Le Village du Peuple Etrange Voyageur

pour nos pensées, nos petites histoires et nos joutes littéraires autour des voyages


    Les voyages de Lucette

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    LaMémoire

    Les voyages de Lucette

    Message par LaMémoire le Dim 7 Nov - 18:57

    Lucette, voyageuse « senior » débutante


    Lucette est un petit bout de femme tout en os et en énergie, visage fin et toujours bronzé aux yeux bleus rieurs, portant fièrement sa chevelure grise argentée et ses lunettes à double foyer sur son petit nez en trompette. Septuagénaire dans quelques mois, elle n’en reste pas moins très active, toujours à s’occuper dans son jardinet ou sa maison, curieuse de tout et du monde, aux activités nombreuses et variées : chorale, peinture, club Internet, gymnastique, randonnée…

    Lucette est issue d’une famille de paysans. Elle a donc grandi au milieu des prés, des vaches, poules et lapins, parmi les plus grands d’une nombreuse fratrie essentiellement masculine.
    Lucette aurait aimé et pu être enseignante, et aurait sûrement réussi cette carrière. Mais elle n’a pu continuer au-delà du certificat d’études car il fallait aider la mère à la ferme, pour la lessive, le ménage, les repas des hommes et ouvriers, s’occuper des plus jeunes frères… A peine majeure elle s’est de suite mariée avec un voisin ouvrier et le premier de ses quatre enfants est arrivé très vite. Elle a dû s’occuper de son foyer, élever ses enfants, jusqu’au petit dernier, sûrement le préféré, son «Petitou» Yann.

    Lucette est une grande voyageuse dans l’âme.
    Dès sa plus tendre enfance et ses premières lectures elle a rêvé d’horizons lointains, de grands espaces, de villes nouvelles, de cultures et de rencontres différentes. Mais la vie ne nous offre pas toujours l’opportunité de nos rêves. Et sa vie de travail au service des autres n’a pas permis à Lucette d’aller très loin. Ô certes, il y avait bien eu les virées dans les Pyrénées pour les congés payés (cf. le Voyage dans les années 60) et plus tard quelques vacances du côté du chalet des Piards dans le Jura et de loin en loin quelques brèves visites à la famille émigrée de-ci de-là aux quatre coins de France. Mais jamais Lucette n’a pu satisfaire ses désirs d’ailleurs.
    Son homme était prêt à partir, mais il leur fallait attendre la retraite disait-il pour s’offrir ces lointains voyages. Alors elle a attendu, en se contentant de nombreuses lectures de récits de périples réels ou fictifs pour voyager dans la tête, et de reportages télévisuels avec son émission favorite du vendredi soir depuis 1975 et depuis quelques années le développement des programmes sur les merveilles du monde.
    Malheureusement, à peine en retraite son mari est parti trop vite. Alors voilà plus de dix ans que Lucette est seule, mais toujours pas partie.

    Ce sont ses enfants qui aujourd’hui la poussent à réaliser enfin certains de ses rêves, à s’envoler vers d’autres destinations, avant que l’âge ne la rattrape et ne l’enchaîne à nouveau.
    Sa première destination : l'Espagne, l'Andalousie pour un circuit de 8 jours en car.



    Original publié le 21 avril 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1871.entry



    Le 21 Avril 2008, Béatrice a écrit:Elle a l'air vraiment sympa la maman de Yann. Elle est voyageuse débutante, ça c'est chouette parce qu'elle n'est pas formatée et peut donc être plus sensible à des routes hors des sentiers communs. J'attends avec impatience son appréciation de ce voyage en Andalousie avec les tamalous !!!
    Merci ma Wap'copine
    Le 21 Avril 2008, Mamina a écrit:Et voilà comment on revient au début du tout début avec un joli portrait de voyageuse... une que l'on ne connaissait pas encore Contente de découvrir, et l'Andalousie, et la voyageuse, sous ta plume...
    Bisous
    Le 21 Avril 2008, Lahaut a écrit:L'Andalousie ! Mais peut être que Lucette a rencontré Wapiti en Andalousie !!(quelle coincidence extraordinaire !)
    Alors Lucette ,est ce beau l'Andalousie ?
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    LaMémoire

    Re: Les voyages de Lucette

    Message par LaMémoire le Dim 7 Nov - 18:59

    Lucette nous raconte son premier voyage (1)



    Il a été très bien mon Petitou pendant ce voyage.

    Toujours à s’occuper de sa Mamita, à porter toutes mes petites affaires dans son sac à dos, attentif à ce que je n’aies pas froid ni soif, de bon conseil pour le choix des vêtements et des chaussures, à ce que je sois toujours installée au mieux...
    Il a même toujours été très attentionné avec les autres membres du groupe aussi, au point que certaines pensaient qu’il faisait partie de l’équipage avec le chauffeur et le guide. Hihi ! Ca c’est aussi parce qu’il parle très bien l’espagnol mon fiston, qu’il jouait le serre-file durant les visites pour ne perdre personne, et qu’il aidait le chauffeur pour les bagages.

    Il ne s’est jamais plaint de quoi que ce soit durant ce voyage, et pourtant qu’est-ce qu’il a souffert de devoir supporter tous ces petits vieux pénibles que nous étions !
    Il n’a rien dit, mais j’ai bien vu qu’il était fatigué des pérorages et réflexions de certaines, de la lenteur du groupe, des longues heures de car et du peu de marche et de visites que nous avons fait… Il aurait eu besoin de descendre des collines au centre-ville à pieds ; d’ailleurs, il aurait sûrement eu le temps de nous rejoindre au point suivant, vu ce que nécessite l’embarquement d’une cinquantaine de seniors dans un bus, la traversée urbaine au milieu des embouteillages, et le débarquement de tout ce petit monde…
    Il est resté stoïque devant ces visites qui ne l’inspiraient pas alors qu’il aurait préféré déambuler seul dans les ruelles des villes avec son appareil photo pour dénicher un bel angle de vue différent, une scène de vie amusante ou attendrissante, simplement un peu de solitude andalouse pour mieux humer l’air ambiant.
    Vous savez, c’est un peu un sauvage mon Petitou Yann… Mais il est a-do-rable avec tout le monde !


    En tout cas, c’est un beau voyage qu’ils m’ont offert mes enfants.

    Un superbe car, très confortable, avec un super chauffeur, et heureusement parce qu’avec 6 à 15h de route chaque jour, il valait mieux qu’on soit bien assis et bien conduits ! En plus, nous avions les premières places derrière le chauffeur, c’était une vue panoramique privilégiée. Ha nous avons été jalousés pour cela !
    Les hôtels étaient vraiment tous très bien, avec plein de petits échantillons dans la salle de bain, des lits très confortables, un personnel très accueillant qui parlait même le français ; vraiment je n’avais pas imaginé ce grand luxe.
    Et qu’est-ce qu’on a bien mangé ! En horaires décalés, à l’espagnole paraît-il – pour tout vous dire, les matinées étaient très longues ! – Et puis, c’était servi en quantité, c’était bon, même si ce n’était pas très typique, à part quelques paëllas. Mais mon Petitou regrette qu’on ne nous aie pas fait goûter aux tapas et aux soupes andalouses dont j’ai déjà oublié le nom…
    De toute façon, les noms, j’ai beaucoup de mal à les retenir ! Il faut que je les voies écrits et que je les note de suite sur mon petit calepin si je veux les retrouver…
    C’est pour cela que j’ai toujours un petit cahier d’écriture et un crayon dans mon sac. J’ai pu y noter tout ce qu’on a fait et ce qu’on a vu… comme cela, quand mon Petitou me donnera les photos, je pourrai retrouver les lieux… mais pour cela, il faudra qu’il m’aide encore. Ha qu’est-ce qu’elle ferait sans lui sa Mamita ?!

    Mais il va bien falloir que je me débrouille toute seule la prochaine fois que je repartirai en voyage. Je ne vais pas l’obliger à m’accompagner. Ô non ! Heureusement pour lui, j’ai trouvé deux copines au cours de ce voyage, et c’est avec elles que je vais voyager maintenant. Ha, elles sont super Janie et Babeth, je suis ravie de les avoir rencontrées.


    Original publié le 22 avril 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1879.entry




    Le 22 Avril 2008, Béatrice a écrit:hé hé, Mamita va partir en sac à dos ????
    Il est adorable ce Yann ... serait pas grand brun aux yeux bleus par hasard !!!
    C'est tout joli Wapiti comme tu nous racontes ça, tout tendre, j'aime.
    Le 22 Avril 2008, Lahaut a écrit:Avec Janie et Babeth cela fera les drôles de dames !!
    Manquera plus que Bobsley et tu pourras refaire la série !!!
    Le 23 Avril 2008, Wapiti a écrit:Pff ! Les drôles de dames, elles ont pris un coup de vieux là !! lol
    ...
    Lucette en sac à dos ?! Tiens, c'est une idée de cadeau à souffler à Yann !
    Pour l'instant elle n'a que sa magnifique valise bleue, rigide, à roulettes, toute neuve... mais un sac à main dans le style petit sac à dos serait bien pratique pour avoir tout le nécessaire sur soi avec les deux mains libres.
    Le 23 Avril 2008, Mamina a écrit:Qu'il est gentil ce Yann avec sa Mamita... il n'aurait pas une petite soeur tout aussi dévouée prête à faire l' accompagnatrice ?
    je suis preneuse...
    Bisous
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    Wapiti
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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 19:02

    Yann en voyage avec les Tamalous et Bobolas…



    Quitte à devoir supporter un voyage bien comme il ne les aime pas, une cinquantaine de seniors, une semaine de car… Yann a décidé de rester zen, très zen. Et d’en profiter pour rigoler un peu.
    Ô bien sûr, il s’est occupé de sa Mamita autant qu’il a pu –et peut-être plus que nécessaire, il est prêt à l’avouer–, il est apparu très dévoué auprès des autres seniors du groupe, un beau jeune homme bien élevé et très sociable –bin oui, dans de telles circonstances, il s’est fait appeler « jeune homme » malgré sa quarantaine !– …
    Derrière son calme serein, derrière ses attentions auprès de toutes et tous, il en a profité pour observer d’un œil critique et amusé.

    Dès la montée dans le car, durant cette première nuit, la fiction a rattrapé la réalité.
    Il avait failli éclaté de rire, s’était retenu à temps, avait de suite capté le regard complice de Roberto le chauffeur. Ils en avaient reparlé plus tard devant une bonne cerveza de cette scène dantesque où à 6h du matin les petites mamies et petits papis se chamaillent pour avoir les premières places à l'avant… comme des gamins à l’école primaire ! C’est Roberto qui avait remis de l’ordre avec une magistrale diplomatie et le listing bienvenu de l’agence qui affectait les places aux uns et aux autres.
    C’est ainsi que les deux couples qui se chamaillaient se sont retrouvés plus loin dans le car et que Jeanine et Elisabeth se sont installées en voisines de Lucette et Yann. Ce dernier a eu le temps d’apprendre à les connaître mieux durant cette semaine…


    Janie et Babeth sont deux sœurs malgré leurs physiques si différents : autant Janie la cadette est petite, rondouillette, aux pommettes rouges et la tignasse encore blonde, autant Babeth de 3 ans seulement son aînée est grande, élancée, au visage long et émacié, aux cheveux plus épars, frisés et définitivement argentés. Toutes deux septuagénaires, l’une au mari trop casanier, l’autre éternelle célibataire, elles ont pris l’habitude de voyager ensemble chaque année.

    Voisines de bus, elles ont commencé à discuter un peu avec Lucette dès la première très longue journée de route. Voisines de table au premier repas, elles ont continué à papoter, à se raconter leurs vies et découvrir leurs étonnantes similitudes. Au cours d’une discussion, elles se sont même rendu compte que Babeth avait habité pendant 20 ans en face de la cousine de Lucette ; que le monde est petit ! Au-delà de leurs métiers différents, elles ont eu des vies finalement assez similaires, leurs goûts, leurs activités et leurs envies se rejoignent… Du coup, elles ne se sont plus quittées du séjour. Elles ont beaucoup rigolé ensemble aussi.
    Pour le plus grand plaisir de Yann, ravi de voir sa Mamita en si bonne compagnie… et à son plus grand soulagement quand les deux sœurs ont proposé à Lucette de repartir avec elles en voyage.


    Derrière Yann et ce trio de copines, une cinquantaine d’autres spécimens de la race des seniors… tout un poème ! Avec quelques duos succulents…

    Comme ce petit couple que Yann a surnommé « les chatons ». Monsieur bedonnant (comme la plupart !) mené par le bout du nez par sa petite femme qui veille sur lui comme une mère-poule sur son poussin. « Mets ta petite laine, Chaton, il y a un courant d’air ici… Tu n’as pas froid, Chaton ?… Ne vas pas te faire mal surtout, elles sont lourdes ces valises, laisse donc plutôt faire le jeune homme… Ho, ton col est mal mis mon Chaton (en rectifiant immédiatement le pli récalcitrant)… » Et lui de répondre, ou non, sans jamais s’énerver. Et de demander à son tour : « Chaton, tu n’aurais pas vu mes lunettes par hasard ?… Et si on allait par là, Chaton ? Non. Bon, je te suis alors… » Chaton par-ci, Chaton par-là, Yann s’attendait à les entendre miauler ou ronronner avant la fin du circuit... mais non.

    Il en est un autre qui a bien ronronné, ou plutôt bien ronflé au cours du voyage ! Le car n’avait pas roulé depuis plus d’une demie heure qu’on entendait immanquablement sa forte respiration envahir l’espace. Pauvre Madame qui essayait désespérément de le tenir éveillé à grand renfort de coups de coude, de pincements et de papotages incessants, que personne n’écoutait du reste. Yann, Roberto et Lucile la guide s’amusaient à parier sur le nombre de minutes à attendre avant la douce mélodie. C’est souvent Lucile qui gagnait, fine psychologue et physionomiste de par son métier, elle jugeait assez vite de l’état de forme du bonhomme à sa montée dans le car. La beauté des paysages, les détours de la route ou le volume de la radio n’ayant aucune influence sur le phénomène ; l’heure de la digestion et la quantité de boisson ingurgitée un peu plus…

    Dans ce groupe, il y avait aussi forcément ce gentleman impénitent qui, bien que marié et accompagné de sa dame, ne doute pas de son charme vieillissant et courtise toutes ces dames, même –et peut-être surtout– accompagnées de leurs hommes, avec une prévenance certes agréable, mais parfois bien fatigante au vu des regards implorants et soupirs qu’elles émettent ou des détours qu’elles esquissent pour éviter le voisinage du charmeur…

    Sans oublier celle qui voyage seule et que l’équipage apprend très vite à surveiller parce qu’elle est capable de se perdre n’importe où –ne serait-ce entre la chambre et le restaurant de l’hôtel– qu’elle perd tout –lunettes, passeport, clés de chambre, ticket de visite…– et à qui il faut toujours tout ré-expliquer 4 fois parce qu’elle perd aussi un peu la tête. Pas méchante, plutôt agréable, mais à surveiller de très près car elle serait capable de monter dans le car voisin du groupe d'espagnols (pourtant il est rouge alors que le nôtre est bleu !?)…

    A surveiller attentivement aussi ce petit couple de « ouin-ouin » selon l’expression de Lucile (qui préférait cela au « pas-tout-cuit-du-cerveau » de Roberto), en voyage de noce malgré leur cinquantaine passée. C’était attendrissant et décalé de les voir toujours se promener main dans la main, se bécoter au coin d’une rue, se chuchoter des mots doux comme de jeunes adolescents transis d’amour…

    Que dire encore des deux commères qui ne peuvent s’empêcher de pérorer à tout va, et surtout de commenter tous les actes ou conversations de leurs compagnons de voyage. Telles de vieilles harpies elles n’ont de cesse de critiquer vertement l’équipage, l’organisation du circuit, la qualité des visites, les non-visites, les hôtels, les repas servis… Roberto les appelait « les Vamps » ce qui avait bien fait rire Lucette mais se révélait tellement correspondre aux personnages !

    Il y avait aussi ces Dames (oui oui, avec un D majuscule) toujours élégamment tirées à quatre épingles, parfumées à outrance, précautionneusement maquillées, recoiffées et repoudrées à chaque arrêt, richement parées de bijoux… Plutôt maniérées, au parler qui se voulait distingué, parfois sans grand succès… Aux sujets de conversation très orientés sur leurs tenues et accessoires, leurs confortables intérieurs, leurs expériences passées et surtout les achats potentiels et manqués qu’elles n’avaient point le temps de faire durant ce circuit marathon… En les observant et écoutant plus attentivement un jour Yann a été pris d’un réel fou rire qui l’a obligé à s’éloigner du groupe. Voulez-vous savoir à quoi il pensait ? Il n’avait pu s’empêcher d’associer ces 3 drôles de dames à l’image qu’il se faisait de Mado, Anny et Sophie avec 40 ans de plus !

    Ha ces seniors !
    Souvent attendrissants, pas moins fatigants, parfois exaspérants… mais rien de moins que le reflet de ce que l’on pourrait devenir plus tard…
    En attendant, ils ont bien diverti Yann durant cette semaine, et lui ont offert de bonnes tranches de rire avec Roberto et Lucile, le soir au bar, quand les « jeunes » se retrouvaient enfin seuls.



    Original publié le 23 avril 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1901.entry



    Le 23 Avril 2008, Béatrice a écrit:Je me suis dit aussi en te lisant que ces Dames étaient surement les trois copines dans quelques années. Yann est intelligent d'avoir sur prendre le recul nécessaire pour apprécier le voyage !
    Continue Wapiti. Et je veux savoir ce que pensait Lucette de tout ça ... s'est-elle fait courtisée par le séducteur " sur le retour" ?
    Le 23 Avril 2008, Lahaut a écrit:Cela représente toute la société avec ces différences que tu nous décris là !Il manque plus que le petit vieux tout timide qui n'ose rien dire seul dans son coin et la barque est complète !!!
    Je pense que cela vient de mon ordi mais les visages sur ta photo de groupe devant le car ne sont pas très nets!
    Je parie que Mamita est celle à droite de la photo avec la veste blanche !
    Après avoir cliqué sur tous les boutons du blog j'ai enfin trouvé ton post personnel pour voir les photos !!
    Cela donne envie d'y aller !
    Ca c'est bien Bea !S'est elle fait courtisée par le séducteur ? moi je poserai plutôt la question ?A t 'il trompé sa femme ?
    Le 23 Avril 2008, Béatrice a écrit:Ah Lahaut, si t'étais pas là, il aurait fallu qu'on en invente un comme toi, tu me mets toujours le sourire ou le rire sur les lèvres !!!
    Le 23 Avril 2008, Wapiti a écrit:Sacré Renaud ! Quelle image tu as déjà de Mamita !!!
    Se serait-elle fait courtiser, elle n'aurait permis quoi que ce soit à ce coquin (elle a des valeurs, elle !), d'autant que son Petitou partageait sa chambre (au prix des 'single' la cohabitation s'impose !)... Quant à savoir si le séducteur a trompé sa femme, ni Mamita, ni Yann n'en ont su quelque chose... ;-P
    Pour la photo ci-dessus, rassure-toi Renaud, cela ne vient pas de ton ordinateur : c'est fait exprès (droit à l'image de ces personnes anonymes oblige).
    Le 23 Avril 2008, Mamina a écrit:Pas besoin de les flouter, je les ai tous reconnus... ce sont mes copains et copines de classe !
    bon, tu essayes comme tu peux d'être sympa dans tes descriptions, on ne peut plus juste je te l'accorde... mais dur dur quand même d'accepter la réalité !
    Tu te reliras dans 20/25 ans et on en reparlera... à la prochaine rencontre ! d'autant plus que le couple "ouin-ouin", les "chaton" et la paumée on en trouve à tous les âges ! et pan !
    Sans rancune,
    Dis ? le chauffeur ? 1,85 ? brun ? yeux bleus ?
    Le 24 Avril 2008, Wapiti a écrit:Chère Mamina,
    je suis assez consciente de ce que cet effet de miroir peut provoquer chez mes lecteurs seniors et je tiens à m'en excuser.
    Néanmoins, constate ma lucidité précoce : "...rien de moins que le reflet de ce que l’on pourrait devenir plus tard…" ;-)
    (j'ai bien peur de faire partie des futures Vamps vu comme je commence... ;-P)

    Quant aux dessous de l'édition, je dirais que :
    Mes portraits sont inspirés par des rencontres qui ne se limitent pas à ce voyage en Andalousie, et certains de mes amis de longue date, seniors, s'y retrouveraient parfaitement... dont les "Chatons" !
    Et effectivement la "paumée" réelle n'était pas encore classable dans la catégorie senior à l'époque mémorable où j'ai partagé sa chambre pendant 10 jours, en apprenant très vite à conserver moi-même son passeport et les clés... à son plus grand soulagement.

    Enfin je voudrais rappeler, à tous, que Yann n'est pas Wapiti (ni même son frère) et qu'il ne faudrait pas, Sieur Lahaut, confondre Mamita avec la WapMama (relis le portrait de Lucette !).

    Enfin, on peut imaginer Roberto grand brun aux yeux bleus, tout comme Yann, puisqu'il me semble qu'il n'y a jamais eu description du physique de ce spécimen qui en a fait et fait encore fantasmer plusieurs...
    Le 24 Avril 2008, Lahaut a écrit:Mais !....hein !....qui ! .. que!....... quoi !!!
    Mais je n'ai jamais dit qu'il y aurait quelque chose entre Lucette (qui est une personne fort honorable et distinguée ) et ce séducteur !!
    J'ai juste demandé si ce séducteur qui voyageait avec sa femme parmi le groupe a 't il fait affaire ( ou si vous voulez fait son marché) dans ce groupe (enfin vous voyez ce que je veux dire !!) mais malheureusement on ne le saura jamais !!!
    Les tamalous je connaissais mais je viens juste de comprendre les bobolas !!!ah !ah ah!Il y aussi souvent, durant les visites les késkecés,les sékoissa, les méousontilles ou les jépaentendurépétésilvouplés !!
    Le 24 Avril 2008, Loun a écrit:Mais c est une histoire de famille ici
    bonne journee lol


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 19:03

    Lucette nous raconte son premier voyage (2)


    Bon alors, je vous le raconte un peu mon premier voyage ?

    C’était un long voyage en car.
    Le car, c’est fatiguant, mais c’est bien aussi parce que cela permet de découvrir plein de beaux paysages !

    Et en fait, dès le premier jour, même si l’Andalousie était encore loin, le voyage avait commencé.
    Avec la descente de la vallée du Rhône puis la traversée du Languedoc-Roussillon, qui offrent les premiers délices de sud méditerranéen dès le lever du jour… avec ce vent fort qui dégage enfin le ciel plombé des derniers jours, ces pins et cyprès qui apparaissent au cœur de la végétation en avance sur notre région et de plus en plus typique et aux parfums agréables, ces roches orangées qui percent, ces villages de maisons basses aux toits de tuiles rondes si typiques, les promesses de mer que l’on n’aperçoit que trop rarement trop brièvement mais que l’on sent bien…
    Après le passage à la frontière aux bouchons inévitables (mais alors, n’aurais-je pas tout compris au principe de l’Espace Schengen ?!), nous avons traversé la Catalogne espagnole et ses paysages vallonnés de forêts, puis plus au sud ses grandes plantations d’orangers et autres arbres fruitiers. Avec, de loin en loin, les premières villes espagnoles et leur multitude d’immeubles et de grues, premiers aperçus du désastre…

    Parce qu’en guise de "petits villages blancs accrochés aux falaises face à la mer", pendant cette semaine nous avons surtout découvert l’horreur bétonnée des costas espagnoles, avec leurs élevages de grues, leurs plantations d’immeubles et autres résidences pavillonnaires toutes identiques, et leurs cultures de plastique entre Màlaga et Alicante.
    Le summum étant "la Manhattan" de la Costa Blanca : Benidorm et ses gratte-ciel… « Madre de Dios » comme dirait mon Petitou, quelle horreur défigurant le paysage ! Mais les Espagnols ne se rendent-ils vraiment pas compte à quel point ils abîment leur littoral ? A quoi pensent-ils donc en bétonnant et s’entassant ainsi ?…

    Heureusement, en s’éloignant un peu des côtes méditerranéennes, le car nous a fait traverser de magnifiques paysages.
    Collines de terre rouge ou orange plantées à perte de vue d’orangers chargés de fruits, d’oliviers argentés ou de verts amandiers.
    Zones plus montagneuses de roches totalement dénudées, ou clairsemées de végétation éparse, très localement couverte d’une très surprenante et dense forêt de résineux en altitude. Ou encore collines vertes de jeunes céréales ondulant sous le vent.
    Parfois les sommets enneigés de la Sierra Nevada en toile de fond.
    De temps à autres de profonds ou très larges lits de rivières, véritables oueds paraissant complètement asséchés…
    Nous avons même traversé le désert des Tabernas qui ferait penser aux grands espaces ouest-américains, au point que quelques grands westerns ont été tournés là.
    Côté roche et terre, c’était toujours un camaïeu de jaunes, oranges, rouges, roses, parfois même dans les mauves… rarement une pâle roche grise, jamais une simple terre, mais toujours des trésors de l’artiste Dame Nature.
    Au milieux de ces terres, de-ci de-là surgissaient des villages de murs blancs et toits orangés de tuiles rondes au-delà desquels dépasse toujours un clocher blanc ou couleur de roche, et très souvent les restes d’une muraille, d’une tour, d’un alcazar. On aurait eu envie de s’arrêter partout pour grimper les ruelles de ces villages, toucher ces vieilles pierres, cueillir ces oranges…
    Mais le car filait toujours, sans même ralentir pour le temps d’une photo.

    Ho, heureusement nous en avons bien visité quelques-uns de ces petits bijoux de villages.
    Guadix pour commencer, en route vers Grenade, avec une arrivée magnifique sur la petite ville blanche au clocher ocre au pied de la Sierra Nevada. La visite du vieux village troglodyte était bien sympathique.
    Par contre, la petite ville de Ronda, avec ses églises, ses hautes maisons blanches, les plus vieilles arènes du pays et son pont neuf au précipice impressionnant ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. "Pittoresque" que disait notre programme ?
    Personnellement, la citadelle de Peñiscola et le petit bijou Guadalest m’ont beaucoup plus marquée ! Bon c’est vrai, ces deux trésors ne sont déjà plus dans la région andalouse… mais qu’est-ce que c’était beau ce petit village tranquille accroché aux rochers au-dessus d’une retenue d’eau vert lagon au cœur des montagnes et cette citadelle affrontant les flots maritimes tourmentés et veillant sur son petit port de pêche. Mon Yann a bien aimé aussi, puisqu’il a ramené beaucoup plus de photos de ces endroits là que d’autres visites.

    Guadalest

    Peñiscola

    Original publié le 28 avril 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1940.entry


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 19:04

    Lucette nous raconte son premier voyage (3)


    Nous avons aussi découvert quelques-unes de ces grandes villes andalouses...

    Ha, avant de vous parler des villes, il faut absolument que je vous raconte tout particulièrement une journée…

    Cette journée là, c’était quelque chose !

    Dès le matin, cela avait commencé.
    Avec ce petit pépé –pas haut, presque chauve, tout bancal et courbé en deux, tremblotant, tout ridé et édenté…– qui s’est installé à côté de moi au petit-déjeuner et entamait la causette. Déjà que moi, il ne faut pas me parler tant que je n’ai pas fini de boire mon café et avaler mes tartines… mais en espagnol en plus qu’il me causait !
    Il a dû croire que j’étais muette, le pauvre. Et je crois bien qu’en guise de réponse je lui ai envoyé mon « regard-revolver » comme disent mes enfants…
    Et dire que mon Yann n’était même pas là pour me secourir à ce moment-là, il avait fallu qu’il remonte à la chambre chercher mes médicaments que j’avais oubliés...

    Après, c’est le charmeur de notre groupe qui a commencé à m’aborder dès la montée dans le car.
    Depuis le début du voyage, je l’ai bien vu qui s’essayait avec toutes ces dames, sous le nez et la barbe de sa femme et de leurs maris en plus. Sans grand succès du reste, ce qui doit expliquer qu’il se soit ensuite retourné vers les personnes seules que nous étions. La veille, c’est Janie qui avait eu droit à ses petites attentions et conversations ô combien inintéressantes… et voilà que ce matin, c’est sur moi qu’il jetait son dévolu !
    Pff ! Parole de Lucette, les vieux charmeurs, qu’est-ce que c’est embaumant, collant et rasoir… Ils se croient raffinés avec leur parfum entêtant, leur tenue de prince et leur manières… Ils se croient pertinents et flatteurs avec leurs compliments à deux sous auxquelles aucune d’entre nous ne peut croire (ha ça, à notre âge, nous l’avons notre lucidité !)… Ils se croient intéressants avec leurs manières et leurs conversations pseudo-intellectuelles…
    Je crois bien que je suis arrivée à m’en débarrasser en fin de matinée, à force de mêler systématiquement sa femme à notre conversation, comme si elle seule était digne d’intérêt et pouvait comprendre mes réponses. Quelle gentille femme d’ailleurs. Je me demande pourquoi elle reste avec ce goujat…

    Et comme ci cela ne suffisait pas, dans l’après-midi je me suis encore faite aborder pendant que nous visitions tranquillement Séville.
    Le groupe s’était éparpillé dans les rues du centre, Babeth et Janie fouinaient dans une boutique des babioles à ramener à leurs petiots, Yann était rapidement parti à la recherche de timbres –hum, pas simple de trouver des timbres en Espagne !–, pendant que je me reposais un peu sur un banc dans ce petit parc bien sympathique ombragé d’orangers et de palmiers, en écrivant quelques cartes postales.
    Et voilà qu’un homme, qu’il me semblait avoir déjà croisé plusieurs fois au cours de nos visites matinales d’ailleurs, s’assoit à côté de moi et engage la discussion avec cette nonchalance et ce sourire indécrottable d’éternel dragueur, ou de dragueur devant l’Eternel, au choix. Bel homme, plutôt grand et bien bâti, brun aux yeux clairs, au teint bronzé, il aurait dû s’attaquer aux midinettes de 20 ou 30 ans… Mais non ! voilà qu’il me courtise, moi Lucette, avec ma septantaine approchante… Je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles ! En cinq minutes, je savais presque tout de lui, en tout cas tout ce qu’il voulait me laisser entendre : originaire du sud-ouest de la France (à son accent, c’était évident), Marc je crois me souvenir, dans la soixantaine, divorcé avec deux grands enfants, grand voyageur, passionné d’arts en tout genre, de cultures étrangères… Je me suis amusée un peu à l’écouter, jusqu’au moment où mon Petitou m’a rejointe en me tendant les timbres pour mes cartes postales, et là bizarrement, il n’avait plus rien à raconter le bel homme, et a rapidement pris congé avec un simple « Ravi de vous avoir rencontré, Madame. ».

    Quand j’ai raconté tout cela à mon fils, qu’à chaque fois qu’il me laissait seule ce jour-là je me faisais courtiser, il a éclaté de rire avec sa réplique taquine habituelle : « Mais c’est l’jeu, ma pauv’Lucette ! ».

    Et au dîner, c’est Roberto notre chauffeur qui me faisait du gringue… beau gosse, avec son sourire taquin et ses clins d'oeil, il a l'âge de mon grand !!
    Mais là j’ai vite deviné que c’était mon Petitou qui l’avait envoyé pour me taquiner, hihi !




    Original publié le 29 avril 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1955.entry




    Le 29 Avril 2008, Béatrice a écrit:Eh ben cette Lucette, qu'elle aura !!!
    Le 30 Avril 2008, Lahaut a écrit:Jamais contentes les femmes ! lorsque elles ne sont pas abordées elles râlent !
    lorsqu'elles le sont elles râlent aussi !!! Alors que faire ?
    Leur mettre un feu multicolore sur leurs têtes ? Rouge: pas touche. Orange : ouvert à la discussion .Vert départ: immédiat pour l'hôtel

    Le 30 Avril 2008, Loun a écrit:Quel joli patio avec sa fontaine......
    j'irais bien là-bas prendre du repos...........
    bonne journée !


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Dim 7 Nov - 19:05

    Lucette nous raconte son premier voyage (4 et fin)



    Nous avons aussi découvert quelques-unes de ces grandes villes andalouses.

    Màlaga (Petitou insiste pour me dire que ce n’est pas le bon accent sur le a, mais tant pis, je n’ai que celui-là sur mon clavier !) la côtière, qui étend ses immeubles jusqu’au port et sur la plage, leur faisant cerner de toute part les quelques édifices remarquables de la ville, comme les arènes bien sûr, la cathédrale manchotte, les multiples églises, la mairie, la Banque d’Espagne ou les jolies maisons du « quartier anglais »…
    La vue du haut de la colline du Gibralfaro avec ses murailles et son alcazaba était bien jolie. Mais je regrette de n’avoir même pas aperçu le théâtre romain, de n’être pas entrée dans son musée Picasso, et de n’avoir pas visité l’Alcazaba en lui-même et ses jardins…


    Parce que, que ces palais fortifiés andalous, alcazabas et alcazars, sont beaux ! Ha l’architecture andalouse aux influences maures, cet art mudéjar, est magnifique ! Je ne m’en lasserai pas !

    C’est à Grenade que nous avons pu le plus l’apprécier, en passant pas moins de 3 heures au cœur de son Alhambra et de ses jardins du Generalife.

    Hmm, quel bonheur que ces salles du Palais Nasride ! Avec leurs murs, portes, colonnes, poutres, plafonds, coupoles, de bois, de pierre ou de stuc, tapissés de mosaïques de faïences, délicatement sculptés, gravés, peints ou couverts de feuilles d’or en arabesques de tous genres aux motifs végétaux, géométriques, ou calligraphiques…
    Quel travail minutieux et fastidieux tout cela a-t-il demandé à ces artistes, pour sculpter patiemment avec une telle perfection dans la régularité des dessins répétés des milliards de fois ! De véritables dentelles de pierre !
    Quel plaisir des yeux ! Quelle émotion !
    Quel bonheur aussi que ces patios ombragés et agrémentés de fontaines, que ces jardins fleuris ou non, tout aussi rafraîchissants.
    Heureusement que les chrétiens n’ont pas tout détruit après leur expulsion des Maures du territoire espagnol.

    Nous y serions bien resté plus longtemps à Grenade. Parce que nous n’avons vu la ville que d’en haut et il me semble qu’il doit être très agréable d’arpenter ses rues étroites aux maisons blanches de l’Albaicin (au diable les accents espagnols !) ou ses autres quartiers andalous, de visiter sa majestueuse cathédrale, faire le tour de ses églises, monastères, jardins et autres merveilles dominées par la Sierra Nevada…

    En fait, la seule ville dont nous avons bien profité au cours de ce voyage, mais pas encore assez à mon goût, c’est Séville.
    Une belle journée à faire très rapidement le tour des édifices résiduels de l’Exposition Ibéro-Américaine de 1929 et notamment l’exceptionnelle Plaza d’España, à déambuler dans les rues de son centre et particulièrement de son quartier Santa Cruz, et du côté de ses arènes, du fleuve Guadalquivir, de la Puerta de Jérez… A explorer son exceptionnelle cathédrale qui comme beaucoup possède un célèbre clocher, la Giralda, basé sur le minaret originel… Là encore, j’ai été stupéfaite, admirative et émue devant les merveilles de l’Alcazar sévillan, toujours trop rapidement visité.


    Une bien belle journée de visite à Séville, oui. Mais toujours trop courte, sans même avoir le temps de profiter de tous ses magnifiques jardins qui pourtant nous tentaient avec leurs promesses d’ombres fraîches…

    Il y a autre chose qui m’a surprise et impressionnée dans toutes ces villes. Ce sont les vieux quartiers. En fait, c’est plutôt l’absence de différence architecturale entre les vieux quartiers et les quartiers d’habitation plus modernes. Ça, c’était exotique, ces vieilles-villes tellement différentes des nôtres en France. Pas de vieux murs de pierre qui diffèrent des maisons récentes, juste ces hautes façades blanches aux fenêtres grillagées...

    Et puis il y avait tous ces arbres magnifiques et exotiques que je n’avais encore jamais vus en vrai. Ces millions d’orangers et d’oliviers, les milliers de palmiers, partout les arbres de Judée flamboyants de fleurs, et les eucalyptus odorants… Que c’était beau !

    Oui, de bien belles villes andalouses, de biens beaux souvenirs de ce voyage…

    Ha ! Et cette fameuse photo du catalogue de l'agence ! Si belle avec ses azulejos, qui me faisait tellement rêver avant de partir.

    Durant tout le séjour j’ai attendu de me retrouver devant cette merveille, j’ai guetté, j’ai espéré… jusqu’à demander à Lucile le dernier jour. En fait, cette photo correspond à un détail et un angle de vue bien particulier sur la Plaza d’España à Séville. Avec le temps gris de ce matin là et notre peu de temps pour apprécier cette place, je n’avais même pas fait le lien !! Petitou mon architecte photographe, avec son oeil perspicace, si. J’aurais dû le lui demander…

    Quel beau voyage c'était l'Andalousie !

    J'ai hâte de repartir découvrir d'autres pays.
    Avec Janie et Babeth, cela va être super.
    Elles m'ont proposé de les accompagner en croisière sur les îles grecques la prochaine fois. J'ai hâte !
    Mon Petitou m'a dit avec un clin d'oeil : "Mamita, grande voyageuse tu vas devenir, c'est sûr ! La digne mère de son fiston..."
    Il est tellement bien, mon Petitou... Pourquoi ne trouve-t-il pas une gentille petite femme ?

    (j'ai soufflé à l'oreille de Lucette de contacter une certaine Béatrice pour qu'elle s'occupe des amours de son fiston)



    Original publié le 3 mai 2008 par Wapiti au Livistan : peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!2016.entry




    Le 3 Mai 2008, Loun a écrit:de belles descriptions et de belles images
    Le 3 Mai 2008, Lahaut a écrit:Voir toutes ces merveilles et ne rester que quelques heures à chaque fois !!
    Lucette ne regrette t'elle pas de ne pas avoir pris 7 jours de plus pour bien en profiter ?
    Le 3 Mai 2008, Lutine a écrit:Pour Lucette : http://www.lexilogos.com/clavier/espanol.htm
    Beau voyage, mais dans ces conditions, on reste sur sa faim. Dommage.
    Peut-être que Wapati y retournera avec Wapata ?
    Bon dimanche.
    Le 4 Mai 2008, Beatrice a écrit:Non non Wapiti, Yann il est à toi tu te débrouilles !!! des histoires d'amour j'en ai déjà quelques-unes à gérer : Marcel et Paulette, Robert et Anny, François et Mélissandre, je vais finir par m'embrouiller. Il faut une écriture neuve par rapport à ça. J'essaie à chaque fois de donner des caractères et points de vue différents sur le sujet à chacun des personnages mais c'est raide, je suis pas une vraie écrivaine. Allez, emmène-le, je sais pas... par exemple en Afrique et là il rencontre l'aventurière de ses rêves : Colombine ou encore Agathe qui pour l'instant est encore à Calcutta mais elle peut finalement être partie en Afrique faire de l'humanitaire. Y'au aussi Sophie à caser, elle s'est barrée de Chine ne l'oublions pas.
    Le 4 Mai 2008, Lahaut a écrit:Et Anne à son retour des Philippines ? Cela pourrait faire Yanne !!!!
    Le 4 Mai 2008, Wapiti a écrit: Bin avec moi, le pauvre Yann, il risque bien de rester vieux garçon très longtemps !!!
    Je n'ai aucune capacité d'imagination pour une histoire d'amour ! Mais alors, aucune !
    Il me manque sûrement un peu (beaucoup) de vécu pour cela...

    Et Renaud, n'imagine même pas un instant mettre ton Anne(^-sse) dans les bras de notre si beau, intelligent et sensible Yann !!
    Tu fais ça, je te supprime ton texte dans l'instant, et te boutte hors du Livistan ! Non mais !
    Tu peux toujours créer un richissime β tombé sous le charme extérieur de ton Anne (si ! si ! malheureusement, ça existe !), là je n'aurais rien à redire. ;-P

    Colombine... entre parapente à Annecy et départ pour le Pérou... elle me semble suffisamment perdue pour ne pas lui mettre un homme sur sa route pour l'instant.
    Agathe aussi est perdue quelque part en Inde, où il y a bien assez à faire en matière humanitaire avant de penser à aller en Afrique...
    Sophie, Yann la connaît, et pour rien au monde il ne veut s'embarrasser d'une des copines parisiennes, trop superficielles pour lui.

    Moi j'vous l'dis, si quelqu'un ne s'occupe pas de lui et que vous me le laissez, il va finir seul le Petitou !
    Le 4 Mai 2008, Béatrice a écrit:Renaud, je me disais aussi que Wapiti ne serait jamais d'accord. Pis Yann il a la quarantaine et effectivement, il est suffisamment intelligent pour ne pas se laisser tourner la tête par une paire de jambes jeunes, sans poil et sans cellulite !!! Donc impossible, à part si c'est toi qui t'en occupe, ça me plairait assez je dois dire .... euh si je t'encourage Wapiti va me virer aussi, faut que je fasse gaffe.
    Wapiti, pas besoin de vécu, faut juste que t'imagines comment tu aimerais vivre une histoire d'amour avec un gars et tu le retranscris. L'histoire François et Mélissandre, c'est un peu mon fantasme ... Marcel et Paulette, c'est un peu mon père et ma mère, des oncles et des tantes et d'autres gens que je connais. Robert et Anny c'est un peu de moi plus jeune, un peu de n'importe quoi et un peu de tout le monde et tout ça c'est un peu de Roméo et Juliette (lequel je vais faire mourir en premier ah ah ah !), un peu de Ron et Hermione (Harry Potter), de Brad Pitt et Angelina Jolie (non je déconne), de Robert Bidochon et sa femme, de Vanessa Paradis et son pirate des caraïbes (j'ai oublié son nom), de Lahaut et ... et .... euuuuuhhhhh
    Bon allez je retourne à Harry Potter encore 300 pages à lire
    Le 4 Mai 2008, Lahaut a écrit:Dommage car Anne aurait pu plaire à Yann (une fille si charmante et gentille pas très futée certes mais très bien ....) mais bon ....!(pas envie d'être expulsé du Livistan !!)

    Beatrice Tu lis Harry Potter ? moi qui pensait que tu lisais Proust, Rimbault ou Balzac !!
    Pour terminer ta phrase, juste en dessous, tu supprimes Brad Pitt et tu mets Lahaut à la place !!


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par mamina le Dim 7 Nov - 23:09

    Je suis certaine que Lucette a été très heureuse, accompagnée de ses petitouts, pendant ces voyages....

    Et les petitouts le sont encore plus aujourd'hui... quels beaux souvenirs !

    bisou
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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par LaMémoire le Sam 5 Mar - 19:02


    Une croisière en Méditerranée

    Avec Janie et Babeth, Lucette découvre l’univers de la croisière.
    Ho, pas la croisière grand luxe telle qu’on la voit dans les films américains et telle qu’on l’idéalise tous !
    Non, une croisière « économique », à la portée de leurs bourses de retraitées non cadres...
    Il s’agit bien d’un gros navire aux multiples ponts, avec deux restaurants, deux bars, des salons, une salle de spectacle, un centre de bien-être (sauna, soins esthétiques, massages…), une piscine…
    Oui, une piscine de 4 mètre sur 5, coincée entre quelques basiques chaises longues de plastique autrefois blanc et la grosse cheminée qui crache en permanence sa fumée noire dans le grondement assourdissant du moteur. Bref, en guise de piscine, une pataugeoire à gamins à occuper pendant les traversées.
    Heureusement, au cours de cette croisière, rares ont été les moments désœuvrés à occuper. Et heureusement, parce qu’entre les ponts extérieurs et passerelles enfumées, bruyantes ou ventées, les couloirs et salles intérieures trop fraîches du souffle climatisé, et la minuscule cabine borgne, il n’y avait que peu d’espaces où passer d’agréables heures à naviguer.
    Parlons-en de cette cabine : dans les 10 ou 12 m² pour trois personnes, y compris la salle d’eau. De nos trois voyageuses, Lucette étant la plus alerte, c’est elle qui devait grimper chaque soir dans la couchette du haut. Pas de descente nocturne envisageable, il a fallu discipliner le corps durant ces 10 jours.


    10 jours d’émerveillement devant les beautés de la Mer Méditerranée orientale, des Cyclades grecques et autres escapades en Turquie.
    Une navigation essentiellement nocturne, une ou deux escales en journée pour partir à la découverte de ces joyaux dont recèlent ces îles et villes.

    Il y aura eu aussi de franches parties de rigolade entre copines.
    Comme cette séance de sensibilisation aux consignes de sécurité à bord, le bateau étant encore à quai au port du Pirée. Qu’elles se sont trouvées mignonnes engoncées dans leurs gilets oranges aux bandes fluos !
    Très drôle aussi cette montée épique, et la descente encore plus impressionnante, à dos d’âne vers Santorin. Ou quand l’angoisse est évacuée par le rire…
    Comique la séance de photos sur les toilettes grecques d’Ephèse… Fous rires garantis lors des soirées photos ultérieures…
    Et ce fameux jour où Babeth a été victime du « mal de terre » et n’avait aucun équilibre, titubant des heures durant dans les rues de Rhodes. On l’aurait crue saoule ! Avec leurs fous rires en plus, nul doute que les passants devaient le penser ainsi !
    Ou encore ce cours de danse pour apprendre le sirtaki sur ce pont minuscule, entre deux bastingage, avec une monitrice ne parlant pas un mot de français… Quelles mauvaises élèves elles ont été !

    En parlant de français...
    Ils n’étaient qu’une quinzaine parmi les 500 passagers, anglophones et germanophones pour leur très grande majorité, avec quelques groupes d’Italiens et Espagnols plus conséquents que leur petit comité de franchouillards, qui se sont vite reconnus, retrouvés, rassemblés, pour former comme une grande famille. Il y avait nos trois « Mamies », un couple avec leurs deux enfants (8 et 11 ans), un autre jeune couple en voyage de noce, et six copines pas encore trentenaires.
    Les trois Mamies avaient bien vite appris à se reposer sur la gentillesse des jeunes femmes pour obtenir en français toutes les explications nécessaires à la vie à bord et aux escales. Parce qu’aucun membre du personnel n’était francophone, à l’exception d’une hôtesse d’accueil difficilement trouvable, et seules existaient quelques rares affiches et dépliants offrant une traduction parfois très aléatoire et énigmatique. Aucun message au micro n’était passé en français, et le réveil le matin s’effectuait au doux (!) son du « Kalimera … » suivi d’un « Hello… » puis « Guten Tag… »... rien de très tendre à l'oreille !
    Heureusement qu’un guide francophone était toujours assuré pour les visites des escales...

    Malgré tout cela, Lucette est revenue enchantée de cette croisière. C’était encore plus dépaysant que son premier voyage en Andalousie. Tellement différent.




    Original publié par Wapiti le 29 mai 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!2284.entry
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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Sam 7 Mai - 22:03

    Un petit essai : voici un lien vers l'album photos des voyages de Lucette -> album de Lucette
    Pouvez-vous le visionner ?


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par fabizan le Sam 7 Mai - 23:43

    En ce qui me concerne tout va bien, j'ai pu voir les photos


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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Dim 12 Mai - 14:25

    Vous vous souvenez de moi ? Je m’appelle Lucette. Je suis la maman de Yann, mon Petitou, un grand voyageur. Nous avons déjà fait connaissance lors de mon premier voyage, en Andalousie, souvenez-vous… J’étais alors une « voyageuse senior débutante »

    Depuis ce premier voyage avec mon Petitou, j’ai eu l’occasion de voyager un peu avec mes deux copines Janie et Babeth.

    Mais c’est d’un autre voyage que je voudrais vous causer aujourd’hui. Sans Janie et Babeth qui avaient déjà, il y a une quinzaine d’années, avant que je les connaisse, visité ces pays, et sans Petitou qui vogue à ses propres occupations et promenades -heureusement à son âge !-.
    Mais comment ai-je pu partir seule vous demandez-vous sûrement ?
    En fait, je n’étais pas seule, et pas en compagnie complètement inconnue. C’est l’histoire d’une opportunité que je ne pouvais pas ne pas saisir. Mon Petitou a bien essayé de me dissuader d’aller dans ces pays là, mais la proposition était trop alléchante, le circuit avait l’air tellement bien organisé et sécurisé par ces personnes en qui j’ai totalement confiance, et j’avais tellement rêvé depuis mon enfance à voyager dans cette région si puissamment spirituelle…

    « Sur les traces de Moïse, du Caire à Jérusalem »


    Ainsi les Pères avaient appelé ce voyage. Un pèlerinage, certes, mais à vocation plus largement ouverte, culturelle et historique.

    Vrai, je suis une catholique pratiquante depuis mon enfance.
    Vous savez, dans nos village, dans ma jeunesse, nous n’avions pas le choix (et pas idée qu’il en soit autrement) : nous étions tous baptisés, catéchisés, fervents croyants et fervents pratiquants, avec cette vie rythmée par les messes dominicales, les processions, les grandes célébrations… Même les travaux de plantations, de récoltes et autres étaient cadencées par le calendrier religieux. Adolescente et jeune adulte, je participais activement au MRJC, le Mouvement Rural des Jeunesses Chrétiennes, et j’avoue m’être ainsi construit plein de souvenirs, et accessoirement avoir rencontré mon défunt mari. Quand mes enfants étaient en âge, j’ai même pendant plusieurs décennies participé activement au catéchisme de cette jeunesse…
    Avec la modernité, l’évolution de la société et celle de ma vie, tout simplement, je vais vous avouer que je suis depuis bien longtemps beaucoup moins assidue à l’église et bien plus critique vis-à-vis des rituels religieux. Je n’ai rien d’une « grenouille de bénitier » comme on dit ! Mais j’apprécie toujours de regarder la messe télévisée le dimanche et ne manquerais pour rien au monde les célébrations importantes comme la Messe de Minuit de Noël (qui n’est plus jamais à minuit d’ailleurs), les Rameaux, Pâques bien sûr, l’Ascension, la Pentecôte ou l’Assomption… Et je dois avouer qu’il m’arrive de temps à autre, en rentrant des courses, de m’arrêter pour prier quelques instants dans la petite église coquette et simple qui m’a vue grandir, d’allumer un cierge pour en appeler à la protection et au bonheur de mes enfants, ou de mon amie depuis si longtemps en lutte contre cette maudite maladie qui fait des ravages…
    Non, je ne suis pas bigote, loin de là ! Mais c’est évident que la religion est une compagne importante de ma vie… maintenant peut-être plus par la sécurité de l’habitude et de la routine que par véritable foi profonde, mais qu’importe. Il est passé depuis bien long le temps où l’idée d’un pèlerinage en Terre Sainte m’aurait fait bondir de joie et courir d’envie. La proposition aurait plutôt tendance à me faire sourire (là où elle fait grimacer mon Petitou) avec la pensée qu’il y aurait encore des gens assez ‘embrigadés’ pour partir ainsi en pèlerinage…
    Et pourtant, je me suis laissée ‘embrigader’ dans celui-ci de "pèlerinage".



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    Re: Les voyages de Lucette

    Message par Wapiti le Lun 13 Mai - 13:04

    Il faut dire que je les connais bien les Pères Claude et David qui l’organisaient, ce pèlerinage.

    Le Père Claude, qui officie depuis quelques années dans notre paroisse, est plutôt jeune -ce qui est relativement rare en ces temps-ci !- et très dynamique, très investi auprès de la jeunesse. Son discours est, comment pourrais-je dire… plutôt… libéral, c’est ça : libéral. Il me semble qu’il a intégré les évolutions de la société dans sa réflexion et ses pratiques, et cela me plait bien. Il passe très bien auprès des jeunes.
    Pas plus haut que moi, avec sa bouille ronde et souriante, ses chevaux de jais en pagaille, ses yeux noisettes qui brillent de joie et de foi derrière ses petites lunettes rondes, son énergie permanente qui se disperse souvent dans de grands gestes, son bagou loin de ce que l’on imagine d’un membre du clergé, il a su me convaincre de prendre cette place qui restait, d’accompagner ce petit groupe de jeunes de la paroisse, en pèlerinage « sur les traces de Moïse...».

    Quant au Père David, il n’est pas de la région, je crois qu’il officie plutôt du côté de la Suisse, par là-bas en tout cas. Mais c’est un grand ami du Père Claude, et il connaissait très bien aussi le Père Jean-Marie qui était là du temps où mes petiots étaient encore catéchisés, et il est déjà venu à plusieurs reprises participer à des célébrations, des retraites et autres journées de réflexions. Je ne peux plus dire le titre exact porté par le Père David, mais c’est un membre actif de l’église catholique pour le rapprochement des religions. J’ai toujours trouvé son discours extraordinaire, très savant et documenté et en même temps accessible et compréhensible, remarquable de tolérance envers les Juifs, les Musulmans mais aussi tous les autres, croyants ou non, et tellement humain…
    Bien plus âgé que le Père Claude, le Père David est tout son contraire : grand mais déjà bien voûté, aux cheveux blancs de plus en plus rares, au visage marqué de rides profondes, son regard bleu acier très franc captive et son calme permanent, ses longs silences, ses mots pesés et calmement posés pèsent lourd. Il avait énormément de charme dans sa jeunesse, et il a souvent fait dire à ma voisine : "c'est gâché, ça au Séminaire, mon Dieu, c'est gâché !"
    Quand le Père David a spécifié que ce « pèlerinage » était à placer sous le signe de la relativisation des « faits de foi » et de la recherche de la compréhension de ce qui rapproche les trois principales religions d’Abraham et des contraintes historiques, politiques, économiques et sociales qui pèsent sur cette région du Moyen-Orient, je n’ai plus eu d’hésitations : avec lui, je savais qu’il n’y aurait pas de bigoterie, pas de foi aveugle, pas de rituels abscons à suivre, mais juste une montagne de choses à apprendre et découvrir. Et j’aime gravir ces montagnes là.

    Alors, voilà, j’ai accepté de participer à ce voyage, en compagnie d’une quinzaine de jeunes adultes de la paroisse, oscillants entre 25 et 35 ans, et quelques vieilles branches comme moi, à la septante approchante ou dépassée. Avec les deux prêtres, l’effectif se montait donc à 20 personnes.

    Mon Petitou, il n’était pas réjoui à l’idée de me voir partir là-bas, en Égypte et en Israël. Ho, pas tant pour des raisons de sécurité et de risques pour ma santé, mais surtout pour des raisons « politiques » comme il dit.
    Il a bien essayé de m’en dissuader, en tout cas, en m’expliquant qu’il trouvait bien dommage qu’il se trouve encore des personnes prêtes à faire du tourisme là-bas, à donner donc de l’argent à un pays qui bafoue à ce point les droits de l’Homme, qui ne fait rien pour que la situation s’apaise dans la région mais au contraire met tout en œuvre pour écraser, détruire, effacer un peuple qui était là en même temps que lui, a légitimement les mêmes droits d’héritage spirituels et économiques sur ces terres qui leur ont été transmises par des ancêtres communs…
    Il m’a dit des choses graves, très dures, mon Petitou… Allant même jusqu’à formuler qu’Israël est en train de faire aux Palestiniens la même chose, même si plus diffuse dans le temps, que ce que les Nazis leur ont fait subir pendant la Shoah : les mises à l’index, les persécutions, l’expropriation, la ghettoïsation, la mort économique puis culturelle et physique par la privation de ressources, de nourriture et d’eau… Il dit qu’Israël est l’élément perturbateur dans cette région, au centre du conflit de l’eau, du conflit sur les terres, du conflit religieux, du conflit politique et que les orthodoxes ou radicaux juifs ne sont pas plus dignes de confiance et moins à craindre que les fanatiques islamistes… Il ne dit pas qu’on n’aurait jamais dû créer un État d’Israël, non, il trouve que c’est même légitime ; il dit juste que cela a été mal fait au départ et que rien n’a été fait jusqu’à maintenant pour trouver une solution sereine au conflit, un compromis stable qui satisfasse tout le monde. Les Israéliens ont certes le droit à un État, une terre, un pays, une vie en paix ; les Palestiniens aussi, qu’il dit, ont droit à leur terre, à de l’eau, au progrès économique, à une vie sereine et en paix avec leurs voisins… Il faudrait juste que les Israéliens arrêtent d’étendre leurs colonies en territoires occupés en spoliant les Palestiniens propriétaires des terres, qu’ils arrêtent d’édifier ce mur de la haine, qu’ils arrêtent de pomper toute l’eau de la région pour leurs intérêts purement économiques, au détriment des autres États et populations locales, et surtout de l’environnement et des générations futures…
    Bref, il m’a dit tellement de choses, mon Petitou sur le sujet, qu’il en était tellement énervé !

    Et le pire, c’est que pendant ce voyage, j’ai pu constater, de mes yeux ou à travers les propos du Père David, à quel point il avait raison sur beaucoup de points… Et il est vrai que quelque part, au fond de moi, je regrette d’avoir jouée la touriste au profit de ce pays… Mais en même temps, j’ai appris tellement de choses, j’ai vu tellement de belles choses, j’ai vécu tant de beaux moments pendant ce voyage ! Et quand je vois comme la situation évolue dans ces pays, je me dis que j’ai été chanceuse de pouvoir faire ce voyage avant qu’il ne soit trop tard, que cela devienne impossible…



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    "Nous méritons toutes nos rencontres, elles sont accordées à notre destin et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." F. Mauriac

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    Re: Les voyages de Lucette

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