Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

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Lilie

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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 17 Sep - 12:54

Tes lézards sont des mini varans de Komodo !!

Des varans, tout simplement. clin d'oeil


pffff... des maillots de bains accrochés sur un arbuste ne prouvent rien .. je veux vraiment voir si tu t'es baignée toute nue !! ......

Photos non partageables, tu t'en doutes bien! haha! Je peux simplement te dire que ce jour-la, j'ai compris les nudistes: sentir le vent sur ta peau en te balladant sur la plage, meme la baignade... A 25ans, j'ai decouvert de nouvelles sensations, alors que celles-ci sont completement naturelles!


et tu n'as pas eu peur à dormir dans une tente avec des serpents dangereux autour ?


Si, et meme en entendant les dingos hurler. Mais je n'etais pas seule sous la tente, alors il ne pouvait rien m'arriver (bien que j'arrive a faire psychoter les gens tellement je suis parano haha!). clin d'oeil


est ce interdit de monter sur le gros rocher ?

Je n'ai sans doute pas ete assez explicite dans la note: on etait perdu en pleine foret, Lahaut. Le sentier n'etait meme pas fleche. On avait trouve cette "excursion" apres avoir fait le tour des agences de rangers, de protection de la foret et de l'office de tourisme de Cairns, en cherchant quelque chose hors des sentiers battus. On nous a envoye la, la voiture garee sur le bord de la route a une dizaine de kilometres du blede le plus proche. On a atteri sur ce rocher apres avoir perdu la piste, par hasard. Comme je ne m'etais pas remise des rencontres serpentilles (les sangsues, je n'en parle pas), et qu'il etait environs 16h, et qu'on ne savait pas ou etait la soit-disant aire de camping (qu'on n'a jamais trouve le lendemain non plus), on s'est pose la. Alors interdit, ca m'etonnerait que ca l'etait, parce que pour etre interdit, encore aurait-il fallu que la piste soit flechee! rire


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 17 Sep - 12:58

L’Australie, c’etait surtout un point strategique dans ce voyage: l’endroit entre Amerique du Sud et Asie du Sud Est ou je me poserais, ou je travaillerais aussi surtout, pour remonter la cagnotte et continuer le voyage. Mais l’autre interet de ce pays-continent pour moi, outre de voir enfin tout ces decors et animaux exotiques qui me faisaient rever depuis toute petite, c’etait surtout de me faire ma propre idee de la situation des aborigenes en Australie. Je voulais essayer de comprendre un peu mieux comment ils vivaient au vingt et unieme siecle, comment ils etaient percus par les Blancs, comment se passaient la co-habitation entre la population indigene et la population descendente des colons.

C’est a Alice Springs et dans l’Outback que j’y ai trouve le plus de reponses. Alice Springs, ville de western, de cow-boys, situee en plein milieu du continent, a mille six cent kilometres d’Adelaide au Sud, et mille cinq cent de Darwin au Nord, les deux villes les plus proches si on elimine les quelques towns ne depassant guere la poignee de milliers d’habitants.
Quand on parle des Aborigenes, on peut avoir l'image d'un peuple retranche, vivant en tribu et chassant le kangourou, habilles seulement des quelques traits de peinture jaune, rouge et blanche. Il y a quelques decennies, c'etait peut-etre encore le cas effectivement... Aujourd'hui, ceux qui choisissent de perpetuer ces traditions sont marginaux, peut-etre dix pour cent d'entre-eux seulement, et encore... Pour le reste, on les voit dans les rues, assis, sales, a boire ou non, a pleurer de leur Terre d'antant, perdus dans un monde qui n'est pas le leur, qui ne l'a jamais ete et qui ne le sera jamais. Le gouvernement australien peut infiltrer des milliers et des milliers de dollars pour ces communautes, l'argent ne leur ramenera ce qu'ils ont perdu pour toujours, incapables qu'ils semblent de s'integrer dans une culture de Blancs.
L’Ayers Rock, par exemple, me laisse un sentiment amere. Autant j’ai ete emerveillee par la beaute de la nature, autant je n’ai pas reussi a faire abstraction du fait que ce ne soit plus qu’une attraction pour touriste, defaite de tout son cote culturel. Je n’ai pas aime les pancartes interdisant de prendre des photos de peintures sur roche, je n’ai pas aime les panneaux explicatifs purement geologiques et en rien en rapport avec ce que ca representait autrefois pour les aborigenes. Et puis, il faut situer ce Gros Rocher: il est a quatre cent cinquantes kilometres d’Alice Springs, c’est a dire au milieu de nulle-part. Alors pour loger les hordes de touristes qu’on fait venir, on a construit un semblant de “town”, une sorte de village vacances, avec toute sorte d’option d’hebergement, pour tout budget. Tres peu d’Aborigenes ici donc, et nous trouvions bizarre que le personnel des magasins, de l’office de tourisme, etait compose de blancs uniquement. Apres tout, le gouvernement australien ne clame-t-il pas avoir “redonne” le Rocher et sa terre a son peuple d’origine?
Combien d'Aborigenes ai-je vu travailler jusqu'a present? Un seul: le receptionniste d'un hotel a Cairns. Pour le reste, ceux avec qui nous avons parle, c'etait autour d'un verre dans un bar, ou dans la rue. Et les enfants, combien sont scolarises? en semaine, jour d'ecole, on les voit jouer dans les parcs, pieds nus la plupart du temps... et les Blancs australiens, qu'en pensent-ils? Pour la plupart, ce que j'en ai percu, ils les traitent comme une "sous-race", pas pour rien que ces quelques bars purement aborigenes d'Alice sont appeles "animals’ bars" et que ceux ou les Blancs vont sont appeles "humans’ bars"... Ca veut dire beaucoup sur la maniere dont les blancs percoivent les indigenes australiens. Peut-etre ces deux expressions sont la reponse a mes interrogations...
On s’est retrouve a dix heures le matin avec F., par hasard, par ignorance surtout, dans l’un de ces “animals’bars”, une sorte d’endroit anarchique pour aborigenes, qu’on leur octroye et ou ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Une sorte de guetto, cache derriere les murs d’un bar, ou le reste du monde ne veut rien savoir de ce qu’il s’y passe. Cannettes par-terre, c’est enfume, on crache, on crit, on rit et... on boit beaucoup, surtout. A dix heures le matin, surpris et surtout sans comprendre ou on mettait les pieds, on est ressorti rapidement.

L’alcool est un fleau pour les aborigenes, leur metabolisme n’ayant jamais ete habitue a l’alcool, cela les devastent plus que n’importe quelle autre communaute. Voila ce que l’homme occidental a fait de l’une des plus vieilles civilisations du monde: elle les a transformes en alcooliques, perdus dans les villes, passant leur temps assis sur le trottoir, a regarder les Blancs passes, et a pleurer... Triste realite pour la majorite d’entre eux, loin de la chasse au kangourou et de la cueillette, quelque part dans le desert australien, qui resonne encore de ses habitants aux ames desormais perdues.


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Mar 18 Sep - 0:02

Je ne veux pas lancer de polémiques sur les aborigènes mais bon..... cela fait un bout de temps que les aborigènes ont , je pense , les même droits que les australiens "blancs" (depuis 1962 ils ont le droit de vote et en 1976 la propriété aborigène de certaines terres est reconnue et elles leur sont restituées ) et qu'ils ne sont plus persécutés par ces même " colons blancs "et ce n'est pas en se lamentant et en buvant de l'alcool dans de sordides bars qu'ils vont sauver et entretenir leur culture et leur mode de vie millénaire .( et de plus, qui a allumé la flamme olypique en 2000 à Sydney ?)
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geob

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par geob le Mar 18 Sep - 11:11

Une approche plus subtile sur la réalité des Aborigènes, dans un film qui m'a beaucoup intéressé :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-pays-ou-revent-les-fourmis-vertes-herzog
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mar 2 Oct - 13:41

25 septembre 2007

Alice Springs to Darwin: 2400 kilometres et six jours.

On a quitte Alice Springs, F. et moi, Dimanche, en milieu de journee. Aucun plan, juste suivre la mythique N87, l’Explorer Highway, ou Stuart Highway comme on la nomme aussi. La suivre, et ce jusqu’a Darwin, avec eventuellement un detour par le parc national pres de Katherine, trois cent kilometres avant Darwin, parc national dont j’avais entendu parle mais dont je ne connaissais rien, ni meme le nom. On a loue une voiture pour huit jours, la tente et un maigre equipement de camping dans le coffre. L’equipement de camping, c’etait celui que nous avions achete a Cairns, pour les Misty Mountains, dans la foret tropicale: une assiette-poele en aluminium, deux grandes tasses dont une avec couvercle, deux fourchettes, un sac de couchage une personne qui se dezippe entierrement pour couvrir nos deux petits corps, deux tapis de sol, deux mini bouteilles de gaz pour alimenter un mini-feu qui tient dans la poche. Pour le reste, ce sont nos deux couteaux suisses, un sac glaciere pour les vingt-quatre bieres, et une fine couverture Qantas que F. a gardee apres son vol depuis Dublin.

Il ne nous faut pas longtpemps pour entrer dans le monde unique de la Stuart Highway. Tout juste quelques kilometres apres avoir quitte Alice, on oublie le reseau sur les portables et bonjour les aigles qui devorent les carcasses de kangourous ecrases sur la route, serpents qui traversent sous nos roues passant a cent quarantes kilometres/heure sur cette ligne droite sans fin, sans ligne electrique, sans habitation. Seul indicatif de presence humaine, ces panneaux “Aileron, prochaine station essence, 128 km – preparez une pause, arrivez en vie”. En effet, sur les mille deux cent kilometres qui separent Alice Springs de Katherine, seule "ville" jusqu’a Darwin, nous avons traverse seulement un town. Le reste, des stations essence d’un autre monde qui offrent camping et chambres basiques, restos routiers jamais vides, toujours avec au moins un client, jamais plus de cinq cependant. Ce qui m’a rapidement surprise, c’est de ne pas voir un seul signe “danger kangourous” sur cette route, alors qu’elle est fameuse pour ses crashs de kangourous, et que le nombre de marsupiaux morts sur la route n’a fait que confirmer la legende a nos yeux. Et ce, jusqu’a Darwin: pas un seul de ces grands classiques des panneaux routiers australiens! Peut-etre parce qu’apres tout, c’est tellement evident que les les signes de prevention ne seraient que superflus...


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Dolma le Mer 3 Oct - 9:12

Je crois bien que Lilie sans la bière ne serait pas Lilie rire !
C'est hallucinant surpris Qu'est-ce que Lilie et son copain emmènent pour faire 2400 kms ? 24 bières LoL !

Sacrée Lilie va bisou

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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Mer 3 Oct - 9:48

Ca fait pas beaucoup .........seulement une bière tous les 100 kilomètres pour deux ..... donc une demie bière tous les 100 kms pour chacun ou une bière entière tous les 200 kms ..... les bières c'étaient des canettes (33cl) éventuellement 50 cl ou des petites bouteilles 25 (cl)?
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Dolma le Mer 3 Oct - 9:56

Ah oui mais c'est sans compter avec celles qu'ils consommaient dans les quelques restos posés le long de leur route langue !

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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mer 3 Oct - 13:25

Haha! Exactement! Heureusement qu'on pouvait s'hydrater dans les rares bar-stations-service! Faisait tellement chaud qu'on s'amusait a faire fondre notre fromage (genre cheddar bas de gamme) dans une boite en plastique sur la plage arriere de la voiture, ca fondait en un rien de temps, et le soir, on mettait ca avec nos crevettes cuites sur le feu! miam !
Il me semble bien qu'on se soit aussi re-approvisionne en bieres a Katherine (des cannettes de 50cl, pour repondre a Sieur Lahaut - cannettes de 33, en Oz comme en Irlande, ca ne se trouve pas, ou rarement).


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mer 3 Oct - 13:32

Pour notre premiere nuit, nous avons pause la tente sur le site de Devils Marbles, juste a temps pour un rougeoyant coucher de soleil sur ces droles d’empilement de rochers couleur de feu. Trois dollars trente par personne a deposer dans une boite a l’entree du campement, simplement equipe de toilettes ecologiques, et voila pour notre premier jour de vadrouille.

Pas de dingos, ni serpents, ni arraignees, ni moustiques... c’est sans encombre ni piqures que nous sommes repartis le deuxieme jour, et a quelle allure! Sans personne sur cette route qui s’etend a l’infini, juste des caravanes et camping cars a doubler parfois, pas etonnant que nous avons parcouru plus de neuf cent kilometres dans la journee, en ayant l’impression de prendre notre temps! Une heure trente pour le lunch, et F., toujours avec la trousse de tomber en panne d’essence, nous faisait faire le plein tous les cent cinquante kilometres, pas plus!... Nous avons meme depasser “le but” prevu pour la journee, c’est a dire Katherine, et avons installe la tente dans un camping tres bien tenu du Nitmiluk National Park, au pied d’Edith waterfalls, impecable pour un bain matinal avant de reprendre la route!

Nous ne pensions pas arriver si pres de Darwin en si peu de temps. Alors nous y voici, en ce troisieme jour, entrant dans le Parc National que notre carte routiere nomme “Kakadu”. La carte est suffisemment detaillee pour nous indiquer les points touristiques du parc. “Gunlom Falls”, c’est ce qu’on decide d’atteindre. C’etait sans compter la piste rouge non goudronnee... Je suis un peu anxieuse, parce que la nana de l’agence de location a Alice nous a bien stipule que notre assurance ne couvrait pas ce genre de “routes”. Finallement, apres une heure et quarante kilometres, nous arrivons au pied des chuttes... assechees! C’est pas vrai! J’y crois pas! Juste un maigre filet d’eau qu’on apercoit a peine, en plissant les yeux. Bah merde alors!... Pas grave, avec cette chaleur qui nous casse les jambes, on en profite pour s’eponger sur l’herbe tiede, a l’ombre, pendant une bonne partie de l’apres-midi avant de reprendre la route pour trouver un endroit ou camper: un camping, dans la region des Yellow Waters, sortes de marais du nord australien, toujours au sein du parc national.
Les charges du campement sont collectees a la nuit tombee par un couple de rangers cinquantenaires a velo... qui nous indiquent la seance “cinema aborigene” sur ecran plein air, a quelques centaines de metre de notre tente! Ouah! C’est le pied, ce campement!
Bieres et cacahuetes en main, F. et moi nous y rendons, interesses que nous sommes d’en apprendre plus sur l’un des plus vieux peuples du monde, encore pas tout a fait exteint. Ce n’est pas un film, mais des photos que, Violet, chef d’un clan du coin, nous commente. Photos de sa famille, de sa vie; photos des tortues, qu’ils chassent et cuisinent, photos sur les feux qu’ils declenchent en periode humide pour entretenir leur terre et eviter les feux sauvages, et ce, depuis des millenaires; commentaires sur les bienfaits des barbecues de chauve-souris pour les asmatiques, ou sur les racines de telles ou telles plantes. On apprend egalement que meme si les aborigenes du Parc vivent encore traditionnellement, ils ont maintenant integre les outils des Blancs, vivent dans des maisons et ont abandonne les armes blanches pour les fusils de chasse. Pour cette premiere journee dans le Parc de Kakadu, je me sens enfin et finallement sur une terre aborigene. Leur Terre. Et cela n’a fait que s’amplifier dans les jours qui ont suivi.

Le bemol dans ce voyage culturel au coeur de Kakadu, c’est que durant la premiere nuit dans le parc, je me suis faite bouffer par fourmis et moustiques: une centaine de piqures etalees sur le corps, les trois-quart sur mes pieds... contre une petite vingtaine seulement sur le corps de F. (j’ai compte!). Je lui avais bien dit que j’etais un repulsif naturel et qu’il n’avait rien a craindre en etant a mes cotes! Je ne suis pas stupide, je m’etais pourtant bien impregnee de produit qui produisait meme un effet d’abstinence sur les baisers de mon cheri... Il semble en fait que ces substances repugnent plus les hommes que les petites bestioles...


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Jeu 4 Oct - 13:11

Lors du cinquieme jour (non, je ne re-ecris pas la Bible) de notre road-trip jusqu’a Darwin, soit le deuxieme dans le Parc National de Kakadu, mon impression de la veille s’est confirmee: tout, dans ce parc, resonne des Aborigenes, encore bien presents et maitres de leur Terre. Les panneaux explicatifs des dessins sur les rochers sont faits par les Aborigenes, expliquant dans leurs mots ce qu’ils signifient. Ils expliquent aussi pourquoi tel ou tel lieu est sacre pour eux; le centre culturel de Cooinda est gere par les Aborigenes, en association avec le gouvernement australien du Territoire du Nord. Kakadu, bien moins celebre que le Parc National d’Uluru, l’Ayers Rock, la coqueluche du Lonely Planet, symbole hypocrite d’une nation de pionniers qui ne comprend rien a ce peuple indigene installe la des millenaires avant eux.

Je n’ai pas aime l’Ayers Rock. Rien est aborigene la-bas. Les explications sont purement scientifiques et geologiques, les mentions de “respect” pour les Aborigenes sont les panneaux vous interdisant de prendre des photos des peintures sur les lieux dits “sacres”. Ce serait tellement plus credible si vous admettiez les interdire, ces photos, pour preserver l’exclusivite des dessins et les droits de reproduction! Rien de tout cela a Kakadu, au contraire. On sent que les Aborigenes veulent faire partager leur culture, et sont libres de le faire (ou pas). Et les Blancs avec qui nous avons parle dans le parc n’avaient rien a voir avec les autres Blancs d’Alice Springs ou d’ailleurs. Cette femme ranger par exemple, qui a vecu un an au Guatemala et sept ans en Honduras avec les indigenes. Celle-la meme qui nous a donne l’occasion a F. et a moi de parler espagnol pour la premiere fois ici, meme si elle pretendait ne pas avoir un bon espagnol pour cause de parler principalement les dialectes locaux en Honduras. Cette femme australienne qui nous a parle des Aborigenes comme si elle etait des leurs, les comprenant. Non, ils ne sont pas faineants. S’ils ne veulent pas travailler, c’est parce que pour eux, dans leur culture, ils ne comprennent pas pourquoi, ils n’ont pas la notion du “devoir faire” mais celle du “je le fais si j’en ai envie, si j’en ai besoin”. Ils ont vecu de chasse et de peche pendant des millenaires (les scientifiques estiment a cinquante mille ans la presence des Aborigenes en Australie), vivant en communautes, et tout cela subvenant a leurs besoins primitifs. Pourquoi devraient-ils soudainement se creer de nouveaux besoins par le simple fait que l’homme blanc est arrive sur leur Terre il y a seulement deux cent ans? Deux siecles pourraient-ils effacer ou changer subitement des modes de vie qui datent de quelques dizaines de millenaires? Et pour quelles raisons? Non, vraiment, je ne vois pas.


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 5 Oct - 12:54

Apres trois jours a Kakadu, il nous fallait continuer la route pour Darwin, d’ou nos vols respectifs pour Perth et Sydney nous attendaient. Darwin, qui sonnait notre separation (physique) a F. et a moi. Mais avant de penser a cela, nous avions encore quelques jours devant nous!

Alors Darwin... quel choc! Trente kilometres de peripheries commerciales et industrielles a traverser, notre premier feu de circulation apres plus de deux mille kilometres de route, des immeubles, des voitures, des rond-points... Peut-etre aurais-je trouve la ville charmante dans un autre contexte mais non, apres la deserte N87 et le paisible Kakadu National Park, le retour a la modernisation etait trop rude pour moi, pour nous. Ce qu’on a surtout aprecie a Darwin en fait, c’est la vie nocturne! Arrives un Vendredi apres-midi, on a festoye toute la nuit. Idem pour la seconde nuit, blanche celle-ci, pour cause de France-Irlande en premier tour de coupe du monde de rugby. Apres avoir cherche une bonne demi-heure un endroit encore ouvert a cinq heures du matin pour voir le match, c’est finallement un Francais d’un kebab shop qui nous a indique le casino, le seul endroit de la ville encore ouvert a cette heure-la et qui diffusait le match. Vint-huit a trois, mediocre match, heureux pour les Francais, decevant pour les Irlandais qui necessitaient la victoire pour se qualifier.

A Darwin, comme a Alice Springs, nous nous sommes faits approches par les Aborigenes plusieurs fois. Pour nous demander des cigarettes, la plupart du temps. Mais ce n’est pas vers moi, femme blanche, qu’ils venaient, je l’ai bien remarque. C’etait vers F.. F. est Mexicain, de descendance aztecque, il a grandi et vecu dans la jungle urbaine; la rue, la pauvrete, il connait. Depuis que je suis en Australie, je n’aime pas mes reactions. Peur du pauvre, peur des minorites. Je reagis comme les “gringos” que je detestais en Amerique du Sud. Je me fond dans la masse... F., lui, est authentique. Cet aborigene, hier soir, sur le marche pres de la plage, c’est encore une fois a F. qu’il s’est adresse pour lui demander de l’argent. Il etait saoul. Moi, seule, j’aurais dit “non, non” et me serait eloignee. F., lui, l’a traite comme tout le monde:

- Hey! Man! Qu’est-ce que tu veux?

L’homme pretendait vouloir de l’argent pour acheter a manger dans un magasin en ville.

- Regardes, on est sur un marche. Tu peux avoir tout ce que tu veux. Dis-moi ce que tu veux, et je paye.

Apres deux ou trois minutes de negociation, il a finalement accepter l’offre de mon homme, et nous a guide vers le stand chinois pour un plat de riz et je ne sais quoi. F. a paye, l’homme nous a remercie et on a continue notre ballade, F. s’excusant d’avoir interrompu notre discussion. Pour lui, s’etait juste naturel.
Je m’apercois qu’il est facile de juger les gens. Je ne suis pas authentique comme j’aimerais l’etre. J’aimerais pouvoir reagir comme F., n’imporque quand, n’importe ou. Ce qu’il a fait, c’est comme ca que je vivais en Amerique du Sud. Tout simplement parce que c’est comme ca la-bas. Tout ce que j’ai fait, c’est m’integrer a la majorite, je crois. Et c’est ce que je fais en Australie aussi, meme si en fait, ca ne me plait pas.

Et puis, nos retrouvailles avec F. ont pris fin hier soir, apres trois semaines de pur bonheur. Je l’ai laisse s’envoler pour Dublin, et depuis, c’est comme s’il manquait quelque chose de moi. La voiture de location, la chambre, le lit, Darwin, les trottoirs... Tout semble vide sans lui. Je m’envole cet apres-midi pour Perth. Dans six jours, je m’envolerai de cette meme ville pour Jakarta, une autre ville, un autre pays, un autre continent, d’autres cultures... Mais avant d’avoir deja la tete dans d’autres horizons, je compte bien profiter de mon periple australien jusqu’au bout!


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 5 Oct - 13:42

mon dieu ! J'ai deja pris du retard dans les notes, ici, mais en plus, je viens de me rendre compte qu'en octobre 2007, j'ai vachement griffone sur mon cahier! Je crois que la retranscription a partir de maintenant, et jusqu'a la fin du carnet, va etre decalee. clin d'oeil


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 8 Oct - 13:45


27 septembre 2007

Augusta, Cape Leeuwin

Ce voyage est un reve en soi, un reve de gamine. Il englobe aussi d’autres reves: Ushuaia, le Lac Titicaca, le Machu Picchu, l’Ile de Paques, l’Opera de Sydney, la grande barriere de corail, l’Ayers Rock, ... Le Cap Leeuwin en etait un autre. Et tout comme ceux cites precedemment, ce n’est desormais plus un reve, mais un souvenir grave dans ma memoire pour toujours. Et comme pour tous ces reves realises, lorsque je l’ai atteint, apres huit kilometres de marche depuis Augusta, j’ai pleure. Oui, l’un de mes reves de gosse, c’est d’aller voir les trois grands caps des mers du Sud: Cap Horn, Bonne Esperance, et Leeuwin. Ces memes caps qui me faisaient rever lorsque je regardais le Vendee Globe a la tele, et qui semblaient si loin, si inaccessibles, a l’autre bout du monde! Cap Horn, j’etais a quelques kilometres de ce rocher quand j’etais a Ushuaia. Mais le prix de la croisiere representait ce que j’ai depense pour deux mois en Argentine! Alors non merci. Tant pis, peut-etre une autre fois... A la voile...

Cap Leeuwin, au Sud Ouest de l’Australie, c’etait le motif de mon vol pour Perth. Je ne savais rien de ce cap, ne savais pas si c’etait accessible, touristique, ou quoi que ce soit. Tout ce que je savais, c’est que j’avais une semaine dans les environs de Perth pour essayer d’y acceder. C’est en fait tout simple pour s’y rendre, a six heures de route en bus depuis Perth, vous traversez les Wetlands (marais), les vignobles, et puis vous descendez a Augusta, un blede tout juste plus grand que mon blede natal, a la seule difference que vous avez un office de tourisme et quelques hebergements. Touristique donc. Oui, au dire de l’office de tourisme, c’est cent mille personnes qui se rendent chaque annee au point le plus au sud-ouest du Down-Under. Et c’est un phare construit en 1885 qui vous y accueuille, la ou l’Ocean Indien et l’Ocean du Sud se rencontrent. La force des elements, de l’eau, du vent. Et le site est beau, en plus! Quelle force! Ces vagues!... j’imaginais les Tabarly, Kersauson, Loic Peyron et Ellen McArthur a naviguer sur ces eaux... et je pleurais. Tous ces Grands, tous, ils passent ici, a quelques milles du rocher ou je me tenais, poussee par un vent terrible. Chapeau bas, mes Grands, respect... Ce n’etait pourtant pas un jour de tempete aujourd’hui, et pourtant, sur la terre ferme, je n’arrivais pas a tenir sur mes deux pieds tellement le vent etait fort. Et puis, ces courants si forts... alors, vous imaginez, vous, sur l’eau, la-bas, touts seuls a naviguer... Respect, vraiment. C’est grace a vous que j’etais la aujourd’hui, vous qui m’avez fait rever et continuent de le faire meme si je ne suis plus vraiment les courses autour du monde. Ellen McArthur, “Du vent dans les reves”, j’avais dix-huit ans quand t’as fini deuxieme au Vendee Globe du haut de tes vingt-quatre pijes... J’en ai vingt-cinq aujourd’hui, et j’etais au Cap Leeuwin il y a quelques heures, sur la terre ferme, du vent dans mon reve... C’est en partie des gens comme toi qui m’ont donne l’envie de voyager, c’est en partie grace a toi que je suis la aujourd’hui. Merci.



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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mar 9 Oct - 13:16


2 octobre 2007
J’avoue j’en ai bave pas vous...

“Ne vous deplaise, en dansant la Javanaise...”
Je crois que mon grand-pere aimait bien cette chanson de Gainsbourg.
Me voici atterie a Jakarta, sur l’ile de Java, comme un grain de riz dans la soupe... Je me suis bien evidemment faite arnaquee par le taxi hier dans la nuit, en arrivant a l’aeroport. Quand j’y pense aujourd’hui, deux cent mille Roupies, c’est enorme! Ca vaut cinq cent kilometres de train sur l’ile!

J’ai bien fait d’avoir choisi l’Asie du Sud-Est comme dernier “monde inconnu de ma petite personne” sur ce voyage. En effet, je suis paumee. Vraiment. C’est la langue, surtout. Quand j’ai debarque a Buenos Aires, j’etais perdue egalement, mais bon, l’espagnol ca reste quand meme proche du Francais et en ajoutant “o” ou “a” a la fin des mots, je pouvais quand meme me demerder. La, niette. Heureusement pour moi, j’avais chope a Sydney une ancienne edition du Routard Indonesie, et c’est dans sa rubrique “langues” que j’apprend a dire bonjour et merci. Oui, c’est la langue principalement qui me pose probleme. Pour le reste, je peux me demerder... Traverser les avenues en serrant les fesses et en slalomant entre les motos et les touk-touks, je peux apprendre; manger mon riz et mon poulet a la main sur le trottoir, je peux faire; faire ma toilette a l’aide d’une tasse flottant dans un seau d’eau, ca ne me derange pas; transpirer comme une grosse vache par un temps chaud et humide, ca va; mais la langue, non vraiment, il faut que je m’y mette! Les rudiments tout au moins. Et encore, la ca va, c’est la capitale: si mon chauffeur de bekak, tricycle a moteur de tronconneuse, ne comprend pas que le prix de la course qu’il me propose est trop cher pour moi, c’est un passant qui parle anglais qui vient a ma rescousse. Si ce soir, je veux absolument manger dans la rue parce que ca me rappelle la Bolivie, et que j’insiste pour ne pas parler anglais, que je pointe du doigt le dessin de volaille pres du stand, et bien le marchand me dit “chicken? Eight thousands [roupies]!”...

Alors bon, je me fais les dents encore, mais si je ne veux pas me faire enfler pour les prix, puisque tout ici est negociation, le Bahasa indonesien, ‘y a pas a chier, il me le faut un minimum.
Et puis, je sais, mon visa n’est que de trente jours (trente jours pour seize mille iles que compte l’Indonesie!), mais quand meme, je veux aller vers les gens. Plus de deux cent dialectes distincts, plus de trois cent ethnies... pfff!... Trente jours, c’est rien, je sais... mais je veux me faire une idee des tresors que cache ce peuple dont je me demande bien ce qui les ralie sous un meme drapeau tant la diversite religieuse, ethnique et culturelle est grande! Et ces tresors, meme s’ils abondent dans la faune et la flore, dans les temples et mosquees, dans ces anciens batiments de l’epoque coloniale hollandaise, je sais qu’ils sont avant tout dissimules derriere chaque sourire que ces gens m’offrent a chaque instant.

J’avoue j’en ai bave lors de ce premier jour, ou devrais-je dire “j’en ai sue”! Mais ce ne sont que les premiers pas de ma danse sur l’ile de Java, et aujourd’hui j’en sais deja plus qu’hier...


[...]


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Mar 9 Oct - 21:20

J'en reviens au paragraphe d'avant .Moi je n'avais jamais entendu du cap Leeuwin !! T as pas des photos ?
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Mar 9 Oct - 22:47

Dis-donc, toi, tu deviens bien gourmand en photos sur ce carnet! T'as utilise tous tes jokers, ce seront les dernieres langue :


































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Message par lahaut le Mer 10 Oct - 10:12

Merci pour les photos je visualise mieux !!

J'ai pu de joker ................. est ce que je peux utiliser les jokers de Wapiti ,Wapata , Mamina, Solcha , Albatros , Fabricia Fabizan, Bardak ,Skyrgarmur , Imachinchose, Pondy ?
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Message par Lilie le Mer 10 Oct - 13:15

Non. :zouav:


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Message par Lilie le Mer 10 Oct - 20:34

7 octobre 2007

Imagine...

...Qu'il n'y ait rien a tuer ou mourir pour
Et pas de religion non plus
Imagine tous les gens
vivant ensemble en paix
(...)
Imagine pas de possessions
Pas de gloutonerie ou de faim
Une fraternite d'hommes
Imagine tous les gens
Partageant le monde...

Vous allez peut-etre dire que je suis une reveuse... Mais quand John Lennon a ecrit cette chanson, peut-etre revenait-il de faire un tour de chez les Baduys.

Tribu des Baduys, quelque part dans le sud ouest de Java... le peuple le plus pacifiste du monde. Des gens beaux du coeur, qui ne connaissent pas le vice, ne savent pas ce que guerre signifie. Une population de quinze mille personnes, cinquante trois villages, un chef de tribu. Un peuple de cultivateurs, pas chasseurs, pas pecheurs, pas artistes non plus.
Les Baduys sont animistes, c'est a dire qu'ils croient en la Nature et vivent le plus proche possible d'elle. Pas la peine de preciser donc que l'electricite, la voiture et tout notre confort, on oublie chez eux. Ils vivent dans des huttes en bois, organisees en villages dans la foret tropicale. Ils y cultivent le riz, les bananes, le cafe, le the, et tout ce qui est necessaire pour subvenir a leurs besoins. Chaque famille a un ou deux hectare(s) de terre dans la foret, qu'ils cuiltivent, parfois avec l'aide d'autres familles si besoin est. Leurs jardins peuvent etre situes tres loin, parfois a plusieurs dizaines de kilometres du village, comme celui de Saji, le chef de tribu chez qui nous avons dormi la 1ere nuit. Pour y aller, il part a 7h le matin, arrive vers 16h, il y passe parfois quelques jours mais il arrive aussi qu'il fasse l'aller-retour dans la journee, rentrant chez lui en pleine nuit.

Les recoltes des familles sont mises en commun, en les distribuant de maniere egalitaire, en fonction du nombre de membres par famille.
Une societe egalitaire donc, ou le chef de tribu n'est pas au-dessus des autres mais au meme niveau. Il n'a pas une plus belle maison, ni le lopin de terre le plus pres du village. Il est juste la en tant que "messager" pour faire passer les nouvelles et pour organiser la vie en communaute.
Un des villages a brule la semaine derniere (des maisons en bambou avec des toits en feuilles de palmiers...), quarante quatre maisons... Cette semaine, il devait s'occuper de trouver une dizaine d'hommes pour aller couper les bambous dans la foret afin de reconstruire les maisons de ce village. Nous sommes alles avec eux, malheureusement sans grande utilite mais c'etait interessant de les voir travailler. Tres organises, chacun sa tache.
Ils vivent aussi dans une democratie exemplaire. Saji a ete choisi il y a quinze ans, ce n'est pas a vie, il n'y a pas de mandat non plus. Tant que tout le monde est satisfait par ce qu'il fait, il maintient sa fonction. Quand les Baduys ne seront plus satisfaits par lui, ils demanderont a changer de chef et en nomineront un nouveau.
Nous avons passe deux nuits chez eux, la premiere chez Saji, le chef de tribu, la seconde chez Sahija, le vice-chef dans un village voisin.
Des gens d'une gentillesse et d'une generosite hors-pair. Pour eux, c'est tres important d'etre honnete et de ne pas mentir, c'est l'une de leur vertue principale. Les hommes ne se battent jamais, ils ne connaissent pas la jalousie ni la mechancete. On peut lire la gentillesse sur tous leurs visages. La peur de l'etranger aussi. Thom, notre guide, est le seul a venir dans ces villages et il n'y emmene qu'une petite poignee de personnes par an; en periode "touristique", c'est a dire sur deux mois de l'annee, c'est maximum vingt personnes par mois qu'il emmene, et il ne travaille en tant que guide que six mois de l'annee. Les derniers touristes qu'il avait emmenes avant nous, ca datait du mois d'aout. Ils ont peur de l'etranger qui represente pour eux quelque chose qui pourrait bousculer leur equilibre. Et c'est vrai, ce n'est pas difficile a voir. Le couple de francais qui etait avec moi leur a laisse une lampe de poche a bobine, rechargeable indefiniment. Moi, j'ai laisse ce que j’avais, des crayons et du papier pour les enfants. Des choses du monde moderne qu'ils ne connaissaient pas il y a encore quelques annees. Meme s'ils sont animistes, c'est facile de se laisser prendre par le confort...

Vraiment, des Baduys, on a tous une lecon de vie a tirer. Mais egoistement, je ne souhaite pas que les gens y aillent, parce que ca voudrait dire encore une fois, les envahir, et en faire une attraction touristique. Je prefere alors considerer la chance que j'ai d'avoir pu les rencontrer, et faire passer le message a mes proches, en esperant que ces derniers transmettront un peu de paix autour d’eux, a la facon des Baduys.
Je sais maintenant qu'il est possible pour un peuple de vivre en paix totale et quand j'ecouterai Imagine la prochaine fois, je me dirai " je sais que quelque part sur Terre, certains vivent dans ce paradis et merde! C'est possible!"...




[...]


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Message par lahaut le Jeu 11 Oct - 22:53

et les jokers de Geob, je ne peux pâs les utiliser ?
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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 12 Oct - 13:43

Ce carnet de voyage est brut, je n'ai rien remanie si ce n'est le manuscrit passe sur Word. Ci-dessous, retranscrit comme sur mon cahier, en jets, des pensees que je tenais absoluement a mettre sur papier, mais fatigue et faute de temps (j'etais bien occupee lors de mon sejour dans la capitale... de bars en ruelles, jours et nuits. clin d'oeil ) pour une redaction en forme. J'ai retire certains passages, vous les remarquerez par les "(...)".



**************************************************************************************


8 octobre 2007
Jakarta

Rencontre

Rencontre avec Rivano, a la tete d’une plantation de cacao en Papouasie, depuis 7 ans, il a aussi depuis trois ans, l’usine pour transformer le produit brut. Plantation de 25 hectares, 20 personnes dans les champs, 10 dans l’usine.

60% du personnel vient de Java. Il dit que c’est tres difficile de faire travailler les locaux, qu’ils boivent beaucoup d’alcool.

Rivano a appris a ses employes a economiser et a mettre leur argent a la banque.
Une fois par mois, il va aider a nettoyer la maison d’un de ses employes.
Il parraine cinq jeunes de Jakarta pour les envoyer a l’ecole. Ca lui coute 120 euros par mois et par personne, il paye les frais a l’ecole directement, et ca inclus aussi les livres.

Il ne vit que pour son business, pas marie, ne connait pas les vacances. A 40 ans, il se dit fatigue mais il a trop de responsabilites envers son personnel pour faire autrement. Il exporte vers l’Allemagne, la Belgique, la Hollande.

A paye toutes les bieres, n’a jamais voulu que je sorte le moindre billet, meme en insistant.

C’est un ami d’Helene Blanc, la mere de Mickael Blanc, emprisonne depuis 7 ans a perpetuite pour detention de drogue. Soudainement, il m’a passe le telephone, et j’avais Helene au bout du fil. Elle se bat pour faire sortir son fils de prison. (...) Une femme tres courageuse selon Rivano. Maintenant, Mickael a ete deporte dans une prison sur une ile isolee, tres difficile pour sa maman d’aller le voir. C’est un tres bon peinte. Quand Rivano est alle le voir avec Helene, il lui a apporte des toiles et du materiel de peinture, ils ont ensuite vendu les toiles en galerie pour recolter des fonds afin de permettre a Helene de continuer les demarches. (...) Bizarre d’avoir soudainement cette femme au telephone, elle en France, moi a Jakarta...



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Message par Lilie le Lun 15 Oct - 18:52

11 octobre 2007
Yogyakarta

Selamat Idul Fitri!

C’est la fin du ramadhan, le debut d’une grande fete pour les Musulmans, qu’ils appellent ici Idul Fitri. L’Indonesie est le plus grand pays musulman du monde par son nombre de croyants.

Depuis le debut de la semaine, on sent l’effervescence de la fete approcher. Les transports sont bondes, je suis d’ailleurs bloquee a Jogya au moins jusqu’a Samedi, les trains etant remplis de gens se deplacant dans leur famille, les agences de voyage fermees pendant trois jours. Les fusees d’artifices se font de plus en plus nombreuses le soir. Certaines boutiques etaient fermees hier deja, de meme pour mes petits “restos” economiques de rues installes sur les trottoirs. Et ce soir, pendant une heure, j’avais en fond musical les jolies melodies du minaret, le chant des femmes et des enfants aussi, chants harmonieux accompagnes par les sons de petites percussions de types symbales. Et puis, pour cloturer la ceremonie, ce sont les enfants qui ont defile dans ma rue, illumines de leurs petites lanternes.

Peut-etre demain soir, au grand jour des festivites, aurai-je la chance d’assister de plus pret a l’evenement le plus important du calendrier musulman. J’aimerais beaucoup pouvoir y assister dans une mosquee, mais ca, j’ai bien peur que ce soit impossible. En tout cas, je voudrais etre parmis eux pour ce jour de fete. Et maintenant, les petards se font entendre de toute part, alors qu’au loin, le murmure d’une mosquee atteind tout doucement mes oreilles.


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Message par Lilie le Mer 17 Oct - 22:03

13 octobre 2007


Selamat Idul Fitri! (Jour 3)

Toujours coincee a Yogya finalement, et ce jusqu’a demain matin. Je n’accroche vraiment pas avec cette ville et pourtant j’y passe ma cinquieme nuit ce soir, sejour prolonge force car jours feries, toujours. Mais s’il est bien une chose qui ne me fait pas regretter mon sejour ici, c’est bien cette fete de fin de ramadhan.

J’ai rencontre il y a quarante huit heures, la ou je dors, Penelope, trentenaire bien avancee, routarde de profession, qui sillone le monde depuis une quinzaine d’annees. Avec elle, les atomes ont bien accroche et nous avons passe toute la premiere soiree de notre rencontre a papoter dans la cour de la guesthouse, de sorte que lorsque nous avons regarde la pendule de cette meme petite cour, elle affichait deja quatre heures du mat’... Pas la peine de se coucher, on s’est dit qu’on pourrait aller directement dans le centre de la ville, pres du palais du Sultan, pour la grande priere de sept heures celebrant la fin du ramadhan. Petit dej’ chez l’Ecossais du coin (le meme qu’on retrouve partout dans le monde) et a six heures, nous etions sur le site, avant les fideles eux-memes.

Une foule impressionnante remplit les lieux, pas de touristes, juste nous deux aux premieres loges. Tellement de gens que la mosquee bien entendue ne pouvait loger tout le monde et que le lieu de priere s’etendait outre l’immense terrain vague face a la mosquee, mais aussi tres haut sur Jalan Maloboro, cette grande avenue perpendiculaire d’un kilometre de long. Les hommes devant, les femmes derrieres, toutes vetues de blanc. La priere principale qui rassemble tout le monde ne dure que dix minutes mais c’est tout de meme impressionant d’y assister: des milliers de personne a l’unison dans leurs mouvements de prieres et leurs murmures, tous tournes vers l’Est, agenouilles sur des tapis ou de simples papiers journaux, les hommes vetus de tuniques et batik, ces tissus aux motifs propres a l’Indonesie. Une atmosphere exceptionnelle, quelle chance nous avons eu d’y assister!


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Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Jeu 18 Oct - 19:15


Et puis ce matin, nous renouvelions l’experience “leve-tot” pour les couche-tard que nous sommes. A 5h30, nous etions en route pour le palais du Sultan afin d’assister a ce que nous pensions etre une grande priere comme la veille, mais cette fois-ci, suivie d’un defile.

Nous penetrons dans une arriere-cour du palais, un peu perdues en fait, et la, nous tombons (aie!) au beau milieu d’hommes vetus d’uniformes de couleurs et de styles differents, d’autres avec des sarans en batik magnifiques, et des kris, ces poignards traditionnels merveilleusement travailles. On n’a pas vraiment le temps de tout comprendre avant qu’un homme ne nous tombe dessus. Il a commence a nous explique que tous ces hommes, cinq cent vingt-cinq au total, sont les gardes du Sultan de Jogya. Il faisait lui-meme partie de la garde personnelle jusqu’en 1986, et bien qu’il ait demissione suite a un conflit avec un autre garde, il habite toujours le village du palais. C’est homme, c’est Dip, un homme extraordinaire, amoureux de sa ville et de sa culture. Je pense qu’il nous a pris sous son aile simplement parce que nous etions les premieres touristes arrivees sur place, mal informees que nous etions (Yogyakarta ou la ville ou il est impossible d’obtenir des renseignements corrects).

Dip nous a explique qu’il n’y avait pas de grande prire aujourd’hui, mais des processions de defiles de gardes cloturees par une ceremonie d’offrandes. Dip nous a guidees toute la matinee, pendant quatre heures. Il nous a meme fait visiter les ecuries du Sultan! Il nous posait aussi toujours aux meilleurs endroits pour les photos, et c’est ainsi que j’ai mitraille plus de 360 photos dans la matinee! Chaque uniforme represente un coin d’Indonesie: ceux-la viennent des Celebes, les rayes en noir et jaune du Sud de Yogya, et ainsi de suite. Les gardes ont aussi leurs fanfares, et kris , lances ou fusils sur eux, et puis surtout la fierte de faire partie de la garde du Sultan. Ils ne sont en fait remuneres que symboliquement, deux milles roupies par mois (1.80 euro). Ils ont chacun leurs activites professionelles a cote de celle-ci mais selon Dip, c’est un grand honneur de faire partie de cette garde.

Et puis Dip nous a laissees, nous donnant rendez-vous ce soir, au meme endroit, pour le spectacle de marionettes (tradition indonesienne) qui se deroule dans le palais du Sultan, une fois par an.

Merci Dip, par ta gentillesse et ta generosite, tu as remonte a toi tout seul la faible estime que j’avais pour cette ville, ou le touriste est pris pour un neuneu a billets. Vivement ce soir... Selamat Idul Fitri!


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