Le Village du Peuple Etrange Voyageur

pour nos pensées, nos petites histoires et nos joutes littéraires autour des voyages


    Les aventures de Djamel

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    LaMémoire

    Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Sam 6 Nov - 21:35

    Djamel rencontre le voyageur au quotidien


    Djamel a attendu longtemps sur son aire d’autoroute.
    Ses potes ne sont jamais arrivés là. Bien attachés, à jeun d’alcool et de fumette, ils respectaient parfaitement le code de la route… mais ils se sont fait prendre parce qu’ils avaient « emprunté » la voiture à un inconnu... Retour en fourgon bleu pour les « reubeus ». Souareba a juste eu le temps d’un texto : « Pécho par keuf. Bouj 100 nou. Tchô. »

    Djamel est attablé devant une assiette vide.
    A ses côté, un grand gaillard bien costaud engouffre sa pitance à grandes bouchées. Djamel l’a vu descendre de son grand camion rouge rutilant, venir prendre son déjeuner, s’asseoir à sa table. Pas très causant le gaillard pour l’instant, mais à l’aspect sympathique et il lui a dit bonjour en arrivant.
    Au dessert, Djamel va oser engager la conversation.

    Routier, la trentaine, cheveux ras, visage rougeaud, yeux bleus d’angelot rieur, tatouage au bras, revendiquant haut et fort ses origines savoyardes, bon vivant, il est sympa le gars. Il semble ravi d’avoir un peu de conversation entre les longues heures de route. Il s’appelle Pierre.

    Djamel arrive à glisser dans la conversation qu’il est en rade et qu’il cherche à descendre sur Lyon.
    Pierre lui répond : « Ça tombe bien, je dois décharger du côté de Lyon ! Normalement, j’ai pas le droit de prendre d'auto-stoppeur, mais là, vu que j’ai reçu ma lettre de licenciement pour la fin du mois, je vois pas trop ce que je risque à te prendre avec moi. Juste, t’es clean, pas de fumette, d’alcool, ni autres substances illégales ? Je risquerais trop sinon. »
    Rien de tout cela, Djamel est « clean », heureux comme un gosse : il va voyager dans un 40 tonnes rouge chargé de palettes de céréales petit-déjeuner et de papier WC.

    En chemin, Pierre raconte un peu sa vie, par bribe.
    Je vous en offre un peu plus que ce que Djamel a pu apprendre.

    Pierre, voyageur au quotidien

    Sa vie, c’est la route. Sa vie, c’est un voyage au quotidien.
    Cinq ou six jours sur sept sur la route, paysages qui défilent au rythme du disque, des chargements, déchargements, repas, repos.
    L’Europe, du nord au sud, d’est en ouest, avec la France comme cœur de cible.
    La nuit parfois, le jour de préférence.

    Mais un voyage particulier : des nombreux pays traversés, il ne connaît que les grands axes autoroutiers ou routiers, les principaux itinéraires bis, les banlieues industrielles et commerciales, les zones économiques. Contraint à dormir sur les aires sécurisées, à rechercher les stationnements adéquats, à ne pas abandonner camion et chargement dans la nature, il n’a eu que trop peu l’occasion de faire du tourisme, entrer dans les villes, visiter.

    Il connaît les rubans d’asphalte et les paysages qui les encadrent.
    La nature grillée sous le soleil d’Italie ou d’Espagne, les vallées alpines verdoyantes aux sommets enneigés, les immenses forêts denses, les champs à perte de vue comme des damiers colorés, les régions vallonnées, la platitude du nord, l’odeur de l’océan qui vous accompagne sur certains tronçons sans que vous puissiez le voir vraiment, les grisailles métalliques, bétonnées et enfumées des régions industrielles, les grandes agglomérations et leur circulation infernale qu’il fuit au maximum…
    Les journées caniculaires où l’on crame derrière le pare-brise, les grises et interminables heures derrière le ballet des essuie-glaces sous les torrents qui se déversent du ciel plombé, la beauté dangereuse de ces jours de neige qui peuvent vous bloquer des heures et des nuits durant, les ciels ventés avec la course folle des nuages qui semblent à portée de mains, ces couchers de soleil aveuglants mais qui feraient rêver plus d’un romantique…

    Il connaît les panneaux et postes de péages qui défilent. Il a en tête un véritable atlas du continent. Incollable sur le sujet.
    Il n’est capable de réellement converser qu’en son français natal, mais connaît les phrases types « bonjour, merci, au-revoir,… » dans une dizaine de langues.
    Pas de tourisme, mais ce voyage au quotidien lui offre néanmoins parfois de bien beaux moments, comme ces nuits passées en solitaire vers 2500 mètres d’altitude, entre la France et l’Italie, garé en bord de route avec les marmottes et autres bouquetins curieux pour accompagner le réveil avant le soleil.

    C’est une vie de solitaire.
    Pas de compagnie en chair et en os autorisée dans la cabine ; radio, CB et téléphone portable pour les conversations. Rencontres éphémères sur les aires ou aux quais de déchargement, avec d’autres potes routiers.
    Pas de femme. Il y en a peu dans ce métier, et de toute façon ce n’est qu’histoire de croisements, le temps d’un café, d’un repas, d’une veillée autour du poste TV du restaurateur… Pour trouver une compagne de vie il faudrait arriver à se poser, mais…
    Sa maison, c’est son camion, quatre ou cinq nuits par semaine. Une mini-cabine : 8 mètres cube, siège et tableau de bord inclus, avec un lit, un beau poster, la place minimum pour poser ses affaires de la semaine et une glacière pour le minimum de provisions de route. Toilette et repas dans les haltes routières.
    Ô certes, il a bien un « chez lui » dans la maison familiale, mais il y est si peu, le temps des courts week-ends et des rares vacances.
    Encore qu’en vacances il préfère repartir en voyage. Plus loin, différemment. A bord d’un 4x4 par exemple, à la découverte des pistes africaines, des grands espaces sud-américains ou du bush australien...

    Ce voyageur au quotidien a un grand rêve. Un rêve de voyage, d’asphalte, de camion, d’immensité.
    Ce licenciement sera peut-être l’occasion de tout plaquer pour partir vers un autre continent.
    Un rêve de camion encore plus grand, plus long, plus rutilant, plus rugissant. Un truck énorme, customisé d’une magnifique fresque, avec ses cheminées chromées crachant leurs gaz polluants, ses moteurs rugissant capables de tirer deux remorques à vive allure sur les highways sans fin du continent nord-américain. A lui les grands espaces étasuniens et canadiens !




    Original posté par Wapiti au Livistan le 26 février 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!805.entry



    Le 26 Février 2008, Béatrice a écrit:Wapiti ... car je suppose que c'est toi même si tu as encore oublié de signer ....... grrrrrrrrr............ A chaque fois que je te lis je me dis que si tu étais un peintre, tu serais impressionniste. Tu me donnes plein d'images à chaque fois
    Béa

    Le 26 février 2008, Wapiti a écrit:
    Une variante du voyageur au quotidien
    Je vous ai concocté précédemment un voyageur au quotidien, grand gaillard solitaire dans son gros camion rouge...
    Il en existe un autre, qui roule en couple dans son petit camion vert...
    je vous laisse apprécier clin d'oeil

    Le P'tit Camion Vert par Les Squatters : https://www.youtube.com/watch?v=o3e8R_sG948
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Sam 6 Nov - 21:36

    Des nouvelles de Djamel et Pierre



    Du côté de Beaune, Djamel le "reubeu" est donc monté avec Pierre le routier dans le gros camion rouge.
    Il a pu faire le tour du propriétaire et admirer le beau poster placardé dans la cabine. Non, pas de fille nue, en effet, mais une magnifique photo, portrait d’un bel amérindien avec toutes ses plumes et breloques. Pierre explique qu’il aimerait customiser son futur truck avec un dessin de ce portrait sur la carrosserie extérieure de sa cabine, et un cheval au galop devant de beaux paysages sauvages sur la remorque... Il lui faudrait pour cela changer de continent, acheter ledit truck et trouver un artiste capable de réaliser cette œuvre…

    Mais en attendant, il faut penser à gagner sa vie ici, en France, et il y a cette cargaison à emmener à Lyon. Alors ils ont repris la route, dans une ambiance plutôt folk music.
    Et Djamel a pu apprécier les paysages défilant le long de ce ruban bitumé entre Beaune et la périphérie de la « capitale des Gaules ».
    L’Autoroute du Soleil, sous le pâle soleil hivernal. Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, Villefranche-sur-Saône, Ambérieux…
    La Bourgogne et ses paysages vallonnés avec ses exploitations agricoles et ses vignobles si réputés, le tout en état de veille hivernale. Un bon moment le long de la Saône dont on aperçoit les eaux de temps à autre du haut de la cabine.

    Puis est venu le temps de la séparation. Djamel est reparti de son côté, en stop, vers le centre de l’agglomération lyonnaise où son cousin l’attend, pendant que Pierre manœuvrait avec dextérité son engin le long d’un quai de déchargement.

    Voici plusieurs jours, et même semaines, maintenant que Djamel est sur Lyon.
    Comme promis, son cousin l’héberge, option sac de couchage sur un bout de canapé inconfortable, gêné par les allées et venues de toute la marmaille de la maison –pas deux qui ait les mêmes horaires ! et pas un qui ferait attention à ne pas déranger !…il y a de quoi regretter le chalet confortable de Yann.
    Comme promis, il lui a trouvé aussi un travail auprès d’un ami, dans un bouchon lyonnais tenu par... un arabe. La France black-blanc-beur ! Là Djamel fait le service et a découvert les spécialités régionales : salade lyonnaise, tablier de sapeur, grattons, quenelles, pommes dauphines, andouillette, gratin de cardons, pogne et bugnes... en fromage, les typiques Saint-Marcellin, Saint-Félicien, Le Mont-d'Or, ou la fameuse "cervelle de canut"...

    Pierre de son côté continue à sillonner seul les routes de France et d’Europe… jusqu’à la fin du mois tout au moins. Après ? Après, il retrouvera sans problème un autre employeur. Peut-être se prendra-t-il quelques semaines de vacances entre temps. Peut-être s’intéressera-t-il de près aux démarches à réaliser pour aller travailler au Canada… A chaque jour suffit sa peine.



    Original publié par Wapiti au Livistan le 10 mars 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1035.entry
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Sam 6 Nov - 21:37

    Les balades Lyonnaises de Djamel


    Djamel vient d'enfiler huit jours de travail. Pendant ses rares temps de pause, il est resté bien au chaud, attablé tout près de l'entrée du restaurant, à contempler à travers la fenêtre le ciel se déchaîner... Hier cela fut l'apothéose, une bien belle tempête. Les nuages d'un gris anthracite défilaient à une vitesse ahurissante, et le vent chargé de grosses gouttelettes d'eau fouettait tous ceux qui osaient s'aventurer dans la rue, et faisait presque voler les cyclistes!


    Aujourd’hui le ciel s'est calmé... et ça tombe bien car aujourd'hui c'est repos! Enfin, jusqu'au service du soir !
    Pas envie de rester à la maison, trop de bruit, de mouvement, de proximité... besoin de s'isoler, de renouer un peu avec la nature (c'est fou comme ça lui manque depuis qu'il a quitté le Jura).
    Déjà six mois (déjà!) qu’il est là et il n’a toujours pas été dans ce parc dont tout le monde parle, le parc de la tête d’Or, paraît il un des plus grand parcs urbains d’Europe, peuplé d’un millier d’animaux en semi liberté, et avec des essences d’arbres du monde entier… Aujourd'hui c'est décidé il va aller flâner dans ce coin là...

    Le tram le dépose tout près d'une des entrées du parc...
    La sculpture en pierre blanche qui trône au bout de l'allée ressort devant les couleurs chatoyantes de l'automne (NDLR: désolée pour les dérives temporelles, mais faut bien faire coller les photos!).


    Il arrive à un carrefour et décide de prendre l'allée de droite, bordée d'arbres. Son oeil a été attiré par de drôles de photos d'animaux, exposées sur quelques centaines de mètres...



    Puis il prend une allée sur la gauche et s'enfonce un peu plus à l’intérieur de cet immense parc… avant de déboucher sur une grande étendue avec des arbres géants de toutes les couleurs, quel beau spectacle...






    Il continue à marcher tranquillement en respirant cet air qui lui parait si frais, et en écoutant les bruits de la nature... parfois de drôles de cris se répètent et se répondent... il traverse le jardin botanique puis arrive sur une grande aire de verdure... là il s'arrête d'un coup lorsqu'il voit passer un groupe de daims en pleine course, waouh qu'est ce qu'ils sont beaux!





    A gauche une nouvelle allée qui aboutit à une étendue d'eau. Il a déjà vu ces grand oiseaux avec un long bec dans un documentaire animalier à la télé, ah oui des pélicans! Dans le fond, il reconnaît les longues échasses des flamants roses, il en avait vu sur une photo prise en Bolivie… semblerait que les hauts plateaux andins leur convienne mieux, enfin il se dit ça à cause de leur magnifique couleur rose alors que leurs congénères lyonnais ont un aspect « grisâtre »… mais peut être sont ils heureux ici aussi ?






    Il s’arrête alors un bon moment au bord de l’eau… avant de reprendre sa balade, en allant d’étonnements en contemplations…
    Un coup d’œil au plan du parc, et il se rend compte qu’il n’en a exploré qu’une infime partie ! Mais il est temps de repartir, son service commence dans une heure… Il sait seulement qu’il reviendra souvent se perdre dans ce joli coin…






    Original publié par Gitanita au Livistan le 14 mars 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1079.entry






    Le 14 mars 2008, Wapiti a écrit:Bin voilà une relève extrèmement bien assurée auprès de Djamel !
    Merci Gitanita. :-)
    Les photos sont magnifiques en plus. Tu as eu raison de le pousser 6 mois plus loin notre banlieusard.
    Bonne journée à toutes et tous
    Le 14 mars 2008, Nawak a écrit:ha oui les photos sont belles ! bien plus belles qu'en réalité ! déjà ya personne sur les photos alors qu'en réalité c'est bourré de monde dans ce parc ! et puis les animaux ne sont pas libres dans le parc ils sont dans des enclos !
    Moi je n'ai pas aimé ! trop de monde....... et trop d'indiscipline chez les gens... pas de respect !
    Mais sur les photos, effectivement c'est beau !
    bonne journée
    Le 14 Mars 2008, Béatrice a écrit:Waouh, mais mais mais, c'était du Gitanita. Le retour de Gitanita après presqu'un mois d'absence sur l'écran, ah ... y'a que quand Mamina parle que tu reviens hein ? va falloir que je demande la recette de Mamina pour savoir convaincre les Gitanita moi !!!
    Belle journée à toutes et tous
    Le 14 Mars 2008, Naly a écrit:Je promets d’être sage…mais je ne dis pas pour combien de temps !...Les photos sont superbes, félicitations à Gitana…salutations à vous tous…
    Le 14 Mars 2008, Gitanita a écrit:Coucou à tous!
    Pour Béa, en fait je l'avais en gestation depuis quelques jours ce billet (après la demande de Wapiti). Et le message "désespéré" de Mamina m'a poussé à me replonger dedans une bonne fois pour toutes!
    Pour Nawak, lorsque je suis allée dans ce parc il y avait très peu de monde (un jour de semaine) et il était assez facile de se trouver un coin tranquille. Et effectivement la plupart des animaux sont dans des enclos, vu qu'il s'agit d'un zoo, mais ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que l'entrée était gratuite pour tous, chose que je n'ai encore jamais vue ailleurs...
    Bonne journée!
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Sam 6 Nov - 21:39

    Djamel au pays des vaches


    Il en a marre Djamel.
    Pierre le routier l'a déposé sur une aire d'autoroute à l'entrée de Lyon.
    Il a trouvé du boulot dans un restaurant, mais il en a marre de la ville.
    Lyon, c'est comme Paris : les mêmes embouteillages, les mêmes odeurs de gaz d'échappement, la même gueule sinistre des passants, la même "racaille" qui zone dans les mêmes cités déprimantes, la même galère pour se loger.
    Heureusement que son patron lui a dégoté une chambre, ou plutôt un placard où il peut se reposer entre deux services.
    Depuis son séjour dans le Jura, il a beaucoup réfléchi.
    Il en a marre de ses potes infréquentables, toujours à piquer une voiture, fumer un p'tit joint, dévaliser les caves des cités, taguer les cages d'escalier, invectiver les passants, enquiquiner les meufs de leur âge… Il en a marre de vivre dans des squats crasseux, de faire la manche pour manger …
    Il veut s'en sortir, mener une vie normale, trouver enfin un boulot, louer un appart', pas un grand, non, juste un truc à lui où il invitera des vrais amis ; trouver une fille sympa, et pourquoi pas se marier et fonder une famille comme Mado et Gérard les potes de son ami Yann.

    Lorsqu'il a consulté ses courriels, il a eu la surprise de découvrir l'adorable minois de la petite Vigdís et c'est ça qui lui a donné le courage de dire adieu à son ancienne vie.
    Il décide de monter dans le premier véhicule qui s'arrêtera et de chercher du boulot là où il le déposera. A Dieu vat, Inch' Allah …
    Au petit matin, c'est un camion chargé de bestiaux qui le prend en stop.
    Direction Voiron et sa célèbre foire séculaire de la Saint Martin (Je sais, elle se tient en novembre, mais ça m'arrange pour la suite de l'histoire).

    Elle est belle cette campagne française qu'ils traversent en cette belle journée de printemps.
    Les fleurs jaunes des colzas commencent à onduler sous la brise, les aubépines exhalent leur fragrance douceâtre, les immenses vergers de cerisiers et pruniers tout de blanc vêtus tissent un incommensurable voile de mariée le long de la route. Là, un ruisseau se faufile entre les pissenlits, ici, un champ labouré côtoie le blé d'hiver qui laisse présager des futures récoltes.
    Les forsythias éclatants, plantés bien serrés le long des talus remplacent le soleil qui vient de disparaître derrière les nuages plombés.
    Paulo, le routier taiseux se fend d'un : "ça chauffe une douche".
    Djamel est bien content d'être tombé sur Paulo, ça lui évite de raconter sa vie qui le désespère de plus en plus.
    Lorsqu'il traverse La Rossatière, il se plait à rêver à sa future vie. Il se voit bien dans une petite maison pimpante, repeignant les volets tandis que sa femme joue avec leur petite fille dans le jardin où éclosent une myriade de tulipes colorées.
    Arrivé à La Murette, il repère une balançoire accrochée aux branches d'un magnolia de Soulange. Instantanément, il s'imagine poussant son petit garçon riant aux éclats lorsqu'il disparaît derrière les grosses fleurs roses et pourpres.

    Huit heures, les voici déjà à Voiron. Il n'a pas vu passer les deux heures et les cent kilomètres.
    Paulo lui propose de l'accompagner à la foire.
    Djamel ne connaît rien aux vaches, faut dire que dans sa cité, à part les flics, il n'y en a pas beaucoup …
    Il veut aider Paulo à sortir ses animaux, mais lorsqu'il voit la taille des bestiaux, il a peur.
    Pourtant, ce ne sont que des Tarines, de jolies petites vaches rousses au mufle noir, lustrées de la croupe aux sabots.
    Il abandonne bien vite Paulo et ses bêtes à cornes et part se promener sur le foirail.

    Un coup de sifflet lui vrille les tympans. C'est le début officiel du marché.
    Les maquignons se dirigent rapidement vers les bêtes repérées.
    Djamel est vite incommodé par les remugles puissants qui s'échappent de toutes parts. Et puis toutes ces bêtes qui pissent sans vergogne et toutes ces bouses qui éclaboussent, c'est trop pour un p'tit gars des villes.
    Pourtant, il est vite attiré par tous ces animaux si différents les uns des autres : les Aubrac au pelage fauve si joliment maquillées ; les Salers brunes et frisées aux longues cornes fines ; l'Abondance, acajou à la tête blanche et aux drôles de lunettes ; la Normande, reconnaissable entre toutes grâce à sa robe tricolore, panachée de blond, marron-fauve et blanc ; la Limousine à la robe acajou, au mufle et aux yeux cernés d'auréoles plus claires, tout comme le bout de sa queue.
    Dire qu'elle porte le même nom que cette longue voiture racée qui le fait (ou plutôt faisait) fantasmer.
    Il passe vite devant la Charolaise, énorme, difforme.
    Il s'amuse du "déguisement" des paysans et maquignons en blouses, aiguillon à la main ; il est étourdi par la rumeur, les cris, les invectives qui s'élèvent de toutes parts mêlés aux crissements des centaines sabots et aux meuglements effrayés des animaux.
    Il se divertit du jeu des acheteurs et des vendeurs : vendre au plus haut, acheter au plus bas ; peur de se faire avoir par un filou, espoir de bien gagner.
    Ils sont là, vantant ou dénigrant les croupes rebondies ou étiques, tâtant les échines.
    Bousculé, Djamel reste la matinée entière à contempler ce spectacle si nouveau pour lui.
    A midi, le foirail se vide et le brouhaha se déplace vers les auberges et les bistrots avoisinants.
    C'est aussi l'heure de déjeuner pour les vaches. Profitant d'une accalmie, elles broutent paisiblement le foin.
    Il va retrouver Paulo qui déjeune avec ses vaches. Les Tarines ne lui font plus peur, il va même jusqu'à caresser leur doux pelage.
    Paulo, devinant qu'il n'a pas un sou, partage son casse-croûte avec lui.

    Quatorze heures, le marché reprend, les maquignons, rougeauds et bien lestés reprennent leurs affaires.
    Djamel est étonné de les voir se taper dans la main pour tout accord. La parole donnée est sacrée.
    Un coup de sifflet et c'est la fin du marché.
    Les maquignons et les paysans se frottent les mains. Ils ont fait de bonnes affaires.
    Paulo a vendu toutes ses bêtes.
    Maintenant, c'est l'épreuve de puissance qui débute.
    Une paire de bœufs est reliée par une énorme chaîne d'acier à un dynamomètre.
    Ne restent en lice que deux couples de bovins.
    Deux Aubrac se mesurent à deux Salers.
    Les muscles des Aubrac se gonflent, les sabots écrasent le sol dans un crissement qui s'entend jusqu'au fond du foirail.
    La clameur monte.
    Deux tonnes six cent quarante annonce le Président du jury.
    Le propriétaire des Salers renonce.
    La victoire revient aux Aubrac.
    Une petite fille remet une médaille à l'heureux propriétaire. Elle ira garnir l'étable des bœufs.
    C'est rigolo, c'est comme aux Jeux Olympiques se dit Djamel qui n'en a pas loupé une miette.
    Paulo, qui a fait de bonnes affaires, invite Djamel à partager son souper dans une petite auberge où il a ses habitudes.
    Il est bien tard lorsqu'ils rejoignent le camion.
    Repu et fatigué par cette journée éprouvante Djamel ne se fait pas prier pour s'étendre dans la paille. Il s'endort instantanément, rêvant aux vaches, à ses futurs enfants, aux fleurs ornant sa maison…




    Original publié par Skyrgamur au Livistan, le 4 avril 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1558.entry






    Le 4 avril 2008, Wapiti a écrit:Haaaa, Lutine, tu as enfin trouvé le chemin du blog ?!!! ... pour notre plus grand bonheur !! :-))
    J'ai adoré cette rencontre entre Djamel et les vaches.
    Surtout ne repars pas Lutine !
    Le 4 Avril 2008, Béatrice a écrit:Hip hip hip hourra. Merci infiniment Lutine, c'est un vrai plaisir de te lire.
    Je n'avais pas regardé avant le nom de l'écrivain comme je le fais d'habitude (Wapiti se fâche quand je fais ça) alors je m'étais dit que ça ne pouvait être que Wapiti bien que j'étais étonnée qu'elle s'y connaisse si bien en vache et plus je lisais et moins je reconnaissais son style !!! Et c'est une vraie agréable super surprise de voir qu'il y a une nouvelle écrivaine parmi nous.
    Dis tu vas rester Lutine, on ne te lâche plus, c'est trop chouette
    Bisou de la vraie bonne fin de journée
    Le 4 Avril 2008, Mamina a écrit:Merci Lutine, tu aimes écrire et tu le fais super bien... ne te prives pas pour le plaisir de tous...
    Suis contente !
    Bises
    Le 4 Avril 2008, Wapata a écrit:Je me joins aux autres pour dire:
    RESTE s'il te plait LUTINE et continue de nous abreuver de ta belle inspiration :) :) :) :)
    et j'attends avec impatience la suite
    merci Lutine
    Le 4 Avril 2008, Pondy a écrit:Lutine, vraiment bravo.
    Je ne venais plus qu’à reculons lire le blog, (pardonnez-moi), et là, par la vivacité de ton écriture sur le terroir que tu transcris avec tant de justesse, je n’ai pas résisté.
    Si tu as des textes de la même veine, ce ne sera que plaisir.
    Dom
    Le 4 Avril 2008, Gitanita a écrit:Coucou les filles, je ne souhaite pas polémiquer, mais je suis presque sûre que Pondy n'a pas voulu se montrer blessante, et que ce n'est que pure maladresse de sa part.
    Pour tenter d'expliquer sa réflexion, je pense que chacun a ses propres goûts en matière d'écriture et aussi de lecture, et qu'on a tous des sujets qui nous passionnent plus que d'autres. Heureusement Timouss nous rejoint sur le blog, et va aider à recréer cette diversité qui existait sur le forum et qui a réuni pendant deux mois un groupe de personnes de tous horizons, dans une entente parfaite. Nous regrettons tous la discussion sur le forum, qui avait une ambiance particulière et qu'on ne peut pas retrouver sur un blog (même si on a en plus les photos, la musique et les vidéos). Beaucoup ont voulu nous rejoindre, et ont été découragé par la difficulté de prise en main. Le blog, c'est une autre aventure, de nouvelles rencontres en terre livistanaise, de nouveaux délires...

    Alors bienvenue à toi Lutine, et merci pour ton récit de "terroir" (ça me rappelle un peu le salon de l'agriculture à Paris), et je retrouve des images de campagne de mon enfance. J'espère que d'autres anciens de "peuple étrange" auront envie de faire comme toi, et des nouveaux aussi ! On a découvert plein de supers talents ces derniers jours, vous trouvez pas? Chacun avec son propre style, et c'est d'autant plus intéressant quand on a eu l'occasion de cotoyer ces personnes en vrai.
    Voilà, j'ai été bavarde ce soir, mais c'est parce que je voudrais que l'on continue sur ce blog dans la bonne HU-MEUR-MEUR-MEUR
    Bises spéciales à Wapiti et Beatrice que j'ai toujours autant de plaisir à lire!
    Bonne nuit à tous
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Sam 6 Nov - 21:39

    Djamel : une nouvelle vie commence


    Djamel ouvre les yeux, le soleil filtre entre les persiennes du camion, ça sent encore la vache, mais il est bien.
    Une nouvelle journée s'annonce et il pressent qu'elle va bouleverser sa vie.
    Un coup sur le museau à la fontaine de la place du foirail, un café vite avalé sur le coin du comptoir et les voici repartis.
    Paulo s'arrête sur la place du premier village, lui confie son porte-monnaie et demande à Djamel de leur rapporter des chaussons aux pommes.
    Pas besoin d'interroger les rares passants pour savoir où se trouve la boulangerie, il se laisse guider par son nez.
    Il s'arrête un instant, le front collé à la devanture et bave d'envie devant les religieuses rebondies, les tartes aux fraises brillantes, les choux surmontés de Chantilly aérienne, les tartes au chocolat noires et luisantes …
    Il rêve du jour où il pourra se payer toutes ces bonnes choses.
    Il est en mission, il ne faut pas lambiner.
    Il pousse la porte vitrée, relève la tête et aperçoit une femme blonde, le nez poudré de farine, qui dispose les baguettes dorées sur les présentoirs.
    Un grand sourire illumine son visage. Il y a bien longtemps qu'une femme ne lui a pas souri ainsi.
    Il se sent en confiance, et allez savoir pourquoi, au lieu d'acheter les chaussons, il lui demande, si par hasard, elle ne connaitrait pas un travail pour lui.
    Décidément, Dieu et Allah se sont concertés pour marquer cette journée d'une pierre blanche.
    La boulangère, lui montre une annonce apposée sur la vitrine.
    C'est une place de livreur qui est proposée. Livreur en campagne. Il se voit déjà au volant d'une camionnette, klaxonnant pour signaler son arrivée dans les villages perdus.
    Aucune qualification n'est requise, hormis le permis de conduire ; ça tombe bien, c'est le seul diplôme qu'il possède !!!
    La boulangère, qui lui dit se nommer Sigríður (prononcer Sigrizur), lui donne un croissant tout biscornu pour le faire patienter pendant qu'elle appelle le patron qui effectue la tournée.
    Le klaxon du camion retentit, Paulo s'impatiente.
    Djamel l'avait déjà oublié.
    Il explique vite fait à Sigríður qu'il doit rapporter des chaussons aux pommes et qu'il revient de suite.
    Il annonce à Paulo qu'il a trouvé du travail, lui tend les chaussons et le porte-monnaie, récupère son sac, le remercie pour tout et file à la boulangerie.
    Sigríð lui demande d'attendre le retour du patron. Elle ne peut décider toute seule, elle n'est qu'une simple apprentie. Djamel ne savait pas que les femmes faisaient le pain, il est étonné qu'elle soit apprentie à son âge (il lui donne une quarantaine d'années).
    Elle l'entraîne dans la courette arrière et le fait patienter en lui racontant sa vie.
    Son père a épousé une Islandaise, d'où son prénom peu commun dans nos contrées.
    Elle était infirmière, d'abord dans un dispensaire en Inde, puis à l'hôpital de Grenoble.
    Elle en a vu des horreurs, elle en a soulagé des douleurs, elle en a soulevé des corps, des décharnés, des maigres, des dodus. Elle a le dos en capilotade, elle ne peut plus assurer son service.
    Elle assouvit maintenant un vieux rêve d'enfant : faire le pain, nourrir les riches et les pauvres. Tout le monde mange du pain, par gourmandise ou par nécessité, en accompagnement ou comme unique repas, croustillant, la mie moelleuse, juste sorti du four ou dur comme du bois, juste sorti de la poubelle.
    Quand elle était petite, elle grappillait un peu de levure lorsque sa maman pétrissait elle-même le pain, elle la sentait, la flairait, la reniflait, la humait, la respirait, jusqu'à ce qu'elle ait perdu son odeur.
    Djamel l'écoute bouche bée.
    Comme elle raconte bien "son pain".
    Il s'étonne quand même. Si elle ne peut plus soulever les malades, comment fait-elle avec les sacs de farine ? C'est que ça doit peser. Justement, il y en a un monceau dans un coin de la cour, sous un appentis, qui viennent d'être livrés. Sigríður l'invite à en descendre un dans le fournil.
    Djamel, qui a l'habitude de jouer "les gros bras" rigole et veut attraper le sac. Mais, quoiqu'on en dise, cinquante kilos de farine bien tassée, ça pèse plus lourd que cinquante kilos de plume.
    Sigríð lui explique que c'est le patron, son maître de stage, qui transporte les sacs et les déverse dans le pétrin à sa place.
    Elle est prête à lui dévoiler les secrets du pain, lorsqu'arrive le patron : Maître Pierre.
    C'est un colosse qui doit soulever les sacs comme un fétu de paille.
    Djamel réalise qu'il s'est peut-être emballé un peu vite en disant à Paulo qu'il avait trouvé un boulot.
    Mais le grand sourire du boulanger à vite fait de lui redonner confiance.
    Bien sûr qu'il a besoin d'un livreur, ça va le reposer.
    Il est debout avant les aurores, il se crève dans le fournil, ensuite il lui faut charger et se taper deux-cents kilomètres tous les jours, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente pour que toutes les familles isolées puissent déguster son bon pain.
    Parce que Monsieur, ici, on sait faire le bon pain, comme autrefois. Pas de ces pâtons congelés qu'on reçoit et que n'importe quelle andouille peut mettre dans un four.
    Nous, ici, et ce n'est pas Sigríður qui me contredira, on se coltine la farine, on pétrit, on laisse lever, on surveille "la pousse", on façonne. C'est ce qui donne ce bon pain bien levé, à la mie bien aérée, à la croûte dorée et croustillante, pas ce ces pains blafards qu'on les dirait anémiés.
    Il s'emballe le Pierre lorsqu'il parle de "son pain", mais sa faconde amuse Djamel.
    Djamel se dit qu'à eux trois, ils vont faire une bonne équipe.
    Le boulanger l'informe qu'il ne pourra pas le payer beaucoup, mais il sera nourri, logé et blanchi. Ils se mettent d'accord sur le salaire, "topent là" et s'enfilent un pain au chocolat pour sceller leur arrangement.


    Original publié par Skyrgamur au Livistan le 5 avril 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1604.entry





    Le 5 Avril 2008, Mamina a écrit:Après la foire aux bestiaux, la boulangerie de campagne... ça sent la bonne vivante ça !!!! et Sigridur... je crois bien l'avoir déjà rencontrée quelque part....
    Pourvu que Djamel s'adapte... tu ne nous fais pas la mauvaise blague de nous le renvoyer en banlieue hein ? sauf pour ouvrir une boulangerie en zone franche !!!!
    Bisous et bon week-end ensoleillé à tous
    Le 5 Avril 2008, Lutine a écrit:Ne t'inquiète pas Mamina, le Djamel est là pour un bon bout de temps.
    Le 6 Avril 2008, Nachwa a écrit:Sigridur, c'est... Pondy?
    c'est l'histoire du pain qui m'a mise sur la voie...
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Dim 7 Nov - 10:33

    Djamel, livreur de miches et de batards


    7h15, Djamel est frais et dispo après une bonne nuit dans son nouveau domaine.
    Il n'est pas bien grand son royaume, mais c'est propre et bien chauffé.
    Un énorme édredon en plumes surmonte un lit à rouleaux, une table de nuit, une armoire et une commode assorties complètent le mobilier. Le boulanger lui a promis une table et une chaise.
    Dans la cuisine, juste le nécessaire, mais c'est uniquement pour préparer un extra car il est nourri, et rudement bien, par Madame Pierre (Josette pour les intimes, mais il n'en fait pas encore partie).
    La salle de bains est toute petite et la fenêtre donne sur les champs. Quand il se douche, les seuls yeux indiscrets qui l'observent sont ceux des vaches et des chevaux.

    Maître Pierre lui montre comment ranger les pains, les bâtards et les baguettes dans les casiers afin qu'ils ne tombent pas au premier virage.
    Les boules tranchées ou non iront dans les grands tiroirs en bois ; les pâtisseries dans la vitrine réfrigérée et les viennoiseries sur les clayettes inclinées.
    Ne pas oublier le livre de commandes et le stylo.
    Penser à regarnir les étagères des produits de première nécessité pour dépanner les "petites mamies".

    Muni du plan de sa tournée qu'il a bien étudié hier soir et des dernières recommandations de son patron, Djamel démarre et s'élance sur les routes de campagne et de montagne.
    Si ses anciens copains le voyaient !!! Sûr qu'ils se ficheraient de lui …
    Bon, résumons : départ de Saint Etienne de Crosset, puis Les Reynauds, Le Perrin, Saint Nicolas de Marcherin, Hautefort, Les Combes, Le Grand Vivier, Les Vials, La Rossetière, La Buretière et retour au bercail.
    Le patron lui a concocté un petit circuit pour aujourd'hui, il se chargera du reste de la tournée.
    Si Djamel partait pour le grand tour, il ne serait même pas revenu ce soir !!!
    Dès qu'il passe devant une ferme, une maison, un pavillon, il s'arrête et klaxonne.
    Les enfants, les mamans et les mamies se précipitent, chacuns à leur rythme, vers "la civilisation" qui vient vers eux.
    Heureusement qu'il en reste encore de ces camions ambulants, le boucher et le boulanger deux fois par semaine, le marchand de vêtements deux fois par an.
    Sans eux, les mamies seraient toutes parties dans les maisons de retraite.
    Il y a aussi le facteur qui passe tous les jours. Pas pour apporter le courrier des enfants car il y a bien longtemps que le téléphone (tous les 1er du mois) a remplacé les lettres, mais pour le journal.
    Elles sont rusées les mamies, elles se sont toutes abonnées, pas pour les nouvelles du monde, mais pour "tailler une bavette" avec quelqu'un du pays.
    C'est la seule visite qu'elles reçoivent, c'est tellement isolé dans ces contrées.
    Alors, vous pensez bien que le Djamel a du succès. Les questions fusent : "d'où viens-tu ?", "quel âge as-tu ?", "tu restes longtemps ?", "tu as une bonne-amie ?" … Elles veulent tout savoir ; ça va en faire des choses à raconter à leurs enfants (le 1er du mois…).
    Au début, Djamel trouve les questions indiscrètes et répétitives, mais il s'habitue vite. Elles sont tellement attendrissantes ces grands-mères. Il n'a pas eu la chance de connaître la sienne.
    Elle est restée au pays et a disparu avant que ses parents aient économisé assez pour aller la voir. Pensez donc, deux adultes et six enfants, ça fait une grosse somme !!!
    Djamel se jure d'économiser sur sa petite paye pour leur envoyer quelques euros.

    Et passent les jours, et passent les semaines.

    Djamel qui se sent en famille est bien, il n'a jamais été aussi serein de sa vie.
    Il se confie à Sigríður, il lui raconte sa vie d'avant dans sa cité pourrie du 9-3, ses galères, ses soi-disant potes : Souareba (le Sénégalais), Yasmin (le Croate), et Jimmy (le "blanc"), quand ils "chouraient" des trucs inutiles à Auchan, leur fabuleux voyage à la mer, comment ils avaient joué au chat et à la souris avec le contrôleur pour ne pas se faire choper dans le train, le retour dans le fourgon bleu (pas de soucis de billets …).
    Il lui raconte aussi son frère à Fleury, sa mère qui peine à élever les 4 mioches qui restent, les yeux de braise de Leilah sa petite sœur préférée.
    Il regrette d'avoir "glandé" à l'école primaire et au collège. Avoir arrêté ses études six mois avant le "bac hôtellerie", quelle connerie !!!
    Des conneries, il en a plus d'une à son palmarès, ce n'est pas son JAF qui le contredira, mais il s'est toujours refusé à consommer ou à dealer du shit ou plus.

    Il lui explique le début de sa rédemption, comment Yann l'a pris en stop et l'a amené dans ce chalet perdu dans la forêt jurassienne, comment ils ont reverni les volets, le bistrot "chez Jean" où ils ont refait le monde, les bières au coin du feu, son "ex meuf", Hélène, qui lui a préféré un portefeuille bien dodu.

    Il lui parle de Yann qui pleure son Hélèna, de ses amis Mado et Gérard qui attendent un heureux évènement.
    - "STOP, lui intime Sigríður qui l'écoutait sans l'interrompre.
    Tu connais Yann, l'ami, presque le frère de Gérard ? Comme le monde est petit, nous étions tous les trois colocataires lorsque nous étudiions à la fac.
    Et tu m'apprends que son Hélèna est morte".
    Et Djamel lui dit tout ce qu'il sait du chagrin de Yann.

    Suite au prochain numéro.


    Original publié le 11 avril 2008 par Skyrgamur au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1745.entry




    Le 11 Avril 2008, Wapiti a écrit:Ha, mais c'est excellent ça, Lutine !
    Merci :-)
    Le 11 Avril 2008, Béatrice a écrit:Mamina et Mamie Gateau, vous pouvez passer la commande, Djamel arrive !!!
    Quel beau recommencement pour ce jeune homme, merci Lutine.

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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Dim 7 Nov - 10:35

    Les vingt ans de Djamel

    Djamel est bien triste aujourd'hui.
    Nous sommes le 28 février et il a 20 ans.
    Anniversaire qu'il fêtera tout seul.
    Ici, personne ne connaît sa date de naissance.
    La haut, dans le 9-3, personne ne sait où il est.
    Lorsqu'il est parti sur un coup de tête en direction de Clairvaux-les-Lacs, quand cette "pétasse d'Hélène" l'a plaqué, il a juste laissé un mot à sa mère.
    Depuis, il n'a pas osé la rappeler.

    Il se traîne sur les routes de montagne enneigées, il ne voit pas le lièvre variable qui file en direction de la forêt, ni la petite fille, tout de rouge vêtue, qui dévale la pente sur sa luge.
    Il ne remarque pas l'écureuil roux qui saute de branches en branches.
    Il a même raté la maison de "mémère Germaine" à qui il devait apporter ses médicaments.
    Il s'arrête sur le bord du chemin et éclate en sanglots, la tête sur le volant.
    Il a beau être "un dur de banlieue", il n'est encore qu'un gamin au cœur tendre.

    La petite fille vient le rejoindre et lui offre un petit bouquet de perce-neige, premières fleurs qui pointent leurs clochettes blanches dans cette immensité blanche.
    Emu, Djamel essuie ses larmes, fait un grand sourire à la petite fille et pour la remercier remonte la luge en haut de la colline.
    Il aura quand-même eu un cadeau pour ses 20 ans.

    Ragaillardi, il fait demi-tour, va se faire payer un café chez Germaine et lui offre les fleurettes.
    De retour à la boulangerie, une énorme surprise l'attend.
    Maître Pierre, qui a remarqué sa date de naissance en lui faisant remplir son contrat, a organisé un repas de fête.
    Josette, native de Doussard en Haute Savoie, s'est surpassée : tartiflette, diots et crozets. Pas très diététique tout ça, mais la maîtresse de maison a voulu honorer Djamel en le régalant de spécialités de sa région.
    On fait une pause avant le dessert confectionné, comme il se doit, par Pierre.
    Repu, Djamel ose enfin regarder en direction de Sólveig, la fille de Sigríður.
    Et là, la foudre lui tombe sur la tête, son cœur éclate, il est pétrifié, il a froid, il a chaud, il voudrait lui parler mais les mots ne lui viennent pas.
    Bref, c'est le coup de foudre. En un regard, il est tombé raide dingue amoureux de la jolie blonde.
    C'est vrai qu'elle est superbe cette Islandaise, grande, bien charpentée, un sourire ravageur, des yeux bleus comme il n'en a jamais vu ; des yeux "Blue Lagoon" lui dira Sigríður.

    Djamel, revenu sur terre, entame une conversation avec la belle Sólveig lorsque retentit la sonnette.
    Qui vient perturber cette réunion ?
    Ce n'est qu'Alphonse le voisin, invité pour le dessert.
    Mais il n'est pas seul.
    Djamel en tombe de sa chaise.
    C'est Djamila, sa maman chérie, qu'Alphonse est allé chercher à la gare.
    Djamel s'effondre sur l'épaule de sa mère et pleure toutes les larmes de son corps.
    Il s'en souviendra de ses 20 ans !!!

    Maître Pierre profite d'une accalmie pour apporter un immense Saint-Honoré orné de bougies.
    Djamel reprend ses esprits et souffle bien vite les flammes pour que tout le monde puisse déguster ces petits choux et cette crème aérienne.
    C'est Pierre et Josette qui ont tout manigancé. C'est qu'ils l'aiment bien ce gamin débarqué là, de la paille plein les cheveux. Un courageux p'tit gars qui ne rechigne pas à la tâche, toujours prêt à rendre service. On les avait pourtant mis en garde contre cette "racaille des banlieues", mais Pierre est du genre confiant.

    Laissons là les convives discuter en finissant le gâteau.



    A bientôt.


    Original publié par Skyrgamur au Livistan le 12 avril 2008 : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1760.entry






    Le 12 Avril 2008, Béatrice a écrit:Eh, tu m'en as arraché des larmes ... ça fait du bien de se sentir aimé
    Juste une question : Djamel se trouve en Haute-Savoie ??? c'est marrant j'avais imaginé je ne sais pourquoi que la boulangerie se trouvait en Auvergne ou quelque par par là. En tout cas on a une nouvelle histoire d'amour qui se profile, ah ah, ça va faire du bien à nos coeurs de midinettes.
    Le 12 Avril 2008, Wapata74 a écrit: moi aussi j'ai versé ma larme
    merci Lutine
    Le 12 Avril 2008, Lutine a écrit: La boulangerie se trouve à St Etienne de Crosset, non loin de Voiron (Isère).
    Si la tartiflette, les diots et les crozets ne font pas partie de la tradition culinaire de cette région, je m'en excuse, dîtes-moi ce que je dois mettre à la place. (C'était un petit clin d'oeil à vos ripailles passées).
    Wapata, ce qui t'a tiré les larmes c'est le St Honoré qui t'est passé sous le nez ?
    Bonne journée les gourmands.
    Le 12 Avril 2008, Béatrice a écrit: Lutine, je n'y connais rien en spécialités culinaires !!! En tout cas j'ai hâte d'avoir la suite avec ou sans tartiflette !!!
    Belle journée
    Le 12 Avril 2008, Lutine a écrit:"Josette, native de Doussard en Haute Savoie, s'est surpassée : tartiflette, diots et crozets. Pas très diététique tout ça, mais la maîtresse de maison a voulu honorer Djamel en le régalant de spécialités de sa région."
    Voila qui va faire plaisir à Wapata et ménager sa susceptibilité.
    Le 12 Avril 2008, Gitanita a écrit:Très beau récit, plein d'amour partagé. Merci Lutine
    Le 20 Avril 2008, Wapiti a écrit:Ha quel chanceux finalement ce Djamel d'avoir un tel anniversaire !
    Merci Lutine.
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    LaMémoire

    Re: Les aventures de Djamel

    Message par LaMémoire le Dim 7 Nov - 10:37

    Djamel aux îles Chausey (1)


    Les beaux jours arrivent.
    Djamel et Sólveig sortent de leur torpeur hivernale.
    Les amoureux ont appris à se connaître au coin du feu.
    L'hiver a été long et rigoureux.
    La neige a recouvert les montagnes et les plaines.
    Djamel a eu du mal à effectuer sa tournée tous les jours, mais il n'a pas voulu laisser tomber ses "petites mamies".
    Sólveig lui a enseigné, non sans mal, le ski. Il est devenu un virtuose du slalom et des bosses.
    Lors d'une balade, ils ont eu la chance d'assister à la fin d'hibernation d'une famille de marmottes.
    Elles sont engourdies et amaigries par six mois de léthargie, leurs premières sorties sont difficiles. Durant l'hiver, bien serrées les unes contre les autres, sur un épais matelas d'herbe sèche, dans la chambre familiale, leur métabolisme s'est ralenti, leur température a chuté de plus de 30°, passant de 37° à 5°, leur cœur a battu faiblement (30 fois par minute contre 120 en éveil), elles ne respiraient qu'une ou deux fois par minute.

    Un profond sommeil entrecoupé de brefs réveils mensuels pour aller aux toilettes.
    Sólveig et Djamel ont surpris ces dormeuses pointant leur museau hors de leur terrier.
    Elles commencent par une toilette minutieuse, puis elles se délectent de jeunes pousses avant d'aller conter fleurette.
    Ils ont bien ri de leur courses-poursuites amoureuses, ils ont tremblé lors des combats entres mâles.
    Sólveig a montré à Djamel les photos des marmottons faisant leurs premiers pas hors du terrier en début d'été.

    Einar, le frère de Sigríður, donc, l'oncle de Sólveig les a invités dans sa maison de vacances sur la grande île Chausey.
    Chausey, Djamel n'en a jamais entendu parler, il ne sait pas que l'on dit : les îles Chausey, car c'est un archipel composé d'une myriade d'îlots. Cet archipel est le seul qui soit resté normand et non anglo-normand comme Jersey, Guernesey et les autres.

    Les voilà donc partis à Granville où les attend Einar.
    Après plus de huit heures de voyage éprouvant en train, un changement de gare, la course dans les couloirs du métro, les voici enfin arrivés à Grandville.
    Einar et Sólveig, qui ne se sont pas vus depuis trois ans n'en finissent pas de s'embrasser.
    Djamel est présenté à Einar et la joyeuse petite troupe se dirige vers la gare maritime où est amarrée la "Jeune France" qui va leur faire traverser les 17 kilomètres qui séparent Grandville des Chausey.
    Djamel est un peu anxieux, il n'est jamais monté sur un navire et il a peur de souffrir du mal de mer.
    La mer est d'huile, le ciel est bleu. Même si l'équipage fume, malgré les panneaux d'interdiction, les 45 minutes de traversée ne posent de problème à aucun passager.
    Sur le chemin qui les mène à sa bicoque, Einar leur raconte que le marnage (l'amplitude des marées) est de plus de 14 mètres, ce qui explique qu'à marée basse, ce ne sont pas 52 îles qui composent les Chausey, soit 65 hectares, mais plus de 365 bouts de rochers soit 40 kilomètres carré.


    Ici, les rochers se parent de jolis noms évocateurs : Bonne Femme, les Trois Grands-Mères, le Caillou Bouillon, le Rocher Pouillou et le Caillou Pissou, le Hibou, le Coucou, le Lézard et le Loup, la Pucelle et le Dormeur…
    A Chausey, la nature est généreuse grâce à un micro-climat prodigué par le courant tiède du Gulf Stream. Et aussi parce que l'archipel est le paradis des animaux marins : poissons, coquillages, crustacés, oiseaux par milliers, mais aussi dauphins et pingouins.
    La pollution est ici inconnue, la marée lessive deux fois par jour à grande eau les plages et les rochers, la plupart des îles sont considérées comme réserve naturelle.
    Autre originalité, Chausey est divisé entre une petite partie publique, rattachée à la commune de Granville depuis 1804, et une immense propriété privée – dont l'entrée est “tolérée”. Entre les deux, "une frontière" est matérialisée par une barrière blanche.

    Djamel est éberlué par le savoir d'Einar l'Islandais. Il faut dire qu'en matière d'île, celui-ci est bien placé pour en parler !!!
    Ils s'arrêtent pour souffler à l'ombre de la chapelle édifiée vers 1850. Le dernier curé a quitté les lieux en 1981 et n'a jamais été remplacé. Il faut dire que l'hiver, seuls une douzaine de Chausiais peuplent l'île !!!

    Les voici arrivés au "Village des Blainvillais" ainsi nommé car ses maisonnettes couvertes de chaume, construites vers 1825, ont d'abord accueilli des barilleurs et des carriers de Blainville (petite ville de la côte Ouest du Cotentin) venus extraire le granit utilisé pour confectionner les pavés de Paris et de Londres, comme leurs ancêtres qui construisirent le Mont Saint Michel.








    Après avoir déposé leurs bagages, s'être rafraîchis et reposés, le trio s'en va arpenter les chemins pierreux ou sablonneux, qui serpentent entre les buissons de genêts et les touffes d'ajoncs accompagné du chant des goélands, des vagues et du vent.



    Ici, les voitures sont inconnues. Seuls circulent le tracteur qui collecte les ordures ménagères, celui qui entretient l'île, la voiturette électrique de l'Hôtel, ainsi que la camionnette de l'épicerie.
    Ils passent devant quelques maisons basses et étroites, aux murs de granit roux, aux huisseries peintes en vert et au toit d'ardoises bleu-nuit. Les jardinets sont fleuris et les pelouses tondues. Tout respire la quiétude.
    Une anse de sable fin les attire. Les voici sur l'une des 6 plages de l'île.

    Vite, ils enfilent leur maillot et s'élancent dans la mer.

    Djamel est saisi par la température de l'eau. A peine 18°. Mais une fois "le ventre passé", il n'y pense plus et s'amuse comme un fou avec Sólveig et Einar, habitués à la température des eaux islandaises.
    Le soleil darde ses derniers rayons, il est temps de rentrer dans la bicoque d'Einar.
    Après un bon dîner composé de bouquets et autres crustacés achetés aux pêcheurs locaux, les trois compères s'en vont rêver à leurs prochaines aventures chausiaises.
    Original publié par Skyrgamur au Livistan le 11 juin 2008 : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!2443.entry






    le 11 juin 2008, Mamina a écrit:Lutine !!! quel plaisir de te retrouver ! tu nous fait partager une bien belle balade anglo-normande... Djamel s'est bien tenu ? il prend un bon chemin ce petit !
    Bises, à bientôt la suite...
    Le 11 Juin 2008, Wapiti a écrit:Une bien belle promenade.Merci Lutine.
    Oui, vivement la suite de leurs aventures chausiaises !
    Le 11 Juin 2008, Lutine a écrit:Balade normande Mamina, Chausey a été la seule île à ne pas tomber sous le joug de la perfide Albion !!!!
    Bises.
    Le 11 Juin 2008, Lahaut a écrit:Cela manque un peu de béton sur cette île !! Une piste pour avions et un centre commercial pourraient amener les touristes ! Il faut penser au développement économique de la région !!Et puis au bord de la mer juste au pied des plages ce serait bien de construire des buildings comme un peu en Espagne (voir les photos de Wapiti (juste au dessus) de la superbe ville de Benidorm )une marina pour que des gros paquebots avec plein de touristes américains ou australiens puissent accoster et aussi des night-clubs avec plein d'enseignes lumineuses pour agrémenter le séjour des jeunes sur ces iles !!
    Lahaut
    Ps Il ne faut pas m'écouter de temps en temps je dis ....des bêtises !!!
    Le 11 Juin 2008, Lutine a écrit:Dimensions de l'île : longueur 1 kilomètre, largeur : de 50 à 500 mètres.
    Tu vas avoir du mal à caser tout ça Monsieur l'urbaniste Lahaut !!!
    Le 12 Juin 2008, Béatrice a écrit:Un vrai parisien ce Renaud ! Je me demandais auquel des personnages de la famille Franchouillard tu pouvais bien t'identifier ... finalement ce serait pas à la mère qui a toujours besoin d'avoir des boutiques autour d'elle ????!!!
    Le 12 Juin 2008, Lahaut a écrit:A qui je m'identifie ???
    Peut-être à l'un d'entre eux ou à peut être à personne ..... mais peut-être aussi aux 4 personnages réunis ??? A toi de savoir !!
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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par Skyrgamur le Dim 7 Nov - 11:24

    Merci Wapiti d'avoir exhumé Djamel des profondeurs du Livistan. bravo
    Je n'avais pas pu remonter plus loin que mars 2008.

    Vous allez peut-être me trouver c-n, mais l'épisode des 20 ans m'a tiré des larmes.
    Peut-être est-ce parce que je ne dégusterai pas de St Honoré d'ici longtemps ? clin d'oeil


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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 11:58

    J'avais déjà une sauvegarde partielle dans ma cabane perso, en attente de finalisation...

    Skyrgamur a écrit:Vous allez peut-être me trouver c-n, mais l'épisode des 20 ans m'a tiré des larmes.
    Non non, pas c-n du tout ! Combien de textes me tirent encore des larmes, en les relisant... (même dans ceux dont je suis l'auteure ! )
    Et ces 20 ans, qu'est-ce qu'ils nous avaient émotionné(e)s à l'époque !

    Au fait, lutine... on attend toujours...
    ...leurs prochaines aventures chausiaises.
    J'ai eu beau fouiller les mois suivants, pas moyen de les trouver !?


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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par Skyrgamur le Dim 7 Nov - 12:00

    Ils se sont fait enlever par une énorme vague ou par les trolls qui hantent la lande. pleurs pleurs


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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 12:19

    Skyrgamur a écrit:Ils se sont fait enlever par une énorme vague ou par les trolls qui hantent la lande.
    Il faudra nous raconter ces mésaventures là, alors...


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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par Skyrgamur le Dim 7 Nov - 12:36

    Il n'y avait personne pour le voir, c'est pour ça qu'on ne sait pas comment ils ont disparu.
    Même la police a classé le dossier gag !


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    Re: Les aventures de Djamel

    Message par mamina le Dim 7 Nov - 13:29

    Et tu crois t'en tirer comme ça avec une pirouette ? flop !

    Attention, ici, la Mémoire nous embarque dans pire qu'une histoire sans fin !! mon dieu !

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    Re: Les aventures de Djamel

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