Le Village du Peuple Etrange Voyageur

pour nos pensées, nos petites histoires et nos joutes littéraires autour des voyages


    Irlande, amour toujours

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    Lilie

    Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

    Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Lun 10 Mai - 3:02

    - C’est vraiment trop cliché ! Me dit Sue par chat depuis son bureau à Dublin.
    - Je sais, c’est irréel !
    - Dans un sens, tu sais, ça me rassure que tout ça existe encore en Irlande...
    - Oh oui ! Ca existe encore, je t’assure ! Le troupeau de chèvres dans les rues de Limerick, c’était hier, et le vieux tracteur sans vitre sur le ferry pour traverser le Shannon, c’était Dimanche ! Quant aux nids de poule de 50 centimètres de large sur 20 de profondeur, pas étonnant que ma direction est complètement morte, je suis obligée de tirer mon volant vers la droite pour rouler droit !

    Sue est une Dublinoise de 24ans, et comme tout Dublinois, elle ne connait pas l’autre Irlande. L’autre Irlande, c’est celle où j’ai atterri il y a quelques mois. Grand choc, pour moi Dublinoise d’adoption depuis des années, d’atterrir dans le trou du cul du Kerry. Je veux dire, le Kerry, c’est déjà bien paumé sorti du fameux “Ring”, mais là où je suis, c’est la queue du Mickey !

    Pourtant c’est beau. Très. Je ne me lasse pas tous les soirs des balades sur les 3 kilomètres de sable fin à 200 mètres de chez moi vers la gauche, ou bien de celles sur les falaises à 200 mètres de chez moi vers la droite. Je ne me lasse pas de la péninsule de Dingle, de ses montagnes, de ses lacs cachés ou non, de ses moutons, de son Atlantique, de ses cascades, de ses douces courbes, de ses paysages colorés parsemés de taches sombres que le vent fait transiter sans cesse.

    J’aime l’Irlande, ce n’est pas nouveau. Je ne m’en lasse pas, je ne m’en lasserai jamais. Elle est simple, mais enchanteresse. Elle est romantique, elle est douce mais sauvage. Elle est surtout ressourçante.

    Les mots d’un Couchsurfer qui a surfé mon canap’ la semaine dernière, fraichement revenu chez lui, me maile ce soir ces mots à propos de son séjour :
    (...) les 2 premiers jours j'étais un peu déboussolé, je n'avais pas vraiment de repère, tout allait très vite. Je pense que c'est la balade sur la plage qui m'a permis de ralentir un peu (...)”.

    Je ne lui avais pas posé de questions, il m’avait juste dit que ce voyage en Irlande, c’était pour faire un break, qu’il avait besoin de changer d’air, et que pour un premier trip en solo l’Irlande lui avait paru ce qu’il lui fallait. Il m’avait parlé de l’accordéon, une passion d’enfant qu’il avait plus ou moins laissé tomber il y a quelques années. Dans son mail ce soir, il m’annonce qu’il a commencé des cours d’accordéon, 2 jours seulement apres être rentré d’Irlande.

    Ce weekend, c’est une amie à moi qui venait faire son baptème irlandais. Je l’ai baladée vers chez moi, sur Dingle à côté, et jusqu’aux falaises de Moher, à 2h de trajet de chez moi, au nord, dans le comté de Clare. Elle non plus n’allait pas très bien en venant en Irlande, et prenait elle aussi cette opportunité pour changer d’air. Sur son Facebook ce matin, je lisais :
    “je suis rentrée mais j’avoue que je serais bien restée plus longtemps. Je me sentais bien là-bas.”

    Aujourd’hui, j’avais comme souvent envie de crier mes élans d’amour pour cette île. D’avoir passé quelques jours à la faire découvrir, d’avoir passé quelques jours à aller la chercher, sur ses routes cabossées, je me suis une fois de plus rendue compte qu’elle avait un pouvoir de séduction énorme, qu’elle réussissait toujours à m’émerveiller, et bien souvent par des trucs cons : ses nuages, toujours là, mais jamais les mêmes, qui façonnent les paysages au gré de leurs humeurs ; cette lumière surtout, magnifique, et qui met si bien en évidence toute la palette de verts existant sur Terre ; ses moutons à cornes complètement flippés de la vie qui pourtant une fois posés sur la route ont besoin de 3 coups de klaxon pour vous céder le passage.

    Je sais bien que tout n’est pas parfait ici, la surconsommation pondue du tigre celtique m’énerve par exemple. Le système de santé est digne de celui du Salvador (12h d’attente en moyenne aux urgences, mais on est sympa, on vous allonge parterre à côté des ordures en vous piquant à la morphine de temps en temps pour vous faire patienter) ; quant à l’état des routes, elles égalent parfois ce que j’ai pu voir au Pérou ou en Bolivie. Nous sommes pourtant en Europe, dans la zone Euro.

    Ca n’empêche que vous pouvez lui trouver tous les défauts du monde, je l’aime. Mon coeur y a posé ses godasses il y a des années, et les miennes de godasses peuvent bien faire le tour de la planète, je sais qu’elles me ramèneront toujours ici, histoire de prendre une Guinness avec mon coeur sur un petit tabouret à trois pieds autour d’une table de liliputiens.

    J’aime l’Irlande. Mais j’aime aussi les Irlandais. L’un ne va pas sans l’autre.

    Cest une fausse idée de croire que les Irlandais sont des Celtes. Il n’y a plus rien de celte ici, rien à voir avec la Bretagne, ni même l’Ecosse. Le seul trait celte que je leur trouve vient de mon imaginaire, et c’est leur non-organisation, ce grand foutoir dont ils sont rois et qui me rappelle les scènes de tapages dans les BDs d’Astérix, où c’est le désordre le plus complet, où personne ne contrôle plus rien, et où pourtant le village continue de vivre dans la bonne humeur ambiante. Ils me font un peu penser à ça, les Irlandais. Rigueur ne fait pas partie du vocabulaire, et logique non plus. Les exemples dans la vie de tous les jours ne manquent pas. De quoi rendre fous les extrêmistes de la perfection que nous sommes, nous autres Français.

    Bizarrement ça ne m’a jamais tapé sur le système leur “jean-foutisme”, peut-être parce que j’en suis une aussi, de jean-foutiste. Que ça me fait rire, plutôt que de me faire m’arracher les cheveux. Je trouve ça plutôt sympa pour un pays d’Europe d’ailleurs, ce côté brouillon. Pis on ne peut pas leur enlever leur “easygoingness”, ça non !

    Au parking de l’aéroport l’autre soir, alors que la machine n’acceptait pas ma carte pour me laisser payer et sortir, j’ai pressé le bouton “Help !” et le mec de l’autre côté du bigophone me demande depuis combien de temps je suis stationnée.
    - Euh... je ne sais pas, une demi heure...
    - C’est bon, je t’ouvre la barrière.

    Ma cops qui venait de débarquer de France m’a fait :
    - Ben ils sont cools ici ! Il t’a laissée sortir sans payer ?

    Moi, même pas surprise :
    - Ben... ouai ! Ils sont cools les Irlandais, tu vas voir!

    Cette même cops, au pub l’autre soir, alors que j’étais occupée à commander au comptoir, se met à tirer sur ma manche, de toute sa timidité, en me disant :
    - Hé ! Hé ! Il y a un mec, il me parle je sais pas ce qu’il veut...
    J’ai répondu qu’il allait falloir qu’elle sorte ses 2 mots d’anglais de sa poche, parce que si elle me tirait sur la manche à chaque fois que quelqu’un lui parlait ici au pub, elle allait finir par trouer mes fringues !

    J’ai parfois entendu des étrangers critiquer la culture pub, et trouver ça superficiel puisqu’une fois la porte du pub franchie, à moins d’être de bons amis, on ne se connait parfois plus. En France dans un bar, on ne parle tout simplement pas aux étrangers ! Alors je ne trouve pas ça superficiel du tout. Les Irlandais vont au pub pour s’amuser, et c’est ce qu’ils font. Ils laissent leur problèmes chez eux, et le pub remplit complètement sa fonction sociale de défouloire et de détente. Au pub, on y rit, on se donne des claques dans le dos, on se parle. Et peu m’importe maintenant si je sais que je ne reverrai jamais la personne qui vient de me parler quand j’attendais ma commande de boissons au comptoir, et peu m’importe si les plus grandes discussions que j’ai avec untel se font entre les quatre murs d’un pub. Il y a du rapport humain, bon, quoi qu’on en dise.

    Oui, j’aime l’Irlande. Elle me fait du bien, elle me ressource, elle m’appaise, c’est elle qui m’a vue grandir, c’est elle qui soigne mes bobos, comme une grand-mère attentionnée, et c’est chez elle que je me sens bien quand mes retours de voyage sont trop durs à encaisser. Pourtant j’ai décidé de la quitter. Non que je ne veuille plus d’elle. Mais parce que j’ai besoin de retourner à mes racines, et pour plein d’autres raisons qui n’ont pas leur place dans ces mots. Mais rien que d’y penser, à ce jour où je la quitterai pour de bon, j’ai un gros noeud qui vient se former dans ma gorge, et putain de merde y a encore mon écran qui devient tout brumeux !

    Quand ces pensées me viennent, je me rassure en me disant qu’elle n’est qu’à 1h de vol de la France, et que je serai toujours aussi contente de la retrouver occasionnellement. Je crois même que tous mes futurs voyages auront pour ville départ et retour Dublin, parce que je me suis rendue compte récemment qu’un retour de voyage à Dublin, c’est vachement moins brutal qu’un retour en France. Sans doute parce que Dublin, même si bien différente de l’Irlande dont je parle plus haut, a tout de même ce trait caractéristique irlandais, ce côté un peu jungle, qui fait sans doute la transition entre mes destinations voyage favorites et une Europe que je trouve souvent trop aseptisée. Dublin, mon autre Amour. Je l’aime autant que l’Irlande, mais je les distingue pourtant, la capitale du pays n’a rien à voir avec le far west où je suis maintenant. Des similitudes, certes. Mais la vie y est trop différente, deux mondes différents.

    J’arrête là pour ce soir, parce que l’Irlande, je peux en parler des heures ; j’en ai déjà écrit des pages, des bribes de vie, et j’en écrirai sans doute de nombreuses encore.

    Ha ! Ireland, Ireland, Ireland... I love you. And I will always do.


    __________________________________________________________________________________________________


    Lilie

    PS: Desolee pour la mise en page, je ne comprend pas: un simple copier/coller de Word pourtant Wapiti est passée par là.


    Dernière édition par Lilie le Mar 11 Mai - 1:42, édité 1 fois
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    Invité
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Invité le Lun 10 Mai - 13:48

    Irlande enchantée pour une Lilie qui a réussi à chasser son désenchantement sur ses terres.
    Irlande qui ramène aux sources avec ses paysages si vastes qu’on oublie que l’on vit sur une île.

    Jamais encore je n’ai découvert ton pays et j’ai la tête pleine d’images imaginaires, proche du cliché à deux balles.
    Le cottage blanc et rustique au bord d’une falaise sur une lande tondue de près par les moutons.
    Les pubs enfumés (on ne fume plus je sais) et les pintes de bière mousseuse qui circulent dans le brouhaha et la musique.
    Toutes des images de folklore mais aussi l’émigration massive, les duretés religieuses catholiques conservatrices et la condition de la femme.

    J’ai surtout découvert l’Irlande par Nuala O Faolain chroniqueuse-écrivain qui parle si bien de son pays.
    La connais-tu ?

    Allez Fillette, si tu as écrit des bribes et des bribes de vie, je serai au rendez-vous pour te lire. Ne laisse pas ton écran devenir brumeux et raconte, il n’y a pas meilleur exorcisme.

    Un tout petit détail : Le « j’men foutisme » n’a pas la même signification qu’un « jean-foutre » et tu viens d’inventer un mot le « jean foutisme » et par là, tu changes le sens de ta phrase car je doute fort que tu sois une incapable.

    Dom.
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    mamina

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par mamina le Lun 10 Mai - 18:16

    Qu'elle est émouvante Lilie cette lettre d'amour que tu as écrite pour ton Irlande !
    Plus d'un homme aimerait avoir une aussi belle déclaration !
    Oui l'Irlande c'est plein de clichés (des cottages blancs avec les moutons, la tourbe et tout et tout... à la pelle!) mais c'est aussi comme tu le dis plein de chaleur... j'ai encore, collée dans un album, l'adresse que nous avait donnée un couple avec lequel nous avions papoté dans un pub...
    Tiens ! il faut que je recherche aussi la complainte de Molly Malone.... tu me fais penser à plein de trucs !
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    tcvoyageur

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par tcvoyageur le Lun 10 Mai - 21:32

    C'est malin Lilie !!
    Moi aussi, je me suis retrouvé avec les yeux embués en parcourant ton grand cri d'amour.

    Du coup, j'en ai profité pour me renvoyer dans les oreilles un ch'ti coup de Rose of Tralee, Whiskey in the Jar, Danny Boy et My Lagan Love. Pas besoin d'avoir une pinte de guiness dans la main pour chanter !
    Par contre, j'ai quand même noté une petite contradiction (avec des propos précédents) dans ton texte. Mais je t'en fais part dans un autre post


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    Thierry

    "L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt". Et bien tant pis, je n'ai donc pas d'avenir
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    Wapiti
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Wapiti le Lun 10 Mai - 23:35

    tcvoyageur a écrit:Du coup, j'en ai profité pour me renvoyer dans les oreilles un ch'ti coup de Rose of Tralee, Whiskey in the Jar, Danny Boy et My Lagan Love.
    Je viens de m'offrir une belle soirée musicale grâce toi, Thierry !
    Parce qu'à part My Lagan Love qui tourne en boucle dans ma voiture (avec le reste du CD des Corrs), je ne connaissais rien de tout cela.

    Et après l'émotion suscitée par le chant d'amour de Lilie à son Irlande, il fallait bien tout cela pour se remettre !

    Allez, Lilie, continue de nous émotionner comme ça, et de me donner très envie d'aller te rendre visite pendant que t'es encore là-bas.
    Bon, il va juste falloir que tu m'assures le beau temps (ne t'en déplaise), parce que la météo locale c'est bien ce qui me rebute le plus pour découvrir ces coins celtes et/ou anglosaxons qui m'interpellent depuis longtemps quand-même... J'ai horreur de la pluie !


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    Lilie

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Lun 10 Mai - 23:42

    Pour ce soir, c'est tout ce que je peux vous delivrer. Une version que j'adore, (que certains trouvent trop lente) par un groupe mythique dans un lieu mythique, dans ma jolie-pas-belle-ville a moi:

    Je vous traduis juste une phrase du speech, tellement irlandaise, et en plus je suis sure qu'il le pensait! C'est le rappel du public, a l'heure sans doute ou les pubs sont sur le point de fermer...

    "Jaysus [Jesus], si les pubs sont fermes, je ne vous le pardonerai jamais!"



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    Lilie

    Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 1:47

    Wapiti est passée par là.

    Encore une fois!... Merci... pis Pfff... tu ne te decourages toujours pas d'ajouter accents et cedilles a mes textes, je ne sais pas comment tu fais. C'est au bout de la 3e relecture (parce que t'avais pas corrige toutes les fautes - il en reste encore, je te rassure!) que j'ai vu que tu les avais rajoutes... c'est triste, mais j'ai tellement l'habitude de ne plus avoir l'habitude de les utiliser, que je ne les vois plus! Alors j'oublie que ca ne doit pas etre facile a lire pour vous a chaque fois que je poste ici.

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 1:57

    Allez Fillette, si tu as écrit des bribes et des bribes de vie, je serai
    au rendez-vous pour te lire. Ne laisse pas ton écran devenir brumeux et
    raconte, il n’y a pas meilleur exorcisme.

    Un tout petit
    détail : Le « j’men foutisme » n’a pas la même signification qu’un «
    jean-foutre » et tu viens d’inventer un mot le « jean foutisme » et par
    là, tu changes le sens de ta phrase car je doute fort que tu sois une
    incapable.

    J'avais pas prevu que fallait continuer... Je vais voir ce que je peux faire...

    Quant au "jean-foutisme", tu peux effectivement l'ajouter a La petite Lilie illustree edition 2010. Tu as totalement raison pour les deux definitions. Mais quand la langue francaise s'emmele dans mes neurones (je me jeanclaudevandamise grave!), ca donne des creations de mots...

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    Lilie

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 2:24

    mamina a écrit:Qu'elle est émouvante Lilie cette lettre d'amour que tu as écrite pour ton Irlande !
    Plus d'un homme aimerait avoir une aussi belle déclaration !
    Oui l'Irlande c'est plein de clichés (des cottages blancs avec les moutons, la tourbe et tout et tout... à la pelle!) mais c'est aussi comme tu le dis plein de chaleur... j'ai encore, collée dans un album, l'adresse que nous avait donnée un couple avec lequel nous avions papoté dans un pub...
    Tiens ! il faut que je recherche aussi la complainte de Molly Malone.... tu me fais penser à plein de trucs !

    La chanson de Molly Malone, je te l'ai mise en musique plus haut.

    Je te mets les paroles originales en Anglais, et je te traduis le texte (et n'écoute surtout pas la version de Renaud qui m'a cassé les oreilles et qui n'a absolument aucun sens !). Je suis nulle en traduction, alors il faut déjà que je te dise que "Fair City" c'est ainsi qu'est surnommée Dublin. Fair peut ici avoir plusieurs notions : jolie, agréable, lumineuse, plaisante, mais aussi ville-marché peut-être.



    In Dublin's Fair City
    Where the girls are so pretty
    I first set my eyes on sweet Molly Malone
    As she wheel'd her wheel barrow
    Through streets broad and narrow
    Crying cockles and mussels alive, alive o!
    Chorus
    Alive, alive o!, alive, alive o!
    Crying cockles and mussels alive, alive o!
    She was a fishmonger
    But sure 'twas no wonder
    For so were her father and mother before
    And they each wheel'd their barrow
    Through streets broad and narrow
    Crying cockles and mussels alive, alive o!
    Chorus
    She died of a fever
    And no one could save her
    And that was the end of sweet Molly Malone
    But her ghost wheels her barrow
    Through streets broad and narrow
    Crying cockles and mussels alive, alive o!
    Chorus


    ************

    Traduction à la moi donc pas vraiment littéraire parce que je ne sais pas les faire


    Dans la jolie ville de Dublin
    Où les filles sont si charmantes
    J'ai d'abord posé mes yeux
    Sur la douce Molly Malone
    Lorsqu'elle poussait sa charette
    A travers les rues larges [comprendre étendues d'un point à l'autre je pense] et étroites
    En criant (crying est difficilement traduisible-imagine une marchande au marché du coin qui vend son saucisson : c'est ça "crying" ici) Coques et moules vivantes, vivantes, o!

    [Refrain]
    Vivantes, vivantes, o! (bis)
    En criant vivantes, vivantes, o!

    C'était une marchande de poisson
    Mais ce n'était pas surprenant
    Car son père et sa mère l'étaient avant
    Et chacun roulait sa charette
    Dans les rues larges et étroites en criant (je préfère "chantant" en fait, "crier" ça ne fait pas beau en français) vivantes, vivantes, O!

    [Refrain]

    Elle est morte d'une fièvre (les mauvaises langues disent d'une angine de poitrine puisque ces mêmes mauvaises langues disent qu'elle était connue dans la ville pour ses décolletés qu'elle portait à l'année)
    Et personne ne put la sauver
    Et ce fut la fin de la douce Molly Malone
    Mais son fantôme roule sa charette
    A travers les rues larges et étroites
    En chantant vivantes, vivantes, o!

    [Refrain]




    Dernière édition par Lilie le Mar 11 Mai - 3:22, édité 1 fois
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 2:28

    tcvoyageur a écrit:C'est malin Lilie !!
    Moi aussi, je me suis retrouvé avec les yeux embués en parcourant ton grand cri d'amour.

    Du coup, j'en ai profité pour me renvoyer dans les oreilles un ch'ti coup de Rose of Tralee, Whiskey in the Jar, Danny Boy et My Lagan Love. Pas besoin d'avoir une pinte de guiness dans la main pour chanter !
    Par contre, j'ai quand même noté une petite contradiction (avec des propos précédents) dans ton texte. Mais je t'en fais part dans un autre post

    Ben je pensais pas que c'etait une bafouille qui faisait embuer les ecrans des autres... sorry.

    Trouve pas d'excuse, t'as pas besoin de moi pour ecouter tous les cds que t'as degottes a Ennis et un peu partout!
    Et Mary of Dungloe, tu t'en souviens?

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 2:35

    Allez, Lilie, continue de nous émotionner comme ça, et de me donner très envie d'aller te rendre visite pendant que t'es encore là-bas.
    Bon, il va juste falloir que tu m'assures le beau temps (ne t'en déplaise), parce que la météo locale c'est bien ce qui me rebute le plus pour découvrir ces coins celtes et/ou anglosaxons qui m'interpellent depuis longtemps quand-même... J'ai horreur de la pluie !

    Ah la la Wap!... La pluie irlandaise, ce n'est pas la pluie francaise. Je sais que c'est dur a imaginer. La pluie, je ne l'aimais pas specialement avant. Et ce n'est pas la pluie du continent, qui s'installe pour 48h non stop. Quand je suis la ou j'ai grandi et qu'il flotte, c'est deprimant: du matin au soir le ciel qui chiale, tout maussade, tout triste.

    En Irlande quand il pleut, c'est 10 minutes. Et quand il pleut, y a toujours un bout de ciel bleu quelque part par la. J'en ai fait un jeu d'ailleurs: des qu'il commence a pleuvoir, je cherche ou se cache le bleu, et dans 95% des cas il est la. Ca laisse evidemment la place a un ciel magnifique, qu'on pourrait observer en ecoutant des poemes de Verlaine ou avec de la musique classique (aucun rapport entre les deux). Le ciel irlandais, je n'ai jamais vraiment ecrit dessus, peut-etre il faudrait, on peut aussi en ecrire des pages (s'il revient, evidemment!). Crois moi, ce n'est pas la flotte du Nord de la France que tu t'imagines ici. Je te promets que ton appareil en Irlande, tu peux le sortir tous les jours, meme quand c'est "wet".

    Toi qui fais de jolies photos, ici tu en ferais de vraiment splendides, et tu decouvrirais un ciel qui ne se rencontre nulle part ailleurs, sauf peut-etre en Ecosse, mais a peine.

    Depeche-toi...

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 11 Mai - 3:00

    Mai 2004

    "On ira tous au paradis"... Ce que ne dit pas Michel, c'est que le paradis se trouve sur Terre, en Irlande. J'y suis allée. J'en suis revenue, malheureusement. J'y retournerai, hopefully [espéremment] ! Le Donegal. Bout du monde du bout du monde. Là-bas, on n'est toujours pas habitué aux touristes (peut-on s'habituer ?); là-bas, terre rude qui a fait naitre des gens si généreux!

    Paysages à la fois harmonieux et sauvages, doux et contrastés. Des plages de sable fin, immenses, avec pour seule limite une eau bleue turquoise d'un côté, et des montagnes venant se confondre et se finir en dunes couleur blanc sablé. Une immensite paradisiaque... Et il y en a a la pelle ! De la péninsule d'Inishowen à Dun Fanaghy, de quoi faire pleurer les tour operators des Antilles !

    Ouai, j'y étais.

    On commence par Malin Head pour la nuit. Pis heureusement, je me suis trompée pour le réveil : levés à 6h ou lieu de 9h... ce qui nous a offert un spectacle magnifique une fois arrivés au réel point le plus au nord de l'Ile, à Bahba's Crown. Lever du jour, une lumière fantastiquement poétique sur la mer, les prairies se jetant dans l'océan ou l'océan venant fouetter les prairies, on ne sais plus, on ne sait pas. Un havre de paix.

    Le paradis, c'est ça. Rien, aucune civilisation. La mer, la fin de la terre, entrecoupée, terminant en quelques ricochets de rochers alignés, points de suspension d'un autre temps, d'un autre univers. Une eau argentée par la luminosité feutrée, soleil caché par les nuages lourds du petit matin donegalien. Pas un bruit, tout juste quelques moutons.
    Et puis, sortie de nullepart, une famille de chèvres blanches, les parents et le chevreau, tout jeune. On photographie la Chèvre de Mr Seguin fois trois qui se trouve au bout du monde. Celle-ci nous suivra de loin, sur tout un bout de notre balade à pied longeant les falaises. Nous suivons la balade jusqu'au finistère donegalien, "Hell's hole" [trou de l'Enfer]. Pas très original comme nom, mais qui révèle bien l'intensité de la mer à cet endroit. Mer nuancée de bleus, venant frapper les immenses rochers et falaises. C'est pourtant un début de journée calme. Paradis et Enfer se côtoyent ici devant moi, pincez-moi, je dois rêver.

    [inachevé]

    ______________________________________________________________________________________

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par tcvoyageur le Ven 14 Mai - 0:41

    Wapiti a écrit: Je viens de m'offrir une belle soirée musicale grâce toi, Thierry !
    Parce qu'à part My Lagan Love qui tourne en boucle dans ma voiture (avec le reste du CD des Corrs), je ne connaissais rien de tout cela.

    Tu m'en vois ravi ! Sache (comme les autres titres que j'ai cités) que My Lagan Love est un morceau traditionnel irlandais (assez ancien d'ailleurs) et que la version des Corrs n'est donc pas originale (Mais je l'adore d'ailleurs - mais d'ailleurs, qu'est-ce que je n'aime pas chez les Corrs ??? - et c'est par eux que j'ai découvert ce morceau)


    _________________
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par tcvoyageur le Ven 14 Mai - 0:43

    Lilie a écrit:Et Mary of Dungloe, tu t'en souviens?

    Alors là, si tu veux me lancer sur ce sujet, t'es mal barrée ! Parce que non seulement j'ai de la mémoire,...mais j'ai aussi des photos,...qui pourraient être compromettantes pour une certaine personne, si je me mettais à les faire circuler...au village par exemple


    _________________
    Thierry

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Ven 14 Mai - 10:58

    Aucune censure de ma part tant que ca reste au village, et sur cette discussion ou elles auraient leur place... j'assume, j'assume...

    Lilie
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Wapiti le Ven 14 Mai - 13:34

    Lilie qui me fait toujours rêver a écrit:Depeche-toi...
    A quel point dois-je me dépêcher ?
    Mon programme estival est encore en multitude de points d'interrogation, faut-il que je nettoie le tableau et ne conserve que cette ligne verte et amicale ?


    Thierry aux goûts musicaux irlandais a écrit:Sache (comme les autres titres que j'ai cités) que My Lagan Love est un morceau traditionnel irlandais (assez ancien d'ailleurs) et que la version des Corrs n'est donc pas originale (Mais je l'adore d'ailleurs - mais d'ailleurs, qu'est-ce que je n'aime pas chez les Corrs ??? - et c'est par eux que j'ai découvert ce morceau)
    Oui, oui, je savais. En fait, j'ai découvert les Corrs avec ce CD, dans la voiture d'un copain un soir. Il m'avait alors expliqué que ce n'était que des reprises de ballades irlandaises et je lui avait répondu : "je le veux !". Une semaine plus tard, j'en avais une copie rien que pour moi . Depuis, j'ai découvert les autres albums, titres et trésors des Corrs...


    Dernière édition par Wapiti le Dim 16 Mai - 8:50, édité 1 fois


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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Dim 16 Mai - 0:03

    Comment vais-je réussir à La quitter? Ne pas y penser, et profiter du présent.

    Je reviens d'une rando sur Dingle. J'ai versé ma larme une fois en haut, sur la crête de ce que j'appelle un semi-volcan ; 360 degrés trop émouvants pour que mes yeux restent secs. Rien à jeter, chaque seconde c'était du "ouah !".

    Cette rando se fait autour d'un lough, Lough Doon, caché de la route. La première fois que je l'ai découvert, c'était par hasard, un jour de neige, chose rare par ici. Il n'y a pas de sentier, ni sur les cartes, ni en réalité. Juste les crottes de moutons qu'on suit, et l'instinct, en respectant le Lieu.

    Je sais que je dis tout le temps que l'Irlande est enchanteuse. Ce lac, cette montagne caillasseuse, ce Lieu, c'est un peu des légendes irlandaises qui vous viennent en tête. J'ai l'impression qu'une fée est
    au bord du Lac quand j'y suis. Que les leprechauns se cachent sous chaque gros caillou. Que les moutons me parlent. Que les rives du Lac m'appellent. Qu'une femme des légendes irlandaises vit au fond de ce lough et joue de la harpe.

    Le temps y est toujours bizarre. Vraiment local, genre il fait beau sur tous les alentours, sauf là, juste là. Aujourd'hui pourtant, c'était la première fois que je voyais le Lough, et Slievana Mount qui l'enveloppe dans ses bras, dégagés, avec un ciel bleu irlandais, et le soleil qui brillait, pendant tout l'après-midi où le Lieu m'a laissé le fouler, le respirer.

    Ce soir, une fois rentrée, j'ai fait ce que je pensais faire depuis longtemps : j'ai créé un site internet, intitulé "les balades irlandaises de Lilie" où il y aura seulement des photos et des vidéos, pas de texte. Parce que parfois, les images se suffisent à elles-même. Parce que c'est une manière de La remercier, en La partageant.







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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 18 Mai - 2:15

    C'est marrant des fois, les choses...

    J'ai remis la main sur un vieux cahier oublié depuis des années, en le cherchant quand même, "à cause de vous".
    Je l'avais oublié, enfin, son contenu. Le cahier, je sais bien qu'il est là, qu'il attend, il a suivi tous mes déménagements, et n'a jamais été recalé aux objets qui ne valent plus le coup d'être en Irlande pour faire le voyage jusqu'au Pays du Muscadet, en attendant le jour éventuel ou je les récupérerai.


    Pis je suis tombée sur cette bafouille (pauvre, alors on essaiera de ne pas avoir trop mal en la lisant, je la partage ici pour son contenu) que j'avais complètement oubliée. Je me suis mise à la taper (Aïe ! me disait-elle, poussièreuse de ces années écrasées entre deux pages) pis à la fin, me suis rendue compte que je l'avais écrite... un 17 mai.

    C'était il y a 6 ans exactement, quelques cheveux blancs en moins.

    ______________________________________________________________________________________________

    17 Mai 2004

    Thurles. Thurles résonne dans ma tête de vibrations harmonieuses, de moments de vie.
    Thurles ou le blede de mes premières amoures [Prière de ne pas corriger ;)] irlandaises. Mon premier pub, ma première Guinness, mes premières soirées pleines de rencontres (et cuites) mémorables, mon premier Irish boyfriend aussi.
    Thurles, ou mon havre de paix. Thurles, ou ma source où je trouve suffisamment de culture irlandaise pour pouvoir tenir ici à Dublin, entourée de Français.
    Thurles, ou le pays du hurling. Et ouai, Thurles m’a également offert mon premier match, en live, dans le Semple Stadium. Offaly-Limerick, Juillet 2003. Aaah !... Oui, Thurles et le hurling ! Thurles n’existe pas sans le hurling. Et le hurling n’existerait pas sans Thurles, blede qui a enfanté de la GAA (Gaelic Athletic Association). Et moi je n’existe pas sans Thurles, pas ici en tout cas. Ma maison.

    Je me souviens encore de ce dimanche 22 juin 2003 où le train en provenance de Cork me lachait sur son quai fleuri et tranquille. Puis le dimanche suivant, dimanche ensoleillé, où comme une gamine à qui l’on offre sa première fête foraine, je n’en finissais pas de m’extasier de ces 50 000 personnes dégorgeant des rues de ce petit blede. C’était la Munster final, Cork vs Waterford. 50 000 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards, tous dans un même flot de couleurs, de chapeaux, de rires, de rubans, de bières, tous se dirigeant vers le temple du jour, pour supporter leur équipe respective. Imaginez un peu ! Vous sortez sur le pas de la porte, et le petit blede tranquillou de 9 000 habitants se transforme en un véritable grouillement de rouge, bleu et blanc, ponctué de quelques bruits de moteurs des fish & chips ambulants ! Coup de foudre oblige.
    50 000 personnes dans une atmosphère pareille, sans violence, sans nécessité de flics, juste quatre pauvres gardas [policiers] au carrefour pour permettre aux conducteurs les plus téméraires de se frayer un passage, ça vous fout sur le cul !
    50 000 supporters se retrouvant dans tous les pubs après le match pour éponger leur soiffe, récompense bien méritée après les cris lancés pendant une heure et demie ! Tous ensemble, perdants, gagnants. Sans bagarre. En rires, en chansons, tout simplement.

    Alors hier, me retrouver presqu’un an après dans la même atmosphère... Aaah ! Bonheur !

    Premier match de la saison dans le Semple Stadium : Clare vs Waterford. Toujours le même frisson lors de leur hymne. 30 000 personnes tournées vers le vert, le blanc et le orane flottant là-bas au-dessus des tribunes. 30 000 personnes accompagnant les cornemuses et tambours d’une seule voix. Frissons inévitables. 30 000 personnes colorant joliement ce stade tout gris, tout triste en dehors des jours de match. 30 000 personnes que j’aime parce qu’elles me font aimer la vie.
    Je ne suis pas nationaliste pour un peco pourtant.

    Les jours de match, c’est aussi cet homme jouant un air traditionnel irlandais à l’accordéon, son cul posé sur une chaise, elle-même posée sur le trottoir ; un peu plus tôt sur le chemin du stade, deux autres compères, l’un au banjo, l’autre à la guitare jouant un air connu même de moi, fréquenteuse assidue des pubs. Ces gamines circulant dans la foule et proposant le programme du match que les acquéreurs épieront scrupuleusement, “tickant” les “substitutes” [remplaçants] pendant le match.
    Un jour de match à Thurles, comme ailleurs, ce sont ces vendeurs d’attirail aux couleurs des deux équipes : rubans tressés, cache-tête et autres chapeaux spécialement acouturés de rubans colorés, drapeaux, banières, ... Et puis c’est aussi ces pubs trop petits et dont la majorité de la clientèle a pour comptoir l’épaule du voisin dans les rues, faute de ne pouvoir pousser les murs pour accueillir tout le monde. Ouai, ça en fait du monde ! Après le match, le blede devient un pub géant où les clientèles de tous les pubs se mêlent, s’emmêlent, s’entremêlent, pour ne faire plus qu’une.

    Hier Thurles m’a donc offert mon premier match de la saison, une autre première fois. Et puis, ce weekend, c’était aussi l’occasion de retourner au Bowe’s. Aaah ! Musique encore ce soir-là, comme qoisiment tous les samedis ! On chante, on danse, on rit. Pis on boit aussi, forcément. On cause, on revoit ces visages familiers, Joe de Cork, Tommy, Joe, John, Paddy, Michael le fils Bowe, énième génération d’une lignée de pubs owners [propriétaires de pub], fraichement heureux papa d’une puce née il y a peu. Ce décor, ces tabourets, les mains qui se lèvent là-bas de l’autre côté du bar circulaire. La photo s’impose, comme à chaque fois. Je n’arrive pas à m’y habituer, à cette bonne humeur qui déborde des pubs, à cette simplicité aussi.

    Le jour où j’en serai lassée, le temps sera venu pour moi d’aller voir d’autres horizons. Ou peut-être alors, la vieillesse m’aura récupérée.

    Thurles n’attire pas les touristes, ne se trouve pas dans les guides touristiques, et c’est bien comme ça. Thurles qui m’a adoptée. Thurles ma maison.

    ______________________________________________________________________________________________

    Lilie
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Invité le Mar 18 Mai - 15:07

    Jamais entendu parler du hurling, un sport où l’on s’égosille ? Wiki me renseigne, je sais.
    Lilie, tu nous fais une ode pour un village paumé, Thurles. Tiens on retrouve T Hurle s.
    Wiki m’a aidé encore en me disant qu’il était niché dans la vallée de la Suir.

    « …des cheveux blancs en moins.. »
    Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire !

    Ou alors, puisque tu as quitté Thurles, la vieillesse est installée ! humm, je doute.
    Ton enthousiasme et ta description vivante et colorée me donne l’aperçu de l’ambiance du match, de la foule et des pubs.

    Très sympa ton vieux cahier retrouvé.

    Dom.
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Mar 18 Mai - 15:41

    Jamais entendu parler du hurling, un sport où l’on s’égosille ? Wiki me renseigne, je sais.
    Lilie, tu nous fais une ode pour un village paumé, Thurles. Tiens on retrouve T Hurle s.
    Wiki m’a aidé encore en me disant qu’il était niché dans la vallée de la Suir.

    Hurling, sport 100% irlandais dont les origines remontent à la nuit des temps celtes (mince, moi qui vous disais que je ne leur trouvais plus rien de celte aux Irish). Sport très populaire, un terrain entre celui du foot et du rugby, un goal dans chaque équipe. Les points : dans la cage de but = 3 points, au dessus de la barre transversale entre les 2 piliers de rugby = 1 point. Se joue avec une crosse en chêne et une balle en cuir de type balle de baseball nommée "sliothair".

    Tournoi entre bledes durant l'hiver puis quand l'été arrive, arrive la folie du championnat inter-comtés. La grande finale toujours jouée à Croke Park, à Dublin.

    T'appliques les mêmes règles pour le gaelic football, sauf que tu remplaces le hurley (la crosse en bois) et le sliothair par un ballon de type volley ball, qu'on tape au pied ou à la main, un peu dans le genre Aussie rules (d'ailleurs il y a encore quelques années, les Aussies rencontraient les Paddys en un jeu qui mixait leur 2 sports, mais on a arrêté car les Aussies, à chaque fois ils tapaient et ça se finissait en baston générale).

    Sports amateurs, même si les joueurs des comtés sont "récompensés" et se déplacent avec des moyens de footballers pros. On est très respecté quand on est sélectionné dans une "county team". Les joueurs de football (gaelic) se font parfois recruter par les Australiens pour joindre les équipes d'Aussie rules... où ils auront un statut professionel et seront payés "pour de vrai".

    Ces 2 sports irlandais sont chapeautés par une organisation de type mafia association, nommée la GAA

    http://www.gaa.ie/gaa-news-and-videos/


    Fallait pas demandé Dom, c'est rébarbatif!

    Quant à Thurles, Wiki t'as bien informé.


    « …des cheveux blancs en moins.. »
    Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire !

    Ah ! Tu me prends pour une insolente, c'est ça ?
    Premier cheveu blanc à 13ans, ma mère se souvient encore du cri que j'ai poussé en apercevant son reflet dans le miroir.

    Au début, ma coiffeuse m'avait dit que je pouvais les arracher.

    A 15 ans, elle m'a dit d'arrêter de les arracher, ça ne servirait plus à rien... Plus tard je les ai cachés. Et depuis quelques années je les ai adoptés (après tout ce temps !), assumés, et les laisse se balader en toute évidence. C'est assez marrant d'ailleurs, la première fois que les gens me rencontrent, ils ne regardent que ca, pas mes yeux, ce qui me laisse tout le loisir de les scruter, eux.

    J'ai aussi une super mèche de Cruella-d-enfer qui se balade bien en évidence sur le devant de ces cheveux qui n'en font vraiment qu'à leur tête !

    Alors tu vois Dom, qu'est-ce-qu'il-ne-faut-pas-lire toi-même!

    Lilie


    Dernière édition par Lilie le Mer 19 Mai - 1:53, édité 1 fois
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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par mamina le Mar 18 Mai - 19:32

    J'ai beaucoup aimé la description de ce jeu bizarre, j'ai beaucoup aimé l'ambiance de Thurnes mais j'ai surtout adoré les aventures de ton scalp !!!

    Cruella.... si je te rencontre, je te promet, je te regarderais d'abord dans les yeux !!!! et après.... je compte tes cheveux blancs !!!

    Bisous de Mamina-ka-pas-encore-de-cheveux-blancs-nananananère !!! comme quoi !!!!
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    Lilie

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Ven 21 Mai - 1:25

    Ce soir je n'ai pas envie d'ecrire.

    Mais j'ai quand meme envie de vous faire partager La Douce.

    Je pensais l'avoir pret pour la fin de semaine, mais je n'aurai pas le temps.

    Pour vous mettre en bouche donc:

    http://lesbaladesirlandaisesdelilie.wifeo.com/

    Lilie
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    Lilie

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Lilie le Lun 24 Mai - 1:24

    Un Dimanche de Juin 2004,
    The Dockers,

    Il fait lourd dehors. La Guinness n'est peut-être pas la bière la plus adéquate qu'il soit pour ce temps, mais c'est celle qui colle au Dockers. Bien qu'au Dockers, la Guinness n'est jamais comme je l'aime. Mais qu'importe, il y a le reste ici.

    Jeu de cartes derriere moi, ils m'emmerdent d'ailleurs : ils sont six, s'étalent sur ma table. Obligée de me mettre face au mur, près du comptoir. Y a du monde aujourd'hui : un homme, au bout du comptoir, qui lit son Sunday newspaper. Il accompagne une pint of Guinness, à peine entamée. Et puis dans l'angle, face au comptoir, toujours dans la première petite pièce, quatre hommes, grisonnants à peine. La télé est couverte par les pieces jetées sur la table derrière moi, par les rires provenant du même endroit.

    Banquettes qui puent, déchirées et à fleur, photos des quatre cow-boys dublinois, drapeaux, maillots, chapeaux, vieux billets jaunis, coupures de journaux, écharpes sportives de tous les pays, cannettes suspendues au plafond,... Et la liste est longue de tout ce qui fait The Dockers. On n'oublie pas la vieille cheminée non plus. En pierre, toute noircie, elle a dû en réchauffer des mains!

    The Dockers, lieu sacré, interstice dans le temps, un autre monde, une parenthèse dans Dublin.

    ***************************************************************************************

    Lilie

    PS : http://lesbaladesirlandaisesdelilie.wifeo.com/ est prêt pour le visionnage, et sera mis à jour régulierement. clin d'oeil
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    mamina

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par mamina le Lun 24 Mai - 11:08

    Qu'il est beau ton site sur l'Irlande....
    Le voilà dans mes favoris.... nous aussi nous allons pouvoir nous évader.....

    J'admire en plus la prouesse technique informatique pour savoir créer son propre site
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    Skyrgamur

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    Re: Irlande, amour toujours

    Message par Skyrgamur le Lun 24 Mai - 11:45

    Dès que la conduite passe à droite, j'y vais ...


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    Re: Irlande, amour toujours

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