soleil, et c’est là, sur l’unique table, que Rosetta et Rafel aimaient à petit-déjeuner. Là, où carrément à l’extérieur du jardin, à côté du petit étale où Magda proposait à la vente chaussettes et confiture d’abricot maison.
Il y avait toujours du monde dans le jardin de chez Magda. A manger souvent, à grignoter, à cuisiner, à discuter, à jouer aux cartes, Kinderette avait même apporter une nouvelle occupation avec sa petite balle rebondissante.

Chez Magda, c'est une de ces guesthouses où les propriétaires des lieux ouvrent sans pudeur leur lieu de vie, intérieur comme extérieur, où les « guests » entrent et sortent, partagent les repas, les cafés, les cigarettes, et le temps perdu avec la famille qui tient les lieux. De ces guesthouses où l’on se sent chez soi, celles-là mêmes qui, sur des voyages au long cour, pouvaient être la raison-même de ma prolongation du séjour dans une ville, un village, un hameau. Des gens.

Un soir, chez Magda, en revenant de nous promener, Magda nous ayant vu arriver depuis la fenêtre, était sortie et nous avait invitées à la suivre dans son salon... où j’avais eu la surprise de voir, face à moi, bien installés dans leurs canapés, Mile, Meri, et le mari de Magda. Ils regardaient Wimbledon, tous les quatre, au chaud car la fraîcheur tombait vite à Mavrovo. On s’est jointes à eux, là, dans cette pièce remplie de bibelots et de photos jaunie, dans cet intérieur dont la décoration et le mobilier semblaient n’avoir point bouger depuis des décennies.

Aujourd’hui, je garde un doux souvenirs de nos quelques jours dans le Mavrovo National Park, une doux souvenir évidemment lié à la maison de Magda, et à ses résidents, permanents ou de passage.

(...)


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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Mar 8 Aoû - 13:31








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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Mar 8 Aoû - 15:07

A l’heure du coucher.

Troisième et dernière tentative d’écriture aujourd’hui...

Vers 17h30, Meri nous propose de les accompagner à pied, rendre visite à une amie au café d’un hôtel, plus haut. Elle y travaille. Arrivés sur le parking de l’hôtel, je suis surprise de n’y voir que des Audi, Mercedes, et même une Porsche ! Ours, chamoix et autres animaux du coin sont empaillés dans le hall de cet hôtel haut de gamme, dont je n’aurais jamais soupçonné l’existence ici ! Je n’ai pas aperçu une seule de ces voitures dans le parc, ni même ces touristes aisés. Ils se contentent peut-être, pour la plupart, des services, et de la terrasse panoramique qu’offre le lieu. Nous avons ensuite continué notre balade par une route que nous avions empruntée hier, avec Kinderette, et qui se termine sur le parking d’un imposant mais vieil hôtel qui semblait à l’abandon. Mile me dit que c’était avant un hôtel pour les employés de Makpetrol, à l’époque yougoslave. Il a été fermé toutes ces dernières années et là, il a ré-ouvert il y a seulement deux jours, à la grande surprise de Mile et Meri. A l’intérieur, du mobilier modeste datant d’une trentaine d’années, du marbre au sol, et de grands salons vides qui semblent encore attendre leur époque de gloire à revenir. Un grand paquebot déserté, avec ses tables rectangulaires encore habillées de nappes blanches qui résonnaient d’une époque faste révolue. Mile et Meri semblent aussi connaître le capitaine de ce vaisseau, un grand gaillard, solide, aux paluches lourdes, avec qui ils discutent sur la terrasse qui fait face aux pistes où nous gambadions le matin-même.

Nous continuons notre ballade. Kinderette adore Meri et Mile. Un coup, elle fait la course avec Meri, un coup elle joue avec Mile, un coup elle donne la main à l’un, un coup à l’autre. Nos pas nous ont emmenés jusqu’aux terrains de sports, à côté de chez Magda. Mile me fait remarquer que c’est ici une propriété privée, réservée aux clients de l’hôtel où nous étions plus tôt, et à qui appartiennent ces terrains et ce vieux gymnase. Je m’en étonne, pour moi, des terrains de foot, de tennis, de basket, les seuls d’un village, sont habituellement publics. C’est exact, me répond Mile. C’est ainsi que cela devrait être. Mais ils appartiennent à l’hôtel. Depuis le changement de régime, certains sont devenus très, très, très riches, et de gros écarts entre Macédoniens, énormes, qui n’existaient pas avant, sont apparus.

- Il y a une école à Mavrovo ? Je l’ai vue, sur le bord de la route, plus haute.
- Elle ne fonctionne pas vraiment. Un maître pour cinq élèves peut-être. Il n’y a rien pour les jeunes ici. Alors ils partent. Heureusement, la nature est encore forte à Mavrovo ! Tu sais, on vient régulièrement depuis dix ans, et j’adore le sentiment de liberté que je trouve ici !

De retour chez Magda, elle m’attendait pour me donner sur un bout de papier, griffonné, le numéro de téléphone d’Eleonora, à Ohrid. C’est en fait la voisine de ses amis, qui ne pouvaient nous accueillir. Mile et Meri me disent que nous y serons bien, que l’adresse est en plein centre, près d’une très vieille église, dont Magda a aussi également écrit le nom sur le bout de papier, en Macédonien. Je n’aurai qu’à le donner au chauffeur de taxi, et lui demander d’appeler quand nous serons arrivées devant l’église, pour qu’on vienne nous chercher. S’il refuse, nous trouverons forcément quelqu’un à qui demander de téléphoner.

Demain, départ à 5h50. Je suis HS. Il est 22h, je me couche.

(...)

Lilie
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Lilie

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Lilie le Mar 8 Aoû - 15:32

15 juilet 2017
Mavrovo, Mavrovo NP

Ce matin on est allée se promener dans les montagnes. Ensuite, on est grimpée tout en haut et on est redescendue plus vite ! On ne sait pas pourquoi ! On a pique-niqué tout en haut de la montagne et aussi on a vu plein de papillons et de sauterelles. J’ai pris beaucoup de photos et vous les verrez si vous regardez l’album photo de Macédoine ! (ndlr : surprise lorsque Kinderette m’a dicté ces mots, il semble donc qu’elle « écrive » ses souvenirs, non pas –seulement- pour elle, mais aussi finalement dans le but de les partager ?...)
Cet après-midi après la sieste on a joué au Dobble tous les trois, avec Mile et Maman et moi. On est allée se promener avec eux, voir des amis à eux. Ils nous ont dit si on voulait y aller et on a dit oui. C’était une dame qui travaillait dans un restaurant. Et après on est allé se promener jusqu’à un autre restaurant où c’était encore des amis à eux ! Ensuite on est retourné à la maison. J’ai mangé un peu. Ensuite j’ai pris ma douche. Et après j’ai écrit sur mon carnet. Et demain, si vous lisez l’autre page vous verrez que Magda elle nous aura emmenées très tôt chez d’autres gens... peut-être... si vous lisez l’autre page. Et c’est ainsi que ça se finit !

(...)

Kinderette
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Skyrgamur

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Skyrgamur le Mar 8 Aoû - 16:04

Une future blogueuse clin d'oeil


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Solcha

Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par Solcha le Mar 8 Aoû - 20:44

Oh, ooohhhhh!!! Kinderette nous fait même des clins d'oeil dans son carnet de grande aventure?!!!
Je suis fan!!! (smiley qui tombe à la renverse)

sourire


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fabizan

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Re: Carnets de Macédoine (2017)

Message par fabizan le Mar 8 Aoû - 21:52

C'est charmant la maison de Magda ! sourire


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Re: Carnets de Macédoine (2017)

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