Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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    L'histoire de Marcel et Paulette

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    L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 20:24

    Paulette et Marcel sont apparus parmi les Étranges Voyageurs le 15 décembre 2007 sous la plume de Raoulx (c'est ici)

    Voici un rapide portrait dressé par Béatrice le 5 février 2008 au Livistan :
    Marcel : a passé 32 ans comme agent de maîtrise dans les établissements Duchemin - est en pré-retraite - fume - grand buveur de Ricard* (*à consommer avec modération) - bagarreur - marié - classé dans la catégorie "les voyageurs Marcel et Paulette"
    S'est acheté un camping car avec son indemnité - rêve de partir vivre au Maroc car ne supporte plus les français

    Paulette : Ex belle-mère de Mado - ex-guichetière à la SNCF - retraitée depuis quelque années - phobique des toilettes sales - incapable de vivre seule plus d'une journée


    Béatrice a conté quelques-unes de leurs pérégrinations en camping car...
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 20:30

    Acte I - ou le voyage au pays de la colère -

    Je crois que c'est Raoulx qui avait commencé l'histoire de Marcel et Paulette. Malheureusement il ne souhaitait pas embarquer sur ce nouveau vaisseau. Alors je vais essayer de m'y coller parce que ces deux personnages sont quand même attachants, ce sera mon style d'écriture, plus le sien, désolée pour les fans de Raoulx !!!. Pour Gautama, Jean-Paul, Vert de Coeur Guillaume, Carhibouline : vous retrouverez dans ce récit "Robert et Rosette" (version personnelle d'un conte traditionnel européen) que j'avais mis sur "Fille de la Forêt" il y a quelques temps mais ne vous inquiétez pas, ce sera quand même un peu différent.


    Paulette a failli prendre son téléphone une nouvelle fois pour se plaindre à Mado, son ex belle-fille mais finalement elle se ravise :
    - non, cette fois je vais essayer de me débrouiller toute seule, je vais pas encore l'embêter la pauvre gamine, avec le mioche qu'elle a dans le ventre en ce moment et qui lui colle des nausées à en donner le mal de mer à Christophe Colomb
    Elle se recoiffe, elle enfile son bel imperméable beige offert par son fils pour la fête des mères, elle vérifie qu'elle a bien son porte-monnaie dans son petit sac à mains et elle décide d'aller à pied jusqu'au commissariat histoire de reprendre des couleurs, pour récupérer Marcel qui doit être en train de cuver dans une cellule. Tout en cheminant elle pense qu'elle va retourner à la messe le dimanche, ça fait trop longtemps qu'elle l'a déserté suite à une crise de jalousie de Marcel, quand il avait constaté il y a 20 ans, la relation d'après lui adultère, qu'elle entretenait avec le bon dieu.
    Paulette a 70 ans. Cela fait environ 50 ans qu'elle est mariée avec Marcel. Elle aspire à un peu de tranquillité après au moins 30 ans de vie tumultueuse passée avec son homme. Cela fait 30 ans qu'inlassablement elle parcourt les rues du Creusot à sa recherche, dans tous les cafés de la ville, l'est pas bourguignon pour rien celui-là. En journée c'est facile, il a un bar fétiche mais le soir, ça devient un parcours infernal. Pourtant elle est vraiment inquiète aujourd'hui parce que c'est la première fois qu'elle doit aller le chercher au commissariat.
    Lorsqu'elle arrive au guichet, elle aperçoit Marcel menotté, ça lui fait vraiment un drôle d'effet.
    - Mon doux Jésus Marcel, mais qu'est-ce que t'as encore donc fait pour te retrouver dans un état pareil" ? (désolée mais j'ai un peu oublié toutes les expressions creusotines, ça fait trop longtemps que j'en suis partie)
    - Allez, sors donc tes sous de ton porte-monnaie, on causera d'ça plus tard.
    Elle doit payer 1500 euros de caution pour son homme. Elle en est verte de rage. Finies les vacances au Maroc avec leur camping-car presqu'encore neuf, pays qu'ils avaient tellement apprécié tous les deux aux dernières vacances. Ils s'étaient donné rendez-vous là-bas l'été prochain avec Monique et son mari, les bordelais rencontrés à Aljésiras à l'embarquement. Et ben pu rien, pffffft, envolées les vacances, condamnés à rester dans cette ville de vieux où il n'y a que brouillard, grisaille et cancanage. Paulette se dit que si elle avait 20 ans de moins, tiens, elle le quitterait son Marcel, ça n'a pas de bon sens de rester avec un homme pareil.

    A plus tard pour la suite - Bon après-midi à toutes et tous - Béatrice


    Original publié par Béatrice le 9 février 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!399.entry


    Wapiti le 9 Février 2008 a écrit:"A plus tard pour la suite"
    Pour sûr qu'on veut la suite !!
    Ne t'arrête pas en si bon chemin.
    ;-P
    Et j'espère bien que Marcel et Paulette trouveront quand même le moyen de partir en voyage... en France ou ailleurs.
    Carhibouline le 9 Février 2008 a écrit:Paulette c'est un conseil que je te donne... tu en as assez bavé comme ça! et même à soixante dix piges ... tu laisses ton Marcel se raffraichir les idées en prison et avec le pognon tu te casses retrouver tes potes au Maroc... au retour s'il te reste un peu d'argent il sera toujours temps d'aller le récupérer... n'oublies pas de nous envoyer des cartes postales...
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 20:38

    Marcel et Paulette, faut qu'ça change - ou le voyage au pays de la tourmente - Acte II -


    Ah que ça fait du bien au réveil de lire tous ces messages. Voilà, on avait juste besoin de quelques encouragements pour continuer, de savoir que vous êtes là. Hier soir je m'étais dit : ok, demain matin grand ménage mais suite à ce que je viens de lire, pfffft, envolée la grande décision, ça me fait plus marrer de m'attaquer à la suite de notre couple le plus ancien de la saga.


    - Mon doux Jésus, Marcel, alors, maintenant qu'on est sortis, tu vas peut-être m'expliquer pourquoi tu t'es amusé à tirer sur le chien de la fleuriste en sortant du PMU ? et d'où qu'elle sortait cette arme d'abord .?
    Marcel se sent mal, il voudrait être ... être ... être au Maroc tiens. Au moins là-bas quand il s'était fait arrêter par la police, sa bonne femme n'avait pas posé de questions. Elles en avaient même ri avec sa copine Monique. Mais quand même, 1500 euros c'est une belle somme et là il comprend que Paulette soit verte de rage, c'est pour ça qu'il se sent pris en faute comme un gamin et qu'il n'ose rien dire. Mais quand même, elle commence à l'énerver avec ses "mon doux Jésus par ci, mon doux Jésus par là", qu'est-ce qu'elle a donc en ce moment ? Et pis .... Arrrrggggh.... il sent mauvais à avoir passé la nuit dans cette géole. Dès qu'il ouvre la bouche, c'est pas l'odeur de l'eau de Cologne que porte sa femme qu'il sent, c'est l'odeur de ses toilettes une fois qu'il en est sorti. Elle aurait quand même pu penser à lui ramener une chemise propre. Marcher dans les rues du Creusot dans cet état, qu'est-ce qu'ils vont tous penser s'il y en a qui le voit comme ça ?

    Quelques jours plus tard, Marcel monte voir ses copains au "bar des amis", sur la place du marché pour boire le p'tit ballon de rouge (du Bourgogne s'il vous plaît) qu'ils ont l'habitude de déguster avant de s'éclipser pour aller souper. Il salue à peine ses copains et tout juste assis à sa place habituelle côté gauche de la porte des toilettes et vue sur le guichet tabac où il peu matter les belles jambes qui passent en été, il leur dit :
    - vous savez les gars, ma bonne femme, la Marcelle, vous la connaissez tous hein ? une perle. En 50 ans de mariage, rien à dire. Le matin je m'lève, le café fumant qui m'attend sur la table et qui demande qu'à être bu, mes habits de la journée propres repassés déposés sur la chaise, une perle j'vous dis. Oui, mais voilà, depuis quelques temps ma bonne femme, j'ai l'impression qu'elle divague tout bonnement. Figurez-vous que le matin elle se lève, elle enfile ses pantoufles, comme d'habitude, mais ce qui change par rapport à d'habitude, c'est que là je l'entends dire .... "mon doux Jésus". J'ouvre un oeil, histoire de voir ce qui se passe et là, je la vois qui fait son signe de la croix. Une fois ... deux fois ... trois fois . Elle traverse la chambre, elle se retourne sur moi, "mon doux Jésus". Et là, les gars, ben là moi j'ai peur parce que je me demande si c'est pas le diable qu'est caché derrière moi. Pis attendez, c'est pas tout. Elle file dans sa cuisine, j'entends l'eau du robinet qui coule dans la bouilloire pour faire le café et tout à coup ... patatrac ... et là les gars, ben là je m'lève parce que de toute façon y'a pu moyen de dormir dans cette maison. Et quand j'arrive, je la vois ma bonne femme à quatre pattes en train d'éponger toute l'eau qu'elle a renversé et à faire son signe de la croix une fois ... deux fois ... trois fois. Et pendant ce temps, ben pendant ce temps là, c'est le café qui s'fait pas.
    La journée vous m'connaissez, je suis dans mon jardin en train de bêcher, râtisser, planter (ricanements des copains qui savent que la plupart du temps Marcel, la seule chose qu'il râtisse, ce sont les bars de la ville). Vous croyez que j'pourrais avoir la paix ? ben non ... parce que du fond de sa cuisine je l'entends qui dit : "mon doux Jésus, mon doux Jésus". J'me r'tourne de temps en temps histoire de voir c'qu'elle fait ... une fois ... deux fois ... trois fois. Et pendant ce temps, ben pendant ce temps là, c'est l'ménage qui s'fait pas. Vous voyez les gars ma bonne femme, elle est en train de me rendre complètement gaga.
    Là, le Roger se gratte la barbe, le Jean hoche la tête et l'André lui dit :
    - tu vois Marcel, moi j'ai beau avoir l'âge que j'ai, les histoires des bonnes femmes, toujours rien compris
    - Ah ouè les gars, c'est comme ça, c'est à ça que ça sert les copains ? ben merci bien pour votre soutien.
    Et Marcel, sans même avoir terminé le p'tit ballon de rouge se lève avec la colère qui lui sort par les trous de nez.
    - bonsoir la compagnie, bien le merci
    Le lendemain dans la chambre, il entend l'eau du robinet qui coule dans la bouilloire et quand ça fait "patatrac" ben là Marcel, il craque. D'un bond il se lève, il file dans la cuisine et devant sa bonne femme à quatre pattes il lui dit :
    - Paulette faut que je te parle. Tu vois pas que j'en ai marre avec mon doux Jésus par ci, mon doux Jésus par là et que j'te fais le signe de la croix une fois, deux fois, trois fois. Tu vois pas qu't'es en train de me rendre complètement gaga ?
    - Mon doux Jésus Marcel, mais pourquoi est-ce que tu m'parles comme ça ?
    Et là voilà qui r'met ça, qui fait son signe de la croix et elle se met à pleurer en plus.
    Là, Marcel il voit bien que de toute façon elle va pas s'arrêter comme ça alors ... alors il décide qu'il va plus lui parler, ce sera bien fait.


    Allez, j'm'en vais faire un brin de ménage moi, bon appétit à toutes et tous


    Original publié par Béatrice le 10 février 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!449.entry


    Carhibouline, le 10 Février 2008 a écrit:Seigneur Jésus, Marie , Joseph..... si on ne peux plus prier tranquille !!!!!
    Béatrice, le 10 Février 2008 a écrit:rires ... c'est exactement ce que disait tout le temps ma mère, je ne m'en souvenais plus !
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 20:44


    Marcel a LA solution - ou le voyage au pays des amants retrouvés - Acte III -

    Décidément, aujourd'hui aura été une vraiment très bonne journée, tout le monde a une solution :
    - Marcel en a une pour retrouver avec Paulette ce goût de tendresse de leurs débuts
    - Joe Bennet en a une pour que les gars puissent larguer les filles le jour de la St Valentin
    - j'en ai trouvé une pour que Fabizan retrouve les parfums de l'enfance le temps d'une vidéo (gros bisous Fabizan)
    Aaaahhh ... je vous le dis, que du bonheur, quelle belle journée en vérité !



    Marcel est allé à l'adresse que lui avait indiqué son copain l'André mais rien, pas de Mistoufle, envolée la chouette, plus personne à l'adresse. Il a frappé chez un voisin pour se renseigner :
    - Pardon m'sieur, y'aurait pas une dame Mistoufle dans le coin ? on m'a dit qu'elle habitait juste là à côté d'vot' garage.
    - Ah, mais c'est qu'ça fait plus de dix ans quelle s'est envolée la bonne femme, d'où qu'vous sortez donc vous. Pis j'aime mieux vous dire qu'l'était pas bien fréquentable. Une bonne femme de son âge, vous pensez. Aller s'montrer dans les manifestations pour le droit à manger d'la viande même le vendredi ...
    - Mais c'est qu'on m'avait dit pourtant qu'elle arrêtait pas d'rabâcher : Seigneur-Jésus-Marie-Josephe, alors j'srais ben étonnée qu'on parle de la même ?
    - vous zêtes donc bedaud qu'vous vous intéressez à la religion de la Mistoufle ?
    Après moult palabres avec le voisin, Marcel, part boire son p'tit ballon d'rouge au Café des Amis comme chaque soir.

    Quand il rentre chez lui, il tient le coup. Il avait décidé qu'il ne lui parlerait plus à sa Paulette et c'est ce qu'il fait. Les jours passent, les semaines passent et plus le temps passe et plus le vieux, ça l'rend malheureux.
    - C'est vrai quoi, ça fait combien de temps qu'on est ensemble ? 50 ans, vingt dioux de vingt dioux, c'est pas maintenant qu'on va s'fâcher.
    La journée, quand il va dans son jardin, il se surprend même à arrêter ce qu'il fait. Et il compte Marcel.
    - tiens, c'est déjà la trentième fois qu'elle le dit son "Mon doux Jésus", tiens, mais c'est bizarre, on dirait qu'elle le dit plus comme avant. P't'être que ça la rend malheureuse elle aussi qu'on s'parle plus.
    Un soir, plutot que d'aller au café, Marcel sort dans son jardin, il s'en roule une petite et pendant qu'il fume, il réfléchit Marcel, il réfléchit.

    Le lendemain matin, il est le premier à se réveiller et c'est peut-être bien la première fois en cinquante ans de mariage que cela arrive. Il se tourne de son côté, il attend qu'elle se réveille et quand elle a ouvert les yeux il lui dit :
    - bonjour mon amour, tu as bien dormi mon coeur ? allez viens contre moi ma joie
    - Mon doux Jé ...
    Mais avant qu'elle ait eu le temps de finir sa phrase, Marcel l'attrape, il la prend dans ses bras. Un p'tit bisou par-ci, un p'tit bisou par là, leurs jambes s'emmêlent dans les draps ... et voilà. Et c'est tous les jours comme ça :
    - y'a pu d'papier dans les toilettes mon amour mon coeur ma joie. Tu vois pas qu't'as pas mis assez d'sel dans la soupe mon amour mon coeur ma joie.
    Même le dimanche, quand Paulette sort de l'église en trottinant avec son petit sac à main. En passant devant le café elle l'entend qui lui dit :
    - j'rentrerai pas trop tard mon amour mon coeur ma joie.
    Un dimanche, rien qu'à l'idée de ce qui va lui arriver en sortant, Paulette arrive pas à écouter le sermon de monsieur le curé. Elle réfléchit Paulette ... elle réfléchit.
    - faut qu'j'lui parle. Faut qu'j'lui dise que je commence à en avoir marre avec ses "mon amour mon coeur ma joie". Et passe-moi la télécommande mon amour mon coeur ma joie. Eteins la télé mon amour mon coeur ma joie. Et toutes les copines là le dimanche qui se fichent de moi quand elles l'entendent me parler comme ça.

    Quand elle sort de l'église en trottinant avec son pt'it sac à mains ce dimanche là, elle passe pas son chemin comme d'habitude, ah que non. elle s'arrête devant la porte et elle souffle un grand coup, puis elle pénètre dans le café et là quand Marcel la voit :
    - mon doux Jésus, Paulette !
    Elle se plante devant lui, les mains sur les hanches pour se donner du courage.
    - Marcel, faut qu'j'te parle. J'en ai marre à la fin avec tes "mon amour mon coeur ma joie, passe-moi l'beurre mon amour mon coeur ma joie, viens t'coucher mon amour mon coeur ma joie. Je vois bien que tu dis ça sans plaisir, juste pour te moquer de moi. T'as pas l'impression que ça finit par faire rangaine à la fin ?
    - Ah ouè ma bonne femme, tu trouves que ça fait rangaine toi. Et dis moi, lui, là-haut, à t'entendre l'appeler cent fois par jour "mon doux Jésus par-ci, mon doux Jésus par là" tu crois pas que ça finit par faire rangaine pour lui aussi des fois ?

    La Paulette là, elle sait pas quoi dire, elle en reste estébékwée. Et pour pas perdre la face, ben ma fois, elle tourne les talons et s'en va. Un grand silence se fait dans le café, ils attendent tous de voir ce qui va arriver. Marcel se lève, il la rejoint, il la prend par la main. Ils sortent dans la rue et là, tous les gens du café se ruent sur le pas de la porte.
    - eh, il est en train d'essayer de la prendre dans ses bras, mais ... elle se laisse pas faire, pas folle la guêpe.
    - ah tiens, on dirait qu'elle aime ça les p'tits bisous par-ci, les p'tits bisous par là parce que là, elle dit pu rien.
    Et l'André qui ajoute :
    - vous voyez les gars, j'ai beau avoir l'âge que j'ai, les histoires des bonnes femmes, j'y comprends toujours rien ... mais on dirait qu'elle est drôle la vie hein ? parce que pour arriver à se retrouver, elle nous en fait prendre parfois des drôles de chemins.
    Et voilà comment Marcel et Paulette on pu de nouveau, enfin, retrouver tout le meilleur de la vie à deux. Comme quoi des fois, ça vaut l'coup d'attendre peut-être ... mais j'ai bien dit "peut-être !


    Original publié par Béatrice le 12 février 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!539.entry

    Mamina, le 12 Février 2008 a écrit:Voilà une belle histoire pour la St Valentin ! c'est l'ambiance du moment qui te l'a inspirée Béa ? bises et merci...
    Béatrice, le 12 Février 2008 a écrit:C'est un conte traditionnel européen sur lequel j'avais travaillé. J'en avais fait une version personnelle (Robert et Rosette) et je trouvais que ma version collait bien avec les personnages de Marcel et Paulette, alors j'ai essayé de l'adapter un peu sur eux.
    Bisous de la bonne soirée Mamina, je me sens toujours heureuse quand tu passes par là
    Gitanita le 12 Février 2008 a écrit:Très jolie histoire!
    Finalement il s'en sort bien le Marcel!
    Espérons que Colombine suive le même chemin... (Tomas3 où est tu???? help!)
    Bonne nuit à tous...
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 20:49

    Marcel et Paulette - ou le voyage au pays des confidences au creux de l'oreiller - Acte IV-

    C'est une chambre immense de 8 m2 qui sent la lavande à cause des petits bouquets suspendus un peu partout et meublée d'un lit, d'une armoire trois portes avec miroir, d'un cosy et de deux tables de nuit, le tout en chêne acheté voilà bientôt 50 ans. Seul le matelas est changé tous les 7 ans, toujours un Epéda à ressorts retournable en fonction des saisons. C'est Marcel qui tient aux ressorts parce qu'il ne supporterait pas que Paulette continue tranquillement à dormir lorsqu'il se couche après elle. Là au moins, avec son poids, il est sûr que les grincements vont faire se retourner sa bonne femme qui chaque soir, réveillée par cet horrible bruit, inlassablement lui dit :
    "mais bon sang de bon soir Marcel, faudrait ti ben qu'un jour tu perdes du poids ou qu't'acceptes qu'on achète un aut'modèle".
    Marcel sait que ça lui manquerait si sa Paulette arrêtait de lui dire ça et il sait aussi que même s'ils achetaient un matelas sans ressort, elle se retournerait et elle continuerait à lui grogner la même phrase. Parce que Paulette, quand son homme n'est pas dans le lit à côté d'elle, ressorts ou pas, elle ne dort que d'un oeil.

    Mais ce soir, après avoir regardé la "star acc", Marcel décide de se coucher en même temps que sa femme. Allongés tous les deux dans le vieux lit en chêne sous les draps blanc en coton épais, il se colle contre Paulette pour réchauffer ses vieux os de vieux tout déglingué et il lui demande à voix basse :
    - dis ma Paulette, t'as déjà pensé à m'quitter en 50 ans de mariage ?
    - ben pourquoi donc que tu m'demandes ça mon Marcel ?
    - parce que j't'en ai fait voir de toutes les couleurs alors j'me dis que moi, si j'avais été une bonne femme, je serais jamais restée avec un gars comme moi
    - ouè mais tu vois mon Marcel, faut être un bonhomme pour penser des choses pareilles. P't'être que les jeunes de nos jours c'est c'qui font mais nous, les vieux de not'génération on aurait même pas pu l'imaginer. C'est vrai que tu m'en as fait voir, que j'ai pleuré bien des fois, que j'ai prié à en faire péter les oreilles du bon dieu pour que t'arrêtes de boire, qu'j'aurais voulu t'arracher les yeux d'me faire souffrir autant, mais on est là maintenant, les enfants sont grands, ils ont une bonne situation, nous on s'paye des vacances en camping-car. Alors, ça sert à quoi de r'venir sur tout ça ?
    -j'sais pas ma bonne vieille, j'voulais savoir, c'est tout
    - allez mon Marcel, souffle la bougie, passe une bonne nuit
    - bonne nuit ma Paulette. Tu sais ... j'te l'ai jamais dit mais j'te jure qu'c'est vrai ... je t'aime ma bonne femme, t'es la meilleure des bonnes femmes.


    Original publié par Béatrice le 15 février 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!579.entry


    Na Wak, le 15 Février 2008 a écrit:Quelle belle déclaration d'amour ! La plus belle, parce qu'en 50 ans d'âge............
    bon we !
    JiPi gautama, le 15 Février 2008 a écrit:Touchant
    Naly, le 15 Février 2008 a écrit:Comme d’habituuude !... " Allez mon Marcel, souffle la bougie " …excellent quel talent Béatrice !…
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 21:02


    V. La virée de Marcel et Paulette - sur la route -


    Marcel est en train de regarder la météo après le journal de 20 heures pendant que Paulette s'affaire à la cuisine.
    - Dis Paulette, on reprendrait pas le camping-car pour une petite virée ? c'est qu'il fait drôlement beau dans le sud, 20 degrés qu'ils annoncent. Ici y'a que d'la brouillasse tout le temps, ça me rend flagada à la fin. On pourrait partir demain qu'est-ce t'en penses ? Bruno et Lionel sont repartis, on est plus que tous les deux. T'as rien de prévu dis-moi ?
    - Oh Marcel, toujours à me prévenir du jour au lendemain. Et qu'est-ce que je vais faire de toute la nourriture qu'est dans le frigo moi ? J'ai fait les courses hier chez ède l'épicier, y'en a pour 15 jours
    - Bon déjà ça fait cent fois que je te dis qu'on dit pas ède mais E.D et en plus tes courses on va les mettre dans le frigo du camping-car. Qu'est-ce t'as donc ? avant t'étais toujours la première à vouloir partir. C'est qu'tu commences à vieillir ma bonne femme on dirait.
    - Bon bon, et on va où cette fois ? J'te préviens on part pas pour le Maroc demain hein.
    - Ben je pensais au sud de la France, dans le Languedoc-Roussillon. Tu sais c'était la Raymonde qui nous en avait parlé, paraît qu'y a des coins drôlement beaux par là-bas. Attends je l'appelle.
    Paulette s'empresse de passer un coup de chiffon dans le camping-car qu'a pas servi depuis l'été dernier puis elle remplit les valises. Marcel vérifie le moteur, les freins, les pneus, le niveau d'huile. Tout à l'air de fonctionner.

    Le lendemain à 6 heures, les voilà fin prêts. Autoroute jusqu'à Montpellier puis Lodève, petite ville charmante de 7500 habitants, avec sa cathédrale du 13e siècle.
    - Dis Marcel, là on traverse en camping-car mais faudra qu'on revienne hein, parce que j'ai lu dans le guide qu'y'a de bien belles choses à voir ici. Pis t'as vu, y'a la statue de la Sainte Vierge tout là-haut, faudra qu'on y aille. Mais tiens, arrête-toi donc là, y'a un magasin où ils vendent des pellardons, on a bien 5 minutes quand même.
    - Arggggghhh, y'a pas de place pour se garer, va falloir que je stationne en double-file. Pis j't'ai déjà dit qu'c'est à Lodève qu'on viendra faire les courses au Super U. J'avais demandé à la dame du gîte. Alors on y reviendra. T'es donc pressée pour acheter tes fromages.
    Paulette file au magasin puis ressort et remonte dans le camping-car.

    De là ils traversent le pont de la Lergue, roulent en centre-ville et prennent la nationale qui serpente à travers le col de la baraque qui culmine à 631 m. Ils arrivent de l'autre côté à Lunas, village de 650 habitants.
    - C'est qu'y z'en ont un beau château ici dis donc
    - Oui mais on ne pourra pas le visiter c'est un restaurant maintenant et c'est même pas la peine qu'on s'arrête pour regarder les prix. Au gîte y'a tout pour faire la cuisine ça ira bien.
    Les voilà qui commencent à grimper en direction de Briandes, petit hameau où vivent 4 familles. C'est là qu'ils ont réservé un gîte : chez Didier et Ina. La Raymonde leur avait dit que ce sont des gens tout ce qu'il y a de plus corrects qui ont une ferme pédagique, pégique, pégogique, enfin quelque chose comme ça et que c'est possible de traire les chèvres, d'acheter des fromages et des légumes frais et d'autres choses du même genre. Elle leur a signalé aussi qu'ils peuvent faire quelques jolies randonnées à pied mais eh oh, c'est qu'la Raymonde a pas le même âge. L'avait dit non le Marcel quand elle lui avait raconté ça. Ce sera en camping-car ou ce sera pas, un point c'est tout.

    Les voilà arrivés 528 kms plus tard et le dos en compote. Marcel a voulu faire la route d'une traite comme d'habitude. C'est-y pas sérieux à son âge. Paulette avait préparé des sandwichs et un thermos de café qu'ils ont avalé tout en roulant.

    Original publié par Béatrice le 5 avril 2008 : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1646.entry



    Wapiti le 5 Avril 2008 a écrit:Marcel et Paulette à Lodève... hmmmm!! tout un programme !
    On attend la suite avec impatience !
    ;-)
    Bisouilles
    Mamina le 5 Avril 2008 a écrit:OK pour visiter la région, y'a la petite scène de l'achat des pélardons que j'ai cru reconnaitre... filouse !
    Bisous
    Naly le 5 Avril 2008 a écrit:Bravo ma Béa, tu es la meilleure des écrivans, écriveuses, écriteuses…ah ah ah !!! Bizouilles...
    Lutine le 5 Avril 2008 a écrit:Chouette, on visite une région que je connais pas.
    Du moment qu'il y a de bonnes choses à manger, j'arrive.
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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 21:13


    Marcel et Paulette à Briandes - Acte VI -


    Marcel et Paulette on pris possession des lieux : la maison Sagne, c'est le nom du gîte que Didier et Ina leur ont alloué.
    - tu vois un peu ça Marcel comme ils ont bien su l'arranger cette maison ? 85 m2 pour nous deux, y'a tout ce qu'il faut et comme elle est douillette et confortable cette chambre avec vue sur la campagne. C'est qu'ils ont de l'or dans les mains ces deux là, ils ont tout restauré ensemble. J'ai l'impression de me retrouver dans la maison de mon enfance avec ces poutres au plafond, cette grande table lourde et ce silence tout autour de nous. Pis t'as remarqué quand on est descendu du camping-car, y'avait des milliers d'étoiles qui brillaient dans le ciel, ça faisait tellement longtemps qu'on avait pas pu voir un ciel pareil, je ne me souvenais pas que ça existait, c'était un vrai bonheur pour mes yeux et pour mon coeur. Tu vas rire mais je m'imaginais que je flottais et j'étais si bien.

    Le lendemain a 7 heures ils sortent du gîte pour prendre connaissance du hameau. Ils descendent la seule ruelle existante et partent sur la droite s'asseoir près de la fromagerie. Quelle vue extraordinaire sur les monts de l'Escandorgues. Ca leur fait tellement de bien après tous ces mois passés dans leur Creusot natal si gris. C'est vrai le Creusot ce n'est pas si gai, Paulette finit par se l'avouer devant cette beauté. Le jour est levé depuis peu, une légère brume recouvre encore le ciel qui donne à Paulette l'impression d'être projetée hors du temps. Toutes les maisons sont en vieilles pierres, solides comme des rocs. Il fait un peu frisquet mais c'est parce que Briandes est perché à 560 m d'altitude et quand il fait soleil à Lodève il peut neiger dans ce hameau.
    Ils aperçoivent Yves qui sort de chez lui pour aller s'occuper de son potager. Un énorme potager qui lui prend tout son temps pour que le château-restaurant de Lunas et les villageois puissent être pourvus en légumes frais.
    Voilà Ina qui descend la ruelle, elle va aller nourrir les animaux : poules, cochons, lapins, vaches, ânes, cheval, chèvres, moutons. Elle interpelle le vieux couple afin de leur faire visiter la ferme pédagogique. Paulette a sorti son seau de déchets. La veille, leurs hôtes leur avaient demandé de jeter toute la nourriture non utilisée dans un seau prévu à cet effet afin d'en nourrir le cochon. Les voilà devant le jardin d'Ina.
    - oh que c'est beau, quelle bonne idée vous avez eu de planter toutes ces fleurs au milieu de vos plans de tomates, cornichons, salades et tout le reste. C'et plein de couleurs, ça donne envie d'y passer la journée, allongée dans une chaise longue. Et ces grands tournesols magnifiques.
    Ina leur explique qu'elle donne les tournesols à manger aux lapins ainsi que les salades qui ont monté. Ils grignotent ce qu'ils aiment et le reste est ensuite jeté dans le tas de fumier. Elle a encore un autre jardin derrière dans lequel elle cultive d'autres légumes. Et puis il y a tous les fruits qu'ils peuvent ramasser selon les saisons : les noix, les noisettes, les cerises, les prunes, les mures avec lesquels elle confectionne des confitures.
    Ils arrivent dans l'étable où un cochon d'une taille impressionnante semble attendre avec impatience son petit-déjeuner. Puis Ina les invite à descendre faire la connaissance des autres animaux. Le cheval, les vaches, les ânes et les moutons ne sont pas là. La plupart du temps ils vaquent à leurs affaires sur le Pioch. Ina file ouvrir la porte de la maison des poules et les voilà toutes qui se précipitent dehors, coq en tête et poussins fermant la file. Elle remet de l'eau fraîche dans les écuelles et repassera un peu plus tard voir s'il y a des oeufs frais. Mais il est temps de traire Blanche. Ses pis sont gonflés de lait qui sera transformé en délicieux fromages sous 48 heures. Marcel veut s'y essayer.
    - J'étais garçon de ferme moi Madame Ina pendant la guerre, je faisais ça les yeux fermés à cette époque-là.
    Oui mais Blanche ne semble pas apprécier les méthodes de Marcel. Elle commence à replier ses pattes, bien décidée à empêcher le bougre d'aller plus loin. Mais Marcel sait parler aux chèvres. Sur un ton où aucune discussion n'est possible, il lui intime de se relever. La chèvre obéit et quand Marcel croit avoir gagné la partie, elle donne un méchant coup de pattes qui envoie le seau rempli de lait à moitié, valser sur le pantalon du bonhomme.
    Ina en souriant, elle a l'habitude, reprend les choses en main. Blanche en signe d'assentiment frotte sa tête contre son épaule. Ah oui, elle sait reconnaître ses maîtres, incontestablement.
    Marcel un peu vexé lui explique :
    - vous savez madame Ina, si vous n'aviez pas été là, j'aurais fini par y arriver.
    - Je n'en doute pas une seconde mais il est préférable que la traite ne dure pas trop longtemps. D'une part parce que plus on trait et plus il y a de lait, d'autre part parce que si ça dure, le lait est de mauvaise qualité. Nous avons eu en pension il y a quelques mois une jeune femme que j'avais prise en stop au Québec et qui a passé 3 mois ici avec nous. Elle s'y est essayée désespérément. Elle n'a jamais mis moins d'une demi-heure à traire Blanche alors que cette opération doit nécessiter au grand maximum 10 minutes.


    Ina & Didier - Gîtes de Briandes
    http://www.gitesdebriandes.fr


    Original publié par Béatrice le 6 avril 2008 : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1665.entry

    Lutine le 6 Avril 2008 a écrit:Après les vaches de Djamel, les biquettes d'Ina !!!
    On se ruralise de plus en plus ...
    Naly le 8 Avril 2008 a écrit:Bon diou ! ça c'est du voyage en terre profonde ma p'tite dame...
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    LaMémoire

    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 21:22

    Une matinée de vacances - Lodève - Acte VII -


    C'est toujours Paulette qui s'occupe du programme et dedans elle y a mis : visite de Lodève, de St Guilhem du Désert, de la Couvertoirade, le lac du Salagou et le cirque de Navacelles. Elle aimerait bien aussi aller faire un tour au temple boudhiste où elle a lu que des méditants font en ce moment une retraite de 3 ans, 3 mois et 3 jours. Ca ça l'épate. S'enfermer tout ce temps là pour prier, c'est un truc qu'elle ne s'imagine même pas faire. Vous pensez, laisser le Marcel se débrouiller tout seul pendant 3 ans ! Et ils ne sont pas si loin de la mer, Narbonne, Carcassonne ... ils pourraient quand même en profiter pour aller respirer l'air marin.
    - C'est bien joli Paulette mais on peut pas tout faire aujourd'hui alors où on va ?
    - oui t'as raison : bon on va à Lodève et ensuite euh ... attends je regarde la carte, oui voilà,. Bon ensuite on va à St Guilhem du Désert paraît que c'est un des plus beaux villages de France pis après on va visiter les grottes de Clamouse c'est juste à côté pis peut-être qu'on peut revenir par le lac du Salagou ou bien, mais attends, le temple boudhiste est presque sur la route de Lodève, on pourrait s'y arrêter ....
    - grrrrr je suis pas en vacances pour faire que de la route moi. Je voudrais bien trouver un bon ptit coin d'herbe où faire la sieste quand même. J'ai lu quelque part que c'est comme ça qu'ils font la danse du soleil là-bas dans les tribus du Livistan ! Figure-toi que grâce à leur sieste, le soleil se sent honoré et chasse les nuages pour continuer à briller.
    - pfffff, t'es donc naïf mon Marcel et t'en perds pas une pour rester allongé
    Lorsqu'ils arrivent à Lodève, Marcel gare le camping-car sur le parking en face de l'office du tourisme et ils se perdent, bras dessus, bras dessous dans les rues de cette petite ville.
    - mais regarde ça Paulette, c'est la première fois que je vois un sacrilège pareil. Un monument aux morts que ce sont même pas des soldats en statue mais des femmes et des enfants
    - c'est tellement émouvant Marcel. Pour une fois qu'un sculpteur a pensé à honorer la souffrance de toutes ces familles


    Ils continuent jusqu'au Palais Episcopal, cent fois remanié et abritant maintenant l'Hôtel de Ville. Marcel essaie de tirer le bras de Paulette lorsqu'il la voit attirée par la cathédrale comme une mouche sur du miel mais rien à faire, elle veut absolument y rentrer. Il l'attend dehors en fumant une cigarette. Ils repartent se perdre dans les petites rues moyen-âgeuses pour finir le long de la Lergue, gentille rivière qui s'écoule paisiblement dans cette bourgade.
    - Dis Marcel, il y a un excellent musée pas loin, le musée Fleury, tu voudrais pas qu'on s'y arrête un peu ?
    Mais Marcel a comme une odeur de café qui le titille alors tant pis pour le musée, faut qu'il boive sa petite tasse.
    - pfffff, tu t'intéresses jamais à rien, y'a que ton estomac et ton lit qui comptent dans la vie
    Il s'arrêtent à la terrasse d'un restaurant puis retournent au camping-car, direction St Guilhem du Désert. Trouver un bon p'tit coin d'ombre au bord des gorges de l'Hérault où tendre la nappe, c'est la première mission que se fixe Marcel lorsqu'ils seront arrivés. C'est que c'est bientôt midi et son estomac commence à s'exprimer à haute voix à tel point que cela en devient gênant.


    Original publié par Béatrice le 6 avril 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1685.entry


    Wapiti le 6 Avril 2008 a écrit:Hé ma Béa, te voilà bien inspirée depuis quelques jours !!
    C'est l'air haut-savoyard qui t'a donné toute cette énergie ? Ou un certain pâté ??...
    ;-P
    En tout cas, ne lâche pas le fil, je veux redécouvrir St Guilhem le Désert et le lac de Salagou sous ta plume... et découvrir tous ces autres coins que je n'ai pas encore arpentés...
    Bises
    Béatrice le 6 Avril 2008 a écrit:
    Ou peut-être un grand blond à la chaussure noire !!!!
    Mais c'est même pas drôle si tu connais déjà. Bon tu ne connaissais quand même pas les gîtes de Briandes ?????
    Wapiti le 6 Avril 2008 a écrit:Non non rassure-toi, je ne connais pas grand chose du coin.
    Je ne suis que très rapidement passée (en voiture) à St Guilhem, ait juste visité les grottes de Clamouse et fait une pause de 15 minutes au bord du lac de Salagou... Donc un grand besoin de revoir tout cela à travers ta plume !
    Et c'est l'occasion de récupérer de bonnes adresses pour une future virée par là-bas. ;-)
    Lutine, le 6 Avril 2008 a écrit:Voyager sans quitter ma maison bien chaude pendant qu'il neige à gros flocons, c'est un bon plan.
    St Guilhem, Salagou, Clamouse, ce sont des noms qui sentent bon la France.
    J'attends le suite .
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    LaMémoire

    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

    Message par LaMémoire le Ven 4 Mar - 21:35

    Paulette avait chargé son kodamatik - Acte VIII -




    St Guilhem du desert2
    - Tu vois Marcel, là je m'imaginerais bien tous les deux finir nos vieux jours
    qu'est-ce t'en dit ?
    - J'me dis qu'avec un nom pareil : Saint-Guilhem le Désert,
    j'aurais bien peur de finir ensablé !
    - Pffff toi et tes réflexions à la noix


    - C'est qu'on dirait bien un cimetière de phallus non mon Marcel ?
    c'est trop drôle
    - Pourquoi donc que ça te fait penser à ça ?
    T'en reconnais un de tes anciens amants là ?
    Attends voir, c'est que tu m'aurais pas tout dit.
    Je croyais que j'avais été le seul homme que t'ai connu
    - pfff, arrête donc avec ça
    mais n'empêche ... tu trouves pas qu'on dirait un cimetière de phallus ???!!!
    - Oh, tu te calmes, on est dans des grottes là. Ca s'appelle des stalagtites ignorante
    ou peut-être ben des stalagmites.
    Arrrgggghhh avec tes bêtises je suis tout perturbé !



    Original publié par Béatrice le 17 avril 2008 au Livistan : http://peuplevoyageur.spaces.live.com/blog/cns!D76DAB0F8562EBE1!1816.entry


    Lahaut le 18 Avril 2008 a écrit:C'est quoi donc un kodamatik ? et un phallus ?
    Naly le 18 Avril 2008 a écrit:Ils n'ont aucune imagination ces bonshommes ! Jolis les stalagbites ! Pff !! ok j'me sauve...
    Wapata le 18 Avril 2008 a écrit:et Lahaut demande à Wikipédia quand tu sais pas !! mince c'est vrai qu'il est au japon !!
    bon bin t'as plus qu'à regarder dans un bon vieux dico !!;) ;)
    superbes les photos Béa !! merci
    je suis de tout coeur avec toi Mamina :)
    pauvre Docteur Vincent, il a vraiment la poisse lui
    bon week end humide à tous
    Loun le 19 Avril 2008 a écrit:Un cimetière de phallus ???? ^^

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    Re: L'histoire de Marcel et Paulette

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