Le Village du Peuple Etrange Voyageur

pour nos pensées, nos petites histoires et nos joutes littéraires autour des voyages


  • Répondre au sujet

Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Partagez

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Jeu 18 Oct - 21:58

Je mets les jokers de Wapiti ici pour avoir des photos des soldats !!
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 0:15

Si t'as son accord... et avant que je ne poste la suite, peut-etre... langue


Lilie

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Ven 19 Oct - 0:24

Hééééééééééééééé Wapitiiiiiiiiiiiiiiiiii sors ta chaise roulante ou tes béquilles et viens par ici pour mettre tes jokers dans ce carnet !!Je veux voir les costumes des soldats !!
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 0:26

Tu peux te brosser, elle a decroche ca fait quelques mois deja hahaha!


Lilie
avatar
Invité
Invité

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Invité le Ven 19 Oct - 11:02

Nous sommes le 19 octobre 2012 et tu transcris ton journal de bord d'un long voyage d'il y a cinq ans presque jour pour jour.
J'ai tout lu, tout.
-Première interrogation : comment as-tu trouvé le temps d'écrire chaque jour ?
-Deuxième interrogation : Comment c'est passé la transition de jeune fille en fleur à jeune femme tenant une fleur ?
-Troisième interrogation : Cette existence flamboyante du temps du voyage est-elle une nostalgie et n'est-ce pas maintenant que tu te sens "...comme un grain de riz dans la soupe..." ?

langue
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 11:23

pondy a écrit:Nous sommes le 19 octobre 2012 et tu transcris ton journal de bord d'un long voyage d'il y a cinq ans presque jour pour jour.
J'ai tout lu, tout.
-Première interrogation : comment as-tu trouvé le temps d'écrire chaque jour ?
-Deuxième interrogation : Comment c'est passé la transition de jeune fille en fleur à jeune femme tenant une fleur ?
-Troisième interrogation : Cette existence flamboyante du temps du voyage est-elle une nostalgie et n'est-ce pas maintenant que tu te sens "...comme un grain de riz dans la soupe..." ?

langue


Bien le bon jour, Pondy. sourire


- Je ne sais pas ou je trouve le temps d'ecrire. En voyage, j'aime bien prendre mon temps, y compris celui d'ecrire, mais parfois, je n'avais pas le temps, vraiment. J'ecris le soir sur mon lit, a une table en mangeant (si table il y a), dans les cours des guesthouses, dans des temples, en haut du Wayna Picchu, entre deux bus, dans les aeroports. Je voyage seule, c'est donc beaucoup plus facile de m'accorder ce luxe qu'est le temps. Et puis, comme tu le constates a la lecture, ces mots sont ressentis. J'ecris souvent par besoin (je partage avec mon cahier ce que je ne partage pas avec mes compagnons de voyage) et bien evidemment, par plaisir. Jamais je ne me force, d'ailleurs, ce carnet ne raconte absoluement pas ce que je fais au jour le jour. Il raconte des emotions, celles que j'ai eues envie de coucher sur papier a ce moment-la, la precieuse memoire que je pourrais consulter quand je n'en aurai plus, un jour sans doute. clin d'oeil


- Difficile, mais c'etait un choix et je savais quelles en etaient les consequences. A ce jour, je n'ai qu'un regret: avoir refuse d'aller voir Goldman sur scene lors de sa tournee En passant en 1998 (je sais!). Le reste, aucun regret, absoluement aucun.


- Je me sens comme un grain de riz dans la soupe en France. La nostalgie, non. Ce carnet, il y a longtemps que je voulais le partager, j'ai mis du temps a le faire, pour une raison simple: la partie australienne et tout le reste du voyage evoque une partie de ma vie privee, meme si je ne partage pas les passages les plus secrets de ce carnet (le titre le dit, ce sont des extraits clin d'oeil ). Je tenais a le partager cependant, pour une raison, celle que j'ai deja expliquee: il y a toujours de bonnes excuses pour ne pas realiser ses reves. La vie est une question de priorites et de choix, pas de chance. J'ai trop souvent entendu "t'as de la chance", la ou c'etait tout, sauf de la chance. sourire Nostalgie, je vois bien a quoi tu penses. Je ne suis qu'en parenthese voyageuse (bien que depuis janvier 2010, je me suis quand meme balade en Pologne, en Croatie, en Australie, en Nouvelle-Zelande, a Hong-Kong, en Irlande, et en France!), je voyage differemment, et dans une 4-5aine d'annees, je retournerai au moins sur l'Ile de Paques. Mon sac-a-dos n'est pas pret de prendre la poussiere! clin d'oeil

Je n'ai pas abandonne mes reves, je les ai juste repenses. sourire

Lilie

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Ven 19 Oct - 12:45

Voilà les jokers de Wapiti , Lilie ! Je les ai trouvés dans le tiroir de sa cuisine !!!allez hop des photos !!
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 21:26

S'il te plait Lilie.

:zouav:

Lilie

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Ven 19 Oct - 22:28

S'il te plait Liliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!
Tu es le mont Fuji de toutes les montagnes, ce sommet si haut,
Tu es le bonzai de tous les arbres du monde en plus beau ,
La geisha que toutes les femelles de la planète aimeraient être même sans gros lolos,
Je t'offrirai une armée de samourais pour le plaisir de tes rêves , de ton dodo,
le roi Hiro-hito faisant son judo ,
et aussi , si tu le souhaites , dix milles sumos en kimono .
Je m'auto-hara-kiri si je n'ai pas ces photos de ces indos.
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 22:37

rire Comment resister! (surtout aux 10 000 sumos)




























Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 22:42































C'est juste un echantillon d'uniformes, je ne vais pas tous les mettre sinon j'y suis encore demain matin!


Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 19 Oct - 22:52

Je precise que ces photos ne sont pas des "photos volees", j'avais la benediction totale de Dip pour les prendre, et les gardes avaient l'air plutot ravis d'un tel interet au sein de cette cour "backstage" avant le defile ou nous etions les deux seules touristes, Pen et moi.


Lilie
avatar
fabizan

Localisation : Pornic (Loire-Atlantique)

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par fabizan le Ven 19 Oct - 23:16

Ils sont chouettes ces uniformes, ça valait le coup de griller les jokers de Wapiti top !


_________________
Fabienne
avatar
Wapiti
Admin

Localisation : Annecy et Thonon (74) France

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Wapiti le Sam 20 Oct - 9:13

surpris Que vois-je ??!! "ON" a grillé mes jokers pour des photos d'uniformes ??!!!!!! mon dieu !

langue


_________________
"Nous méritons toutes nos rencontres, elles sont accordées à notre destin et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." F. Mauriac

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Sam 20 Oct - 10:41

Oui mais de superbes uniformes multicolores !!! merci Lilie !!
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Sam 20 Oct - 13:21

Que vois-je ??!! "ON" a grillé mes jokers pour des photos d'uniformes ??!!!!!!


Oui mais ON n'est pas n'importe qui. ON est un dieu vivant (qui nous jappe au nez)...



Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Dim 21 Oct - 13:48

16 octobre 2007

Musulmanes et femmes de Java

Les religions, c'est pas mon bol de riz. Si je m'y interresse, c'est uniquement par interet culturel, pour comprendre des modes de vie. J'ai mes croyances, nombreuses (encore plus d'ailleurs depuis le debut de ce voyage), mais les religions, c'est pas pour moi. Qu'on le veuille ou non neanmoins, elles regissent des millions de gens sur cette Grande Citrouille. Java n'y echappe pas, etant la principale ile du plus grand pays musulman au monde de par sa population.

Ce serait bien pretentieux pour moi de faire une generalite de l'echantillon que j'ai vu, resume d'un passage sur Java de quinze jours seulement. J'ai cependant eu le temps d'observer et de retrouver des similitudes un peu partout sur l'ile. Et ce que j'ai remarque, ce qui m'a frappe, c'est la condition de la femme ici. Je me sentais tres proches de ces femmes, qui semblaient pleines de bonte et de compassion.
Passe les premieres impressions du "ces Indonesiens, qu'est ce qu'ils sont gentils, toujours le sourire aux levres!", on s'apercoit en fait que ces sourires dissimulent bien des sentiments, des annees et des annees de non-dits et de refoulement. En France, on nous apprend a gueuler, ici, on leur apprend a se taire. Ceci, valable pour les deux sexes, mais bien plus marque chez le sexe qui donne la vie.

En visitant differentes parties de l'ile, on se rend compte de la souplesse ou a l'inverse de la rigidite de la religion. L'Ouest pour moi etant plus souple que le Centre et l'Est, peut-etre grace a (ou a cause de, selon les points de vue..) la proximite de Jakarta, la capitale. Les mosquees sont traditionnellement exclusivement reservees aux hommes. A Jakarta cependant, Isquitlal, plus grande mosquee d'Asie du Sud-Est, accueille les femmes et est aussi ouverte au public. Mais, pour les dames, c'est simplement une petite aile sur le cote gauche qu'on leur reserve, faut pas non plus pousser!... Jakarta aussi ou le port du voile pour les femmes (quand il est porte) est plus utilise comme un instrument de beaute, mettant en valeur de jolis visages legerement mais joliement maquilles.

A l'Est, la, des femmes vous n'en verrez que leurs mains et le visage, supportant la chaleur avec le sourire, toujours. Le verbe "se plaindre" ne doit pas exister pour elles...
Ce qui pour moi a le mieux resume la condition de la femme sur Java, c'est ce spectacle traditionnel de marionnettes-ombres chinoises (pardon, indonesiennes!) auquel j'ai pu assister dans la cour du palais du Sultan de Yogya lors d'Idul Fitri. Le roi, c'est bien entendu le personnage le plus grand de tous, pour representer son importance sociale, son pouvoir. La reine, qu'on pourrait egalement croire importante de part son statut, est en fait l'ombre la plus petite de la scene, minuscule meme par rapport aux freres, oncles, cousins, et autres males du spectacle. Cela m'a doucement fait sourire, l'art representant ici encore le reflet des moeurs et coutumes d'une societe.

J'ai egalement eu la chance de me trouver la au bon moment a Yogya pour la grande priere d'Idul Fitri, normallement pas ouverte au public mais bon, quand les fideles s'etalent jusqu'a la moitie d'une avenue parce que la mosquee est bien evidemment trop petite, et que je me trouve sur cette avenue, on ne va quand meme pas me chasser! (quoique, j'ai bien cru a un moment, les flics me regardaient d'un oeil mauvais!). Arrivee a 6h du mat(nuit blanche oblige), une heure avant la priere, les premiers commencaient tout juste a arriver et je ne comprenais pas pourquoi les femmes s'installaient a l'autre bout du vaste espace public-parking-terrain de foot qui s'etale face a la mosquee, pres du palais du Sultan. Stupide suis-je! c'est bien evidemment pour laisser devant elles la place aux hommes qui n'ont pas pu entrer dans le lieu de culte.

Aussi, quand je me trouvais assise aux cotes de femmes, que j'echangeais ou non quelques mots et qu'elles m'offraient leurs jolis sourires, je ne pouvais m'empecher de lire dans leur regard un melange de tristesse et d'envie. Peut-etre enviaient-ellse ma liberte, celle de pouvoir me trouver la, dans un pays qui n'est pas le miens, en voyage, et seule. Parce que ca, pour elles, c'est quelque chose d'impossible. Surtout lorsqu'elle me demandaient si j'etais mariee. Quand je repondais que j'avais un copain effectivement, la oui, je voyais fortement cette sorte d'envie pour quelque chose qui est intouchable pour elles.

Sur Java, toutes les femmes ne sont pas comme ca bien evidemment, vous en verrez des biens moins ancrees dans la religion. Mais celles qui y sont, quand on prend le temps de les observer, elles sont tres touchantes.
Je ne suis pas feministe pour un brin, pas pour l'egalite des sexes non plus. C'est peut-etre mon regard de femme occidentale tout simplement, mon regard de femme qui a la chance de ne pas etre enchainee et de pouvoir voyager...



[...]



Lilie

PS pour Pondy: dans la reponse au trio de tes questions precedemment, la ou c'est ecrit "janvier 2010" il fallait lire "janvier 2011". clin d'oeil
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 26 Oct - 20:43

16 octobre 2007

J’ai retrouve mon peps!

Ca s’est passe hier, dans l’apres-midi. C’est vrai, Java m’avait un peu blasee. C’est en fait surtout Yogyakarta qui m’a degoutee. Et le mot n’est que trop faibe. A Yogya, j’ai decouvert qu’il etait tres difficile d’obtenir des informations. Ou tout du moins, les “bonnes” infos. On vout dit qu’il n’y a pas de bus pour aller ici ou la ou alors si on decide de vous laisser essayer, on vous donne de mauvaises infos. Les gens sont sans arret sur vous, que ce soit pour une course en becak ou pour vous vendre des tours, du batik ou autre chose. Les “hello miss!” vous tombent dessus toutes les deux secondes (je n’exagere pas!) et tout ca pour vous vendre quelque chose. A la fin de ma premiere journee, je n’avais deja plus envie ni de sourire, ni de repondre aux interpellations. Cela a donc eu pour effet l’effet tortue enfermee sous sa carapace, pas envie de communiquer avec les gens, pas envie d’aller au-dela de cet effet tourisme, pas de curiosite non plus pour la culture locale pourtant si riche.

J’ai quitte Yogya pour me rendre au pied du volcan Bromo. Levee a quatre heures pour entamer les sept kilometres qui me separaient de la cheminee de souffre, j’etais bien naze quand le mini bus a quitte le village en fin de matinee direction la pointe Sud Est de Java. De la, c’etait le ferry puis bus jusqu’a Lovina au Nord de Bali. Un programme de douze heures de transport qui aurait pu me blaser encore un peu plus. Mais non, a l’inverse, apres le lunch, je me suis surprise a etre amusee des motos surchargees de gens ou de marchandises, a observer tous les details, la tenue vestimentaire des femmes dans les villages qui se succedaient, etc.

Sur le ferry entre Java et Bali, de meme, ma curiosite etait revenue et c’est tout naturellement que j’ai demande si je pouvais aller dans la cabine de navigation. Je m’y suis eclatee et pas la peine de dire que les cinq ou six hommes aux commandes etaient fiers comme des coqs d’avoir une femme blanche a leurs cotes! Ils prenaient des photos avec leurs portables, venant s’asseoir tour a tour a mes cotes pour la photo... Ha! Ha!

Nous sommes arrives a Bali la nuit tout juste tombee, et c’est donc dans l’obscurite d’un mini-bus (ou bemo) que Bali m’a donne ses premiers avant-gouts. L’avantage de la nuit, c’est qu’on voit chez les gens, ce qu’ils font, qui y vit. Du voyeurisme discret, en quelque sorte. Dans ce bus, en regardant par la fenetre, je pouvais voir toutes ces familles, leurs maisons, et aussi tout ce qu’a ce jour j’appelle encore “temples”. Oui, j’ai vite remarque que chaque maison etait equipee de petits monuments de culte. Bali etant la seule ile indouiste des 15 000 que compte l’Indonesie, pas surprenant qu’on l’appelle “la perle de l’Indonesie”.

Arrivee a Lovina, le bus me depose dans un hotel trop cher pour moi, 100 000 Roupies, la moitie etant mon bareme maximal. Je traverse la rue et je demande un hebergement pas cher. On m’indique la porte d’a cote. C’est Lu, une petite dame qui me montre ma chambre, super moderne, avec douche (eau froide, ca reste l’Indonesie quand meme!), le tout pour 40 000 Roupies: c’est pour moi!


[...]



Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Sam 27 Oct - 17:11

Aujourd’hui, je me suis baladee un peu. Bien sur, on m’aborde pour me vendre des choses, mais a l’inverse de Java, ici c’est fait avec douceur, et on ne me suit pas pendant deux cent metres meme si je refuse categoriquement des la premiere demande.

La family house ou je suis est super egalement. Ca grouille de momes, de poules, de chiens, d’oiseaux, de fleurs et surtout, de bonne humeur! Dans cette bonne humeur ambiante, je me suis dit qu’il etait peut-etre temps de prendre soin de mon petit corps, et de lui offrir le cadeau d’un massage balinais. En neuf mois, c’est vrai que je l’ai plutot neglige, et il s’est vraiment tres bien comporte, jamais malade, tout juste quelques plaintes musculaires parfois, apres de longues randos ou quand mon sac devenait trop lourd.

C’est la soeur de Lu qui est venue me le faire, dans ma chambre. Massage complet d’une heure qui m’a fait un bien enorme! Je lui ai aussi achete son huile de coco, bonne pour les cheveux secs (les miens on passer le stade de secheresse du papirus bon pour le papier!), la peau et les piqures d’insectes. Je sais qu’elle me l’a vendu extremement chere son huile, pour les standards locaux (l’equivalent de 3.75 euros les 35cl), mais elle etait tellement gentilles que je lui ai meme donne 10 000 Roupies de plus que prevu pour son massage. Quand je l’ai payee, cette femme etait tellement heureuse du pourboire que cela m’a fait chaud au coeur. En acceptant l’argent, elle m’a dit “you bring me luck” avec une sincerite qui m’a profondement touchee. Religieuse, supersticieuse ou culturelle cette reaction, il faudra que je pense a me renseigner.

Ce n’est que ma premiere journee ici a Bali, mais deja je sens qu’elle va me reconciliee avec l’idee eronnee que Java m’avait donnee de ce pays aux mille tresors.



[...]


Lilie

lahaut

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par lahaut le Sam 27 Oct - 20:24

T'as pas dit grand chose à dire sur le mont Bromo ? c'est pas beau ?
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Dim 28 Oct - 20:23

Je l'ai deja explique plus haut, Lahaut: ce journal n'est pas le miroir ecrit de mes faits et gestes en voyage. Si, Bromo, c'etait chouette, l'ensemble du decor plus que La Cheminee en fait. clin d'oeil

(Bromo, c'est celui de gauche)





Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Dim 28 Oct - 20:38

18 octobre 2007

Coup de fleur pour Bali

De Bali, je n’en ai pour l’instant vu que Lovina ou je suis basee, et ses alentours, au Nord de l’ile. Pourtant, deja, elle m’a charmee. Bali m’a prise dans ses bras des que j’y ai pose les orteils et me fait decouvrir ses tresors. Bali, la Belle, genereuse, qui se donne avec la bonte d’une mere.

Je suis partie hier avec Oman, le troisieme fils des sept enfants que compte Lu, la femme chez qui je loge. A l’arriere de sa moto japonaise, je ne cessais de m’emerveiller au fil des kilometres. Nous sommes descendus jusqu’a Bedugul, dans le centre-nord de l’ile, montant tres haut dans les montagnes par ces routes sinueuses qui slaloment entre les rizieres dans la vallee. La-bas, nous nous sommes arretes au temple d’Ulun Danu, joli temple hindu en bord de lac, entoure de douces collines verdoyantes. Un petit passage au jardin botanique du coin,

- Mais a quoi bon, ai-je dit a Oman, avoir un jardin botanique ici, alors que l’ile elle-meme en est un a elle toute seule!

Et puis, nous sommes repartis vers Munduk, plus au Nord, les singes sur les bords de routes indifferents a notre passage.

Au fur et a mesure de la journee, l’emotion montait. La moto, me disais-je, c’etait vraiment le meilleur moyen pour visiter la region, l’air chaud me caressant le visage, les narines et les mirettes en total eveil: des fleurs partout, magnifiques, aux couleurs plus chaudes les unes que les autres; les arbres a cafe en fleur, dont le parfum m’enivrait a chaque detour de virage; et les odeurs des epices a secher sur les tapis en bordures de route, l’encen qui se consume dans chaque temple de chaque maison; des rizieres plus vertes que l’emeraude et des lacs turquoises encastres dans la vallee. Comment rester insensible a cette beaute lorsqu’elle abonde de toute part autour de nous?
Ma journee avec Oman s’est terminee par des eaux thermales, considerees comme sacrees. Amenage en trois bassins d’ou s’ecoulent des jets de differentes forces, le site est vraiment reposant, meme si, evidemment, nous n’etions pas les seuls sur place. Tres peu de Blancs, principalement des Indonesiens sur ce site, femmes et enfants s’en donnant a coeur joie dans les bassins. Forcement, je n’avais rien prevu pour me baigner mais Oman m’a encouragee a y aller, et deux Anglaises qui sortaient d’un bassin ont fini d’achever mes reticences en me lancant un:

- Vas-y habiller! Tu secheras vite en moto de toute facon!

Je ne me suis pas faite prier plus longtemps, et chaussures au sec, c’est donc toute vetue que je suis entree dans le bassin... Ah! Quel bonheur! L’eau plus chaude que dans la mer, trente degres facilement! Je suis restee un moment debout, sous l’un des jets, n’entendant plus rien que le ronron des flots sur mes oreilles. Avec cet empressement soudain de me baigner c’est seulement lorsque j’ai vu un megot flotte en surface que j’ai plonge ma main dans l’eau, atteignant mon paquet de clope, toujours bien loge dans la poche de mon pantalon. Je l’ai sorti de l’eau avec un grand sourire, le bras en l’air, et je l’ai tout simplement presse d’une main. Oman, au bord de l’eau etait mort de rire, tout comme les deux Anglaises et les deux autres Balinais qui etaient a leurs cotes.

Je me suis baignee dans un autre bassin ensuite, avec des jets plus forts sortant de grosses tetes de dragons sculptes dans le mur, comme des gargouilles: un bon massage pour le crane et les epaules! J’etais a peine seche quand nous avons regagne Lovina, mais je me sentais tellement bien!

Oui, je peux le dire, de Bali, hier, j’en suis tombee amoureuse. Mais ca ne m’a pas fait mal, Bali, la Belle, m’a rattrapee de ses bras de fleurs et me porte tout doucement pour me mener vers d’autres de ses merveilles.


[...]


Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Lun 29 Oct - 21:47

20 octobre 2007
(note de blog)

L’Art a fleur de peau

Bali continue d'emerveiller mes sens, jours apres jours, pas apres pas. Apres avoir quitte Lovina et la region Nord de l'ile, c'est a Ubud que je me suis rendue, dans le centre-Sud, et c'est de la ou je vous tapote le clavier.

Bali est belle, je vous l'ai dit, et du coup, pas etonnant qu'elle inspire un bon nombre d'artistes, balinais ou d'ailleurs. Peintres, sculpteurs, musiciens, ecrivains, danseurs, vous les trouverez tous ici. Meme Don Antonio Blanco, andalou, souvent compare a Dali pour son excentricite et son amour des femmes, s'y etait installe il y a une cinquantaine d'annees. Decede en 99, il n'a pas pu voir son musee acheve. Je suis allee y faire un tour a ce musee: grandiose, au reflet de la megalomanie du peintre! Le cadre en soit est une oeuvre d'art, avec son jardin habite de magnifiques arras et autres oiseaux exotiques, oeuvres d'art de la Nature a eux tous seuls.

Et puis, vous vous balladez dans les rues d'Ubud ou des villages avoisinants, et vous ne comptez plus les galleries d'art aux tableaux vous deshabillant des yeux, ni les sculptures sur bois, les masques, les panniers en feuilles de palme, les porte-bougies tailles dans les noix de coco, etc, etc, etc.
Vous irez peut-etre faire un tour aussi au marche d'Ubud. Que dis-je! Peut-etre? non, surement! l'inevitable marche, un musee en plein air, avec des echequiers en bois magnifiques, des sarongs pour tous les gouts, en batik ou non, les kabayas, ces chemises traditionnelles hindoues que les balinaises portent pour toutes occasions, des assietes en bois, peintes a la main evidemment, et meme des didgeridoos et boomerangs aux motifs aborigenes d'Australie puisque pour la plupart, et oui! ils sont fabriques a Bali!
Je ne vous parle pas des temples non plus, juste une extension de l'Art a la balinaise.

Et puis je decouvre petit a petit que tous les balinais sont un peu artistes en soi. Il suffit de regarder avec quelle precision et habilete les femmes decoupent et plient les feuilles de palmiers pour en faire de jolis petits paniers agrementes de fleurs, ceux-ci servant pour les offrandes aux dieux plusieurs fois par jour.

Tous ces artistes, sur Bali, vous les rencontrez partout. Ainsi, hier soir, je rentrais tranquillement "chez moi" (enfin, mon "chez-moi" d'Ubud, puisque je suis SDF depuis un moment maintenant ), une petite chambre dans une maison familliale d'une ruelle toute tranquillou. Et juste avant d'y arriver, sur ma gauche, une petit studio encore eclaire, les portes ouvertes. C'etait Wayeen, peintre, en pleine action. Je suis restee un moment a le regarder travailler et discuter avec lui, j'etais absorbee par sa toile en noir et blanc, par sa dexterite, son talent.

Bali, c'est la danse aussi. Les danses hindouistes dont les danseuses vous envouteront, tant par leur beaute et leurs costumes que par leur travail du corps, les musiciens qui tapotent sur des instruments harmonieux, des masques et des enormes marionnettes humaines (genre dragons chinois). Tel un serpent charme par la flute, vous serez pris par ces danses et vous etonnerez d'un "deja?" lorsque le spectacle s'achevera au bout d'1h30-2h.
Vraiment, je signe et persiste: Bali, c'est la Beaute et l'Art qui vous charme a chaque coin de rue!


[...]



Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Jeu 1 Nov - 18:07

22 octobre 2007

Une journee dans Bali

Je dors chez la famille Sudana; Made et Made, un couple en milieu de quarantaine, tiennent cette petite guesthouse avec amour. Hier, j’ai demande a Made (elle) comment je pouvais me rendre au Lac Batur. Elle m’a dit de demander a Wayan, le copain de Mika, ma voisine de chambre japonnaise qui souhaite s’installer a Ubud (me semble d’ailleurs que Wayan soit davantage le copain de Mika, que Mika sa petite amie).

Ce midi, Wayan est donc venu me chercher, en voiture, plus confortable et plus rapide que la petite moto selon lui (je soupconne qu’il avait anticipe un plan de drague, qui echoua en beaute). Effectivement, les routes serpentent et montent beaucoup pour atteindre ce cratere-lac situe a environs 1600 metres d’altitude je crois. Sur la route, tout au long de la journee, j’ai pu me rendre compte de deux nouvelles facettes de Bali. Elles ne m’etaient pas inconnues, mais je n’avais pas encore eu de mise en situation me permettant d’en prendre la mesure. La premiere de ces facettes, c’est la religion et l’importance qu’elle occupe dans le quotidien des Balinais, a quel point ils y sont investis.

Wayan est d’apparence plutot “cool”, tombeur de minettes, short baggy, boucles d’oreilles, tatouages, cheveux en bataille, lecteur DVD dans sa voiture sportive: un debut de vingtaine comme beaucoup d’autres sur la planete, comme beaucoup d’autres aussi sur Bali. En se fiant a cette apparence, on pourrait croire que les jeunes Balinais s’en foutent bien mal de leur religion et de tous ces petits rituels quotidiens pratiques du matin au soir par leur aines. Et bien non, l’habit ne fait pas le Shiva!
Nous arrivons bientot sur la route principale qui doit nous mener dans les montagnes. J’apercois au loin une femme avec un panier, sur le bord de la route, ce doit etre une marchande de plus, me dis-je. A ma surprise, Wayan s’arrte, baisse sa vitre. La femme lui donne l’un de ces petits paniers en feuille de palmier, garni de riz et de fleurs, comme j’en vois sur tous les trottoirs et dans tous les temples de l’ile. Elle entame un petit sermon dans une langue que je pense etre le Balinais, le tout en jetant delicatement quelques petales de fleurs de chaque cote de son panier. Elle remet quelque chose a mon compagnon, que Wayan s’applique sur le front apres en avoir fait de meme sur le mien. C’est une mixture de riz, et apres avoir donne un billet a cette dame, nous repartons avec nos grains de riz colles sur le front, et le petit panier garni sur le tableau de bord.

- C’est pour nous proteger sur la route, m’explique Wayan.

J’ai maintenant l’explicatin des grains de riz sur le front des gens, la prochaine fois, je comprendrai au lieu de penser qu’ils ont eternue dans leur assiette!...

Plus tard, Wayan m’a emmenee visiter le temple de Tirta Empul, avec sa source sacree. Arrives sur le site, il m’explique qu’il m’attend a l’exterieur, ne peut pas entrer car sa grand-mere est decedee il y a une semaine, et de ce fait, lui comme tous les membres de sa famille ne peuvent entrer dans les lieux sacres: ils sont consideres comme “salis” par la mort de leur proche, et dans la religion hindoue (version balinaise au moins), il leur faut attendre un mois avant de pouvoir retourner dans un temple. Et bien! Quelle surprise! Je ne m’attendais certainement pas a une telle adherence aux coutumes et croyances religieuses de la part d’un jeune qui adore les boites de nuit tout autant que les tatouages! L’un n’empeche pas l’autre, c’est ce que je decouvre a Bali.


[...]


Lilie
avatar
Lilie

Localisation : Pieds sur Terre, tête dans les étoiles

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Lilie le Ven 2 Nov - 10:44

L’autre facette de l’ile, dont j’avais tres largement entendu parler, c’est la corruption. Arrive un premier barrage de flics qu’on repere de loin. Wayan me previent:

- La, il va falloir payer.

En fait, ils ne nous arretent pas.

- C’est parce que t’es brune. Ils n’ont pas du voir que t’etais une touriste, sinon, ils nous auraient certainement arretes pour nous demander de l’argent.

Je reste interloquee, et il continue:

- Celui-la, on l’a passe. Pour l’instant...

Plus tard, sur la route qui mene au temple, un second barrage. Cette fois-ci, on ne passe pas a travers, Wayan se gare sur le cote, me dit de rester dans la voiture, pendant qu’il descend avec un grand sourire. Il remonte deux minutes plus tard, 15 000 roupies en moins dans ses poches.

- J’ai dit que t’etais ma femme, sinon ils m’auraient demande beaucoup plus.
- Est-ce qu’ils arretent aussi les simples locaux?
- Parfois. Toute excuse est bonne pour se mettre de l’argent dans les poches: si tu ne portes pas de casque en moto, ou si tu n’as pas ta ceinture en voiture (pratiques courantes en Indonesie). L’argent va dans leurs poches, ils se positionnent a des points strategiques, en general toujours aux memes endroits tres frequentes.

Wayan ajoute qu’il faut toujours etre tres sympa avec les flics, un grand sourire de Buddha en leur tendant les billets, si tu rales, ca ne t’en couteras que plus cher.

- Ce n’est pas juste, parce qu’ils recoivent de l’argent du gouvernement, pourquoi devraient-ils s’en mettre encore plus dans les poches? Enfin bref, c’est comme ca ici, personne n’y echape, conclut-il sur le sujet.

Tout comme l’art et la beaute, il semble que meme la corruption se trouve a tous les detours de riziere sur ce petit bout de paradis...

Wayan m’a deposee a Ubud en fin d’apres-midi, j’ai flane un peu et suis revenue me poser tranquillement chez les Sudana apres mon diner. J’etais sur ma terrasse, toute tranquille, lorsque j’ai vu Made (elle) venir vers moi:

- T’as mange?
- Oui, merci.
- Tu veux du riz?

Malpoli de refuser avec insistance, j’accepte et elle revient un court instant plus tard avec une assiette bien garnie de riz, de sardines aux piments, et d’un truc a mi-chemin entre l’artichaud et le porc.

- Si tu n’aimes pas, tu laisses, sourrit-elle en me tendant l’assiette.

J’ai gonfle mon ventre de cette bonne assiettee qui venait s’ajouter a un diner en coursde digestion, en laissant de cote l’artichaud-porc, ca, je n’ai pas pu le finir. Les Sudanas sont adorables, completement attachants, je les aime beaucoup.

Ce petit evenement a conclut ma journee a Bali, entre rizieres, volcans et temples, entre corruption et gentillesse couplee de generosite. Bali, tout simplement, sans doute.


[...]


Lilie

PS: A ce jour, je ne sais toujours pas ce qu'est reellement "l'artichaud-porc", viande ou legume. Si quelqu'un peut m'eclairer...

Contenu sponsorisé

Re: Voyage ton reve: extraits d'un journal de bord qui s'etala sur un an

Message par Contenu sponsorisé

  • Répondre au sujet

La date/heure actuelle est Mar 12 Déc - 22:24