Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Invité le Dim 2 Oct - 12:40

Lilie a écrit: top !
Dis, Wap, pourquoi est-il gris ce glacier? les cendres volcaniques?
Lilie

Tu veux dire qu'il est de mauvais poêle ?
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fabizan

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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par fabizan le Dim 2 Oct - 14:03

C'est magnifique Wap et si rafraichissant d'admirer ces gros glaçons.


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Dim 2 Oct - 15:21

Lilie a écrit: Dis, Wap, pourquoi est-il gris ce glacier? les cendres volcaniques?
Lilie, faudra que tu viennes visiter "mes" glaciers des Alpes.
Un glacier, tout au moins au niveau de son bassin d'extrusion -donc de sa ou ses langue(s)-, ce n'est jamais blanc. C'est toujours sale, gris de roches, de graviers, de poussières arrachés à la montagne support et broyés, roulés, portés jusqu'en bas...
Il est évident qu'en Islande, en plus, des couches de cendres volcaniques ajoutent de la "saleté" à l'ensemble.

De fait, à ma connaissance, les deux langues glaciaires rencontrées en ce jour 10 ont également été victimes de l'irruption volcanique du Grimsvötn (sous le Vatnajökull) au printemps 2011. Et même s'il a plu depuis (beaucoup !), restent des traces...


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Lilie le Dim 2 Oct - 15:39

Serieux? Sont gris les glaciers par chez toi, Wap? Le seul que j'ai vu a ce jour, il etait bleu, bleu, et bleu!


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Dim 2 Oct - 15:56

Lilie a écrit:Serieux? Sont gris les glaciers par chez toi, Wap? Le seul que j'ai vu a ce jour, il etait bleu, bleu, et bleu!
Pour preuve : La Mer de Glace, au-dessus de Chamonix, au pied du Mont-Blanc, printemps 2006 ou 2007 :


Et juste pour revenir à l'Islande (et pour le fun), voilà ce que ça donnait sur l'embarcation qui serpentait au milieu des icebergs :



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lahaut

Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par lahaut le Dim 2 Oct - 19:21

Et sur l'embarcation n'y avait il pas un beau brun avec des yeux bleus ? car je crois qu'il y a baleine sous caillou .. hein Wapiti ... qui ne nous raconte pas tout de son voyage islandais ... avec les beaux jeunes hommes du groupe ! !!
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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Lilie le Mar 18 Oct - 22:18

Wap,

J'espere que tu ne m'en voudras pas: PassVoyage, comme il se fait appeler en ville (et que t'as rencontre au moins une fois a ma connaissance clin d'oeil ), etait en Islande peu de temps apres toi, et il vient de faire son diaporama. Comme on y voit certaines ressemblances a ton parcours, je partage ici avec vous. sourire

"L'Islande est une île où le feu et la glace se livrent une bataille quotidiennei. A pied, partons découvrir l'Islande de l' Eyjafjallajökull, de Jökulsárlón et du Landmannalaugar."





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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mar 18 Oct - 22:28

Hmm ! Merci Lilie de ce partage d'un beau diapo. (effectivement, il me semble avoir randonné avec PassVoyage une fois...)


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Lilie le Mar 18 Oct - 22:30

Randonner je ne sais pas, la seule fois ou j'ai ete en presence de vous deux, quelqu'une a prefere aller se faire un resto avec quelqu'un pendant que les autres partaient en grimpette. langue langue langue



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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mar 18 Oct - 22:57

Lilie a écrit:Randonner je ne sais pas, la seule fois ou j'ai ete en presence de vous deux, quelqu'une a prefere aller se faire un resto avec quelqu'un pendant que les autres partaient en grimpette.
rire C'est pour cela que ça me disait quelque chose sans rien me dire !


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mer 26 Oct - 22:25

Jour 11 – Longue randonnée en Skaftafell

Ce n’est pas un grand beau temps qui nous accueille au lever, mais de toute évidence nous enregistrons une nette amélioration météo. Heureusement, parce qu’aujourd’hui, c’est une longue randonnée de plus de 6 heures qui nous attend.

Nous reprenons donc la route vers l’ouest, repassons du côté de Jökulsárlón, redemandons bien sûr un arrêt japonais (clic-clac-photos !) du côté des icebergs dans un univers plus lumineux qu’hier… presque ensoleillé ! Et poussons plus loin, mais toujours dans cette très vaste région d’extrusion du géant Vatnajökull.

Dans cette plate bande littorale, apparait soudain une colline, un petit mamelon tout en longueur, d’un vert nouveau, presque irréel tant il diffère des verts que nous avons croisés jusqu’à maintenant et de ceux qui dominent tout autour… un vert qui tire vers le bleu… Jön nous apprend que si nous étions venus plus tôt dans la saison, c’est une colline fleurie bleu-violet que nous aurions admirée… Une colline couverte de ces fameux lupins islandais, qui n’ont pas daigné attendre notre venue pour faner et se contenter de leur feuillage !

Et juste à côté, voici enfin Skaftafell qui se présente à nous.
Imaginez une langue verte – d’un vert que nous connaissons bien – qui sort de la gueule du glacier géant, entourée à sa gauche de la très longue langue glaciaire grise du Skaftafelljökull et à sa droite de la très minérale plaine alluvionnaire au pied du glacier suspendu du Morsájökull. Skaftafell surprend à la fois par sa verdure mais aussi par la douceur de ses courbes dans cet univers acéré de glaces et de roches, entre ces gris, noirs, bruns tirant au orange…



Parc national oblige, un immense parking, un centre d’interprétation avec boutique et un camping siègent au pied de cette langue verte sur laquelle il nous faut grimper.
La montée débute sur un large sentier très bien aménagé et bien fréquenté, qui monte en zone boisée arctique variant de 1 à 3 mètres de hauteur. Le sentier zigzague pour nous mener aux points d’observation de plusieurs cascades, dont la plus célèbre, Svartifoss, nous retient plus longtemps tant ses colonnes basaltiques noires l’habillent élégamment.



Un peu plus haut, un peu plus solitaire, la marche s’installe dans un paysage plus sauvage. Le chemin plus rétréci est creusé dans la terre noire qui monte de chaque côté au-dessus des chevilles, voire au genou, et serpente au milieu des bouleaux arctiques nains, l’ensemble ne dépassant que rarement nos épaules. De loin en loin, au gré des mouvements doux du terrain, apparaissent et disparaissent les têtes de mes compagnons de voyage. Bien sûr, je traine en queue de peloton.
Un peu plus haut encore, c’est au milieu de ce qu’on pourrait appeler alpages que navigue le sentier tracé à force de chaussures. Seules une végétation alpine rase et l’inévitable mousse islandaise habitent cette terre qui n’a rien de plane, truffée de « taupinières » dues aux gels-dégels qui la maltraitent, la faisant gonfler, éclater, s’affaisser à longueur d’années.

A mesure que nous nous élevons, le vent forcit, trois-quarts face à la montée, histoire de tester nos résistances.
Nous nous en abriterons derrière de bons rochers pour notre pique-nique face au soleil et dominant les méandres alluvionnaires de la zone régulièrement inondée par les déversements de poches glaciaires chauffées par les éruptions volcaniques sub-glaciaires.

Dans l’après-midi, et notamment à la descente, en trois-quarts dos ou latéral, ce vent glaciaire du nord-est nous saoulera largement, imposant le port de toutes les épaisseurs chaudes et protectrices, et rendant parfois délicate notre descente sur le sentier, provoquant, même chez les plus massifs d’entre nous, des écarts de trajectoire dangereux compte tenu du terrain accidenté… Heureusement encore, toutes les chevilles arriveront saines et sauves en bas ; seuls quelques genoux geindront quelques heures de cette longue, très longue marche et cette longue, bien longue descente.

Mais restons pour l’heure là-haut, après le déjeuner, au sommet de la langue verte, au pied des premières parois rocheuses, au point culminant de notre randonnée. Si le panorama vu de la plaine est déjà magnifique, ce qui se découvre à nos mirettes à cette altitude est grandiose.
Le soleil, toujours un peu timide, accepte néanmoins de jouer le peintre sur les sommets du nord colorés de rhyolithe et autres pierres volcaniques en –ites. Parois verticales ou versants d’éboulis caillasseux, camaïeux de verts et gris bleutés, de rouges et oranges, de noirs striés de gris-blancs…
Les glaciers suspendus offrent leurs reflets blancs et bleus au soleil et nous gratifient plusieurs fois par heure de claquements et grondements de tonnerre révélateurs de décrochages glaciaires et avalanches réalimentant régulièrement les langues glaciaires qui se déversent vers l’océan.
Côté est, d’ailleurs, le sentier de descente longe la falaise qui plonge 200 à 300 mètres plus bas vers la langue glaciaire du Skaftafelljökull striée d’une multitude de crevasses et évoquant un fleuve gris agité dont l’éloignement, les reliefs et la dimension ne parviennent qu’à peine à notre œil et notre cerveau ; illusion d’optique écrasante qui arrive à me filer le vertige. Au-dessus, les nuages enveloppent à nouveau de façon menaçante les pics acérés et la douce courbe du dôme glaciaire trop brièvement aperçue dans sa blancheur étincelante. Mais regarder dans cette direction, c’est être fouetté de pleine face par le vent glacé à vous en faire perler les yeux malgré les verres solaires protecteurs.





Plus bas, nous retrouvons la protection de la forêt arctique, le sentier de terre et d’escaliers en bois (que les marches sont hautes pour nos genoux fatigués !) et d’autres fleurs. Là-haut c’était le royaume des renouées, des potentilles, arméria, silènes, gentianes champêtres et autres thyms sauvages battus par les vents… ici ce sont les campanules qui se dandinent tranquillement aux côtés de quelques myosotis isolés, géraniums des bois, et autres communes fleurs jaunes aux noms qui m’échappent…


C’est une troupe bien fatiguée, aux visages rougis de soleil et surtout de vent, qui sommeille dans le van qui nous conduit, un peu plus à l’ouest, du côté de Kirkjubæjarklaustur, qui se traduirait en « Chapelle de la Ferme des Nonnes » ou quelque chose du genre…





P.S. : SMS ayant décidé de claquer violemment et sans raison la porte du Village... elle va se censuré pour son résumé ! Non mais !


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Skyrgamur le Mer 26 Oct - 22:38

Je commençais à languir. clin d'oeil

Ah, les lupins, cette mer bleue à perte de vue. De loin, on dirait des champs de lavande. L'appareil photo a fonctionné à plein régime. Vivement juin 2012.


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Sam 12 Nov - 19:42

Pour celles et ceux qui se languissent et qui auraient zappé hier soir : c'était Thalassa avec de très beaux reportages sur l'Islande. top !
Vraiment magique de revoir sur le petit écran ces endroits que l'on a fréquentés... ou plaisir de voir de belles images d'autres endroits inconnus. Beaucoup de prises de vues aériennes... magnifiques !
Je recommande, vite, avant qu'elle ne disparaisse des ondes : http://www.pluzz.fr/thalassa-2011-11-11-20h35.html
la star !

Quant à la suite du carnet... soyez patient(e)s ! ange


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Invité le Dim 13 Nov - 8:58

Merci top !
Ce sera pour demain soir (quand j'aurai livré mon censuré de boulot)
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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mar 27 Déc - 17:30

Tout vient à point à qui sait être patient clindnoel


Jour 12 – Paysages de l'intérieur

Ce matin, je boue d’impatience (contenue, bien sûr, comme toujours) : le programme de la journée est plus qu’alléchant !
Mais avant LE lieu, il y a pas mal de kilomètres et de merveilles à découvrir… sous le soleil franchement revenu ; car, ça y est, ce matin on l’a notre grand ciel bleu ! Enfin !

La matinée commence, avant même le départ en une séance photo rapide de la chute de Kirkjubæjarklaustur, puis une pause ravitaillement au centre de services local, le dernier avant de s’enfoncer dans le sud inhospitalier ou vers l’intérieur sauvage, comme nous.



Nous quittons la région bien agréable de Kirkjubæjarklaustur avec ses paysages doux de champs verts au pied de courtes falaises aux courbes tendres et à la chevelure verte, pour découvrir non loin de là les gorges de Fjaðrárgljúfu. Au milieu d’un paysage plutôt plat et vert, c’est assez surprenant de se retrouver soudain en haut d’une falaise de plusieurs dizaines de mètres de haut qui tombe dans les eaux bleues d’un torrent glaciaire. Ceux qui s’approchent le plus près du bord nous filent le vertige… Mais pourquoi ce torrent glaciaire a creusé ici un tel canyon alors que quelques centaines de mètres plus haut et plus bas, il est resté sage dans un lit de surface dans ce paysage tranquille. Les explications de Jön ne me suffisent pas (j’avoue parfois 'décrocher' de ces laïus géologiques), mais j’aime quand Dame Nature gardent ses mystères.
Cette brève balade sur les lèvres de la crevasse terrestre nous permet également d’apprécier la vue à l’est, certes lointaine maintenant mais tellement attendue ces derniers jours, sur le dôme glaciaire majestueux et étincelant du Vatnajökull.



Nous remontons dans le van pour filer plus à l’ouest à travers le « désert » sédimentaire et le champ de lave d’Eldhraun colonisé du blanc-gris de mousse. Nous voici sur la lune le temps d’un bref arrêt en son cœur, au bord de la route. Sol déstructuré couvert d’une mousse qui amortit spongieusement nos pas mais les rend également très hésitants puisque nous ne savons jamais quelle en est l’épaisseur avant la roche ou… le vide.



Il est alors temps de bifurquer à droite sur la 208 pour quitter la route du sud qui s’enfonce en terres inhospitalières, terres qui abritent néanmoins de beaux trésors qui nous resteront inconnus. Nous prenons la direction de l’intérieur, plein nord dans une morne plaine verte qui peu à peu se transforme en une large vallée bosselée qui monte tranquillement. La route bitumée laisse rapidement place à la piste plus ou moins confortable et très régulièrement coupée de gués plus ou moins larges et profonds.
Au gré des méandres du relief, nous roulerons toute la journée ouest, nord, nord-ouest, et parfois même nord-est pour nous perdre encore plus entre mamelons verts et monts plus abrupts et rocailleux, vastes plateaux et gorges plus encaissées pour passer d’une vallée à l’autre.

Au bout d’une trentaine de kilomètres, l’heure du déjeuner approchant et l’altimètre indiquant 400 mètres, nous atteignons la faille d’Eldgjá, littéralement « gorge de feu », fissure éruptive créée probablement vers l’an 1000 et située sur le rift où les plaques européenne et américaine s’éloignent chaque année de presque 2 centimètres.
Nous abandonnons le van qui mérite un peu de repos après les secousses du matin et avant la très longue épopée bringuebalante de l’après-midi, pour chausser les godillots et randonner un peu le long du torrent qui s’écoule entre les falaises de cette faille.
Le ciel bleu offre des reflets magnifiques aux eaux limpides de la rivière qui gazouille sagement dans son large lit, le soleil met en relief les couleurs improbables de la rhyolite et autres caillasses composant la falaise à main gauche et le sentier est agréable, serpentant après le petit pont de bois et ferraille entre les méandres et quelques énormes blocs de pierre noire étiquetés de la date de leur chute, pour certaines très très récentes. De quoi frissonner et accélérer l’allure même si ce paysage pousse à la douce farniente d’une promenade tranquille. Nos pas nous mènent sous la chute d’Ófærufoss qui dégringole en deux bonds majestueux et nous offre à notre arrivée des embruns rouges et ors. Arc-en-ciel partiel ou poussière de rhyolite ? Je ne le saurai jamais, n’étant pas montée la voir de plus près, me contentant d’une pause zen à ses pieds, assise en tailleur dos au soleil sur un énorme roc noir planté au milieu des graviers et bien confortable. Marchez, marchez vous autres ; moi, je déguste, immobile, en silence et avec bonheur.



De retour au parking, nous avalons le pique-nique somme toute bien agréable assaisonné au soleil, avant de reprendre la piste, toujours plus chaotique, toujours plus à l’intérieur de ces monts et vallées vertes d'herbes rases ou grises caillasseuses.
Au gré d’un gué, d’un col, d’un virage, nous réclamons ponctuellement un petit arrêt japonais pour immortaliser ces courbes vertes et noires, ces rochers plus colorés et acérés, ces quelques névés gris là-haut repérés, ces jeux de lumières provoqués par les nuages courants dans le ciel plus chargé mais encore bien ensoleillé.



Au bout d’une nouvelle portion d’une trentaine de kilomètres bien lentement avalés, nous approchons enfin du tant attendu Landmannalaugar. L’attente se fait alors impatiente, le regard mobile et très attentif pour ne rien manquer du spectacle et de ses signes avant-coureurs.

…/…
clindnoel


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Skyrgamur le Mar 27 Déc - 17:41

Merci les vacances, ça nous donne l'occasion de continuer ce voyage islandais. top !
Vivement les vacances de février clin d'oeil


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mar 27 Déc - 18:15

Skyrgamur a écrit:Merci les vacances, ça nous donne l'occasion de continuer ce voyage islandais. top !
Vivement les vacances de février clin d'oeil
secret J'espère bien clore cette virée islandaise avant février ! timide


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par fabizan le Mer 28 Déc - 0:42

Quelle bonne surprise de retrouver ce carnet Islandais, avec de superbes photos en prime ! sourire


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Invité le Mer 28 Déc - 8:03

Pays magnifique bisou !
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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Dolma le Mer 28 Déc - 9:13

Bon, va falloir que je reprenne tout depuis le début (parce qu'il y a des trucs que j'ai oubliés mon dieu !) pour savoir si je mets dans un p'tit coin de ma tête une balade dans ce coin du monde.

Donc, Wap' si tu pouvais poser la suite un peu plus rapidement, ce serait drôlement bien bisou ...

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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Mer 28 Déc - 9:17

Reste 2,5 jours de voyage islandais... et 6 jours de vacances festives... y'a peut-être moyen ! gag !


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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Dolma le Mer 28 Déc - 9:24

Euh... C'est le mot festives qui me fait hésiter à croire que la suite pourrait venir vite fiesta

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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Invité le Mer 28 Déc - 23:22

Wouah !!! bravo

Cela donne drôlement envie d'aller immédiatement se réserver un billet d'avion pour l'Islande, cette affaire-là ! clin d'oeil
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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par Wapiti le Jeu 29 Déc - 18:03

.../...

Le fameux Landmannalaugar, enfin !

Nous l’abordons par la pire piste du jour, et ce n’est pas peu dire. Non seulement il y a du monde -4x4, camping cars, vélos et piétons- mais c’est la portion la plus défoncée que nous rencontrons.
Elle longe à plat un large déversoir sédimentaire de la rivière Jökulgilskvísl encadré de bandes de lave noire déchiquetée et colonisée de verdure. Sur les côtés, les premières pentes colorées, ici d’un vert herbeux ou mousseux irréel, là, de graviers plus ou moins colorés. Premiers ocres qui nous attirent.
Avançons encore et passons le dernier gué, vraiment impressionnant, pour nous enfiler dans l’espace plus ou moins aménagé où nos yeux s’affolent devant tant de beautés. Le véhicule se stationne juste face à la longue barrière du massif coloré le plus connu du Landmannalaugar : un alignement de pentes d’abord vertes, puis d’ocres jaunes, de beiges et de roses lumineux, de coulées oranges ou blanches, le tout sur fond de ciel noir menaçant et éclairé par les rayons obliques d’un soleil jouant à cache cache avec les nuages. Wouahou ! la star !
On pourrait accuser nos objectifs de ces invraisemblables couleurs et textures rendues sur nos photos, mais il vous faut savoir que l’impression « pour de vrai » était la même : ce n’est pas possible, c’est un tableau que j’ai sous les yeux, pas la réalité !



Et dire que nous ne resterons que deux petites heures dans ce massif extraordinaire ! Nous avons à peine commencé à le découvrir que je suis déjà frustrée.

Jön nous propose une petite balade entre cette vallée au pied de cet alignement fantastiquement coloré, et la masse noire et verte du Laugarhraun, cette coulée de lave devenue montagne et qui domine la plaine verte où se situent le parking, le camping, le centre de service et la zone marécageuse des bains chauds. Entre les deux, une autre crête nous attire par ses couleurs tout aussi surprenantes : le Bláhnjúkur. Nous marchons à ses pieds, le long d’un ruisseau au lit coloré, en ne pouvant détacher nos regards de ses parois noires mais surtout bleu-vert qui luisent au soleil. Cette couleur inhabituelle correspond à une roche volcanique particulière, au nom immémorable bien sûr pour l’inculte que je suis, obtenue à force de compression, refroidissement et acidification propre à elle seule. La luminosité est telle et la réverbération forcément très forte sur ces roches volcaniques, que nos photos ne rendent absolument pas les couleurs réelles, même pour les meilleurs photographes bien outillés d’entre nous. Ici et là nous repérons aussi des coulées d’obsidiennes aux reflets luisants.
Notre timing serré ne nous permet pas d’aller bien loin, mais que j’aimerais m’enfoncer plus dans ce massif à la rencontre d’autres surprises et merveilles volcaniques dans ce paysage tourmenté.



De retour dans la plaine de la Jökulgilskvísl, c’est une baignade dans les eaux chaudes naturelles qui est prévue. Les maillots étant au fond des sacs, le vent se levant de plus en plus et comme toujours glacial, la foule étant ce qu’elle est du côté de la rivière fumante et ma fatigue s’éveillant, je me propose au poste de paparazzi pour immortaliser le défilé de mannequins en pleine nature sur les pontons et ponts de bois et les baigneurs pataugeant dans l’eau de la rivière avoisinant les 40°, au milieu des herbes folles et linaigrettes. Un microclimat bien agréable règne autour de ces bains, le vent évitant soigneusement la zone, les eaux réchauffant franchement l’atmosphère. Ça barbote, ça papote, ça rigole… et moi, j’écarquille encore et encore les yeux vers ces pentes pierreuses colorées aux reflets changeant au gré des jeux fous entre soleil et nuages. Surtout ne pas en perdre une miette de ces trop courtes minutes passées ici !



Les baigneurs rhabillés, l’heure de départ sonne, mais nous n’en avons pas encore complètement fini des merveilles de cette région.
Pour quitter la vallée de la Jökulgilskvísl vers le nord-ouest, nous reprenons la piste défoncée, puis longeons le parfait cône de mousse du Stutur et plongeons au détour d’un col en virage sur le bleu tentateur du lac Frostastaðavatn, entouré de ses coteaux jaunes de mousse sous le soleil rasant et de ses cônes de roches prune et noir aux formes douces.
Quelques tours de roues plus loin, plus bas, nous stoppons face à un panorama encore extraordinaire. Le regard porte loin vers le nord et l’est, sur les méandres de la Jökulgilskvísl, les lacs épars, les cônes et autres mamelons bruns ou verts. Et à nos pieds, nous découvrons, émerveillés encore, que nous sommes sur la crête du cratère du Ljötipolur (« mauvais volcan »), aux eaux bleu-vert bordées de roches rouges striées de noir et de coulée jaune-vert de mousse. C’est bien le vent, très violent et glacé, qui nous empêche de réellement profiter de la magie de ce panorama. Décidément, Dame Nature s’est vraiment éclatée avec ses pinceaux dans ce coin de planète !



Nous reprenons la piste de l’ouest, la Landmannaleið ou F225, pour une très longue et chaotique route face au soleil déclinant puis couchant qui gênera longtemps notre chauffeur au gré des virages, passages de gués, défilés, mini-cols…
Piste pas facile, de grosses caillasses aux nids de poule bien marqués, piste de gravillons colorés, piste de sables volcaniques qui provoquent de longs nuages derrière chaque véhicule, piste régulièrement entrecoupée de gués plus ou moins acrobatiques à traverser… Et autour, champs de lave noire déchiquetée, toundras planes ou bosselées de verdure rase, désert de sables noirs…
Nous longeons encore moult cônes uniformément noirs, plaqués de verdure ou striés de mousses vertes ou jaunes selon les éclats solaires, et quelques pentes hésitant sur la couleur à adopter dans la gamme des brun, rouge, prune... Sur les sommets élevés aux versants plus abrupts, et un peu plus lointains, de nombreux névés gris témoignent des effets des éruptions de ce printemps et cet été.
Plus le paysage s’élargit et plus un sommet à notre gauche, donc au sud, attire notre regard : c’est le terrible volcan Hekla, l’un des plus actifs et craints en Islande avec ses 1488 mètres de scories plus ou moins enneigées. Il est aujourd’hui chapeauté de nuages mais se laissera finalement observer presque en entier aux dernières lueurs du soleil qui rosit ses blancs atours.



Un dernier arrêt, au milieu de nulle part, contre ce vent puissant et glacé qui veut tout dégommer, nous surprend. C’est juste pour constater que nous roulons, nous marchons sur un sol de pierres ponces. Un désert de roches marrons truffées de bulles d’air, à l’aspect visuel spongieux (mais en réalité bien dures comme des roches), et tellement légères. Il est vrai que nous n’en avions encore pas rencontré en ces terres islandaises, et qu’ici il y en a un désert entier qui nous entoure. Celles-là, au moins, elles ne pèseront pas bien lourd dans nos sacs ! Et nous pouvons donc nous permettre d’en emmagasiner de plus grosses…

Toujours plus à l’ouest dans le jour déclinant, nous arrivons sur le fleuve Þjórsá qui file au sud se déverser dans l’océan. Un pont métallique à angles droits nous permet de traverser ce large cours d’eaux tumultueuses pour rejoindre sur l’autre rive, non loin de là au nord, dans cette plaine désertique balayée par un vent phénoménal, notre refuge pour la nuit, Hólaskógur. Nous sommes gelés, fatigués et il est bien tard.
Il s’agit d’un refuge confortable et très grand dans lequel nous serons pratiquement les seuls, ce qui nous permettra de passer une agréable et très tardive soirée, la dernière en compagnie de notre guide.
Un appel est lancé pour profiter dans la nuit du ciel dégagé étoilé et d’éventuelles aurores boréales… au vu du vent glacial, peu tenteront une sortie curieuse. Cette très longue journée s’achève avec une palette de couleurs qui défile sous les paupières épuisées, et le ronronnement apaisant des voisins de dortoir.





Oups ! résumé pour SMS : Le Landmannalaugar, c'est dur à écrire, mais c'est coloré et qu'est-ce que c'est beau !!
la star !


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"Nous méritons toutes nos rencontres, elles sont accordées à notre destin et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." F. Mauriac

lahaut

Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

Message par lahaut le Jeu 29 Déc - 21:01

Dommage on n'a pas les photos des membres féminines en maillot de bain barbotant dans l'eau !!

Moi j'ai ramené une grosse pierre de ces "roches marrons truffées de bulles d’air, à l’aspect visuel spongieux (mais en réalité bien dures comme des roches), et tellement légères."

Le caillou me sert maintenant de presse-guide sur une étagère !!

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Re: Un tour d'Islande, au pays du feu... et des eaux.

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