Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

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Lilie

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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mer 23 Mai - 15:10

Je les ai retrouvées là où je les avais laissées, au bord du chemin. Elles étaient à dessiner dans la poussière avec des cailloux. J'ai pris un caillou moi aussi et je me suis mise à dessiner et à discuter avec elles.

Je commence à avoir faim, je sors le reste de biscuits qu'il me reste. Je regarde : 4 seulement. Et bien ce sera un pour moi et le reste pour les filles.

- Les moutons s'en vont ! vas les chercher Anita ! lance la grande à sa petite soeur.

Anita ronchonne, n'a pas envie de se lever, trop occupée à manger son gâteau aux pépites de chocolat.

- Tu veux que j'y aille ? lance-je à Leticia.
- D'accord.

Je contourne le petit troupeau, je passe derrière eux et les ramène tranquillement là où nous sommes assises. Les petites rigolent, peut-être pas tous les jours qu'une gringa va chercher leurs moutons ! Et puis, Leticia se met à dessiner sur le sol... un lama ! Le voila mon lama du Petit Prince ! Qu'il est joli ! Avec de grandes oreilles, un long cou, un queue toute bossue de laine et de grandes pattes ! Il y a quelques touristes qui passent, je leur lance des "cuidado !" (attention !) en désignant le dessin afin qu'ils ne le piétinent pas.

Un jeune homme nous a rejoint, Milto, avec qui j'ai discuté longtemps aussi sur ce bord de chemin. J'ai dû rester une heure et demi environ assise sur ce muret, à jouer et à papoter. En partant, j'ai demandé à Leticia si je pouvais les prendre en photo, un souvenir de mes amies de l'Ile du Soleil. Elle a accepté tout naturellement (elle savait pourtant que je n'avais pas d'argent) et c'est tout aussi naturellement qu'elle a continué à jouer avec sa soeur quand le "clic" de mon appareil s'est déclenché.

Ensuite, j'ai décidé d'aller me baigner dans l'eau sacrée du lac, dans l'une de ces petites criques que j'avais aperçue la veille. Je pose un caillou sur un petit amoncellement de pierres, comme pour demander à la Pachamama la permission de me baigner dans ce lac sacré. Ça vous parait con, hein, avouez ? Le lac Titicaca est un lac sacré depuis des millénaires, bien avant les Incas. Le rapport que les gens d'ici ont avec ce lac est très spécial, ils le respectent plus que tout. Alors je suis restée 15-20 minutes dans l'eau, pas plus, assise, l'eau jusqu'à la poitrine. Eau guère plus froide que l'Atlantique de chez moi en début d'été. La Pachamama a dû m'entendre : en sortant je me sentais revivifiée et en harmonie.

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Message par Lilie le Mer 23 Mai - 20:07

Le logement que je m'étais trouvé pour la nuit donnait sur une plage de sable fin, derrière le village, au pied du lac. J'étais à écrire dans ma piaule le deuxième soir, avec le ronronnement des vagues en musique d'ambiance. Je suis alors sortie sur la plage. Pour avoir souvent écouté la mer de nuit, là, c'était une toute autre mélodie. Les vagues marines viennent de loin et bien que parfois assez hautes, se perdent dans l'espace quand elles échouent sur la côte. L'eau du lac, c'est tout autre chose : de petites vagues qui ondulent mais qui se jettent sur le sable ou les rochers avec une telle force, le son claque, comme une gifle !

J'étais là, impressionnée par cette force d'un lac qui semble pourtant anodin et puis je me suis demandé quelle vie venait des profondeurs de ces eaux sacrées pour générer une telle énergie. Là, j'ai commencé à considérer Le Titicaca différemment, un profond respect pour cet être. J'ai eu envie de boire l'eau de celui-ci, je me suis approchée, juste assez loin pour ne pas avoir les pieds trempés, me suis accroupie et puis j'ai posée la main au sol, comme pour demander une faveur au Maitre. Certains diraient que je suis folle mais je m'en fous bien mal. A ce moment précis, une vague plus forte est arrivée et a immergé ma main du breuvage clair que j'ai porté a ma bouche. Deuxième tentative quelques instants plus tard, même chose : la vague suivante est venue se jeter plus loin que les autres pour que je puisse cueillir au creux de ma paume une seconde gorgée. Je me suis redressée, ne déplaçant toujours pas mes pieds, et pas une seule autre vague s’est approchée de moi pendant la poignée de minutes où je suis restée face à Lui. Je suis repartie me coucher, avec le flot de Ses vagues coulant en moi, ces mêmes vagues qui ont bercé mon doux sommeil.

Ce soir-là, j’ai communiqué avec ce Grand, il m’a fait cadeau de sa personne dont je suis maintenant si respectueuse. Merci. Merci Lac Sacré.


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Message par Lilie le Mer 23 Mai - 21:01

En me levant, j'avais toute la matinée à tuer en attendant le bateau qui devait me ramener à Copacabana. Je me suis posée sur la plage et j'ai trouvé un pote, mon copain l'âne, complètement déjanté qui faisait des cabrioles sur la plage.
J'étais à le photographier quand un petit garçon s'est approché de moi, curieux de voir les photos. Felix de son prénom. Il était sur la plage à surveiller sa petite soeur, Esmeralda. J'ai passé toute la matinée avec lui, il était aux anges que je lui passe mon numérique pour tirer des photos. Il m'a niqué la batterie mais ça m'était égal, une batterie ça se recharge !

Des petites filles sont venues nous rejoindre aussi, deux d'entre elles s'amusaient à me faire des tresses, façon locale. Le temps ne m'a pas paru bien long cette matinée-la et quand Felix m'a accompagnée au petit embarcadère, il m'a demandé de l'argent, évidemment. Je sais que sa compagnie n'était pas intentionée mais je sais qu'il vient d'une famille qui n'a pas beaucoup d'argent et pour qui il est maintenant le seul homme en charge, et j'en aurai fait autant à sa place. Je lui ai acheté un paquet de cookies à la place, il avait la banane jusqu'aux oreilles quand je lui ai mis dans les mains. Et puis il est resté à côté du bateau jusqu'à ce que je parte. Je lui ai promis que je lui enverrai les photos de cette matinée-là et je le ferai, je ne veux pas le décevoir, et puis je n'aimerai pas que cela lui confirme que les blancs sont tous les mêmes, des profiteurs-envahisseurs.


[...]


Lilie

PS: j'espère réussir à rattraper le "temps réel" du carnet par rapport à cette année vers mi-juin, pour ensuite calquer les notes de 2007 ici, au fur et à mesure des semaines. Ça veut dire, une diminution conséquente du rythme de croisière tenu jusqu'à présent dans le postage des extraits sur cette discussion. clin d'oeil
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mamina

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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par mamina le Mer 23 Mai - 21:27


Je n'ai pas encore pris le temps de lire ton carnet...
Y'a beaucoup à lire et il faut que je me pose... ou je l'imprime et je le lis tranquillement sur une chaise longue !

merci pour tout ce travail... oui, il manque qques petites photos !

bises

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Mer 23 Mai - 21:40

C'est ce que je dis depuis le départ ...... il n'y a pas de photos .... Lilie nous fera un résumé à la fin .... et elle nous dira si elle a été malade après avoir bu de l'eau sacré du lac Titicaca !!
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mer 23 Mai - 22:02

Je n'ai jamais eu de turista de ma vie, Lahaut. clin d'oeil

Et sur ce voyage, la seule fois où j'ai eu problème digestif (vomissements et diarrhée pendant 12 heures), c'est à La Paz, après avoir mangé la seule bouffe industrielle de tout mon séjour en Amérique Latine, après des semaines à manger sur les marchés : une pizza dans une boutique à pizzas. clin d'oeil


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mer 23 Mai - 22:34

A la demande minoritaire, je viens de le faire rien que pour vous: photos de Curahuara, Bolivie, avril 07.

Cet ablum pourrait s'auto-detruire d'ici quelques temps...

Lilie

PS: Lahaut lit! banane langue
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Jeu 24 Mai - 14:08

9 mai 2007

Cusco et alentours : Sacrée Vallée !

Voila, ça fait maintenant dix jours que je suis à Cusco et dans les environs et je ne suis pas encore allée au Machu Picchu ! Je ne suis habituellement pas une grande fan des endroits touristiques et diable sait si Cusco est hypra touristique ! Mais la ville-mère de la civilisation Inca est tellement charmante, il y a tellement à faire par ici, que je pourrais facilement passer un ou deux mois dans les environs, à Cusco et dans la Vallée Sacrée, si j'avais le temps bien sûr.

Cusco, ville aux rues tortueuses et pavées, aux trottoirs-escaliers faits pour heureux célibataires (pas assez larges pour y loger deux paires de pieds), pleine de maisons, d'églises et de musées dont les fondations sont encore celles des édifices incas composées de gros blocs de pierres encastrés les uns dans les autres, ville vivante bien plus que de par sa simple fonction touristique. Du centre ville, on aperçoit les montagnes alentours sur lesquelles s'étend la ville, dont la forme originelle était celle d'un puma, qui symbolisait, pour les Incas et pour les civilisation pré-Incas également, les forces de la terre.

Forcement, à m'être posée ici depuis quelques jours, j'ai pris mes habitudes. Je dors dans une hospedaje familiale que Greg m'avait conseillée, à deux pas de la place principale, dans une ruelle tranquille pourtant. Pour le petit dèj', j'alterne entre le marché San Pedro et une super boulangerie que j'ai dégotée par hasard dans le quartier de San Blaz. Donc c'est soit une méga salade de fruits recouverte de miel et de caramel accompagnée d'un jus d'orange pressée, soit un café et deux énormes et délicieux croissants. Les commerçants de mon quartier commencent à me connaitre aussi : Pablo m'embrasse quand je viens acheter de l'épicerie, et la dame de la laverie-internet-café n'a plus besoin de me demander mon prénom pour l'inscrire sur le ticket de laverie. J'ai aussi sympatisé avec des artesanos, artisans des rues (qui font bracelets, colliers et autre artisanat) par l'intermédiaire de l'un d'entre eux rencontré à Copacabana en Bolivie et retrouvé par hasard ici. Je sors quelques fois le soir avec eux, ils m'ont fait découvrir le super groupe Amaru Puma Kuntur et aussi un endroit pour danser appelé Ukuku's et qui me rappelle fortement mon très cher Break For The Borders à Dublin. Non pas pour la déco mais pour ses enchainements pourris, passant de la salsa aux Doors, à Bob Marley, à du meringué, à U2!


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 25 Mai - 14:42

En parlant musique... dans ma laverie-internet-café du coin de la rue, ça joue une super radio qui passe parfois des musiques de Joe Dassin (pas trop surprenant sachant que beaucoup de ses musiques étaient pastichées sur des tubes étrangers), mais alors incroyable ! J’ai entendu la version espagnole de "Comme toi" de Goldman avec un chanteur qui avait la même voix que Jean-Jacques ! Et hier, je rentre dans une pharmacie pour m'acheter de la poudre anti-puces et qu'est-ce que j'entends-t-y pas ?! "Voyage voyage" de Desir Less ! Ah ! ah ! je chantais en attendant qu'on me serve, morte de rire !

Pour ce qui est des puces, il faut quand même que j’immortalise cette histoire sur ce cahier ! Par l'intermédiaire d'un artesano, j'ai expérimenté pour la première fois le San Pedro, cactus utilisé ici depuis des siècles pour ses vertus que les scientifiques aiment à définir et faussement résumées comme hallucinogènes. Bref, il m'a emmenée dans un petit blède, Huaran, dans la Vallée Sacrée, à une cinquantaine de kilomètres de Cusco. Pueblito avec tout juste une épicerie où l’on trouve le nécessaire andin (coca, pain, quelques boites de conserve, sodas), au pied des montagnes magnifiques, à environs vingt kilomètres de Pisac et de son petit marché du Dimanche. Là, j'ai dormi sur un matelas par-terre dans une maison au milieu des champs de maïs, louée par des artisans. J'avais comme couvertures des sortes de tapis en laine. Et comme il y avait déjà des puces avant mon arrivée, à avoir passée trois nuits là-bas, je suis reviendue à Cusco avec une soixantaine de piqûres. Et forcement, les puces, ça s'incruste dans les vêtements donc pour s'en débarrasser, c'est galère !
Voila pourquoi je me suis pointée à la pharmacie pour la poudre anti-puces ; ils se sont marrés forcement quand je leur ai dit que c'était pour moi, pas pour mon chien... Si un jour mon chien ou mon chat a des puces, promis ! Je ne les laisserai pas se gratter pendant des semaines avant de faire quelque chose : ces bestioles, quand elles piquent, ça démange, c'est atroce !

Sinon, pour ce qui est du Machu Picchu, je pars demain pour m'y rendre. Pas question que je paye les prix exorbitants des excursions de 4 jours par agence, ni même que j’engraisse la compagnie de train ayant le monopole sur la ligne qui y mène. Donc j'ai chopé la combine pour y aller d’une manière alternative : demain je pars donc pour Santa Maria puis Santa Teresa, suivi par quelques heures de marche dans la forêt et le long de la ligne de chemin de fer pour arriver à Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu. Ça va peut-être me prendre trois jours pour m'y rendre mais je ne suis pas pressée !

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Message par Lilie le Jeu 31 Mai - 18:21

Samedi 12 Mai 2007

Machu Picchu, Perou

Me voici dans les ruines du Wayna Picchu, trois cent mètres en amont du Machu Picchu, qui se présente dans toute sa splendeur, sous mes pieds, là-bas, face à moi. Jour de chance : joli temps et peu de touristes comparé à d’habitude selon les dires d’un des gardiens.

J’ai quitté Cusco il y a deux jours, splendide route des montagnes jusqu’à Santa Maria où j’ai passé une courte nuit. A quatre heures le lendemain matin, je finissais ma nuit dans le mini-bus qui m’emmenait à travers la jungle, jusqu’à Santa Teresa. Petit déjeuner lors duquel j’ai rencontré Alejandro, de Buenos Aires, et avec qui j’ai continué ma route jusqu’à Aguas Calientes, au pied de la fameuse Cité sacrée des Incas. Traversée de la rivière Urubamba sur une tyrolienne, amusant mais pas très sécurisant ce cageot en bois qui bascule de gauche à droite quelques mètres au-dessus du fort courant ! Ensuite, nous avons marché un peu et par chance, nous avons réussi à prendre le camion qui nous a déposés au pied de la centrale hydro-électrique. Route magnifique là encore, à travers la jungle et les montagnes d’où sortent parfois de monstrueuses chutes d’eau.
Une fois à la centrale hydro-électrique, il ne nous restait plus qu’à suivre la ligne de chemin de fer jusqu’à Aguas Calientes ; une dizaine de kilomètres durant lesquels on a eu tout le temps d’apprécier les bananiers ou arbres à café, des papillons grands comme ma main et bien d’autres étranges créatures. On a aussi pris le temps de faire trempette dans l’Urubamba : rafraichissant !

Arrivés à Aguas Calientes en milieu de journée, on s’est trouvé un hostel et avons relaxé nos pauvres guiboles, extenués que nous étions. A dix-neuf heures j’étais couchée, la montre a sonné a trois heures du mat’ afin d’arriver au Machu Picchu avant les touristes du train en provenance de Cusco et de profiter de la tranquillité du lieu. J’ai mis du temps à m’endormir et me suis réveillée... trois quart d’heure après l’heure prévue.


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Message par Lilie le Lun 4 Juin - 18:52

Je me mets alors tranquillement en route dans la nuit moite, mais avant même que je ne sois sortie du blède, les gardes m’arrêtent et demandent à voir mon ticket d’entrée pour le Machu Picchu... Mais comment ça ? Je ne peux pas l’acheter là-haut, à l’entrée du site ? Non, non, non. Il faut que je l’achète à l’office de tourisme, ici, dans le pueblo... et qui ouvre à cinq heures du matin. Merde ! Moi qui voulait être dans la Cité pour le lever du jour... râpé, il me faut attendre une heure ici. C’est de ma faute, j’aurais dû me renseigner la veille, j’avais tout le temps pour ça. Tant pis.

Je suis restée en bonne compagnie cependant, à parler avec Eddy, qui travaille pour la municipalité, et qui m’a conté tous les bienfaits médicinaux des plantes de la région, m’a expliqué l’art de la production du café et bien d’autres choses. Je l’ai laissé dès que l’office de tourisme a ouvert ses portes et c’est à cinq heures trente que je partais grimper Ze marches pour arriver une heure plus tard, en sueur, les jambes cassées. Des marches en pierre, celles construites par les Incas, escalier irrégulier et marches hautes.

Quand je suis entrée sur le site du Machu Picchu, il faisait jour mais on ne voyait pas à cent mètres avec cette brume épaisse. Et puis, petit à petit, le soleil a percé, le brouillard s’est dispersé, et la ville sacrée s’est dévoilée. Pendant la plupart des deux heures et demi de brouillard, je suis restée discuter avec un couple de Français, puisqu’il n’y avait vraiment rien d’autre à faire, à moins d’aimer avancer avec un bandeau sur les yeux, les mains en avant pour ne pas taper dans les murs, ou tout comme. Et puis, on s’est décidé à monter cette montagne impressionnante qu'est le Wayna Picchu. On traverse les ruines et les terrasses du Machu Picchu et à l’entrée du chemin pour l'ascension du Wayna, on nous dit que c’est seulement une heure de montée. Une heure, seulement ? Mais c’est impossible ! Elle monte à pic cette montagne ! C’est au moins trois heures qu’il va nous falloir ! On part tout de même, sceptiques que nous sommes sur la durée de l’ascension du “Monstre” mais bien décidés à atteindre ces autres ruines qu’on aperçoit tout là-haut.

Des marches. Encore des marches. Plus hautes, moins larges, moins profondes, plus abruptes. Ils étaient fous ces Incas ! Quelle idée d’aller construire un observatoire tout là-haut dans les nuages, à deux mille sept cent mètres d'altitude ! Malgré tout, à peine une heure plus tard, rouge écarlate et trempée par la transpiration, je suis au sommet, le Machu Picchu face à moi, plus bas, éclairé par la belle lumière du soleil.

Ça fait maintenant deux heures que je suis sur ce qui me semble être le toit du monde, ces montagnes tragiques tout autour de moi, le "Machu" déployé au milieu de la jungle à plus de deux milles mètres d’altitude, dans ce climat humide.
J’ai trouvé un petit coin tranquille sur une avancée rocheuse au bout des ruines, pour pique-niquer, le vide sous mes pieds, la Cite Perdue me regardant, moi, petit bout d’humain.

Ce site est magique. Non seulement c’est impensable de s’imaginer cette civilisation construire une telle ville, dans ces hauteurs, sans machines, il y a des siècles, mais en plus, le paysage est enchanteur ! Ils savaient choisir leurs lieux de vie ce peuple, c’est certain.

La majorité des touristes sont redescendus, une dernèere petite clope et je m’en retourne explorer les Cités d’Or et qui sait, peut-être y trouverais-je mes deux meilleurs amis : Esteban et Tao.

Zia.

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Message par Lilie le Mar 5 Juin - 23:16

20 Mai 2007

Cusco, depuis Arequipa, Pérou

J’ai finalement réussi à quitter Cusco, hier soir. Je ne pensais pas y rester autant de temps à vrai dire, presque trois semaines. Et si l’on me demande ce que j’y ai fait, pour être honnête, pas grand chose. Certes, je suis allée trois jours dans ce petit blède près de Pisac (Opération San Pedro), je suis allée à Pisac par cette même occasion, y ai découvert son marché, mais ne suis même pas allée visiter les ruines du coin qu’on m’avait conseillées. De même pour Ollantaytambo, j’y suis passée en route pour Santa Maria lorsque je me dirigeais vers le Machu Picchu, ai aperçu les ruines de la fenêtre du bus mais ne m’y suis pas arrêtée. Alors, qu’ai-je fait à Cusco et dans les environs pendant tout ce temps ? Et bien, j’y ai vécu, tout simplement. Même à Cusco où il y a tellement à faire et à voir, je n’ai visité qu’un seul musée. Je suis pas mal sortie faire la fête il faut dire. En vivant la nuit, je dormais parfois une bonne partie de la journée, avant de retrouver les artisans avec qui je sortais à nouveau le soir.

J’ai aussi sympathisé avec Enzo, le guitariste d’Amaru Puma Kuntur que j’ai vu jouer quatre ou cinq fois, toujours avec la même énergie. Enzo, musicien dans l’âme, toujours la tête dans les notes de musique. A deux reprises, il m’a emmené avec lui le soir, lorsqu’il improvisait une “soirée guitare dans les restos de la ville”, pour arrondir ses fins de semaines. On allait dans des pizzerias ou des rôtisseries, des petits restos populaires. Cela me surprenait avec quelle facilité les restos l’acceptaient. Parfois, avant même qu’il n’ouvre la bouche, on coupait la musique et on lui disait de jouer. Parfois même, on nous offrait une boisson ou un snack. Enzo m’avait prévenue : les gens ici n’applaudissent pas, mais ils te récompensent par une pièce. Trois chansons ici, dix soles ; trois chansons là, sept soles.
Pour moi Française, cela m’épatait de voir que toutes les tables, toutes, mettaient la main au porte-feuille lorsqu’Enzo passait en fin de session avec sa guitare. Vivant en Irlande, j’ai changé ma manière de penser, mais avant, très rarement j’aurais donné une pièce à un musicien venant jouer à ma table, pensant que j’étais venue ici pour manger, pas pour assister à un mini concerto. La chose est que, maintenant, si j’apprécie la musique jouée, je récompense systématiquement. C’est ce que font les Péruviens également il semble.

Enzo m’a beaucoup parlé de Cusco et de ses gens, qu’il n’apprécie pas beaucoup. Originaire de Lima, cela fait cinq ans qu’il vit à Cusco, plus facile pour lui de vivre de sa musique ici qu’à Lima, la capitale. Il aime beaucoup la ville pourtant, mais les Cuscenos, c’est une autre histoire. Selon lui, ils sont fiers d’être assimilés aux descendants directs des Incas, conservateurs et étroits d’esprit. Après avoir parlé avec quelques Péruviens qui ne sont pas de Cusco, il semble effectivement que c’est l’image qu’ont leurs compatriotes des Cuscenos.

C’est peut-être vrai, mais en tant qu’étrangère de passage ici, j’ai adoré mon séjour dans cette ville. D’ailleurs, c’est la première fois que je reste si longtemps dans un endroit depuis le début de ce voyage ! J’étais restée deux semaines à Mendoza en Argentine, mais là, j’ai battu le record ! Et Cusco va certainement conserver ce record pour ce qui est de l’Amérique du Sud, puisque je dois être dans à peine dix jours à Santiago du Chili, afin de m’envoler sur la terre des statues Moaïs : l’Ile de Pâques !



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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Jeu 7 Juin - 0:19

Effectivement c'est une jolie ville Cuzco !! T as pas gouté à la spécialité locale, sorte de gros rat grillé ?
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Solcha

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Solcha le Jeu 7 Juin - 14:40

"gros rat"... rhôôô, de jolis cochons d'Inde!!! Ah ces fameux cui! (soigneusement évitées pour ma part...) clin d'oeil
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 8 Juin - 3:34

Solcha a écrit:"gros rat"... rhôôô, de jolis cochons d'Inde!!! Ah ces fameux cui! (soigneusement évitées pour ma part...) clin d'oeil

Tout est relatif. J'en parlais pas plus tard que tout à l'heure : le cuy, la viande n'a rien d'exceptionnel, ce n'est ni plus ni moins que du lapin. D'ailleurs, au Pérou comme ailleurs dans les campagnes/montagnes sud américaines, c'est la viande au même titre que le poulet. Les cuys vivent en liberté dans un coin de la cuisine, prêts à passer à la casserole, comme les lapins dans nos clapiers ou les poules dans nos poulaillers. Il n'y a que dans les restos touristiques au Pérou qu'on en fait tout un plat d'exotisme. La viande en soi n'a absolument rien de répugnant, ni d'exceptionnel d'ailleurs. clin d'oeil


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 8 Juin - 13:15

23 Mai 2007

Sur la route du Chili

"J'écoutais le disc-jockey/Dans la voiture qui me trainait/Sur la route..." ... du Chili, sur la route du Chili.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, lorsque je quitte un endroit, ce n'est jamais de la tristesse qui m'envahit. Non, pas de sentiments mélancoliques pour la voyageuse novice que je suis. Au contraire, c'est l'excitation qui prend place, la curiosité de découvrir où ce bus, cette auto, ce mini-bus, ce camion, ce tracteur, ou ce ferry (et même, récemment, cette tyrolienne !) va m'emmener. Je pars toujours le sourire aux lèvres, en soif de nouveaux territoires, de nouveaux paysages, de nouvelles aventures. Les crevaisons, passages de frontières et autres délais éventuels ne me dérangent pas, au contraire, ce sont autant d’anecdotes qui font parties de mon voyage, pareil à des pierres à ajouter à l'édifice. Et puis, je ne peux pas être en retard : personne ne m'attend là où je vais !
Ce n'est pas tant la destination qui m'importe, mais le voyage jusqu'à celle-ci. D'ailleurs, mis à part lorsque je voyage de nuit, impossible de fermer mes loupiotes, de peur de manquer une miette de ces contrées inconnues de ma petite personne et qui défilent au fur et à mesure des kilomètres. J'ai toujours le nez collé à la vitre et je dois avouer que je suis bien malheureuse lorsque je suis coincée au milieu de la banquette du fond d'un collectivo ou que, assise côté allée du car, mon voisin tire les rideaux pour ne pas être dérangé par les rayons du soleil (mais pourquoi donc choisis-tu un siège côté fenêtre si c'est pour te priver du paysage ?! Fallait me la laisser ta place, Ducon ! Je l'aurais mise à profit, si tu savais !).
Et puis, comme toujours, partant vers l'inconnu, je ne sais jamais à quoi m'attendre : surprise totale !

Ainsi, en quittant Arequipa, je ne dérogeais pas à la règle, me dirigeais vers Tacna, près de la frontière chilienne mais ne savais pas si j'y passerai ma dernière nuit péruvienne ou bien si j'enchainerai directement avec un autre bus pour passer côté chilien.
En tout cas, l'effet de surprise est bien au rendez-vous puisque tout juste sorti de la ville, le bus se retrouve au milieu des montagnes rocheuses et arides et puis bien vite, c'est un désert qui s'offre à nous, alternant un sol de terre rouge, de caillasses ou de sable, sans un brin de verdure aux alentours. Pas un brin de verdure en effet, sauf lorsqu'un peu plus loin, il m'a fallu un petit moment pour comprendre ce qui se passait... A gauche, l'immensité sèche, toujours, et sur le côté droit, à même la route, des pâturages, des jardins, des vergers, des cultures ! Je tourne la tête à gauche, à droite. A nouveau : à gauche, puis à droite. Oui, c'est bien ça : nous sommes toujours en plein milieu du désert mais la ville verte qui s'étend sur la droite n'est rien d'autre qu'une oasis ! Je n'en avais jamais vue, c'est simplement extraordinaire ! Comme venue d'une autre planète, un petit bout de vie posée la, au milieu de ce qui parait être nulle-part. A une autre reprise, nous avons traversé une oasis (Oasis ! Oasis ! c'est bon ! c'est bon !) et puis après tant d'autres dunes et montagnes, c'est Tacna, illuminée dans la vallée qui s'est approchée.

Je m'y suis trouvée une piaule pour la nuit, sur le toit d'un bâtiment de six étages près du terminal de bus, parfait pour découvrir, en me réveillant, la ville aux prises à ces immenses dunes qui s'étendent à perte de vue au loin. Paradoxe : édifices en béton faits de sable solidifié et prisonnier, entourés de milliards et milliards de grains de sable encore libres qui volent au vent.


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Message par Lilie le Ven 8 Juin - 13:20

Pour passer la frontière, c'est dans un taxi collectif que j'ai embarqué ce matin, une vieille auto américaine, genre Mustang, très large, avec un capot énorme et un coffre plat capable de loger sans peine les bagages des 5 passagers. Je suis assise à l'avant et bien qu'un homme est logé entre le chauffeur et moi-même, je suis toute à mon aise, pas serrée pour un peso ! Toujours le désert, mais là, c'est une plaine que nous traversons tout du long et sur cette longue ligne droite bétonnée, dans cette grosse voiture américaine, la radio en sourdine, je me crois sur la route 66 aux Etats-Unis et je n'arrête pas de fredonner "Sur la route de Memphis" de mon pote Eddy. On passe la frontière sans encombre, et vingt kilomètres plus tard, je suis au terminal de bus d'Arica, côté chilien.
Me voila donc de retour au Chili !- mais sans mes cheveux... Oui, petit passage chez le coiffeur à Arequipa pour ce qui devait juste être une coupe rafraichissante. Je lui ai bien montré à la nana la longueur à couper : cinq centimètres, pas plus... Je suis tombée sur une psychopatate des ciseaux qui m'a allégé la tête de 15cm ! Ça va, c'est une psychopatate qui a du goût, elle m'a bien taillé ça, mais quand même : où sont passés mes cheveux ?!
Retour à mes vigognes. J'achète mon ticket direction Iquique, sur la côte. J'ai le temps, ma montre indique 12h15 et le bus part à 14 heures. Le temps donc pour manger un morceau et je prends place tranquillement à une table du bar du terminal. Je suis aux toilettes lorsque j'entends mon nom appelé au micro. Je consulte mon cadran : 13h10... Merde ! Je suis conne ! J'ai oublié de changer l'heure de ma montre ! Il y a une heure de plus ici qu'au Pérou, je le savais pourtant !... Je détale les escaliers et 2 minutes plus tard je suis confortablement assise sur le siège numéro seize de mon bus.

Là encore, du désert, joli et intriguant. On traversera quelques villages, des exploitations minières, une ville fantôme aux vitres brisées, aux bâtiments en ruines et pourtant le bus s'y arrêtera pour en laisser s'échapper un homme, avant de reprendre la route. Le soleil baisse maintenant et ce que j'aperçois à travers la vitre ressemble à une peinture sortie d'un musée : les dunes et montagnes orangées, le ciel rempli de trainées bleues, blanches, jaunes et roses pastel, orange vif aussi. La nuit et la brume tombent quand on arrive à Iquique. Iquique qui a déjà allumé ses lanternes mais, bien qu'il fasse sombre côté terre d'où l'on arrive, le ciel est strié de rose vif au dessus de l'océan.
L'océan ?! Mais oui ! C'est l'Océan Pacifique que je vois là ! La mer ! L'Océan Pacifique ! Je ne sais pas ce qui m'a rendu la plus heureuse : le fait d'apercevoir la mer que je n'ai pas vue depuis La Terre de Feu, après avoir passé plus de trois mois à côtoyer les Andes, ou bien le fait de savoir que ces eaux sont celles de l'Océan Pacifique, que je voyais pour la première fois de ma vie.

En tout cas, c'est la banane jusqu'aux oreilles que j'ai quitté le bus. Et oui, demain, pour la première fois depuis longtemps, je l'espère, je vais pouvoir aller tremper mes pieds dans l'eau salée, respirer l'air marin, écouter les mouettes et les vagues. Et je le sais, demain aura le goût d'une glace dont je ne connais pas le parfum, doux et délicieux à la fois : celui du Pacifique !


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Message par Lilie le Sam 9 Juin - 13:51

2 juin 2007, Rapa Nui (Ile de Pâques)


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Dim 10 Juin - 12:21

Ile de Pâques, Tropique du Capricorne, Polynésie, Moaïs. Tous ces mots qui font rêver se rapportent à cette petite ile perdue au milieu du Pacifique, à mi-chemin entre Tahiti et Santiago du Chili. Rapa Nui, de son nom original polynésien, désigne aussi les habitants de l’ile, la langue, et tout ce qui est propre à ce petit bout de roche volcanique.

J’ai encore beaucoup à apprendre sur Rapa Nui, cela ne fait que quatre nuits que j’y ai mis les pieds. Mais je ne pourrai pas en apprendre plus que ce que les gens d’ici en savent de toute manière. De quand datent les statues Moaïs, ces gens de pierre gardiens de l’ile ? Pourquoi et comment ont-ils été érigés ? Que signifient les nombreuses gravures polynésiennes que l’on trouve un peu partout sur l’ile ? Où sont passés les yeux des Moaïs ? Quand est-ce que les premiers habitants sont arrivés sur cette ile, quatre ou huitième siècle ? Presque tout, sur cette ile, reste une énigme. Son passé, son histoire, ses origines. Tout ce que nous savons ou pensons en savoir tout du moins, ne sont que des suppositions. Et c’est peut-être mieux ainsi, le mystère ajoute une part de magie à cet endroit enchanteur.

Je suis arrivée mardi midi, après cinq heures trente de vol depuis Santiago du Chili. Le Chili, pays auquel est officiellement rattaché Rapa Nui, bien que tout y est différent mis à part les institutions et la monnaie, forcément.
Les gens d’ici sont des Polynésiens, pas des Sud-Américains : grands et forts avec des visages carrés, de grands yeux en amande, de gros bras, et une bonne ossature. En mettant un Tahitien et un Rapa Nui côte à côte, ma main à couper que personne ne saurait dire qui est qui ! Aujourd’hui, sur les quatre mille habitants que compte l’ile, un bon quart est étranger ou d’origine étrangère.

Même Tio, mon guide équestre-chevalier-servant a du sang français dans les veines !
Je l’ai rencontré quelques heures à peine après mon arrivée : il me cherchait ! En effet, Cecilia, chez qui je dors, lui avait rapidement passé le mot lorsque je me suis enthousiastement renseignée pour visiter l’ile à cheval.
J’étais sur le site de Tahai, près du village, à essuyer mes larmes d’émotion au pied de ces quelques Moaïs lorsqu’il m’a trouvée. Sur sa monture, un bandeau dans les cheveux pour attacher ses cheveux longs, et le fouet en main, un vrai Zorro polynésien ! Il m’a proposé d’aller faire un tour avec lui, gratuitement, pour voir si ça me plairait. Tu parles si ça m’a plu ! Je n’avais jamais vraiment monté à cheval avant, quelques séances d’une heure ici ou la, et c’était il y a fort longtemps. Mais mon amour des chevaux est plus fort que la pratique qu’il me manque, et à deux sur le même cheval, au galop, j’étais aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau ! C’est ainsi que je me suis retrouvée pour mon premier soir sur Rapa Nui, au galop, le long des côtes, avec un superbe coucher de soleil face à moi !

Après quatre heures en compagnie de Tio, on s’est mis d’accord sur un prix (un cadeau qu’il me fait !) et le lendemain midi, j’étais à le regarder préparer les deux chevaux près de sa maisonnette perdue au fond des bois. Il savait que je ne savais pas monter mais selon lui, il m’avait vue à l’aise la veille et pensait que je pouvais me débrouiller sur mon propre cheval. Effectivement, une heure plus tard, j’étais déjà au galop parmi les anges (des ailes m’avaient poussé entre temps), sur ces grandes étendues sauvages, le soleil et le Pacifique veillant sur moi.


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Wapiti le Dim 10 Juin - 19:02

mon dieu ! le retard de lecture que je vais avoir à rattraper quand j'en aurai le temps !


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Dim 10 Juin - 19:14

T'inquietes, ca va se calmer bientot: je vais bientot reussir a rattraper le temps reel 2012! clin d'oeil


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Invité le Lun 11 Juin - 9:23

Ah oui... sourire
La mystérieuse et magique île de Pâques ! rêveur

Les "chercheurs" me font parfois bien rire !!! clin d'oeil

Quand je pense qu'il leur a fallu plusieurs dizaines d'années... Avant de prouver que... L'hypothèse...
Qui avait été émise... Et qui consistait à penser que... Les habitants de l'île de Pâques... Pouvaient être... Originaires de... Polynésie !!! surpris

Moi Lilie, il ne m'a pas fallu bien plus qu'une vingtaine de secondes pour en être persuadé !!! rire
Tout simplement le jour où en écoutant une K7 audio que je venais de ramener du Chili et contenant "Paroles et Musiques" en provenance de l'île de Pâques,
je me suis immédiatement rendu compte qu'il s'agissait de Chants et Musiques Polynésiens !!!

Ce qui pour moi prouvait de manière indéniable et sans faire de "longues recherches", que les Pascuans étaient bien originaires de... Polynésie !!! clin d'oeil gag ! rire

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Lun 11 Juin - 10:57

Lilie sans Cheveux ? Lilie façon" coupe Fabien Barthez"!! T as pas une photo? on ne t'as pas confondu avec les moais après ?
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 11 Juin - 19:03

Pas Lilie sans cheveux, mais Lilie les cheveux (trop) courts. clin d'oeil

Je n'ai que ca, mais la, ils avaient deja repousse un peu. clin d'oeil





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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 11 Juin - 19:13

Nous avons chevauché le long de la côte Nord de l’ile, Tio m’a montré des cavernes introuvables pour ceux qui se baladent sans guide. La grotte-caverne aux deux fenêtres, par exemple, à laquelle on accède en marche arrière par un trou qui s’enfonce sous le sol à cent cinquante mètres environ des falaises. Sombre et bas, le couloir débouche sur une vaste grotte qui se divise ensuite en deux corridors, lesquels vous mènent après quelques dizaines de mètres, directement au bord des falaises, au trois-quart de leur hauteur ! Le soleil baissant et la marée montante vous offrent ici un spectacle merveilleux.
On a regardé le soleil se coucher au pied d’une autre grotte débouchant sur les falaises, avec notre rhum-coca en main : le pied !

C’est de nuit et au galop que nous sommes rentrés. Le lendemain, j’étais de nouveau à arpenter les trésors de l’Ile de Pâques, en compagnie de Tio toujours. Mais moins fun que la veille, et pour cause : mon corps n’était qu’un tas de douleurs, aux épaules, au fessier ; les tibias aussi, sur lesquels avaient frotté les sangles en cuir des étriers, toute la journée de la veille. Nous sommes allés plus loin pourtant, mais nous avons passé moins de temps sur nos équidés. On s’est posé sur des rochers, bien isolés de tout, sauf des poissons, que nous avons pêchés pendant trois heures.
Un fil, un hameçon, du pain et une cuisse de poulet, voici l’attirail du pêcheur local ! Au total, plus d’une trentaine de poissons, surtout sortis de l’eau par Tio, j’avoue. J’aime bien pêcher mais de là à toucher la bestiole et lui retirer l’hameçon de la bouche, ou bien de lancer le fil suffisamment loin, faut pas pousser non plus ! Et Tio avait pensé à tout : du citron pour agrémenter les deux poissons frais et crus qu’il nous a vidés et découpés ! Avec un peu de pain et du pisco à trente-cinq degrés pour faire passer ça, un délice ! Là aussi, nous sommes rentrés de nuit après avoir eu tout le temps d’admirer, sur le dos de nos chevaux, le baisser de rideau sur l’océan.

Tio m’a invitée à manger le reste de poissons chez sa maman. Une vraie maison familiale où l’on vous accueille sans grandes pompes, sans embrassades, comme si vous étiez déjà un vieil ami de la famille. Il y a plein de mômes dehors et tout juste descendue de la selle, l’un d’eux m’offre une noix de coco fraiche cueillie. Quelques gamins s’amusent à grimper le cocotier justement, pieds et mains nus. Tio me dit d’avancer dans la cuisine.

- Tiens assieds toi là, il y a du café, du sucre et de l’eau chaude dans le thermos. Prends du pain aussi si tu veux.

Sa maman est assise au coin de la table, il y a quelques adultes et adolescents aussi qui vont et viennent dans la pièce, prennent à peine note de moi. Ça parle en Rapa Nui, je ne comprends rien mais j’aime bien la bonne ambiance familiale qui règne dans cette maison. Bon, puisqu’il semble qu’il faut que je fasse comme chez moi, et bien je prends mes aises. J’aime ces endroits et ces gens, simples et sans froufrous ; je suis toujours plus à l’aise parmi eux qu’avec ceux qui me demandent de me laver les mains avant de me mettre à table.
Une femme arrive, c’est Rosa, la soeur de Tio... qui parle français ! C’est elle qui m’expliquera ce soir-là, et le lendemain aussi, toute l’histoire de la famille : comment MVP., Brestois, est arrivé sur l’ile au début du XXe siècle, comment il a donné naissance à MP., son fils unique marié à LH., fille unique d’un Irlandais, elle-même qui donna naissance à treize enfants, dont RP., marié à une Rapa Nui et père de Rosa et de Tio et de toute une progéniture.
Dans cette maison vit la mère de Tio et l’un de ses frères seulement. Pourtant, ce soir-là, comme tous les soirs, nous étions une quinzaine.

Hier, mon petit corps endolori me demandait du repos, je suis donc restée tranquille. Et lorsque je suis allée à Tahai pour admirer le soleil se coucher derrière les Géants, c’est Tio qu’est venu me trouver, comme le premier jour. Il m’a emmené faire un tour à cheval et m’a invitée à prendre le café ensuite chez sa mère. Les mêmes visages, la même bonne humeur. Et un bon repas arrive sous mon nez sans même que je m’en aperçoive !


Qu’ils sont gentils les gens ici ! Simples et généreux, ils accueillent l’étranger naturellement. Peut-être ai-je de la chance tout simplement. Mais c’est mon impression jusqu’à présent. Et maintenant, je pose mon crayon pour profiter de mon cinquième coucher de soleil flamboyant, en faisant causette à ce grand Moaï, pas aveugle celui-ci, qui se dresse tout droit avec son chapeau, face à moi, et dos à l’océan.


[...]


Tous les prénoms relatifs à mon séjour sur l'Ile de Pâques ont été modifiés.


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