Le Village du Peuple Etrange Voyageur

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    La salle à palabre

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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Lun 18 Oct - 19:28

    M'enfin, Pataugas ! Je n'ai pas dit (ni même eu une once de pensée en ce sens) que tous les "vieux" de 50 ans étaient "cassés par la vie et le boulot" !


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    Re: La salle à palabre

    Message par bardak le Lun 18 Oct - 20:09

    Puisqu'on parle davantage des grèves actuelles que des syndicats dans leur ensemble, je vais continuer sur le sujet...

    Quand je pense que j'ai failli ne pas partir pour cause de pénurie de carburant à Roissy pour les véhicules autres que les avions mais néanmoins indispensables au bon fonctionnement d'un aéroport...

    Finalement, tout cela, c'est l'histoire du garçon qui criait au loup...

    A force de faire grève pour un oui ou pour un non, certaines corporations ont amené à une vision excessivement négative de la grève. C'est idiot mais c'est comme ça. Les usagers de la RATP (ou autres d'ailleurs, mais n'ayant jamais vécu, en France, qu'à Paris, je ne me prononcerai que concernant les problèmes des parisiens) savent de quoi je parle. A force de connaître des problèmes dans les transports à peu près une fois par mois, lorsqu'une nouvelle grève émerge, la réaction est unanime : Ras le bol!

    Je me souviens d'une période où, pendant près de deux mois, il m'a été impossible de rentrer chez moi en moins de deux heures (sachant qu'à l'origine, j'avais 50 minutes de trajet pour me rendre sur mon lieu de travail, idem au retour). Ce n'était pas toujours les grèves qui étaient en cause. Parfois, il s'agissait d'incidents techniques ou d'incidents voyageurs. Mais peu importe, lorsqu'au bout de deux mois, les problèmes techniques ont été plus ou moins réglés et qu'on s'est soudainement tapé une grève, ça a été la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.

    Néanmoins, j'ai trois interrogations que je souhaiterais eclaircir.

    - La grève est-elle à ce point nécessaire qu'elle intervient tous les quatre matins ? Les grévistes ne pourraient-ils pas commencer par envisager d'autres modes de négociation ?

    - Paralyser tout un pays au nom de ses idées peut-il être considéré comme juste au regard du jeu démocratique ? En gros, que font les grévistes de la majorité, silencieuse en apparence, mais qui marque clairement ses idées via des élections ? Bref, certains ont la possibilité de bloquer une grande partie du pays, doivent-ils user de ce privilège, quand bien même le jeu démocratique leur donne tort ?

    - En rebondissant sur la question précédente, beaucoup de grévistes prétendent faire grève dans l'intérêt général. Alors où se trouve la limite avec la dictature, lorsque certains estiment détenir la vérité sur l'intérêt général et estiment, dès lors, devoir l'imposer à tout le reste de la population?

    - D'où vient cette manie que le gouvernement devrait régler tous les problèmes ?


    Je précise que mes interrogations n'ont rien à voir avec la réforme des retraites à laquelle je suis foncièrement opposée (notamment dans sa définition de ce qu'est un travail pénible, certaines personnes ayant commencé à bosser à 14 ans, vont devoir travailler encore plus longtemps, pour moi, c'est ridicule. Il vaudrait mieux compter en fonction des trimestres de cotisation plutôt que de l'âge...). Et ce sont des interrogations tout à fait "naïves" de ma part. Sans aucun parti pris idéologique. J'essaie juste de comprendre ce que peut animer une partie de la population à bloquer l'autre partie de cette même population, sans s'interroger, en aucune façon, sur ce que pourraient vouloir les autres...



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    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Lun 18 Oct - 23:19

    Pataugas Moi si j'étais à l'étranger et que je vois cela à la télé je me dirai que je suis dans un pays de fous !! (j'espère que les grévistes auront une pensée pour les 3 milliards d'habitants qui vivent avec un dollar par jour pour survivre et aux dix milles enfants qui meurent de faim tous les jours )En France on est 60 millions de privilégier qui se battent pour en faire le moins possible quitte à se détruire les uns les autres !!

    j'ai l'impression d'être sur le Titanic .L'iceberg arrive droit devant, le capitaine veut l'éviter mais les passagers qui sont sur le pont et qui raffolent de la vitesse du bateau et pour ne penser qu'au plaisir du moment , empêchent l'équipage de manoeuvrer pour éviter la catastrophe.
    Je vous rappelle que la plupart des réscapés du naufrage sont de la première classe et que ce sont les passagers des classes du dessous qui sont tous morts noyés
    Et encore je pense que maintenant le Titanic a touché l'iceberg et commence à couler que les passagers continuent à danser et à chanter toujours sur le pont (seuls les plus fortunés qui ont réussi à embarquer des canots de sauvetages individuels ne seront pas dérangés par ce naufrage et pour tous les autres des classes du dessous on leur donnera un gilet de sauvetage et n'auront que les yeux pour pleurer car personne n'a aidé l'équipage pour sauver le navire de la catastrophe annoncée et que personne ne voulait voir !!)
    Vous voyez ce que je veux dire !!

    De toute façon en France on a la science infuse, c'est toujours les autres qui ont tort et notamment les pays qui ont repoussé l'age de la retraite et nous qui avons raison où il ne faut surtout rien changer!!


    Wapiti hé bien je demanderai alors à l'ouvrier de 50 ans :"Préfères tu partir en retraite à 60 ans avec une moitié de pension ou même rien du tout car elle ne sera pas financée car il y aura trop peu de cotisants ou alors tu travailles 2 ans de plus mais là ta pension sera garantie ?

    Et de plus Wapiti je fais peut être 2 voyages par an mais est ce que je ne travaille pas 2 fois plus par an que ceux qui font les 35 heures ? (entre 45 et 50 heures par semaine plus les jours fériés certains dimanche et 6 jours par semaine )


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    geob

    Re: La salle à palabre

    Message par geob le Mar 19 Oct - 16:20

    Les syndicats affichent 8% d'adhérents ! 92% de la population sont bien bêtes pour laisser 8% décider pour eux.
    Si dans les boites privées, les petites entreprises, les salariés pouvaient participer à cette grève sans se faire lourder, combien de manifestants il y aurait dans les cortèges? A en croire les sondages, 70% des français approuvent ces actions. Pour renverser la tendance, Sarkozy a tout intérêt à ce que celà dégénère et nous refaire le coup de mai 68 qui a vu la droite obtenir une victoire écrasante aux élections qui suivirent. Nos compatriotes finissent toujours par préférer l'ordre, à n'importe quel prix ! Ainsi, Simone de Beauvoir écrivit, à l'annonce de l'armistice de 1940 : " ...enfin, nous allons pouvoir vivre comme avant !"

    Le dialogue social est impossible en France...parce qu'il n'y a pas de syndicats forts. Pour moi, la véritable force d'un syndicat, ce n'est pas sa réprésentation aux élections professionnelles mais son nombre d'adhérents. Il y a même des patrons qui souhaitent avoir en face d'eux un syndicat fort - au sens que je l'entends - pour négocier et être sûr que l'éventuel accord sera appliqué par tout le monde. Ainsi, en Allemagne, IG Metal est un syndicat puissant, à tous les niveaux, dont les adhérents acceptent que leurs cotisations soient prélévés sur leur salaire, mais, en contre partie, en cas de conflit, IG Meta leur assurera une indemnité journalière - donc, ils pourront tenir le temps qu'il faudra. Alors on peut imaginer qu'au cours d'une négociation, le patronat allemand fera tout pour éviter une grève car il sait que les salariés AURONT LES MOYENS DE FAIRE GREVE. C'est une des raisons pourquoi il y a très peu de grèves en Allemagne

    Mais voilà, nous sommes en France, et nous sommes trop individualistes !
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    Wapiti
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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Mer 20 Oct - 21:37

    Lahaut, un cadeau de Dolma et Geob tout spécialement pour toi... (j'y suis pour rien, 'suis juste le facteur sur ce coup-là !)



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    Solcha

    Re: La salle à palabre

    Message par Solcha le Jeu 21 Oct - 10:52

    Bon franchement Lahaut, et très honnêtement, tu la trouves juste, toi cette réforme? (Je parle de la réforme en elle-même, pas des syndicats)

    Je ne me fais pas d'illusion, le temps que j'y arrive à la retraite (quelque part, je suis pas pressée) ça n'existera plus. Il y a surement des choses à réformer mais ce n'est pas une raison pour le faire n'importe comment et de façon injuste.

    Alors la contestation actuelle n'est peut-être pas très efficace dans sa forme - qui peut-être discutable - mais elle a au moins le mérite d'exister et je me sens un peu solidaire...

    Faut voir aussi la situation des personnes âgées actuellement, avec la disparition des retraites et l'évolution de notre société, va pas faire bon faire de vieux os!!


    Allez, pour te remonter le moral, je te mets un petit lien sympa au bistrot, ça te fera oublier qu'il n'y a plus de Guinness!


    Solcha.



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    lahaut

    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Jeu 21 Oct - 12:43

    Mais comment font les ouvriers dans les autres pays pour travailler jusqu'a 65 ans (pays nordique , Espagne et en Grande Bretagne bientôt 66 ans ) et Allemagne (67 ans ) qui de plus ils n'ont pas les 35 heures !! pensif

    Au sujet de la pénibilité au travail quand j'entends tous les intervenants dirent que leur boulot est pénible (cela va de la prof de gym , au maçon , en passant par les routiers,les caissières et les infirmières) mais alors dites moi quel boulot n'est pas pénible ? chaque profession dira qu'il a un travail pénible !!

    On vit de plus en plus vieux (15 ans de plus depuis 1955) alors faire 2 ans de plus ce n'est tout de même la mer à boire !(j'ai commencé à travailler à 19 ans et j'aurai alors 43 ans de cotisation lorsque j'aurai 62 ans(en prenant en compte que les 25 meilleurs années pour le calcul de la retraite et non les 6 derniers moi comme les fonctionnaires et c'est là le scandale !) et pour le moment je donne à l'etat 1 an et demi de cotisation mais je ne crie pas au scandale que je perds ce 1 an et demi de cotisation pour les autres.
    Alors c'est moi qui est le plus solidaire par rapport à ces syndicalistes qui se disent solidaire mais qui gardent pour eux leurs avantages sociaux (régime spéciaux , 6 derniers mois , etc.) et qu'il ne faut surtout pas toucher et laisser les travailleurs du privé remplir leurs caisses de retraite déficitaire (personne n'ose le dire dans les médias)!!

    La solidarité pour les syndicats c'est:" je prends mais je ne donne rien "

    Franchement pour ma part je ferai comme les américains chacun cotise pour sa gueule (fond de pension)et on aura alors la retraite que l'on méritera en fonction de ses cotisations et il n'y aura plus d'injustice de calcul(public et privé) comme en France !!

    Lahaut toujours en pétard car toujours solidaire de toutes ces petites entreprises du privé qui risquent de faire faillite à cause de ces grèves et syndicats.



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    Solcha

    Re: La salle à palabre

    Message par Solcha le Jeu 21 Oct - 15:15

    Faut pas tout mélanger. La question des retraites et de l'action des syndicats actuelle n'est pas qu'un combat privé/public.

    Bon je maitrise pas tout sur le sujet, alors juste 2-3 petites choses qui me font réagir:

    1- c'est pas parce que "les voisins font comme ça" qu'il faut faire pareil. On nous sert trop souvent le "ailleurs c'est comme ça" sans présenter les inconvénients ou les ratés de ces systèmes. Et nos voisins justement, est-ce qu'ils ne lorgnent pas justement sur certains de nos avantages sociaux? Si on leur laissait le choix, est-ce qu'ils n'adopteraient pas notre système sur certains points?

    2- On vit plus vieux, oui. Mais tu crois que, pour autant, on commence à vieillir plus tard? Toutes ces joies de la vieillesse dont tu parlais ailleurs, elles vont pas arriver 2 ans plus tard parce qu'il faut bosser plus... (y en a qui les découvrent à 50 ans, d'autres à 80 ans, on est pas tous égaux de toute façon) et non la médecine ne sait pas nous maintenir en grande forme plus longtemps, ça c'est à prendre en compte.
    Après concernant la pénibilité, c'est sur faut faire la part des choses: une secrétaire ce n'est pas comparable de ce point de vue là à un ouvrier à la chaine ou un pompier.

    3- je ne parle même pas du cas des mères de famille... scandaleux!

    4- Y a juste un truc qui me gène au passage: comment travailler jusqu'à 65, 67 ans ou plus (c'est de toute façon ce qui nous attend, d'autant plus que la breche est ouverte) quand à 50 ans plus personne ne t'embauche: trop vieux! pensif
    Que la considération actuelle des mères de famille en particulier (aussi des pères, d'accord) fait tout sauf encourager la génération actuelle à avoir des enfants: pas prête d'être rééquilibrée la pyramide des ages! et que les jeunes ne trouvent pas de boulot: on embauche des stagiaires, ou alors "désolé, vous avez beau avoir 22ans et une BAC+5, vous n'avez pas assez d'expérience pour qu'on vous prenne!" Ah c'est sur que si les gens bossent pas, on risque pas de leur calculer grand chose de retraite!


    Enfin, ce ne sont pas les points de vue qui manquent. Et le fait d'être en pétard ne doit pas non plus te faire mettre tout le monde dans le même panier.

    Allez, une petite pique pour la route (quoique): pour les petites entreprises, c'est vrai qu'il y en a qui souffrent des blocages et elles n'ont pas pour autant à être sacrifiées. Tu as raison. Il y a aussi des gens dans ces mêmes entreprises qui ne peuvent pas se permettre de faire grève et qui apprécient que des grosses structures puissent se mobiliser et agir.


    Mais je m'écarte du sujet qui était initialement "les syndicats", je laisse la place aux autres.



    Solcha.

    lahaut

    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Jeu 21 Oct - 22:27

    Solcha tu m'expliques pas pourquoi un ouvrier ou un salarié français qui a le même métier pénible qu'un ouvrier ou salarié allemand ne peut pas faire ce métier à 62 ans tandis que l'Allemand lui, il peut le faire à 67 ans !!

    De toute façon en 2020 ou 2025 on repoussera encore l'âge à 64 ou 65 ans car les comptes ne seront pas équilibrés !! (manifestations encore en vue)

    Question importante qui n'est jamais posée aux leaders syndicaux (oui, ceux qui demandent aux ouvriers et salariés de faire grève - donc de ne pas recevoir de salaire durant ces jours de grève -) : Ces leaders syndicaux, gardent-ils leur paye intacte lors des jours de grèves et de manifestations ou bien retire-t-on de leur bulletin de salaire ces jours de non travail comme n'importe quel salarié qui fait grève ?

    Je mets ma main à couper que nenni. Je pense qu'ils doivent recevoir tout leur salaire (et au fait, combien gagnent-ils ?) et ce sont les ouvriers et les salariés grèvistes qui sont les dindons de la farce !!
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    Re: La salle à palabre

    Message par geob le Ven 22 Oct - 10:19

    Pour les camarades syndiqués (ées) du Peuple qui luttent contre la bande du Fouquet's qui ridiculise la France tout en s'enrichissant sur le dos des masses laborieuses, voici une analyse pertinente d'un camarade chinois qui, lui, a tout compris :
    http://www.youtube.com/watch?v=UOadagqruHg

    top !
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    Solcha

    Re: La salle à palabre

    Message par Solcha le Ven 22 Oct - 10:20

    Hello!

    Une petite réponse super rapide: dis, ton ouvrier allemand à 67 ans, il est dans quel état? Et pourquoi il pourrait pas, lui s'arrêter à 62? S'il avait le choix, il choisirait quoi d'après toi? La justification par "les autres le font" est pleine de mauvaise foi car elle ne regarde pas dans quelles conditions ils le font et les répercussions que cela a sur leur santé... ou alors il faut aussi qu'elle puisse servir à ton ouvrier allemand pour qu'il puisse arrêter à 60 ans "comme le français".
    De toute façon, qui embauchera ton ouvrier français à 62 ans si son usine ferme ou se délocalise????
    Mais il est clair que ça ne va pas rester à 62/67 ans, la brèche étant ouverte maintenant.


    Quant aux jours de grève non payés, c'est une réalité à prendre en compte. La force des grosses structures est de pouvoir mettre en place une grève ou tout du moins un blocage par rotation des personnels grévistes de façon à ce que chacun y perde le minimum.
    Tiens dans le métro - où les grèves en sont plus très suivies ces dernières années - le dernier gros blocage du trafic il y a 3 ou 4 ans (et là quasi aucune ligne ne fonctionnait) s'est fait avec 17% de personnel gréviste. Si ces 17% changent tous les jours (il doit même être possible de baisser le % avec le même effet), le trafic est bloqué tous les jours mais les personnels ne perdent que la journée où ils étaient dans les 17%(Comme quoi, au passage, le service minimum c'est une bonne blague!) Dans les grosses structures, t'inquiète pas qu'ils ont plein d'idées pour être efficace avec un impact réduit autant que possible sur les salariés. Bien sûr ça ne marche pas pour tous les métiers ni pour toutes les tailles d'entreprises. D'où une certaine solidarité...

    Solcha.

    (pour les leaders syndicaux: tu penses quand même pas leur sucrer les jours de grève: c'est les seuls où ils font leur boulot langue )


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    Solcha

    Re: La salle à palabre

    Message par Solcha le Ven 22 Oct - 10:26

    geob a écrit:Pour les camarades syndiqués (ées) du Peuple qui luttent contre la bande du Fouquet's qui ridiculise la France tout en s'enrichissant sur le dos des masses laborieuses, voici une analyse pertinente d'un camarade chinois qui, lui, a tout compris :
    http://www.youtube.com/watch?v=UOadagqruHg

    top !

    En effet... désappointé

    lahaut

    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Ven 22 Oct - 11:14

    c'est bizarre j'ai l'impression que je suis le seul à pester contre les grèves ,les manifs et être pour les réformes des retraites qui sans celles ci, plus tard, on pleurera car il n'y aura plus de sous quand on partira en retraite !!

    Lilie Bardak restez à l'étranger!! ne rentrez pas en France!! vous êtes bien là bas!! si j'étais plus jeune en sachant parler correctement une langue étrangère je vous rejoindrai pour partir de ce pays de fous où on paralyse un pays pour en faire le moins possible en ne pensant pas aux futurs de nos enfants et à l'avenir de notre pays (quoique personnellement je m'en fiche car je n'ai pas de môme et je serai mort lorsque la France fera faillite comme la Grèce!)

    Mais que disent nos amis de la presse irlandaise et georgienne du calvaire que subissent les travailleurs français et du ridicule de la situation française ?(c'est à quel age le départ en retraite dans ces 2 pays et comment se passe le calcul des pensions?)
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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Ven 22 Oct - 16:02

    Je vous avais promis une « réponse » de ma part à ce débat…

    Pfff ! Du coup, je ne sais plus si je dois vous parler des syndicats, des manifestations et des grèves, ou de la réforme des retraites…
    C’était quoi le sujet du débat de la semaine ?
    Les syndicats
    Bin, commençons par là…

    Et en fait Bardak et Geob ont déjà exprimé mes connaissances et nombre de mes pensées à ce sujet :

    Bardak a écrit: … il me semble qu'il ne faut pas faire d'amalgame entre les syndicats et les grèves à répétition de certains.
    Les syndicats sont utiles, lorsqu'ils agissent au niveau local. Leurs actions sont plus contestables lorsqu'elles entendent s'étendre au niveau national. Cependant, ils ne sont pas nécessairement responsables.
    Le pourcentage de personnes syndiquées en France est ridicule. Les syndicats ne représentent pas grand monde car la majorité n'est pas syndiquée. Alors, forcément, constater que toutes les questions sociales, en France, sont fagocitées par les syndicats, ça fait un peu mal quand on sait qu'ils représentent une infime partie de la population. On ne peut cependant pas leur reprocher de défendre les intérêts de ceux qu'ils représentent. Aux autres de créer les structures représentatives qui leur correspondent. S'il y avait plus de syndicats, ceux qui existent actuellement auraient moins de poids, c'est mathématiques...
    Mais, encore une fois, syndicat et grève, ce n'est pas la même chose. Les syndicats agissent dans bien des domaines et pas seulement dans celui de voter ou non la grève générale tous les quatre matins... (…)les représentants syndicaux appliquent d'autres modes de négociation, beaucoup plus efficaces dans la majorité des cas. Les quelques clowns qui s'agitent au niveau national en menaçant de bloquer le pays à la moindre tentative de faire changer quelque chose dans le pays ne sont pas forcément représentatifs de la base de ces mêmes syndicats.
    Alors, pour résumer, je défends les syndicats, pas les agités frustrés de ne pas avoir connu leur propre révolution...
    Et cette problématique, ce « profilage » est identique que l’on soit dans le public et le privé (même si dans le public on dénombre un taux de syndiqués un peu –à peine- plus élevé que dans le privé).


    Bon, et n’oublions pas que notre droit du travail, quand-même bien protecteur pour les salariés, est dû essentiellement aux batailles menées par les syndicats aux XIX° et XX° siècles. Sans eux, nous en serions peut-être toujours réduits à l’« esclavage » sous les ordres de grands patrons richissimes… (cherchez l’erreur dans cette phrase et cette idée ! )


    Geob a écrit:Le dialogue social est impossible en France...parce qu'il n'y a pas de syndicats forts. Pour moi, la véritable force d'un syndicat, ce n'est pas sa représentation aux élections professionnelles mais son nombre d'adhérents. Il y a même des patrons qui souhaitent avoir en face d'eux un syndicat fort - au sens que je l'entends - pour négocier et être sûr que l'éventuel accord sera appliqué par tout le monde.
    Tout à fait d’accord. Et hélas une grande partie du droit social et de son évolution est basée sur cette « fausse » ou « mauvaise » représentativité… et les dernières règles sorties en matières d’élections professionnelles ne font que la renforcer, malheureusement.

    Le sentiment que j’ai est que les hautes sphères de l’Etat français ne cherchent finalement qu’à renforcer les quelques centrales syndicales (non représentatives au sens où nous le concevons) dans les entreprises et au niveau national, pour finalement un jour nous envoyer en pleine figure que ces syndicats ne représentent qu’une minorité au vu des statistiques d’adhésion et qu’il ne sert donc à rien de discuter, négocier avec elles… Et viendra le temps où le droit du travail et social ne sera plus négocié du tout (spécificité assez française du reste), mais imposé purement et simplement (ce qui ressemble quand-même bien à ce qu’Ils sont en train de faire avec cette réforme et un certain nombre d'autres mesures prises ces dernières années... ).


    Je résume ma pensée (si seulement je n’en avais qu’une seule ! ) :
    Des syndicats au niveau local, d’une entreprise (ou potentiellement d’une branche d’activité), OUI : ils ont un rôle à jouer dans la défense des intérêts de l’ensemble des travailleurs (et je vous rappelle que c’est là leur rôle légal : ils ne se limitent pas à la représentation et la défense de leurs membres syndiqués). Quoique dans de nombreuses PME, ce sont les autres représentants du personnel (délégués du personnel, membres au CE) qui jouent ce rôle, très positivement et efficacement…

    Au niveau national, par contre, je n’adhère pas aux grandes centrales syndicales actuelles, à leurs modes de fonctionnement, à leurs idées et appels.
    Pourquoi systématiquement la grève ? Il y a bien d’autres moyens d’action avant, et autrement plus efficaces.
    Pourquoi toujours être « contre », contre le patronat, contre les réformes, contre tout ce qui est proposé ? Et ce sont ces « toujours » et « tout » qui m’agacent. Quelle que soit la lutte, quelle que soit la réforme « attaquée », il me semble qu’il y a du bon à prendre dedans… mais non, il faut « toujours » être contre l’ensemble des mesures (« toutes »), contre la réforme (« toute »)…
    Il est clair que l’On n’avancera pas ainsi. Rien de positif n’en sortira à toujours être contre tout.

    Pour parler plus spécifiquement du « mammouth » Education Nationale et de ses forces (vives) syndicales… je vous en parle pour baigner dedans et donc en comprendre certaines choses (ou finalement ne plus comprendre grand chose)… Il est hallucinant de voir comment « nos » syndicats sont donc toujours contre tout et finissent par :
    1°) laisser passer les réformes (forcément, puisqu’il est impossible de discuter, de négocier, d’avancer, de construire... avec les syndicats, On finit par les ignorer ou les contourner !)
    2°) pourrir complètement l’image de la profession entière professorale auprès de l’opinion publique (merci bien ! )
    3°) noyer complètement, voire même taire, les « vérités », réalités, et les « vrais » problèmes des professeurs, des établissements, de l’Éducation dans son entièreté…
    Fin de la parenthèse personnelle (mais je pense que dans chaque branche d’activité ce ressenti doit exister auprès de la « base » travailleuse)
    ...à suivre...


    Dernière édition par Wapiti le Ven 22 Oct - 17:21, édité 1 fois


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    Re: La salle à palabre

    Message par Solcha le Ven 22 Oct - 16:20

    Hop, je ne fais que passer vite fait:

    Wap', pour rendre à César ce qui appartient à César, la citation que tu me prête est en fait une tirade de Bardak clin d'oeil

    c'est Lahaut qui va avoir de quoi lire ce soir!!


    Solcha.


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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Ven 22 Oct - 17:20

    Concernant les "syndicats" étudiants... de gros guillemets car ils ne méritent pas cette appellation : un syndicat est un groupement de défenses des intérêts des travailleurs. Ce ne sont donc que des associations ("loi 1901") étudiantes et lycéennes dont l'objet est l'expression de ceux-ci (en vertu de leurs droits de réunion, d'expression, d'affichage...) et de la défense de leurs conditions d'études.

    Qui dit pas de réalité syndicale juridique, dit pas de droit de grève. Faut-il rappeler que la grève est certes un droit constitutionnel, mais très encadré ?
    Dans sa définition : La grève est une prérogative des travailleurs, encore une fois. C'est un arrêt collectif et concerté, total, de travail pour des revendications professionnelles tenant aux conditions de travail. (au passage, la grève politique est interdite... permettez-moi de m'esclaffer ! oui, bon, la retraite a bien un lien avec les conditions de travail, d'accord... )
    Dans sa mise en oeuvre ensuite : Avoir le droit de grève (et de manifestation par conséquence directe du droit à la liberté d'expression) ne permet pas n'importe quoi... Il est notamment complètement interdit à un gréviste d'empêcher les non-grévistes de travailler ou d'empêcher le fonctionnement normal de l'entreprise (en dehors du travail non fait par les salariés grévistes). Donc, toutes les occupations de locaux, les barricades pour "bloquer", que ce soit les entreprises, les entrepôts... et a fortiori les lycées, les universités... sont purement illicites !
    Et de fait, elles entraineraient légitimement licenciement de chacun des salariés ayant participé à de tels bloquages... ou radiation des listes lycéennes ou étudiantes des établissements concernés... Et je passe sur le fait qu'une sequestration, ou à bien moindre échelle, une dégradation de biens (publics, de l'entreprise ou de particuliers voisins - dommages collatéraux -) relèvent de sanctions pénales (amendes, privation de liberté, TIG...) et civiles (réparation financière des préjudices subis)...

    Bref :
    Non, les jeunes scolariés (pré- ou post- bac) n'ont juridiquement aucun droit syndical, ni de grève, ni de blocage des établissements. Oui, ils ont le droit de manifester dans la rue, dans le respect des biens publics et privés, et des personnes...
    Oui, les travailleurs (du public et du privé) ont le droit de grève, mais sûrement pas celui de bloquer les entreprises ou les entrepôts de carburants. Quant aux perturbations qui découlent d'une grève (voies inaccessibles ou ralenties, transports en commun non assurés, manque de carburants ou de tout autre bien non produit faute de travailleurs pour le faire...), malheureusement oui, c'est possible et légal : dommages collatéraux.

    Quant à savoir si les syndicats sont politisés... théoriquement non, mais prouvez moi le contraire !
    Alors, pire encore, les "syndicats" de jeunes... forcément politisés par définition ! ... et manipulés, de fait, par des "grandes personnes" bien avisées et par les médias, et par les entreprises (la 1ère manipulation commence avec la pub, le marketing, les marques... et très très tôt dans la vie !), c'est une réalité que personne ne peut nier. Ceci dit, quelle est notre part de pensée personnelle, à nous adultes "éveillés" qui ne soit pas manipulée ? J'ai l'humilité de dire que, comme tout un chacun, je suis manipulée. A quel degré ? Là est la question. Probablement moins qu'une grande partie de la population française, moins "éveillée" que moi, mais...

    Lahaut a écrit:Quand je les entends à la télé qu'ils font grève pour leur retraite future (j'hallucine ils n'ont même pas commencer à travailler qu'ils pensent déjà quand ils vont arrêter .... on voit déjà l'ambition de carrière de tous ce jeunes "cons"(moins on en fait mieux on se porte )
    Non, je comprends que les jeunes se sentent concernés par la retraite. Au même titre qu'ils sont concernés par la formation actuelle qui n'est pas adaptée aux besoins du marché du travail (et la réforme du lycée n'y fera rien, ou bien pire encore), qu'ils sont concernés par les très nombreux problèmes du marché du travail : inégalités et discriminations, chômage...
    Il faut se mettre à leur place : ils n'ont aucune perspective positive.
    "Faîtes des études longues pour avoir des diplômes !" qu'on leur dit. Oui, mais ils voient que les diplômés galèrent de stages en contrats précaires et en chômage sans arriver à s'insérer correctement dans le marché du travail. "Attention, le chômage des jeunes et des seniors augmente !" qu'on leur assène par ailleurs... Et on vient leur dire : "Travaillez plus longtemps pour financer les retraites..."... Faut pas déconner, y'a de quoi se sentir concerné même quand on a 18 ou 20 ans, que l'on se demande si on arrivera à avoir une situation professionnelle stable avant 35 ans, qu'on est déjà menacé de licenciement et de chômage dès 50 ans et qu'en plus il faudra cotiser je ne sais combien d'années pour espérer avoir une retraite correcte...


    Ceci dit, je suis d'accord sur le fait qu'il n'y a aucune raison que ces jeunes soient en 1ère ligne dans les manifestations actuelles.
    Tout ceci m'amène au sujet finalement débattu : les retraites... prochain épisode


    Avant de passer aux retraites, à propos des leaders syndicaux :
    Lahaut a écrit:Question importante qui n'est jamais posée aux leaders syndicaux (oui, ceux qui demandent aux ouvriers et salariés de faire grève - donc de ne pas recevoir de salaire durant ces jours de grève -) : Ces leaders syndicaux, gardent-ils leur paye intacte lors des jours de grèves et de manifestations ou bien retire-t-on de leur bulletin de salaire ces jours de non travail comme n'importe quel salarié qui fait grève ?
    Je mets ma main à couper que nenni. Je pense qu'ils doivent recevoir tout leur salaire (et au fait, combien gagnent-ils ?) et ce sont les ouvriers et les salariés grèvistes qui sont les dindons de la farce !!
    Détrompes-toi Renaud, leur salaire est retenu au même titre que les autres salariés grévistes. La différence majeure, c'est qu'en général le syndicat qu'il "chapeaute" les "indemnise" (eux et eux seuls, pas comme en Allemagne - au passage, merci Geob pour cette info que je n'avais pas )... Vous avez déjà payé une cotisation syndicale ? Oui, ça douille quand-même un peu... et ça sert à cela, entre autres...
    Et puis, à savoir : la plupart de ces grands leaders syndicaux sont issus du secteur public (ou anciennement public) et peuvent donc bénéficier d'une décharge totale de leur activité professionnelle originelle pour exercer leur mandat de représentant syndical... au frais de l'Etat qui les rémunère comme un fonctionnaire qui bosse. Ils ne gagnent donc pas des fortunes, mais une rémunération de fonctionnaire à leur niveau de compétence, mais sans travailler.
    Alors que dans le privé... c'est 20 h/mois et pas une miette de plus que l'employeur "finance" pour chaque délégué syndical au sein de son entreprise... délégué qui travaille réellement le reste de ses 131,66.. ou 149 heures du mois


    Dernière édition par Wapiti le Ven 22 Oct - 17:28, édité 1 fois


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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Ven 22 Oct - 17:22

    Solcha a écrit:Hop, je ne fais que passer vite fait:
    Wap', pour rendre à César ce qui appartient à César, la citation que tu me prête est en fait une tirade de Bardak
    c'est Lahaut qui va avoir de quoi lire ce soir!!
    Solcha.
    César a retrouvé ses dires.
    Quant à Lahaut... faut p'têt que je lui fasse un résumé à la SMS ? rire


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    Re: La salle à palabre

    Message par Invité le Ven 22 Oct - 17:39

    Pourquoi systématiquement la grève ? Il y a bien d’autres moyens d’action avant, et autrement plus efficaces.

    C'est la question que je me posais.
    D'après toi, Wap, quels sont ces moyens d'action ?

    Autre remarque:
    Melenchon réclame depuis des mois la taxation des revenus financiers pour alimenter la caisse des retraites. De ce que relaient les medias (de ce que j'en entends depuis mon antre)il me vient l'impression que les manifestants et grévistes se bornent à gueuler fort contre l'âge de départ à la retraite mais qu'ils ne brandissent pas de contre-propositions... ?
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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Ven 22 Oct - 18:48

    pataugas a écrit:
    Pourquoi systématiquement la grève ? Il y a bien d’autres moyens d’action avant, et autrement plus efficaces.
    C'est la question que je me posais.
    D'après toi, Wap, quels sont ces moyens d'action ?
    Quand en cours de droit ou de management j'aborde la représentation des salariés au sein de l'entreprise et les conflits collectifs du travail, la grève est l'ultime action offerte, "en dernier recours" quand tout le reste n'a pas fonctionné...
    Qu'est-ce que "tout le reste" ?
    Avant tout la co-mmu-ni-ca-tion ! La négociation patron / représentants syndicaux est obligatoire (de 1 fois par mois à 1 fois par an) sur de très nombreux points dans chaque entreprise. Un patron peut se voir sanctionner s'il refuse de recevoir et écouter ces représentants... Négociation orale (réunions) ou écrite (courriers, affichages...)
    Les représentants peuvent appuyer leurs revendications de preuves que la majorité ou la totalité du personnel les suit, avec une pétition par exemple (1 texte aux nombreuses signatures, ou des courriers individuels identiques) ou l'organisation d'un référendum (et ce peut déjà être mettre un sacré bazar dans l'entreprise !).
    L'inspecteur du travail et le Conseil des Prud'Hommes peuvent être saisis de litiges qui les concernent, pour simple information, pour demande d'aide à la négociation ou pour sanction si les faits sont avérés et sanctionnables...
    Sans faire grève (donc hors temps de travail), il est possible de manifester dans ou devant l'entreprise, avec banderoles, tracts... Sensibiliser les clients peut amener à faire changer d'avis un patron récalcitrant... (c'est déjà du lobbying)
    Et une "arme" en plein boom : informer les médias du litige, du blocage. Suite à l'image négative qu'une telle "mauvaise pub" pourrait faire à l'entreprise, nombre de patrons plient rapidement sous les assauts médiatiques (même très locaux, et bien sûr, de presse avant même de parler de télé)...

    Et au niveau national ?
    Les mêmes armes... puissance 40 millions ! Dont :
    Les pétitions, trop souvent inutilisées alors qu'elles pourraient faire mouche.
    Les manifestations, oui. Sans blocage. Et pas trop souvent... "c'est l'histoire du garçon qui criait au loup..." comme dit Bardak
    Les médias, bien sûr. La force de l'opinion publique, la valeur des sondages, l'image donnée de la France dans le monde entier...
    Le lobbying politique en sus : contacter et amener à ses idées, ses revendications, les élus locaux, les députés, sénateurs... Une belle "arme" très utilisée et très puissante en Amérique et qui ne fait que balbutier en France (mais je constate que certains mouvements enseignants - pas vraiment syndicats - commencent à les exploiter)
    ... et puis, ce que j'oublie forcément parce que cela ne me traverse pas l'esprit maintenant.

    ... mais pas facile de se faire entendre d'un patron ou d'un gouvernement qui ne veut absolument rien entendre...
    Ceci dit, avec "des" "butés" pareils, même la grève, "arme" suprême n'y changera rien. Il n'y a pas plus sourd et aveugle que celui qui ne veut ni voir ni entendre...
    Bloquer le pays ? Pour quoi faire si ce n'est effectivement pourrir la vie des simples citoyens ?
    Panne de carburant ? Cela n'empêche pas les finances de Ces Messieurs de bien se porter et Leurs mandats de courir à leur terme...
    Pas de transport public ? Pas grave, Ils vont en limousine et jet privé...
    Manifester partout et en nombre ? Pas trop grave, Leurs bureaux restent chauffés et très confortables, Leurs appartements et maisons prêts à les accueillir le soir, au coin de la cheminée autour d'une belle table bien garnie...
    Se débrouiller pour attirer les jeunes dans la lutte... et forcément attirer avec eux les casseurs et autres vandales ? Ha, il y a peut-être de l'idée là-dedans... mais avant que cela ne Les touche vraiment, ce sont les simples citoyens qui en pâtissent en pratique et au quotidien... (et au porte-monnaie quand il faudra payer les investissements de remise en état du mobilier public notamment)...

    No solution ?


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    lahaut

    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Sam 23 Oct - 10:36

    Au sujet des "syndicats" dits étudiants , il y a quelques jours sur France info un journaliste a interrogé un représentant des lycées dans les années 1990 pour une réforme des lycées et il disait qu'à l'époque il était tous les jours en communication avec Julien Dray et même une fois il lui a fait apprendre une phrase à l'intention des journalistes en sortant du bureau d'un ministre .. maintenant il est adjoint ou conseiller d'une ville en banlieue parisienne!!

    Wapiti tu dis que les jeunes n'ont aucune perspective positive c'est pour cela qu'ils manifestent contre la réforme des retraites ... mais désolé quand on construit une maison on fait en sorte que les fondations de la maison soient solides avant de penser à la couleur des tuiles que l'on va mettre sur le toit !

    Les jeunes (disons plutôt une "grande partie de la grande majorité" de la jeunesse)ont un poil dans la main et se lever tôt, faire une heure de transport , travailler le soir , le dimanche ou les jours fériés , se salir les mains , travailler dans les intempéries , etc ... Hooo que c'est trop difficile et surtout trop pénible pour eux et donc ils se rabattent tous sur des diplômes à chômage (Philosophie ou littéraire entre autres) mais cela est un autre débat que l'on pourra ouvrir plus tard (rester à l'université gratuitement en recevant des bourses pour 3 ou 4 ans d'études inutiles et se chauffer les fesses près des radiateurs c'est mieux que d'apprendre un vrai métier où on ne compte pas les heures et où on se salit les mains avec des embauches à la clé )

    Au sujet des salaires retirés ou non durant les jours de grève des leaders syndicats, je veux dire ceux les grands leaders syndicaux Chéreque et Thibault entres autres, crois tu vraiment que l'on redire de leur paye les jours de grève qu'ils font faire à leurs syndiqués ? moi je suis très septique sur cela !!
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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Dim 24 Oct - 18:05

    lahaut a écrit:Wapiti tu dis que les jeunes n'ont aucune perspective positive c'est pour cela qu'ils manifestent contre la réforme des retraites ... mais désolé quand on construit une maison on fait en sorte que les fondations de la maison soient solides avant de penser à la couleur des tuiles que l'on va mettre sur le toit !
    Les jeunes (disons plutôt une "grande partie de la grande majorité" de la jeunesse)ont un poil dans la main et se lever tôt, faire une heure de transport , travailler le soir , le dimanche ou les jours fériés , se salir les mains , travailler dans les intempéries , etc ... Hooo que c'est trop difficile et surtout trop pénible pour eux et donc ils se rabattent tous sur des diplômes à chômage (Philosophie ou littéraire entre autres) mais cela est un autre débat que l'on pourra ouvrir plus tard (rester à l'université gratuitement en recevant des bourses pour 3 ou 4 ans d'études inutiles et se chauffer les fesses près des radiateurs c'est mieux que d'apprendre un vrai métier où on ne compte pas les heures et où on se salit les mains avec des embauches à la clé )
    Pour côtoyer un nombre conséquent de jeunes au quotidien, je peux te dire que tu as tort, Renaud.

    C'est l'imagerie populaire que la "masse" a de la "jeunesse", pas la vérité. Et en tant que prof, je suis la première à me plaindre de la fainéantise de certain(e)s, du côté "profiteur" à qui tout est dû d'autres (ou des mêmes souvent)... Mais généraliser à la "grande partie de la grande majorité" de la jeunesse, NON.
    C'est vrai que les métiers manuels, les voies professionnelles, n'ont pas la cote. C'était déjà vrai à "notre époque", Renaud (il y a 15-20 ans donc), et ça ne l'est pas plus.
    C'est vrai que la fac est prise d'assaut par des cohortes de jeunes qui s'enfoncent dans des études sans objectif précis et sans débouchés in fine... C'était déjà vrai il y a 20 ans... Et il faut savoir qu'il y a de nos jours beaucoup plus de filières de formation post-bac, valorisantes et valorisées, qui offrent des débouchés professionnels à court (2 ans) et moyen (3-4 ans) termes, qu'il n'y en avaient quand nous, nous avions le choix.
    Quant à ceux qui profitent des bourses... ils ne sont pas légions ! Les bourses sont moins élevées et moins nombreuses qu'avant.A ressources équivalentes, je n'aurais aujourd'hui pas la (petite) bourse que j'avais à l'époque, et ne pourrais donc pas suivre les études que j'ai pu réaliser alors...

    Alors, oui, il y a des jeunes désoeuvrés qui profitent du système et trainent leurs grolles sur les bancs de la fac pour rien... Oui, il y a des jeunes qui "ont un poil dans la main"... Oui, les filières professionnelles où l'on "se salit les mains" n'attirent pas... Mais NON, la "grande partie de la grande majorité" de la jeunesse n'est pas comme cela.
    Il y a beaucoup, oui beaucoup, de jeunes "qui en veulent", qui poursuivent des études parce qu'ils ont un objectif précis, qui espèrent se sortir du tableau noir que l'avenir professionnel semble vouloir leur offrir à tout prix.
    Il y a des jeunes, nombreux, qui n'hésitent pas à travailler à côté de leurs études, cumulant des 15 à 30 heures de boulot souvent "crasseux" et mal payé à côté de leurs 15 à 20 heures de cours hebdomadaires, parce qu'ils ne bénéficient pas de bourses suffisantes (voire pas du tout).
    Il y a des jeunes, très nombreux, qui veulent intégrer des filières scolaires et professionnelles leur offrant une certitude d'emploi dans des secteurs loin d'être faciles (comme l'hôtellerie-restauration, mais ce n'est qu'un exemple) mais se trouvent confrontés au manque cruel de places disponibles dans ces formations...
    Et il y a tous ces jeunes qui, faute de bourse et de financement, ou faute de place disponible dans leur choix d'orientation, préfèrent sortir des rails de l'Education Nationale, pour aller trimer de petits boulots en contrats précaires, en espérant se former sur le tas et se faire une place dans cette jungle dangereuse qu'est la vie active... Et il faut savoir que ces derniers sont considérés comme des "pertes" pour nos gouvernants : ils augmentent les "mauvaises" statistiques sur les effectifs de classes d'âge sortis du système sans diplôme, sans qualification... "On" préfèrerait les garder "au chaud" sur des bancs quelconques de l'université dans l'espoir qu'à force de glandouiller 4 à 6 ans (plutôt que les 3 requis) ils finissent par décrocher une licence ou équivalent, peu importe si ce diplôme est reconnu sur le marché du travail ou pas...
    Un gamin de 18 ou 20 ans qui me dit "je veux arrêter, le BTS ne m'intéresse pas, je veux aller travailler", personnellement, je ne le retiens pas. Je fais avec lui le bilan des "pour" et des "contre" et je le laisse filer avec son envie en lui disant : "Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider à démarrer... Et sache qu'il existe la VAE si un jour tu veux transformer ton expérience professionnelle en diplôme parce que tu en ressens le besoin..." Et peu m'importe que "plus haut" on me dise qu'il faut retenir nos éléments sortants par tous les moyens, qu'il faut remplir les statistiques de nos sections...

    Encore une fois, les impressions de masse, surtout celles ressenties à force de se voir répéter les mêmes "vérités" par nos dirigeants et/ou par les médias, sont loin de représenter correctement et totalement la réalité "vraie".
    On fait dire ce que l'on veut à des chiffres, des statistiques. Un discours bien ficelé convaincra plus d'un, même septique au départ. Une partie de la réalité, médiatisée en boucle, racontée d'une certaine façon, encore et encore, fera oublier l'autre partie de la réalité. Ces "manipulations" sont légions, quotidiennes, généralisées à tous les domaines... et il faudrait être un surhomme pour arriver à garder un esprit complètement lucide face à cela.


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    Re: La salle à palabre

    Message par lahaut le Mar 26 Oct - 0:03

    Bon cela est un autre débat sur la formation de jeunes mais je prends note que la "grande partie de la grande majorité" n'ont plus un poil dans la main mais tu es dans une section professionnelle et ceux qui s'y engagent savent à quoi s'attendre pour ce métier assez exigeant avec des horaires décalés mais y 'a t'il vraiment bousculade au portillon pour faire cette formation ? n'y a t'il pas beaucoup d'abandons en cours de route ?
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    Re: La salle à palabre

    Message par Wapiti le Mar 26 Oct - 9:21

    lahaut a écrit:... mais tu es dans une section professionnelle...
    Mais depuis 3 ans, je n'ai pas fréquenté que des lycées hôteliers, mais aussi des lycées généraux et technologiques... et notamment des élèves de filière STG (anciennement STT et plus anciennement encore G), connus pour ne pas être motivés, pour être "nuls", pour être fainéants... mais dont certain(e)s excellaient, n'étaient pas là par hasard ou dépit et savaient où ils voulaient aller (pas à la fac) et ce qu'ils voulaient devenir...
    Lahaut a écrit:...et ceux qui s'y engagent savent à quoi s'attendre pour ce métier assez exigeant avec des horaires décalés mais y 'a t'il vraiment bousculade au portillon pour faire cette formation ?
    Pour 68 places en Seconde technologique (bac techno) hôtellerie-restauration, près de 1000 demandes,
    pour 24 places en Seconde professionnelle (BEP-bac pro) restauration, plus de 400 demandes,
    pour 80 places en 1ère année de BTS, plus de 800 demandes...
    ... et "mon" lycée hôtelier n'est pas une exception en la matière.
    Lahaut a écrit:...n'y a t'il pas beaucoup d'abandons en cours de route ?
    Sur 100 élèves entrants en Seconde, à années exceptionnelles mises à part (et rares), si nous "perdons" 4 élèves en 3 ans (pour réorientation ou abandon d'étude j'entends), c'est un maximum. En général au BTS c'est 100% des entrants qui se présentent à l'examen 2 ans plus tard, et 30% d'entre eux qui continuent encore en licence pro ou mention complémentaire ensuite.
    Donc, des abandons en cours de cursus, non. Il est vrai que 100% des bacheliers n'intègrent pas de BTS ou autre formation post-bac, mais dans tous les cas c'est pour s'insérer immédiatement sur le marché du travail, dans la filière hôtellerie-restauration dans 99% des cas.

    La "défection" pour la filière se passe après, après 5, 10 ou 15 ans d'exercice dans les métiers de l'hôtellerie et/ou de la restauration, quand le salarié, fatigué, souhaite une vie plus "rangée", plus en concordance avec le rythme de la majorité de la population (des weekends pendant les weekends, des vacances pendant les périodes agréables pour les vacances, des heures de sommeil en nombre suffisant chaque nuit...), et il trouve alors facilement une réorientation, parce qu'il sait répondre aux exigences, il sait s'adapter, son CV le sert dans tout les sens.

    Il est vrai que l'hôtellerie-restauration est un secteur qui attire les jeunes : pour l'espoir de travailler à la mer ou en station de ski avec l'idée (fausse) de profiter des réjouissances qui vont avec, pour les possibilités entrevues de parcourir le monde, et surtout pour être un secteur d'activité en pénurie récurrente de main d'oeuvre et donc au chômage uniquement d'ajustement... Et pourtant, il devrait les faire fuir : discipline très stricte (ce n'est pas loin d'un engagement militaire au lycée), tenue vestimentaire contraignante (adieu les tenues de djeuns !), internat quasi-obligatoire, semaines très chargées (39 h de cours par semaine, dont une soirée en T.P. jusque vers 10h30 à minuit), vacances d'été systématiquement "mangées" par des stages exigeants... Une filière dite "d'excellence" qui nécessite un engagement très fort de la part de ces jeunes, je les admire (même si je suis dans les premières à leur mettre la pression pour du toujours plus, toujours mieux).

    Mais l'hôtellerie-restauration n'est pas la seule formation professionnelle qui fait ce "carton trop plein" de désir d'orientation. Les métiers de la mode ne sont pas en perdition, surtout dans les filières d'excellence. Dans le LEP voisin, les formations de maintenance automobile et de maintenance des systèmes automatisés font le plein chaque année, avec un taux d'abandon faible également (et pourtant l'industrie dans notre région est en crise)... Toutes les formations liées aux espaces verts et à l'environnement sont très demandées également...


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    geob

    Re: La salle à palabre

    Message par geob le Mar 2 Nov - 11:04

    En écoutant la radio ce matin, une nouvelle a tintinnabulé dans mon oreille...gauche, bien sûr. Une nouvelle qui, je le parie, ne fera pas grand bruit !
    De quoi s'agit-il?
    Le syndicat allemand, I.G.Metal, annonce qu'il va se battre contre la retraite à 67 ans prévue ! Il ajoute qu'il ne fera pas de manifestations spectaculaires, comme dans d'autres pays ( une petite pique pour nous ) mais que son action sera plus efficace.
    Bon, comme on nous a seriné à longueur de propagande qu'il faut prendre pour modèle les Allemands, faire comme eux, ben moi je dis :

    YA ! Vive les kamarades !
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    Dolma

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    Re: La salle à palabre

    Message par Dolma le Mar 2 Nov - 13:28

    Tu sais Geob, les manifs ne bloquent plus les usagers des rues françaises, l'essence et le gas oil sont revenus dans les pompes françaises, les grèves n'empêchent plus les travailleurs français de bosser alors tu dois bien imaginer que de l'Allemagne et d'IG Metal mais ils s'en foutent à un point les Français !
    Eh oui, tant que ça ne concerne pas notre petit nombril...
    Dolma

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    Re: La salle à palabre

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