Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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"Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

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geob

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par geob le Sam 30 Mai - 10:50


Ce que tu nous racontes, et c'est courageux de le faire, est effrayant. Je comprends ton émotion, mais il ne faut pas y voir les conséquences de l'invasion des espagnols, il y a quelques siècles. En général, l'inceste se déroule toujours dans des familles pauvres, alcoolisées, isolées. A Belize, j'ai croisé quelques blancs d'une communauté qui ne se mélange pas avec les noirs, on voit les résultats de la consanguinité ! Quant au viol systématique, "rien de nouveau sous le soleil" dit l'Ecclésiaste, c'est une arme de guerre qui existe depuis la nuit des temps, et "malheur aux vaincus" ! On en parle pas beaucoup car c'est bien gênant, vu que nous représentions le bien contre le mal absolu, je veux parler du nazisme, mais il faut savoir que l'arrivée des alliés à Berlin a été semblable aux hordes d'Attila pour les femmes allemandes, et dans l'armée russe le viol était pratiquement encouragé ! Sans oublier, à une moindre échelle mais quand même, le nombre de françaises qui ont été agressé par les militaires américains (certes, les américains ont condamné à mort quelques uns de leurs soldats pour ces crimes mais, comme par hasard, c'étaient des soldats noirs !).

Quant à l'alcoolisme chez les indigènes (message n)72), on peut hélas le constater dans le monde entier (la photo d"un repas chez les hmongs dans le village privé). Chez les Hmongs, les femmes aussi boivent jusqu'à tomber par terre !

Je ne sais pas la question que tu voudras nous poser, ce que je peux dire c'est que ton carnet, par l'étendue des sujets sur la société colombienne que tu abordes, par tes réflexions personnelles, est vraiment pas commun.
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Lilie

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Dim 31 Mai - 20:50

En Amérique du Sud, je l'ai constaté lors de mes voyages, et c'est un réel constat personnel, non une idée toute faite: les andins (je dis bien les andins, indigènes de cette terre) et l'alcool, ça fait encore moins bon ménage que pour les autres...

Quant à ce carnet de voyage "peu commun", je crois que tous les carnets de voyage le sont, du moins ceux de ceux (c'est moche!) qui voyagent comme je le fais: en individuel (= pas organisé), avec pour moteur principal la découverte des gens du pays, une approche de leurs modes de vie pour essayer de comprendre un peu leur vie. Pour voir et essayer de comprendre par moi-même ces ailleurs.

La Colombie, je pense le dire dans ma première note, tu sais comment elle a atterrie en tête de liste de mes destinations voyages? Avant de débarquer en Amérique du Sud pour la première fois en 2007, c'était pour moi un no-man's land, interdiction d'y mettre les pieds sous peine de kidnapping, et je n'avais d'ailleurs pas songé une seule seconde à l'inclure dans ce long voyage de 2007. Et au bout de 5 mois à vadrouiller sur le continent, à n'entendre que du bien des Colombiens, par des voyageurs du monde entiers, par les sud américains eux-mêmes, c'est tout naturellement que j'ai eu envie d'aller vérifier par moi même ce que j'entendais, qui venait contraster si grand-écartement l'idée que je me faisais de ce pays depuis... mon plus jeune âge!

Pour le reste, quand j'écris sur mes cahiers en voyage, c'est pour moi, pas dans l'idée de le partager plus tard sur un quelconque forum ou le faire lire à d'autres: je voyage seule, je ne partage ces moments de vie seulement avec les gens que je croise, mais une fois de retour dans ma vie sédentaire, personne n'a partagé ces moments importants avec moi. Personne, sauf mes cahiers. Ca me permet d'extérioser ce que je ne peux exprimer autrement. Ce n'est jamais calculé, de l'ordre du besoin tout simplement. C'est donc très intime. Sans doute pour ça que je mets quelques temps à les partager. Quand je les ai digéré, et que ça me parait faire partie d'une autre vie. clin d'oeil

Lilie
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Pondy

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Pondy le Lun 1 Juin - 8:06

Un bout de vie que tu partages si bien.
Des semaines et des mois où les découvertes et les rencontres changent et élargissent le regard.
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Lilie

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Lun 1 Juin - 20:52

C’est ici, a ***, que j’ai aussi rencontre Izabel. Izabel, contrairement a tous ceux de passage lors de mon passage “au lieu”, n’etait pas une connaissance de Magda (moi non plus d’ailleurs). Magda l’appelait “la Paparazzi” puisqu’il parait qu’elle etait entree un jour, sans prevenir, et qu’elle faisait le tour de la propriete, appareil en main, lorsqu’elle tomba nez a nez avec Magda. Izabel avait deja paye son logement pour la nuit a Salento, mais tomba sous le charme du lieu, et apres avoir eu le feu vert de la maitresse de maison, s’y installa quelques jours. C’etait son deuxieme sejour a *** lorsque j’y ai mis les pieds.

Lorsqu’on demande a Izabel d’ou elle vient, elle repond:

- De New York, mais de parents Colombiens.

Nee aux Etats-Unis en 1985, elle passa ensuite les huit premieres annees de sa vie en Colombie, avant de bouger sur New York. Son accent intrigue les Colombiens, parce qu’elle a l’accent colombien, mais avec une touche d’accent d’ailleurs, etatsunissien.
Elle travaille dans le cine. Un peu. Elle fait aussi d’autres petits boulots pour boucler ses mois. Tres interessante, vingt-quatre ans, la tete sur les epaules, et tres mure.

Ce sejour en Colombie, c’etait a la fois pour motif pro et perso. Traductrice-productrice d’un documentaire sur une mine d’or d’un pueblo aux environs de Medellin, qu’une multinationale veut racheter, en comptant en chasser les familles de mineurs qui y vivent depuis des generations. Elle en profite aussi pour visiter sa famille et un peu le pays, qu’elle ne connait pas. Elle en est tombee amoureuse, et espere venir y vivre et s’y installer dans un futur proche.

Elle a toujours une question sur le bout de la langue, et j’avais parfois l’impression d’avoir affaire a une journaliste quand je discutais avec elle. Moi qui ne sait jamais quoi dire une fois les banalites passees... Elle a d’ailleurs fait une interview de Magda, avec sa petite camera hi-tech, je l’appris plus tard.




De ***, je m’en fus par Filandia, a une vingtaine de kilometres, ou je suis encore aujourd’hui, apres deux nuits passees dans ce charmant village.

J’y ai rencontre Gonzalo, qui tient un petit resto a quelques zigzags et cuadras de la place principale. Je vais y manger tous les jours, son chorizo au poulet qui a gagne le concours departemental de la gastronomie, ou bien autre viande qui accompagne mon corriente [repas traditionnel du jour]. Il me parle de son blede, de son pays. M’a deconseille Quimbaya, ou du moins:

- Si, tu peux y aller, la place principale, mais ne t’eloigne pas trop du centre. C’est moins tranquille qu’ici.

Il a telephone au proprio d’un petit lac prive pour le prevenir de ma visite. Il n’y a pas grand monde dans son resto, et hier il m’a dit qu’une fois la fiesta du pueblo et la haute saison passees, il ne voit personne de la journee sur les quelques tables qui remplissent la piece.
C’est lui qui m’a envoye voir Diego, perche en haut de son mirador qui surplombe tout le departement du Quindio et d’ou on apercoit quatre autres departements.
Diego, producteur de cafe. De cafe 100% colombien, et il tient a ce qualificatif! A la tete d’une entreprise qui produit, recolte, transforme, empaquete et vend le grain noir, il me parla genereusement de cette terre qu’il aime, de son pays qu’il cherit; m’affirma que les guerilleros sont des terroristes qui salissent ce pays.

- Regarde autour de toi. Regarde ces gens... Ils n’y sont pour rien dans tout ca, ils veulent juste vivre normalement... Il t’est arrive quelque chose ici en Colombie?
- Non
- Non, parce que les Colombiens sont des gens bons, c’est juste une poignee de terroristes qui veulent le pouvoir qui gachent tout.

Charismatique, passione. Si je suis encore a Filandia, c’est parce que j’attend le rendez-vous de demain matin. Il m’a invite a passer a son usine, petite usine dans Filandia-meme, que j’ai apercue en faisant un tour hier. Pas sure de l’y voir puisque lui, il passe son temps avec sa femme sur le petit stand en haut du mirador, a vendre leur cafe. Mais je vais y aller, parce que je ne peux quitter le pays du cafe sans en comprendre le processus de fabrication de A a Z!

Je suis maintenant assise dans le parque [place centrale] de Filandia; il est environ 17h30, ca grouille de monde, familles, anciens, voisines, copains, jeunes tourtereaux. Juste avant de me poser sur le banc, je suis allee prendre un jus de fruit. Nouvelle decouverte, d’une saveur que je ne connaissais pas (y a-t-il une fin aux richesses de ce pays?!) ... Mon accent suscita la curiosite du couple a l’origine de cette merveille frugale. Et une nouvelle fois:

- La Colombie est mal reputee partout dans le monde. Les gens croient que les Colombiens, nous sommes mauvais... Ce n’est pas vrai. Une fois en Colombie, tu vois bien que les gens sont “bonitos”.

Et ils me souhaiterent avec un grand sourire un Nieme “bienvenida!”.

Et maintenant deux femmes, cinquantenaires avancees, qui s’etaient assises sur “mon banc” alors que je griffonais deja ces mots, viennent d’en partir. L’une d’entre elle se retourne, avec un grand sourire et me remercie de les avoir laissees s’asseoir a cote de moi... C’est moi qui devrais la remercier de son grand sourire!, me dis-je maintenant.



Rencontres de quelques jours ou d’un instant, peu importe, elles viennent toutes completer ce voyage, elles font toutes partie de la richesse de ces deux mois colombiens.

(...)

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geob

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par geob le Mar 2 Juin - 11:07

Moi qui ne sait jamais quoi dire une fois les banalites passees...


C'est vrai... ce mensonge? prof
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Lilie

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mar 2 Juin - 20:12

En fait, quand j'ai écrit ces mots sur mon cahier à l'époque, je m'étais justement faite la reflexion: c'était vrai avant, mais quelques années au contact des Irlandais m'ont appris par mimétisme à toujours avoir ne serait ce que des banalités à dire... Au pub, il faut savoir meubler d'anecdotes de sa vie, de celles des autres, de celles d'un programme TV, parler du temps, etc clin d'oeil

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Jeu 4 Juin - 21:49

12 Janvier 2010
Manizales

- Diego, Kurt, et Felipe –


Ce matin, comme prevu, je me suis donc rendue a la petite usine de cafe de Filandia, ou Diego m’avait donne rendez-vous quelques jours auparavant. Diego... Ah!... Diego! Plus je l’ecoutais parler, et plus je tombais amoureuse! Passione de sa terre donc, il m’expliqua tout le processus de torréfaction, degustation a la cle bien sur, et pour la premiere fois de ma vie, je mis le nez dans un sac de grains de cafe.
Je ne sais pas quand est-ce que j’ai commence a tomber sous le charme: etait-ce lorsque de tout son calme, tout en douceur et avec sa nonchalance, il me racontait le meilleur cafe de la region, le sien? Ou bien fut-ce lorsque, les yeux petillants, il commenca a me poser plein de questions sur mon pays, mes coutumes, ma terre natale? En y repensant, je crois qu’il essayait de me seduire (il est marie pourtant). A sa maniere, bien differente du classique “t’as de jolis yeux” que j’ai entendu en boucle ici en Colombie. Il me demanda quand etait la fete de mon pueblo. Alors il m’a dit qu’un jour, je le verrai debarquer dans mon blede un 14 Juillet, qu’il viendra me chercher! Ah! Ah!
Diego, il vend son cafe sans meme essayer de le faire. Moi, je lui aurai achete les 240 tonnes qu’il produit annuellement si j’avais eu les moyens, parce que naive que je suis, je gobais tout ce qu’il me disait.
Apres une heure et demi en sa compagnie, mes quatre paquets de cafe dans un sac, je l’ai quitte, completement fleur bleue.




C’est quelques instants plus tard que je suis tombee nez a nez avec Kurt, pres de l’eglise, sur la place principale. Kurt, je l’ai rencontre hier soir... au petit resto de Gonzalo! Kurt, originaire de Louisianne, vit maintenant dans l’etat de New York. Il etait avec son fils, Max. Les seuls gringos que j’ai croises ici a Filandia, et il a fallu qu’ils atterissent dans “mon” resto, a l’ecart des autres lieux de nourrisement! Si je n’ai pas accroche avec son fils, lui m’a paru des les premiers instants un homme adorable, ses yeux gris-bleus debordants de gentillesse et de bonte. Ils venaient d’acheter la veille une petite maison, dans un petit blede au Sud d’Armenia, dans le meme departement que Filandia. Histoire de coeur.
Ce matin, c’est Kurt tout seul que j’ai rencontre. Son fils etait parti accueillir des amis au petit aeroport d’Armenia, qui accueille pourtant un vol hebdomadaire depuis New York. On echange quelques mots, il me dit qu’il veut se rendre a Quimbaya, a quelques kilometres de la ou nous sommes. Il cherche l’endroit d’ou part le bus, moi aussi, mais pour Manizales lui dis-je. On s’accompagne dans notre petite recherche et bien sur que les bus pour Quimbaya ou autres destinations partent du meme bord de rue, pres du parque. Je l’y laisse, le temps d’aller chercher mes mochilas [sacs] laissees a mon hospedaje. Quand je reviens, Kurt me demande si ca ne me derange pas si finalement il m’accompagne a Manizales, qu’il a regarde dans son guide et que ca a l’air interessant.

- Aucun souci! Lui repond-je en riant, au contraire!

On a discute tout le long du trajet jusqu’au terminal de bus de Pereira, d’ou nous avons pris un autre bus en direction de Manizales et dans lequel nous avons continue a discuter deux heures durant, en s’emerveillant des jolis paysages, de ces montagnes, de cette nature luxuriante.

J’avais un plan Couch Surfing pour ce soir, mais mon contact n’arrivait pas en ville avant la soiree. J’ai donc accompagne Kurt pour sa recherche de logement: le premier hotel rencontre sur la place du centre... facile! J’ai laisse mon gros sac dans sa chambre, et suis partie au bureau d’immigration de la ville... Oui, ca faisait deux semaines que je stressais a cause de ma nouvelle date de sortie du territoire colombien, qui depassait d’un jour la duree que j’avais inscrite sur le papier officiel a mon arrivee en Colombie (par prudence et non en prevision d’extension de voyage!). Finalement, aucun souci, pas besoin de payer une extension de visa pour un jour m’ont-ils dit au bureau.

De retour en ville plus vite que prevu, me suis balladee, mange un Nieme corriente, et je suis retournee chercher Kurt a son hotel, comme nous avions convenu. La suite... quatre heures de discussions interessantes, d’autres plus legeres, quatre bieres, et quelques rires.

Kurt, fin de cinquantaine est medecin. Un petit medecin de campagne, qui a choisi avec sa femme de sortir du systeme de productivite qui regit la sante etatsunissienne (entre autre, de grandes corporations qui imposent aux medecins une visite toutes les dix a quinze minutes!). Ils gagnent beaucoup moins d’argent, mais pour rien au monde il ne changerait son mode de vie affirme-t-il. Je l’ecoutais parler de sa ferme a deux heures de New York City, ou il vit avec sa femme et ses trois fils, des ours qui viennent le saluer dans son jardin, des ouragans qui devastent sa Louisiane natale chaque annee. Il aime aussi beaucoup le Mexique, ou il vecut, ou il retourne encore de temps en temps. Et la Colombie, sa troisieme fois ici, pas pour autant qu’il en a fait le tour, bien loin de la!

A 20h, j’ai recupere mon sac a son hotel, et je l’ai laisse. Si j’avais eu trente ans de plus, je crois bien que je serais tombee sous le charme de cet autre homme, qui semble completement depourvu de tout mal, ou a l’inverse, plein d’amour. Un bel homme, au sens le plus profond.




Ensuite, un connard de taxi m’a deposee devant l’adresse que j’avais griffonee sur un bout de papier une heure plus tot via bigophone interpose. J’etais devant la maison de Felipe, 34 ans, mon hote ici a Manizales. On a parle peut-etre trente minutes seulement, mais suffisant pour accrocher avec ce fervant de Colombie, un pays qu’il semble voyager et partager des que l’occasion se presente. Premier contact super facile, comme si on se connaissait d’avance, sans se forcer. Demain, il m’embarque avec lui pour sa journee de travail!
Son taf, c’est de voyager dans tout le pays a la recherche de fruits et de lait destines a faire les produits laitiers d’une marque assez connue ici... Bacano [expression colombienne pour exprimer l’idee de “chouette, super”]! Alors il m’a demande si j’aimais marcher... tu parles! Je ne sais pas trop a quoi m’attendre, mais de voir du pays avec lui, ca me fout la frite, deja! Debout a 6h par contre, ca c’est moins drole.

Felipe semble lui aussi avoir un certain charisme... Vais-je aussi tomber sous le charme? Jamais deux sans trois dit-on!... Ah! Ah!


(...)

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Skyrgamur

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Skyrgamur le Jeu 4 Juin - 23:36

Lilie, cœur d'artichaut. rire


_________________
Skyrgamur, le lutin Islandais
 
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geob

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par geob le Ven 5 Juin - 10:23

En y repensant, je crois qu’il essayait de me seduire (il est marié pourtant).

En réalité c'est... parce qu'il est marié !!!  Dans son dernier bouquin, enfin je l'ai surtout entendu en interview, Yann Moix explique qu'un homme qui a une stabilité sentimentale devient un véritable Don Juan parce qu'il ne craint pas un refus, il irradie le bonheur de vivre, et c'est ce qui fait son charme. D'ailleurs, c'est bien connu, les femmes sont attirés par les hommes qui ont une alliance au doigt, ce qui démontre symboliquement leur pouvoir de reproduction  diablotin

(Lahaut, pour tomber une géraldine, mets une alliance !)
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Lilie

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Lun 8 Juin - 20:34

14 Janvier 2010
Manizales

- Cette journee avec Felipe –


Leves a 6h... C’est seulement a 8h qu’on a decole. De la maison, ce n’est pas direction le taf de Felipe ou nous sommes alles, mais au garage. Oui, son gros 4*4 de rally avait besoin de se faire changer une piece. Ensuite, rapide passage a son lieu de travail, l’equivalent colombien de Danone, qui fabrique et vend toute sorte de produits laitiers.

Vers 9h30 finalement, nous prenons la route, celle qui lie Manizales a Medellin. Felipe me dit qu’on va d’abord a Riosucio, a deux heures d’ici. Deux heures dans une voiture, c’est le temps parfait pour discuter! Felipe est super interessant, divertissant et c’est surtout un grand voyageur et explorateur de son pays, caracteristique peu commune de ses compatriotes, qui ne visitent que tres peu leur beau pays, par peur principalement je crois. Il aime son pays, il le connait bien, et son travail l’emmene sur toutes les routes du pays, dans des coins recules souvent. Son taf en fait, ce n’est pas tant d’acheter les fruits aux petits producteurs. Son taf, pour ce que j’en ai compris hier, c’est  d’accompagner les fermiers dans la mise en place de nouvelles techniques de culture, de verifier la qualite des produits que son entreprise leur achete, et de leur donner des recommendations.

Hier donc, apres un arret a l’internet de Riosucio, un autre a une panaderia-cafeteria, et un dernier pour la pause dejeuner, c’est vers 13h que nous avons pris la piste qui grimpe tres rapidement dans les montagnes. Je m’emerveille de grands “Ouah!” a la vue du
paysage qui s’etend sur ma droite, alors que nous venons tout juste de commencer a monter. Monter... ce que le 4*4 de Felipe n’aime pas du tout, ce que nous avons experimente toute la journee. Felipe avait pourtant change la piece qu’il croyait defectueuse le matin-meme. Rien a faire, la grosse machine de guerre toussotait et finissait toujours par ne plus avancer. Seul remede, la reposer a l’ombre, et lui verser de nombreux litres d’eau fraiche sur le moteur. Peut-etre quatre ou cinq fois durant nos
deux heures sur la piste, jusqu’a ce que Felipe me lance:

- Nous y voici! On y a reussi!

Nous y voici? Ou? me demande-je. Pas de maison sur le bord de la route, une foret sur notre gauche le long de la piste et une magnifique vallee sur notre droite, parsemee de quelques habitations, de hautes montagnes les protegeant au loin. On s’arrete a un point de vue, me dis-je betement, le temps de comprendre que non, nous sommes simplement arrives la ou la mission de Felipe doit le mener aujourd’hui.

Il ouvre l’arriere de la Bete, en sort un carton, des sacs. Je le laisse faire, et quelques pas plus loin, m’en vais admirer le paysage. Deux enfants viennent d’arriver la ou je me trouve, au sommet d’un sentier qui, si je le suis des yeux, me fait descendre abruptement une centaine de metres, traverser une pature, et m’en aller en direction de quelques maisons que j’apercois a environs un kilometre en contrebas. Une femme est la aussi, assise, pieds nus, a reprendre son souffle. Elle est indigene, comme les deux enfants qui l’accompagnent. Oui, en chemin, Felipe m’a dit que nous nous dirigions vers un territoire indigene, celui des Chocos. J’ai le temps de discuter avec cette femme, de jouer avec le yoyo du petit garcon, de taquiner la petite fille pendant les quelques minutes ou Felipe se prepare.

Un sac plein de fortifiants sur le dos, “vamos!” me dit-il,  en ouvrant le chemin via ce meme sentier par lequel la femme et les gamins viennent d’arriver. Ah! Ah! Je me regale! Super contente d’etre la, dans les montagnes, a deux heures du village le plus proche. Bien mieux que n’importe quel tour avec agence! me dis-je.



(...)

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Pondy

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Pondy le Mar 9 Juin - 8:17

Chouette journée avec Felipe.
Chuis contente de prendre le sentier avec toi et doublement contente de n'avoir ni à marcher ni à supporter la chaleur. Simplement suivre tes pas dans ton histoire vraiment bien racontée.
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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mar 9 Juin - 18:49

De mes souvenirs, ne faisait pas super chaud non plus, juste bien. clin d'oeil

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mar 9 Juin - 18:49

Et ca, c’etait avant que Felipe, pendant la marche jusqu’a la finca, se mette a me parler des indigenes d’ici, du gouvernement qui leur a laisse les terres, de la multinationale de papier et carton qui en echange de planter eucalyptus et pins sur leur territoire, a construit des routes privees (dont la piste que nous avons empruntee), qui relient aussi les fermes des environs. Felipe, bien meilleur que n’importe quel guide pour visiter les environs!

Apres vingt minutes de marche, nous arrivons a une finca, celle de Felix et de sa famille. Le but de la visite de Felipe etait de controler l’etat de la parcelle experimentale ou Felix fait pousser des fraises. Des fraises enormes, d’environs 50 a 60 grammes pour certaines! Felix vend 3000 pesos son kilo de fraises a la compagnie pour laquelle travaille Felipe. Un prix “pas mauvais” selon Felipe. En vendant ses fruits a cette entreprise, Felix est assure de les vendre. En echange, en fournissant un soutien et une aide a ses fournisseurs, cette grosse boite controle la qualite et la provenance des fruits utilises pour la fabrication de ses yahourts et autres produits laitiers. En travaillant directement avec les producteurs ou associations et regroupements de fermiers, ca permet aussi a cette compagnie d’acheter moins cher. J’appelle ca du commerce equitable, et j’etais surprise de voir qu’une entreprise leader sur son marche travaillait de la sorte ici en Colombie. Felix avait l’air content et satisfait, surtout que le materiel lui est aussi fourni, ainsi que les produits pour les parcelles experimentales. Felipe cette fois-ci, lui apporta trois types d’engrais, plusieurs kilos de chaque. Il passa un bon moment a expliquer comment preparer les melanges, et la frequence des applications. Tout etait minutieusement inscrit sur un calendrier, accroche au mur exterieur de la maison. Apres deux heures chez Felix (ou je vis pour la premiere fois des tomates de arbol dans leurs arbres!), nous sommes repartis a pied a travers la montagnes, jusqu’a la piste ou le 4*4 nous attendait a l’ombre.

En chemin, Felipe m’expliqua les avantages a travailler de la sorte pour les deux partis. J’ai bien l’impression que les deux, acheteur et vendeur, s’y retrouvent. Cela fait plus de dix ans que cette entreprise travaille avec les indigenes de la region. Ils “forment” d’abord une ou deux familles, cela peut prendre plusieurs annees, et ensuite ces familles transmettent leur savoir aux autres fermiers des alentours.
J’etais vraiment impressionee de voir que le capitalisme peut parfois aussi etre ethique. On peut certainement critiquer et trouver des failles a cette pratique, et je ne suis pas economiste pour comprendre la grosse machine et les interets economiques de l’employeur de Felipe. Mais j’ai vu Felix et sa famille qui, s’ils vivent modestement, vivent peut-etre mieux en travaillant de la sorte que s’ils se debrouillaient seuls. Et a l’entendre parler, j’ai vraiment eu l’impression qu’il etait satisfait. Ca fait dix ans qu’il travaille avec cette boite, il aurait pu arreter le programme s’il n’y trouvait pas son compte je pense.

De retour a la voiture, Felipe me dit que nous allons visiter la seconde finca. Le bolide peine encore dans les montees, mais quarante cinq minutes et un coucher de soleil plus tard, nous arrivons au deuxieme rendez-vous de la journee. Visite de la parcelle de fraises... beaucoup moins jolie celle-ci, maladie sur les feuilles. Meme travail pour Felipe, qui examine les plants, laisse quelques sacs de fertilisants, et met par ecrit ses recommendations. Ariel et sa femme nous ont gardes a manger. Jeune couple tres gentil, je sentais la bonne humeur et la complicite dans cette famille, a la fois entre Ariel et sa femme, et puis aussi entre eux et les enfants. Ils nous ont montre sur l’ordi portable photos et videos de leurs vacances de Noel sur la cote caraibe, a visiter de la famille; nous ont emmenes voir Rey, petit veau d’une semaine attache sous le preau de la maison et destine a etre vendu comme beau taureau dans six mois. La guerilla est venue s’imicer dans la discussion aussi, Ariel ayant parfois affaire a des guerilleros qui vvient dans le coin. Vers 21h, nous avons laisse Ariel et sa famille pour reprendre la route. Nous ne rentrions pas a Manizales, trop loin, mais revenions a Riosucio, a environ trente minutes de route de notre dernier arret. Felipe m’avait averti la veille:

- Fais ton sac avec le necessaire, nous passerons peut-etre la nuit a l’hotel, selon le temps qu’on passera a visiter les fincas.

(...)


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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 21:02

Sous le beau ciel etoile, la Bete roula tranquilement, puisque ce n’etait qu’une demi-heure de descente jusqu’a Riosucio. Felipe me demanda comment m’avait paru la journee.

- Chevere! [Expression colombienne, plus ou moins synonyme de “bacano”] lui repondis-je spontanement.

Super contente de cette viree, qui m’a permis de comprendre un peu plus le pays, les gens, de voir comment les petits fermiers vivent, de penetrer leur intimite un peu (maison et famille), et de partager aussi le travail de Felipe, qui m’heberge. Felipe a vraiment tout compris des voyageurs qui logent chez lui via Couch Surfing. Sans doute parce que lui aussi en est un, de viajero [voyageur].

Ce matin, c’etait a nouveau debout aux aurores pour le retour de bonne heure a Manizales, ou Felipe devait travailler au bureau. Petit dejeuner a un mirador, avec vue sur le rio Cauca et les montagnes, et le 4*4 nous ramena, non sans peine, a Manizales.

J’ai passe ma journee a decouvrir cette jolie ville des montagnes, et ce soir on a encore discute tout un moment avec Felipe. Il me montra tous ses chapeaux, m’expliqua leur fonction, les differents noms, les regions colombiennes d’ou ils venaient, ... C’est dingue le temps qu’on peut passer a parler chapeaux! Moi, je lui parla du Parc National Purace, quelques photos a l’appui. Il ne le connait pas encore, mais je crois que je l’ai bien motive pour qu’il s’y rende lors de ses prochaines vacances! Il m’a aussi conseille pour mes activites de demain, et ce sera donc a nouveau un depart matinal (trois jours de suite levee avant 7h: un exploit!) afin de prendre le bus pour quelques pueblos de montagnes de la region cafeteria.

Felipe, je vote pour, a 100%!

PS: J’ai sorti du fond de mon sac le Lonely Planet Colombie, ouvert 3 fois a ce jour et a peine ecorne d’avoir vecu le voyage englouti sous mes affaires, et l’ai depose sur le chevet de Felipe. Il en fera meilleur usage que moi, sans aucun doute!


(...)

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 21:09

Quelques photos de Manizales:
























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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 21:22

" (...) prendre le bus pour quelques pueblos de montagnes de la region cafeteria."


Sur celle-ci, un bel aperçu du fond sonore des trajets en bus dans ce pays... ainsi qu'une surprise! clin d'oeil


Sur celle-ci, plus de paysages:


















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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Skyrgamur le Mer 10 Juin - 22:28

Pas vu la surprise de la 1ère vidéo. triste


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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 23:13

C'est l'arrêt au milieu de nulle-part, la surprise! clin d'oeil

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Skyrgamur le Mer 10 Juin - 23:18

Ça, j'avais vu. Je croyais qu'il y allait avoir une grosse bêbête.


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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 23:23

Ahahah§

Tiens, la grosse bête du même pueblo: une vache normande colombienne!... même deux!



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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Mer 10 Juin - 23:25

Et une autre grosse bête, croisée quelques semaines plus tôt lors de ma dernière balade avec Hilel autour de San Agustin: nous l'avons suivi quelques minutes, pas farouche, ce géant (comme ma main) papillon hibou!



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Solcha

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Solcha le Jeu 11 Juin - 10:16

Ah, celui là je l'ai croisé au Costa Rica, ravie de connaître son nom!


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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Dim 14 Juin - 20:35

E-mail envoye le 16 Janvier 2010,

- “Dernieres images colombiennes” –


“Samedi 16 Janvier 2010, 18h26, Manizales...

Dans 24heures, j'aurai tout juste decole de l'aeroport de Bogota.

Je ne veux pas consacrer du temps de mon dernier jour, demain, devant un ecran d'ordinateur. Je ne veux pas non plus quitter la Colombie, sans un dernier mail, pour vous.

L'Ile de Paques me parait bien loin, ca, je l'ai realise hier. Un autre voyage, parce que si je n'ai quitte l'Europe qu'une fois, pour moi depuis Octobre, c'est bien deux voyages distincts que j'ai vecus.

Je veux vous envoyer quelques cartes postales, maintenant meme. Pour eveiller votre imagination, pour susciter votre curiosite, pour temoigner un peu.

En vrac, voici les photos qui me viennent en tete, mises en mots:

Les chivas, une institution de transports publics colombiens. Une attraction a elles toutes seules!

Les meilleurs fruits du monde sont colombiens (tous les voyageurs que j'ai rencontres s'accordent sur le sujet)! et non seulement ce sont les meilleurs, mais il y a une quantite de fruits, connus ou inconnus en dehors de ses frontieres.

Les colombiens consomment les fruits principalement en jus. A table, ce n'est ni eau ni vin qu'ils boivent, mais des jus de fruits. D'ailleurs, une maison colombienne n'est pas complete sans son mixeur de fruits pour faire des jus! (chaque hotel, hostel, hospedaje, ou maison ou j'ai mis les pieds en avait un, sans exception).

Dans la zona cafeteria (ou je me trouve actuellement), vous pouvez voir les chercheurs d'or pres des rivieres. Et peut-etre meme, vous en verrez en vendre furtivement ou coin d'une rue, dans un petit village.

Le mythe d'El Dorado est ne en Colombie.

Simon Bolivar, liberateur de toute l'Amerique du Sud, etait colombien. Chaque village, chaque ville a sa place Bolivar en son centre.

Les Colombiens sont des gens adorables, chaleureux, genereux, et gais. Si vous ne l'aviez pas compris depuis deux mois, je vous le repete (tout voyageur rencontre s'accorde a nouveau sur ce sujet).

Je ne connais que le sud de la Colombie. Parait que le nord est tres different. Le nord, ce sont les Caraibes. Alors j'imagine bien que la vie la bas n'a rien a voir avec celle des montagnes! (je ne parle meme pas de l'Amazonie!).

Manizales est une ville super propre, sans un dechet dans les rues. A 2000m d'altitude, vous admirez les montagnes a tous les coins de rue, ou presque. Elle est aussi l'hote de la 5e cathedrale la plus haute du monde: 113m (j'y suis montee ce matin, et le mirador est a l'exterieur du clocher... brrr!).

Musique!... A fond dans les maisons, en ville ou en campagne, peu importe. A fond dans les boutiques, ou sur la place centrale, et pas un trajet en bus sans elle! Shakira est colombienne, mais je ne l'ai jamais entendue ici. Musique 100% colombienne sur les radios ou les cds, parfois mexicaine, seule musique etrangere qui s'ecoute ici. Pas mal de styles differents, mon prefere reste la salsa, toujours!

Stereotype du campesino colombien (du campo, qui travaille dans les champs): chapeau, moustache, poncho, petit sac en cuir ou en laine, machete.

Les chapeaux colombiens... tout un art! du guandaño au campesino au costeño, chaque region a le sien, meme s'ils se trouvent dans tout le pays. Et il y a aussi le chapeau du dimanche, habille. Celui pour la pluie, celui en fibre de palme etc., etc., etc., ...

Le poncho, contrairement aux croyances populaires, ne sert pas a se proteger du froid [en Colombie]. Le poncho est leger, il sert a proteger ses vetements de la poussiere, ou bien a s'essuyer le visage, ou bien a je ne sais quoi. Il se porte souvent sur l'epaule, ou bien autour du cou, et pas si souvent que ca la tete passee par le col. Le plus populaire ici reste celui couleur beige, habille de bandes aux couleurs du drapeau colombien, jaune, bleu, rouge.

La Colombie, pays des emeraudes. A San Agustin, la vente au black se trouve a toutes les portes. Vous en aurez dans les mains autant que vous voulez, on vous les met dans les mains a cote de bouts de verre ou de plastique, afin que vous puissiez verifier leur authenticite... Une emeraude, c'est jolie!

Le cafe colombien est vraiment bon! Vraiment, vraiment bon! Tout un art aussi, je n'ai encore pas compris toutes leurs denominations. Vous demandez un "tinto" on vous demande si vous le voulez clair ou fonce. Le blede suivant vous demande si c'est un tinto que vous voulez ou un cafe negro... euh... Va falloir me refaire un cours!

Les Colombiens aiment leurs chiens... aiment aussi les toiletter, et les habiller. J'ai elu le schnauzer, chien national colombien (le chihuhua vient a deuxieme position). Toujours la meme coupe de poil, toujours la meme couleur. Parfois habille, parfois a poil. Mais a tous les coins de rue!

La 4L est a la Colombie ce que la R12 est a l'Argentine: voiture francaise bien representee!

Il n'y a pas de saison en Colombie. Ou si: la saison seche et la saison des pluies. Ainsi les arbres ne perdent jamais leurs feuilles, et sont verts toute l'annee. Les fruits donnent toute l'annee egalement.

Les Colombiens n'aiment pas le froid. Quand on leur parle de neige ou de 0 degre en Europe, ils font "ah! brrrrrrrr! no! no! no!". Ici, il fait beau toute l'annee, meme quand il pleut! lol.

Les routes colombiennes sont en general en bonne condition (compare au reste du continent). Mais comme le plat n'existe pas et que tout n'est que montagne, c'est beaucoup de virages... et on double dans les virages, sans aucune visibilite bien sur. Les routes sont larges, on passe a trois... en general!

Beaucoup de classe moyenne en Colombie, le salaire moyen est de 200 euros/mois. Des mandiants, mais pas pire que dans les pays du sud du continent, voir moins peut-etre.

Guerilla. Le mot revient souvent dans les discussions meme si les Colombiens vivent bien mieux depuis qu'Uribe est au pouvoir (2002). Le touriste normal n'aura pas affaire a quoi que ce soit du genre, elle est, pour la partie du pays ou j'ai traine mes bottes, latente. Les parcs nationaux ont reouvert, et les Colombiens n'ont plus peur de prendre leur voiture. "Orden publico", revient de temps en temps. Cela designe les zones considerees dangereuses par ordre public. Ca reste des zones bien delimitees, et a nouveau, aucun danger pour qui que ce soit qui ne vient pas chercher la merde comme une certaine Ingrid.

Les Colombiens n'aiment pas Ingrid Betancourt. Moi non plus. Quand on cherche la merde, on la trouve.

Dans chaque maison, voir dans les restos, il y a une representation du dernier dinner de Jesus (ca a un nom special, non?) au dessus de la table a manger. Pas rare de voir les eglises debordees de monde, les gens dehors, a ecouter la messe. Jeunes, vieux, tous.

Le samedi soir, c'est sortie en famille, dinner, balade, parents et enfants, quelque soit l'age des jeunes. Tout le monde a l'air de prendre du plaisir a cette sortie familiale, a cinq ans comme a dix-huit. Les jeunes sortent ensuite faire la fete avec les potes.

Le dimanche, jour de beuverie nationale. Les hommes dans les bars (estancios), les femmes s'y font plus rares. On boit de la biere en Colombie, du rhum, et de l'aguardiente, alcool national.

Tout le monde danse en Colombie. Et tout le monde sait danser, les hommes aussi, quelque soit leur age... c'est enervant!

Dans les rues, on peut acheter de la gelatina. Une substance gelatineuse, gommeuse, treeeeeeeeees sucree... la recette est secrette, tout ce que j'en sais c'est que ca se fait avec des pattes de vache... j'essaie de ne pas trop penser a la recette quand j'en mange.

La chicha... vin fait maison a base de mais ou de sucre de canne, je ne sais toujours pas, a chaque fois que je demande, c'est l'un ou l'autre! ca ne s'achete pas, ca se trouve... j'ai eu l'occasion d'en boire une fois, ca ressemble a du vin nouveau... trop bon!

Bogota et son musee de l'or, propriete de Banco de la Republica... le plus grand du pays, mais chaque ville a son musee de l'or!

En Colombie, il y a des blancs, des noirs, des indigenes, des metis, des latinos... y a que des asiatiques que je n'y ai pas vus!

La richesse de la Colombie ne se trouve pas dans son sol, ce n'est ni son or, ni ses emeraudes, ni son cafe. La richesse de la Colombie se trouve dans ses gens.

Je reviendrai en Colombie.

Colombiement,

Voyageusement,

Lilie



(...)



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Pondy

Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Pondy le Lun 15 Juin - 17:38

Ohhhhhh, c'est fini !
Je me console avec l'attente de La Question.

Je ne sais pas si, un jour, j'irai en Colombie mais qu'est-ce que c'était bien de voyager avec toi.
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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

Message par Lilie le Lun 15 Juin - 19:35

Mais non, ce n'est pas fini! clin d'oeil

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Re: "Jusqu'au bout..." - Ile de Pâques & Colombie (2009/2010)

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